Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 839863 )Amoris Laetitia analysée par des Dominicains par jejomau (2017-12-05 23:20:19) 

Extraits de Vincentius

les principes invoqués par AL pour légitimer l’admission aux sacrements de certaines personnes en situation objectivement et publiquement contraire aux commandements de Dieu ont une portée très générale, qui dépasse largement l’application particulière qu’on en fait ici. Après tout, l’homosexualité est-elle toujours imputable (au sens où l’entend AL) aux personnes qui la pratiquent ? N’y a-t-il pas certains facteurs atténuants qui limitent la capacité de décision de ceux qui s’y livrent ?
Tous les homosexuels comprennent-ils les valeurs impliquées par l’enseignement moral de l’Église sur la sexualité humaine ? Sont-ils toujours convaincus de pouvoir agir autrement, par exemple de vivre dans la continence ? La réponse à ces questions saute aux yeux, ainsi que les conséquences pratiques qui en découlent en vertu de la logique d’AL. On ne voit pas pourquoi, en effet, la « miséricorde » pastorale que l’on accorde aux divorcés remariés en matière de discipline sacramentelle ne s’appliquerait pas aux personnes homosexuelles connues comme telles. Des questions très similaires se posent également au sujet des personnes qui vivent dans le concubinage, qui exercent des professions immorales, qui coopèrent publiquement au mal, ou au sujet des chrétiens séparés qui désirent communier en certaines occasions, pour des raisons familiales, par exemple... Si, sur la base des principes d’AL, les pasteurs finissent par admettre à l’absolution et à la communion tous les « pécheurs publics » que l’on peut supposer ne pas pécher formellement en raison d’une conscience invinciblement erronée, sans leur demander en contrepartie de conformer extérieurement leur vie à la loi de Dieu, il est évident que le décalage entre la doctrine officielle de l’Église et sa praxis pastorale ne fera que s’accentuer avec le temps, et qu’il deviendra pratiquement impossible de rappeler certaines vérités fondamentales de la morale naturelle, si ce n’est à titre d’« idéal » magnifique, peut-être, mais réservé à une élite privilégiée. Une telle pastorale conduira à terme les fidèles à croire que l’essentiel est moins d’observer les commandements de Dieu que de suivre sa conscience personnelle, parce qu’en définitive, c’est la conscience personnelle qui prévaut. Or une telle opinion s’oppose à l’enseignement de saint Paul : « Ma conscience […] ne me reproche rien, mais je n’en suis pas justifié pour autant ; mon juge, c’est le Seigneur » (1 Co 4, 4)



Conclusion
Les réflexions précédentes montrent, selon nous, combien l’admission aux sacrements des personnes en situation objective de péché public, permise par AL, représente une décision pastorale très lourde de conséquences, quelle que soit l’herméneutique de continuité qui cherche à la légitimer d’un point de vue doctrinal. Une telle pratique est en effet susceptible de brouiller durablement nombre de repères moraux aux yeux des fidèles, sans assurer pour autant le bien spirituel authentique des personnes en difficulté que l’on se propose d’aider. C’est donc à bon droit qu’elle suscite réticences et interrogations. Plus fondamentalement, la question que nous discutons ici renvoie le pasteur d’âmes au sens profond de son ministère. Son rôle est-il d’aider les fidèles à vivre conformément à l’évangile, en éclairant les consciences et en appelant à la conversion, ou plutôt d’adapter les exigences de la loi divine à ce que les chrétiens sont en mesure d’accepter sans difficulté, en raison de la mentalité actuellement dominante ? Doit-il faire dépendre ses décisions pastorales de la vérité, dont il est le serviteur et le témoin, ou se contenter de travailler à ce que les fidèles puissent vivre dans le mal objectif tout en évitant le péché formel ? Enfin, ses efforts doivent-ils consister à être apprécié de tous, en prenant garde de ne froisser personne, ou plutôt à faire aimer la Parole de Dieu, qui rend heureux ceux qui l’écoutent et qui la gardent (cf. Lc 11, 28), mais qui suppose le renoncement à soi-même et qui est parfois signe de contradiction ? Derrière la question pastorale de l’admission aux sacrements des divorcés remariés, c’est en réalité la conception même du ministère sacré et de l’évangélisation qui est en jeu.


