Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=780209

( 780209 )
VINCENT LAMBERT : ARRÊT DE MORT DE LA CEDH par Anne Charlotte Lundi (2015-06-05 11:28:57)
Communiqué de l'AGRIF :
La décision de la Cour Européenne des droits de l’Homme permettant la mise à mort de Vincent Lambert par interruption de son alimentation et de son hydratation constitue une victoire pour les partisans et les médecins acteurs de l’acharnement euthanazique.
Elle marque une triste régression vers les barbaries totalitaires du monde moderne. L’AGRIF qui a constamment soutenu le combat des parents de Vincent Lambert et de ses avocats continuera plus que jamais sa lutte pour le respect de la vie innocente contre le racisme anti-humain...
suite
Adhérez à l'AGRIF.

( 780217 )
Viviane Lambert : "Pour la vie de mon fils" par Anne Charlotte Lundi (2015-06-05 12:19:01)
[en réponse à 780209]
L'affaire Lambert est devenue un symbole du débat de fin de vie. Sa mère prend la plume pour simplement raconter les faits. Ni intégrisme, ni passionaria, ni manipulée, elle veut juste nous aider à comprendre les raisons de sa bataille et sauver son fils.
Son livre

( 780218 )
Dies Irae par Adso (2015-06-05 12:23:33)
[en réponse à 780209]
.... Sans commentaire...

( 780220 )
Mois du Sacré-Coeur, 1er Vendredi du mois par Chouette (2015-06-05 13:13:23)
[en réponse à 780218]
Seul le Ciel peut entendre cette famille et provoquer un miracle.

( 780222 )
Pour rappel, un “Vincent Lambert” italien a retrouvé l’usage de la parole... par Vianney (2015-06-05 13:25:05)
[en réponse à 780209]
... et ce,
à plusieurs reprises :
Cela s’est passé en novembre, dans un hôpital de Pise, en Italie. Plongé en état de conscience minimale depuis près de 2 ans à la suite d’un accident de la route, un patient a été réveillé par un anxiolytique. En attendant le scan du cerveau que devait passer ce patient, un infirmier lui a administré un anxiolytique. C’est alors que le patient s’est réveillé et lui a parlé avant de replonger, quelques instants plus tard, dans un état de conscience minimale.
Pour savoir si le réveil de ce patient était bel et bien dû à l’administration de l’anxiolytique à base de midazolam, les médecins ont décidé une nouvelle prise de ce médicament. Comme la première fois, le patient s’est réveillé et a parlé avec le personnel hospitalier de manière tout à fait normale.
V.

( 780229 )
Triste affaire par Ubique Fidelis (2015-06-05 15:23:30)
[en réponse à 780222]
Cet arrêt de la Cour EDH me parait malheureusement révélateur.
Dans cette affaire, il est fait une grave confusion entre traitement et soins et l'application de la loi Léonetti sur l'obstination déraisonnable ne m’apparaît pas possible.
Outre la question purement juridique, ces décisions sont révélatrices de l'association malheureuse qui est faite entre perte de capacité et perte de dignité. En perdant tout ou partie de ses capacités, un être humain ne perd pas sa dignité, qualité intrinsèque.
Notre société semble l'oublier et rejeter du champ de l'humanité, en le privant de sa dignité et de son droit à la vie, celui qui n'est plus capable ou qui est jugé comme tel.
Pour le juriste, l'avocat, le père de famille, le catholique que je suis, c'est inquiétant et symptomatique du relativisme dénoncé notamment par le Pape émérite Benoît XVI et le Pape François, lequel parle de culture du déchet.
Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous.

