25-01-2017 10:01:44
Pays : ITA
GLGL
FRS0509 0412 /AFP-DU91
ROME, 25 jan 2017 (AFP)
Après un mois d'un bras de fer inédit entre l'Ordre souverain de Malte et le Saint-Siège, le Grand maître de l'Ordre Matthew Festing a accepté de démissionner à la demande du pape François, a-t-on appris mercredi auprès de l'organisation.
"Mardi après-midi, le Grand maître a été reçu par le pape François qui lui a demandé de démissionner. Le Grand maître a accepté", a précisé une porte-parole.
L'Ordre de Malte, l'une des plus anciennes institutions chrétiennes, un Etat sans territoire, avait refusé catégoriquement au nom de sa souveraineté une enquête interne ordonnée par le pape François. Le Grand maître était même allé jusqu'à remettre en cause le choix des enquêteurs, obligeant le Vatican à réagir.
Le bras de fer est apparu après le départ forcé, le 6 décembre 2016, du numéro trois de l'Ordre, Albrecht von Boeselager, un Allemand en poste depuis 2014.
Selon des sources proches du dossier, l'affaire tourne grandement autour d'une bataille politique. Elle a également éclaté au moment où le frère d'Albrecht von Boeslager a été nommé au sein du conseil d'administration de la Banque du Vatican (IOR), en plein assainissement après avoir été éclaboussée par des scandales ces dernières années. "Le timing est très significatif", avance une source.
Le 21 décembre, le pape avait nommé une commission d'enquête de cinq membres chargés d'y voir plus clair.
Le renvoi du responsable allemand avait été notifié en présence du cardinal américain Raymond Burke, représentant du pape à la tête de l'Ordre.
Or cet ultra-conservateur, placé à ce poste honorifique pour être écarté du gouvernement du Vatican, défie ouvertement le pape sur un texte important sur les divorcés.
La distribution de préservatifs par des employés d'un dispensaire de l'Ordre de Malte en Birmanie, à destination de populations à risque comme les prostituées, a aussi été avancée par des médias catholiques pour expliquer le départ forcé d'Albrecht von Boeslager. Mais ce dernier aurait immédiatement arrêté la distribution de préservatifs en l'apprenant. L'utilisation de préservatifs est un sujet encore largement tabou au sein de l'Eglise catholique.
L'Ordre de Malte, dont les origines remontent aux croisades, a été fondé à Jérusalem en 1048 comme une communauté d'hospitaliers chargés de soigner les malades, avant d'être reconnu par le pape en 1113. Aujourd'hui actif dans 120 pays, il gère des hôpitaux et dispensaires, avec 13.500 membres et 100.000 employés ou bénévoles.
Le Britannique Matthew Festing, qui était en principe nommé à vie, doit encore réunir son Conseil souverain pour que la démission soit formellement entérinée.
cm/fcc/lch
AFP 251001 JAN 17
...est que François a trouvé un nouveau jouet à casser, et qu'il ne va pas se gêner.
Cette démission, s'il elle aboutit sur une prise de contrôle de l'Ordre par les autorités ecclésiales, est aussi historique que tragique.
25-01-2017 12:24:57
Pays : ITA
GLGL
FRS0839 0670 /AFP-DY21
ROME, 25 jan 2017 (AFP) - Le Grand maître de l'Ordre de Malte, Matthew Festing, a démissionné à la demande du pape François, après un mois de bras de fer inédit sur fond de lutte de pouvoir au Vatican et d'une polémique sur des distributions de préservatifs.
"Mardi après-midi, le Grand maître a été reçu par le pape François qui lui a demandé de démissionner. Le Grand maître a accepté", a expliqué mercredi une porte-parole de l'Ordre.
L'Ordre de Malte -- l'une des plus anciennes institutions chrétiennes devenue un Etat sans territoire -- a finalement fait montre d'obéissance au pape.
Il évite ainsi une rupture avec le Saint-Siège, après plus de 900 ans d'une solide entente, et une trop forte atteinte à son image de marque.
Actif dans 120 pays, l'Ordre de Malte gère des hôpitaux et dispensaires, avec 13.500 membres et 100.000 employés ou bénévoles.