images/icones/fleche3.gif  ( 839865 )Autrement dit, le péché de scandale existe-t-il encore? par Babakoto (2017-12-05 23:51:38) 
[en réponse à 839863]

Si le cinquième commandement ne concerne pas que le meurtre physique, attenter à la vie spirituelle des fidèles en autorisant la communion publique des pécheurs publics est aussi un péché, me semble-t-il.

Je n'ai pas vu que l'instruction en question fait la distinction entre communion privée et publique.
images/icones/neutre.gif  ( 839867 )Voilà une des préoccupations par Ritter (2017-12-05 23:59:40) 
[en réponse à 839863]

Qui risque de s'imposer.
Accueillons comme l'on doit le faire, avec le préjugé favorable Al.
Al se veut elle missionnaire ramener des personnes à l'église, ou bien traiter des périphéries et cas particuliers, mais combien sont concernés?
Et dans tous les cas, ne risquons nous pas, dans quelques temps, d'avoir l'esprit de Al, comme nous avons l'esprit du concile?

Ce qui expliquerait pourquoi cette nouvelle réforme est si bien accueillie par le monde...
images/icones/nounours.gif  ( 839972 )de la néo-casuistique au XX-XXIe siècle par Luc Perrin (2017-12-06 16:03:42) 
[en réponse à 839867]

L'esprit de "novation" est bien décrit dans l'article au titre si évocateur du maître défunt de l'école de Bologne qui s'en réjouissait fort et trouvait les papes Paul VI et Jean-Paul II bien trop timorés voire contraire à lui :

Giuseppe Alberigo, “Dal bastone alla misericordia. Il magistero nel cattolicesimo contemporaneo (1830–1980),” Cristianesimo nella Storia 2 (1981): 487–521.

La dévalorisation systématique de toute doctrine au nom d'un tout "pastoral" et d'une "miséricorde" qui est à géométrie si variable que l'idée de péché se dissout, celle de jugement devient incompréhensible, le magistère lui-même s'efface.

A cela, il faudrait ajouter une étude à reprendre de la casuistique jésuite du XVIIe siècle contre laquelle tant ont ferraillé comme le bon Blaise Pascal.

Cette amusante conclusion de la cinquième Lettre écrite à un provincial a toujours autant de saveur à lire cum grano salis :

" J'entends tout cela, lui dis-je. Je vois bien par là que tout est bien venu chez vous, hormis les anciens Pères, et que vous êtes les maîtres de la campagne. Vous n'avez plus qu'à courir. Mais je prévois trois ou quatre grands inconvénients, et de puissantes barrières qui s'opposeront à votre course. Et quoi? me dit le père tout étonné. C'est, lui répondis je, l'Écriture sainte, les papes et les conciles, que vous ne pouvez démentir, et qui sont tous dans la voie unique de l'Évangile. Est-ce là tout? me dit-il. Vous m'avez fait peur. Croyez-vous qu'une chose si visible n'ait pas été prévue, et que nous n'y ayons pas pourvu? Vraiment je vous admire, de penser que nous soyons opposés à l'Écriture, aux papes ou aux conciles! II faut que je vous éclaircisse du contraire. Je serais bien marri que vous crussiez que nous manquons à ce que nous leur devons. Vous avez sans doute pris cette pensée de quelques opinions de nos pères qui paraissent choquer leurs décisions, quoique cela ne soit pas. Mais, pour en entendre l'accord, il faudrait avoir plus de loisir. Je souhaite que vous ne demeuriez pas mal édifié de nous. Si vous voulez que nous nous revoyions demain, je vous en donnerai l'éclaircissement."
images/icones/neutre.gif  ( 840036 )Combien hélas avez vous raison par Ritter (2017-12-07 01:18:17) 
[en réponse à 839972]



La dévalorisation systématique de toute doctrine au nom d'un tout "pastoral" et d'une "miséricorde" qui est à géométrie si variable que l'idée de péché se dissout, celle de jugement devient incompréhensible, le magistère lui-même s'efface.