( 780234 )
Lire aussi : par Chataigne (2015-06-05 16:32:28)
[en réponse à 780222]
Le livre de Martin Pistorius, ce jeune garçon resté "dans le coma" pendant 11 ans, qui entendait tout et raconte comment il y eut une aide-soignante plus attentive que les autres (!) qui remarqua qu'il réagissait un peu dans certains cas, et lui fit faire des tests...
Au prix de beaucoup d'efforts, et grâce aux nouvelles technologies (ordinateurs) il a pu s'exprimer (sans retrouver sa voix, mais par l'intermédiaire de machines), faire des études, et ... se marier !
Angèle Lieby aussi ("une larme m'a sauvée") !
Quand on pense que Vincent entend peut-être tout ce qui se dit autour de lui...
Prions, continuons à prier pour lui et sa famille
>Coeur Sacré de Jésus, j'ai confiance en Vous !

( 780230 )
Qui interdit à sa famille de le prendre en charge ? par Glycéra (2015-06-05 15:43:52)
[en réponse à 780209]
Avant de poser ma question...
Je n'ai pas aimé le communiqué cité ainsi : impression de retape de recrutement pour l'association... On ne profite pas de la détresse de quelqu'un... pour augmenter son audience.
L'intention n'était certes pas là, mais le message m'a fait cette impression... Je le dis.
Ma question est tout de même énorme...
Qui interdit à la famille de Vincent Lambert de prendre en charge sa nourriture ?
Si j'ai bien compris, il ne s'agit pas de traitement médicamenteux, mais d'aide normale à quelqu'un dans le besoin d'être aidé.
Alors, qui peut interdire à ses proches de prendre en charge els soins quotidiens, comme pour toute personne qui ne peut vivre par ses moyens ?
Vincent Lambert est-il emprisonné ? Personne ne peut demander à l'accueillir ailleurs ? En "ehpad" : on paye la pension et la personne vit du mieux qu'il est possible. Ou analogue à ces maisons privées médicalisées.
Mettre 3 semaines avant de voir que l'alimentation a été supprimée ?
Comment cela fut-il possible ? Personne n'avertir la famille du suivi médical ? Y a-t-il une personne de confiance qui a la signature pour être informée à la place de Vincent Lambert, comme pour tout malade qui n'est pas compétent à comprendre ou dire ce qui le concerne ?
Le problème est-il un conflit d'autorité légale entre son épouse et ses parents ?
Pour moi, trop de choses sont incohérentes...
Ou alors, je ne comprends rien, ou bien les choses ne sont pas dites au clair.
Merci à Sieur Vianney de son récit sur la personne italienne dans le même cas. Pourrais-je avoir des références ? (en privé sur glycera à wanadoo.fr si c'est possible ou mieux ainsi).
Une remarque aussi :
Est-il important pour son salut, de rester lié à son corps sur un lit d'hôpital ? Non, je ne pousse pas à dire qu'il est mieux de partir, mais le fait est que nous ne sommes pas fait pour cette terre. Sans doute, s'il y a purgatoire nécessaire, Dieu fera ce cadeau de le permettre en son corps, avec des sens et des relations (même minuscules) possibles, il paraît que c'est toujours mieux que sans son corps, dans cette gangue aveugle sans notion de temps, où l'âme purge, ou plutôt est nettoyée au bon vouloir des autres humains qui prient pour elle et sa délivrance.
Si Dieu veuille qu'il vive ainsi, ce n'est aps notre affaire.
Mais si Dieu indique aussi que cette âme est prête à l'aller rejoindre, qui sont les humains pour dire que la durée sur terre est nécessaire ? y a-t-il eu un débat théologique, doctrinal, pour conseiller les proches compétents ?
Voilà mes questions. En résumé :
- Qui peut décider du mode de vie de Vincent Lambert ? Légalement dans l'état de la loi ? Humainement et catholiquement ?
- Est-il emprisonné ? Y a-t-il un autre mode d'assistance de vie possible pour lui ?
- Comment savoir ce que Dieu propose pour son salut et son avenir ?
- Qui doit payer ce dont il a besoin : l'état, la sécu, les proches, une association d'entr'aide à lui dédiée ? Et qui servira à d'autres dans le même pétrin ?
Avez-vous les mêmes questions ?
Prier le ciel de conseiller et d'aider les personnes compétentes dans les cas douloureux de gens dépendant complètement de leur entourage, nous pouvons.
Y a-t-il autre chose à faire ? à espérer trouver ?
Glycéra
qui parfois trouve que ceux qui partent de cette terre aussi pourrie ne sont pas dans de mauvaises pistes !