A travers le monde, ses antennes locales commençaient à s'inquiéter d'une baisse des dons du fait de la polémique, en particulier dans la perspective de la Journée mondiale des lépreux, le 29 janvier, qui est d'ordinaire l'occasion d'engranger des fonds importants, note une source en interne.
L'affaire a commencé avec le départ forcé, le 6 décembre 2016, du numéro trois de l'Ordre, Albrecht von Boeselager, un Allemand très respecté en poste depuis 2014.
Il semble que la distribution de préservatifs dans un dispensaire en Birmanie a été un élément déclencheur, même si l'Ordre de Malte ne l'a jamais évoqué ouvertement.
- L'ombre du cardinal Burke -
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Selon une source interne, Albrecht von Boeslager aurait d'ailleurs arrêté la distribution dès qu'il en a eu connaissance.
Le préservatif reste largement tabou au sein de l'Eglise catholique, qui rejette toute forme de contraception même si le pape François lui-même a appelé en novembre à un "comportement responsable" face au sida.
L'Allemand aurait-il des positions trop libérales au sein du vieil ordre né durant les croisades ?
Après un mois de d'escalade de la tension, à coup de communiqués acerbes, entre l'Ordre de Malte et le Saint-Siège, la question semble en tout cas dépassée.
Selon des sources au sein de l'Ordre, l'affaire tourne surtout autour de la bataille rangée d'une frange conservatrice de l'Eglise contre le pape François.
En effet, le représentant du pape à la tête de l'Ordre n'est autre que le cardinal américain Raymond Burke, un ultra-conservateur placé à ce poste honorifique pour être écarté du gouvernement du Vatican.
Farouche défenseur d'une doctrine pure et dure, Mgr Burke défie ouvertement le pape sur un important texte ouvrant aux évêques la possibilité d'autoriser dans certains cas des divorcés remariés à communier.
Dans plusieurs interviews à la presse catholique, le cardinal frondeur a même sommé le pape de rectifier ce qu'il considère comme une erreur remettant en cause le dogme de l'indissolubilité du mariage catholique.
- Un mois de joute -
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La bataille a également éclaté au moment où le frère d'Albrecht von Boeslager a été nommé au conseil d'administration de la Banque du Vatican (IOR), en plein assainissement après avoir été éclaboussée par une série de scandales. "Le timing est très significatif", avance une source.
Le Grand maître de l'Ordre de Malte, Matthew Festing, à qui l'ont prête une forte personnalité, a-t-il agi sous l'influence de l'agressif cardinal Burke ou a-t-il simplement défendu sa souveraineté?
Le 21 décembre, le pape avait nommé une commission d'enquête de cinq membres chargés d'y voir plus clair dans la démission du responsable allemand.
Mais le Grand maître avait catégoriquement refusé cette enquête, assurant qu'il s'agissait d'affaires internes et allant ensuite jusqu'à remettre en cause la probité de certains membres de la commission. Dernier épisode de la joute: le Saint-Siège avait même dû émettre un communiqué apportant son plein soutien à sa commission...
Le Britannique Matthew Festing, qui était en principe nommé à vie, réunira samedi son Conseil souverain pour entériner formellement sa démission.
L'Ordre de Malte, dont les origines remontent aux croisades, a été fondé à Jérusalem en 1048 comme une communauté d'hospitaliers chargés de soigner les malades, avant d'être reconnu par le pape en 1113.
cm/fcc/lch
AFP 251224 JAN 17
Nicolas Senèze (à Rome), le 25/01/2017 à 17h07
Le pape a accepté mercredi 25 janvier la démission du grand maître de l’Ordre de Malte avec lequel il était en conflit depuis plus d’un mois. C’est un nouvel épisode de la guerre larvée qui oppose François à certains courants, peu nombreux mais bien organisés.
En obtenant, le 25 janvier, du grand maître de l’Ordre souverain de Malte qu’il démissionne de sa charge, le pape François a marqué un point important contre ceux qui le mettent en cause depuis qu’il a engagé de profondes réformes au Vatican et dans l’Église.
Non que Fra’ Matthew Festing soit un ennemi personnel du pape, mais le conflit qui oppose François à l’Ordre de Malte résume à lui seul toutes les oppositions auxquelles il se heurte dans sa volonté de réforme.