La doctrine se diluant le Magistère semble en perdre sa substance et sa saveur


images/icones/fleche3.gif  ( 839871 )selon eux doctrinalement justifié, mais pastoralement imprudent par Johanis (2017-12-06 00:05:20) 
[en réponse à 839863]

Ce ne sont pas "les dominicains", mais l'institut St Vincent Ferrier (qui revendique l'héritage dominicain dans un esprit traditionnel).

Tout aussi significatif et même davantage que leurs fortes réserves pastorales, est leur accord sur la justification doctrinale : de soi la communion serait effectivement légitime en raison d'un manque de compréhension du bien-fondé de la norme. Ils entrent malheureusement dans la logique d'une morale chrétienne qui ne se fonde pas avant tout sur la foi, qui est celle d'Amoris Laetitia. C'est fort regrettable. voir https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=839649

Pour "Vincentius", il n'y a pas de contradiction doctrinale avec l'enseignement antérieur ; c'est seulement que le choix pastoral (doctrinalement fondé) est imprudent :"Nous ne contestons pas le fait qu’un divorcé remarié vivant more uxorio puisse en certains cas ne pas commettre d’adultère formel, en raison d’un jugement de conscience invinciblement erroné30. Seulement, les conséquences pastorales qu’on en tire ne vont pas de soi. D’un point de vue prudentiel, en effet, il est à craindre que l’admission de ces personnes aux sacrements comporte plus d’inconvénients pour le bien spirituel du peuple de Dieu que d’avantages réels pour les personnes en situation irrégulière.
images/icones/fleche2.gif  ( 839877 )Critique plus complète par Johanis (2017-12-06 06:38:31) 
[en réponse à 839871]

Pour une critique doctrinale plus complète : https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=835903
images/icones/fleche3.gif  ( 839878 )c'est François qui entrainera plutôt les âmes à leur perte par jejomau (2017-12-06 07:05:55) 
[en réponse à 839871]

"Ils entrent malheureusement dans la logique d'une morale chrétienne qui ne se fonde pas avant tout sur la foi"

Voyez-vous, pour les gens, pour le commun des mortes, pour l'immense masse ... Il y a des choses qui tombent sous ce qu'on appelle LE BON SENS.

Quand un couple divorce, quand on leur a dit que le mariage était un sacrement et qu'on devait rester unis pour toute la vie.... Toute autre argutie pour expliquer qu'on peut se re-marier est en réalité une explication tordue qui fera perdre la Foi à des millions et des millions de gens d'ores et déjà et à l'avenir...

Faites aujourd'hui cette expérience avec vos enfants si vous en avez. Allez leur dire qu'on se marie pour la vie mais qu'on peut se re-marier sans problèmes...
images/icones/heho.gif  ( 839883 )Le bon sens et les forces naturelles suffisent ? par Johanis (2017-12-06 08:01:30) 
[en réponse à 839878]

Si le bon sens suffisait à rejeter le divorce ça se saurait.
La monogamie avec indissolubilité est manifestement, en fait, une spécificité du catholicisme. C'est seulement la foi, l'établissant comme correspondent au projet de Dieu et à son commandement qui permet de la garder comme loi ; comme l'affirme la doctrine, la foi seule peut donner assez de force à ce qui est naturel, mais que la faiblesse humaine ne permet pas de découvrir pleinement et d'accomplir. Sinon, quelle que soit l'aspiration idéale à un amour qui dure toujours, la faiblesse humaine a toujours conduit à admettre le divorce.
Il ne faut donc pas se tromper d'argumentation pour défendre la doctrine et la pratique de l'Eglise.
images/icones/croix.gif  ( 839888 )A papa calamitoso, par Thierry (2017-12-06 08:23:34) 
[en réponse à 839863]

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