( 780233 )
Mes références... par Vianney (2015-06-05 16:28:30)
[en réponse à 780230]
...chère Glycéra, sont mentionnées dans le message auquel je renvoyais (probablement pas assez clairement) :
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=770192.
Autrement dit, le n° 372 de
Vox Vitæ (janvier 2015) et, à travers elle, la revue scientifique
Restorative Neurology and Neuroscience.
En effectuant une brève recherche, je suis tombé sur le lien
http://www.iospress.nl/ios_news/patient-awakes-from-post-traumatic-minimally-conscious-state-after-administration-of-depressant-drug/ : “Patient Awakes from Post-Traumatic Minimally Conscious State after Administration of Depressant Drug” (16 déc. 2014).
Pour en revenir au cas spécifique de Vincent Lambert, il semble bien qu’il n’y ait aucun empêchement d’ordre juridique à ce qu’il soit rendu à sa famille, ou à tout le moins confié à une institution décidée à assurer son alimentation. Reste évidemment le problème de la divergence de vues entre son épouse et ses parents...
Udp,
V.

( 780238 )
Réponses… par Jeanne Smits (2015-06-05 17:09:19)
[en réponse à 780230]
L'affaire est complexe et longue et ce que vous voyez ici, chère Glycéra, c'est le triste aboutissement d'une affaire judiciaire.
Complexe non dans son fond, mais sur le plan de la loi.
Vincent Lambert est un homme handicapé en état de conscience minimale, c'est à dire qu'il perçoit certaines sensations et qu'il a des moments où il réagit à son entourage, mais pas de manière cohérente de telle sorte qu'il ne peut pas communiquer. Pour le reste il est en bonne santé. Il reçoit les "soins ordinaires" minimaux : nourriture et hydratation administrés par une sonde qui va directement dans son estomac, par crainte des fausses routes qui peuvent se produire à la déglutition (mais il a recouvré ce réflexe et avale sa salive).
Ses parents sont prêts à le prendre chez eux, ce qui est techniquement possible, et mieux, un centre spécialisé pour les pauci-relationnels l'attend…
Qui peut l'interdire ? Son épouse Rachel qui est considérée par l'hôpital comme la personne de confiance de Vincent et c'est elle qui a témoigné pour dire qu'il ne voudrait pas vivre dans cet état. Mais sur l'identité de la "personne de confiance" il y a un vide juridique.
Oui, VIncent est emprisonné en ce sens qu'il est retenu dans une chambre fermée à clef de l'extérieur et que ses propres parents doivent systématiquement laisser leur carte d'identité avant qu'on leur ouvre la porte pour aller voir leur fils.
Oui, ils ont mis trois semaines à savoir que l'alimentation de leur fils avait été supprimée en vue de le faire mourir parce qu'à l'époque ils étaient en Provence et que la décision de cesser de le nourrir a été mise en œuvre à leur insu. A l'époque Mme Lambert remontait voir son fils à Reims une semaine sur six environ. La décision avait été prise en accord avec l'épouse, Rachel Lambert.
Donc oui, conflit quant à l'autorité légale sans qu'il y ait de loi qui le résolve.
Mais pour aller plus loin, il faut comprendre que l'affaire Vincent Lambert est aussi politique : permettre qu'il soit privé de nourriture et de boisson afin de le faire mourir de faim et de soif, et non de sa maladie, est la logique de la nouvelle loi Claeys-Leonetti qui vise à légaliser l'euthanasie "lente", comme la première loi Leonetti le permet déjà.