Un grand chancelier accusé
La chronologie des faits (lire plus loin) ne laisse pas en effet de rendre perplexe. Début décembre, le grand maître de l’Ordre exige la démission de son grand chancelier, Albrecht von Boeselager, accusé d’être « un catholique libéral, infidèle aux enseignements de l’Église ».
Présent à cette discussion, le cardinal Raymond Burke, représentant du pape auprès de l’Ordre et, surtout, l’un des principaux opposants à François, menant une guérilla publique contre l’exhortation Amoris laetitia, notamment sur le possible accès aux sacrements de divorcés remariés. Avec trois cardinaux à la retraite, il a ainsi demandé au pape d’éclaircir certains points, manière de le forcer à revenir sur le texte – ce qu’aucun pape n’a fait depuis au moins deux siècles – et d’en amoindrir la portée magistérielle.
Au sein de l’Ordre de Malte, c’est d’ailleurs sur des questions morales que portent les attaques contre Albrecht von Boeselager, accusé notamment d’avoir permis, en 2005, la distribution de préservatifs par l’Ordre en Birmanie.
Une mise en cause des réformes au Vatican
Face au grand maître, l’Allemand explique que l’affaire avait alors été promptement réglée et refuse de démissionner. Soutenu, au moins en silence, par le cardinal Burke, Matthew Festing insiste, soulignant que c’est « la volonté du Saint-Siège ».
Dix jours plus tard, le propre frère d’Albrecht von Boeselager, Georg, est nommé au conseil de surintendance de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), la « banque du Vatican ». Avec deux autres banquiers, il remplace des responsables de l’IOR qui, défendant l’idée de créer un fonds d’investissement du Vatican au Luxembourg auquel s’opposait le pape, avaient dû démissionner en mai 2016.
Les attaques contre Albrecht von Boeselager apparaissent ainsi de plus en plus comme une mise en cause de la réforme des finances du Vatican et ceux qui la mettent en œuvre.
Des obstructions déjà sous Benoît XVI
Déjà, sous Benoît XVI, c’est sur les finances que le Vatican avait été le plus violemment attaqué. L’affaire des « Vatileaks », les fuites de documents depuis le bureau même du pape, démarre ainsi peu après que le pape allemand a engagé un vaste nettoyage des finances du Vatican, et notamment de l’IOR où les scandales se multiplient.
Si l’IOR n’a pas été une structure discutable en tant que telle, des entreprises louches se sont clairement servi de liens personnels avec tel ou tel prélat un peu naïf pour cacher de sales affaires sous le sceau du secret bancaire du Vatican. Prévenu, Benoît XVI a courageusement tenté de mettre fin à ces pratiques mais, au fur et à mesure qu’il progressait, les obstacles se sont multipliés.
Pourtant, plus que les mafias, c’est le système financier lui-même que les papes ont trouvé sur leur chemin. Dès 2009, et son encyclique Caritas in veritate, où il entreprend déjà une mise en cause du système capitaliste, Benoît XVI est soumis à la critique des conservateurs américains.
Des réactions aux prises de position du pape
Mais le discours du pape allemand va être notablement développé et amplifié par son successeur. Dans son exhortation Evangelii gaudium, François s’oppose directement à la « théorie du ruissellement », un des dogmes du libéralisme aux États-Unis. Et dans nombre de ses discours, il n’a de cesse de s’attaquer aux méfaits d’un capitalisme échevelé, au « dieu-argent » qui « corrompt », à l’économie « qui tue ».
Aux États-Unis, un tel discours, remettant en cause les fondements de la libre entreprise américaine, passe mal. François y est décrit comme un pape « marxiste ». Son encyclique Laudato si’ s’y heurte ensuite aux climato-sceptiques poussés par les géants du pétrole.
Les conservateurs américains à l’offensive
Or c’est bien des États-Unis que viennent aujourd’hui les attaques les plus rudes contre le pape. À l’Ordre de Malte, l’affaire des préservatifs birmans a ainsi été mise en avant par l’« Institut Lépante pour la restauration de toutes choses dans le Christ », une officine ultra-conservatrice, spécialisée dans la dénonciation de l’« entrisme gay » dans l’Église et les attaques contre les principales associations de promotion du développement qui interrogent un libéralisme économique sans limite.
