3.1. Est-ce qu'un pape peut être hérétique? - Plusieurs papes ont enseigné qu'un pape peut enseigner des hérésies contre la foi. Le pape Adrien VI († 1523) dit que: "Si dans l'Église Romaine, on considère la tête ou le pontife, il est hors de question qu'un Pape peut errer dans les domaines touchant à la foi. Il le fait quand il enseigne une hérésie par son jugement propre ou par ses décrets. En vérité, beaucoup de Pontifes Romains ont été hérétiques. Le dernier en date était le Pape Jean XXII (†1334)." Le Bienheureux Pape Pie IX (†1878) a reconnu le danger qu'un pape soit hérétique et "enseigne (…) contrairement à la foi Catholique", et il a ordonné: "ne le suivez pas". Il dit encore: "si, dans le futur, un pape enseigne quoi que ce soit contre la foi Catholique, ne le suivez pas." (Lettre à Mgr. Brizen).
Pascal n’hésitait pas à dire que le prétendu jansénisme était une chimère, une invention grossière et abominable des Jésuites, ennemis acharnés de saint Augustin et de la grâce efficace par elle-même. Et ce fait, il l’établissait avec une grande discrétion, en évitant soigneusement de faire intervenir dans ses démonstrations le docteur de la Grâce, dont il n’est pour ainsi dire pas question dans les Provinciales. C’est l’ange de l’école, le dominicain saint Thomas, qui lui est substitué pour établir la prévarication des Dominicains, récemment inféodés aux Jésuites. Aussi la partie doctrinale des Provinciales est-elle inattaquable ; elles n’ont pu être censurées par la Sorbonne ou condamnées par les papes, et si elles ont été mises à l’index, comme le Discours de la méthode, c’est parce qu’on leur reprochait d’avoir traité en français, pour les gens du monde et pour les femmes, des questions litigieuses dont les savant seuls auraient dû avoir connaissance : les Provinciales latines de Nicole ne sont pas à l’index. M. Brunetière a cherché longuement dans le Bullarium et ailleurs, et il s’étonnait dans sa candeur de n’y point trouver de bulle ou de bref contre Pascal ; la mise à l’index « n’est, rien du tout », écrivait ce dernier dans une lettre à Mlle de Roannez, et en effet c’était si peu de chose que l’année suivante le Parlement défendit à la Sorbonne d’en faire mention dans ses registres, attendu que la France ne reconnaît pas de valeur aux décisions de l’Index.