"Est-il important pour son salut de rester lié à son corps sur un lit d'hôpital ?" Ou pour le salut d'autrui, serais-je tentée d'ajouter… Peut-être. Je n'en sais rien du tout. Mais la question n'est pas là : elle est de savoir s'il est légitime de priver de nourriture et d'hydratation une personne qui n'est pas par ailleurs malade, mais très handicapée, en vue de la faire mourir.
La question est donc de savoir s'il y a une intention homicide. La CEDH répond non, puisque la loi Leonetti estime qu'il n'y en a pas dans ce cas de figure. Mais voilà un homme qui n'a besoin que de soins ordinaires pour vivre. Qui n'est pas mourant. Le priver de ces soins, c'est organiser sa mort. C'est le tuer. Dire qu'on peut faire cela, c'est dire que n'importe quelle personne très handicapée ou très dépendante peut être privée de soins ordinaires parce que sa vie n'aurait plus de sens.
Or m'est avis qu'elle a un sens ; ne serait-ce que celui d'appeler ceux qui l'entourent à le soigner du mieux qu'ils peuvent. Cette charité que le Christ demande pour "le plus petit d'entre les siens". L'avenir de Vincent, lui, appartient à Dieu seul : c'est tout le sens du respect de la vie.
Or ici nous sommes face à une double négation du respect dû à la vie : d'une part, on envisage de précipiter cet homme vers la mort, et de l'autre, on s'appuie sur sa volonté (sans preuves) pour le faire. Les preuves existeraient-elles de cette volonté qu'elles ne seraient pas plus acceptables moralement : ce n'est pas parce que je décide que j'en ai assez de vivre, ou que je décide que dans telle hypothèse je ne souhaiterais pas vivre, que j'ai "droit" d'être tuée ou que l'acte de me tuer serait acceptable.
A quoi s'ajoute une considération plus générale : on estime pouvoir hâter la mort de Vincent parce qu'il n'a plus de relations conscientes avec le monde qui l'entoure (ce qui est d'ailleurs douteux, d'après le livre de sa mère) et aucun espoir d'amélioration. Ce qui revient à dire que la qualité de sa vie étant insuffisante, il ne mérite plus de vivre. Ou qu'il est déjà mort.
Qui paie ? Je ne connais pas les détails. Je sais seulement que son accueil en unité de soins spécialisée, où une place existe pour lui, coûterait moins cher que son maintien à l'hôpital. Mais plus cher que sa mort rapide, évidemment…
BIen à vous, chère Glycéra !
Jeanne Smits

( 780241 )
Bravo pour ce remarquable résumé. par Fennec (2015-06-05 17:30:20)
[en réponse à 780238]
J'ai failli répondre à Glycéra, mais je n'aurais jamais si bien synthétisé tous les aspects comme vous venez de le faire.
Merci.

( 780261 )
Je pense, Madame, qu'il s'agit aussi et surtout d'une question juridique de fond par Ubique Fidelis (2015-06-05 20:09:23)
[en réponse à 780238]
C'est bien le silence de la loi sur la nature médico-juridique de l'alimentation et de l'hydratation qui est, principalement, à l'origine de cet imbroglio judiciaire et de cette offensive politique de la Cour EDH. En effet, si la loi Leonetti avait défini ceux-ci comme des soins, l'obstination déraisonnable n'aurait pu être invoquée. En l'absence de qualification expresse, certaines juridictions ont assimilé des besoins primaires et alimentaires, auquel a droit tout être humain, à un traitement.
Nous avions été nombreux à dénoncer l'imperfection et les risques non négligeables que cette loi comportait , notamment pour les personnes en état pauci-relationnel incapable d'exprimer leur volonté.
Il faut que nous tirions comme leçon de cette dramatique histoire qu'il devient essentiel de laisser des directives claires et anticipées exprimant notre refus d'être privé notamment de ses soins essentiels que sont l'alimentation et l'hydratation.