Un de ses responsables est le président du Parti républicain en Virginie ; un autre, activiste bien connu des milieux conservateurs américains, dirige aussi l’Alliance pour le Bien commun, présidée par Keith Fournier, diacre du diocèse de Richmond et membre du groupe de soutien catholique constitué par Donald Trump pendant sa campagne.
Le cardinal Burke derrière ces manœuvres
Très influent dans la campagne présidentielle par la manière dont il a diffusé nombre de rumeurs, le site américain Breitbart, fondé par Steve Bannon, aujourd’hui conseiller stratégique de Donald Trump, ne cache pas non plus son hostilité au pape à coups de titres spectaculaires. Dans un entretien au New York Times, son correspondant à Rome expliquait récemment que, ses responsables l’invitaient fortement à écrire sur les opposants au pape, notamment le cardinal Burke, « un ami de M. Bannon » qui lui-même « se méfie » de François.
L’un des enjeux de la bataille médiatique qui s’annonce est de convaincre la très papiste classe moyenne catholique américaine (le pape y rencontre 87% d’opinions favorables, selon une étude publiée la semaine dernière par le Pew American Research Center) que François, déjà ennemi des fondements de la puissance économique américaine, veut s’attaquer à sa valeur la plus sacrée, la famille.
Le cardinal Parolin fidèle soutien du pape
D’où le virulent discours visant à discréditer Amoris laetitia. Ce qui explique sans doute pourquoi Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie et une des cibles favorites des ultra-conservateurs, vient justement d’être dépêché par le pape pour une longue mission aux États-Unis.
Cependant, même s’ils bénéficient de puissants soutiens, les opposants au pape sont peu nombreux à Rome. Ses proches assurent que François n’est d’ailleurs pas inquiet de leurs menées. Il faut dire qu’il en a vu d’autres quand il était archevêque de Buenos Aires et qu’il bénéficie du soutien efficace de son secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin qui, discrètement et courageusement, a essuyé nombre d’attaques à la place du pape.
La maestria dont François a fait preuve pour gérer la crise avec l’Ordre de Malte, qui sera désormais géré par un délégué pontifical isolant un peu plus le cardinal Burke, montre en tout cas la grande sérénité avec laquelle il aborde les événements.
La crise à l’Ordre de Malte
6 décembre 2016. Le grand maître de l’Ordre de Malte exige la démission de son grand chancelier, soulignant que cette demande est « la volonté du Saint-Siège ».
21 décembre. Le pape « n’a jamais parlé de renvoyer quelqu’un », écrit le cardinal Parolin au grand maître.
22 décembre. Le pape nomme une commission chargée d’informer le Saint-Siège
sur la crise.
23 décembre. Jugeant que le départ du grand chancelier est « un acte de gouvernement interne », le grand maître juge « inacceptable » la nomination de la commission et interdit aux membres de l’Ordre de collaborer.
14 janvier. Le grand maître met en cause l’intégrité de membres de la commission, évoquant des « conflits d’intérêts ».
17 janvier. Le Vatican rejette « toute tentative de discrédit » sur la commission.
25 janvier. Le pape accepte la démission du grand maître, qu’il a rencontré la veille, et annonce la nomination d’un délégué pontifical.
Nicolas Senèze (à Rome)
...l'intervention du pape a pour but de "punir" le courant qui, dans l'Ordre, est le plus fidèle au Magistère immuable de l 'Eglise, et pour soutenir l'aile séculariste qui voudrait transformer l'Ordre en ONG humanitaire.
Nous pouvons marcher comme nous voulons, nous pouvons édifier de nombreuses choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, cela ne va pas. Nous deviendrons une ONG humanitaire, mais non l’Église, Épouse du Seigneur. Quand on ne marche pas, on s’arrête. Quand on n’édifie pas sur les pierres qu’est ce qui arrive ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils font des châteaux de sable, tout s’écroule, c’est sans consistance. Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable ». Quand on ne confesse pas Jésus Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon.
... reddition des chevaliers, lesquels semblent avoir perdu l'esprit qui les distinguait sur les champs de bataille des Croisades
Toutefois, si l'on démissionne lorsque le Pape l'exige, à plus forte raison accepte-t-on la commission qu'il nomme. A quoi bon résister sur ce point si c'est pour abandonner bien plus ensuite ...