( 780262 )
Autre chose gravissime: la Cour EDH par Ubique Fidelis (2015-06-05 20:18:13)
[en réponse à 780261]
a refusé d'accorder la protection conventionnelle contre les traitements inhumains et dégradants à une personne hors d'état d'exprimer sa volonté.
C'est extrêmement grave!

( 780263 )
D'accord, mais… par Jeanne Smits (2015-06-05 20:18:24)
[en réponse à 780261]
La loi Leonetti dans ses travaux préparatoires vise justement à considérer l'alimentation comme un traitement que l'on peut arrêter. Et le rapport Leonetti qui suit en 2008 y ajoute l'hydratation.
L'interprétation de la lettre de la loi peut s'écarter de cela en raison de sa formulation pas très explicite. Mais c'est son esprit, dit et répété par Leonetti, consacré par le Conseil d'Etat et approuvé par la CEDH.
J'ai toujours soutenu, depuis 2005, que la loi Leonetti est une loi d'euthanasie.
La nouvelle loi Leonetti-Claeys à venir ne fait qu'aller plus loin, et de manière extrême en ce sens que cela devient un droit d'obtenir une sédation profonde et continue avec retrait de la nourriture et de l'hydratation.
Amitiés
Jeanne Smits

( 780276 )
Je souscris à votre analyse sur les travaux préparatoires par Ubique Fidelis (2015-06-05 22:23:05)
[en réponse à 780263]
et sur l'esprit de la loi Leonetti à laquelle on ne peut que s'opposer; loi qui a effectivement trouvé son aboutissement dans la loi Leonetti-Claeys.
Il nous faut agir et prier plus que jamais pour la défense de la vie.

( 780278 )
Et moi, je souscris… par Jeanne Smits (2015-06-05 22:40:10)
[en réponse à 780276]
à votre suggestion de faire des directives anticipées dans le bon sens !

( 780283 )
point par point... par Glycéra (2015-06-06 00:49:54)
[en réponse à 780238]
"Complexe non dans son fond, mais sur le plan de la loi."
De la loi, et des protocoles d'hôpital, qui ne sont pas la loi, mais une manière de sous-marin d'appliquer les directives du personnel soignant, sous le couvert de la loi. L'ambiguité est bien cachées, et presque personne ne le sait parmi les malades ni les familles.
Un "protocole médical" n'est pas un règlement : ce n'est qu'un mode commode de travail en commun des personnels soignants. Le sous-marin, c'est que le personnel soignant ne décide pas seul : la sécu agrée ces protocoles, voire les oriente, et arrive à les diriger par les "agréments" pour autoriser les remboursements. Les médecins des hôpitaux n'ont, de fait, plus la liberté de soin que leur serment d'Hippocrate leur a promis.
"Ne fais pas cette prescription, reste dans le protocole", ai-je entendu récemment dire par un spécialiste ; il était très déçu, en recevant cette remarque de son chef de service, qui avait peur de sortir de la règle de "Saint Protocole".
Se battre pour la liberté de soins... Combat parallèle au combat judiciaire.
Ce satané (je pèse mes mots !) "risque de fausse route" ! Cette expression semi morale, presque religieuse, dit seulement qu'on craint de voir le malade trop faible avaler de travers, donc de s'étouffer. Il existe des appareils d'aspiration, dans chaque service, mesure simple et courante. Qui décide qu'un malade peut déglutir ou pas ? Un orthophoniste... je viens de le découvrir. Il le fera lors d'un rendez-vous à programmer en réunion d'équipe de soins (une fois la semaine en général) qui consistera à faire des tests de déglutitions, et de fonctionnement physique de mobilité du cou. Le protocole de ce test de 20 à 30 minutes se trouve sur Internet. Personne d'autre n'est reconnu capable de dire "Oui, ce malade avale bien !". Un médecin ne pourra pas le dire. L'infirmière qui assiste au repas non plus... Et les menus servis sont décidés selon la capacité de déglutir ou pas, laissant ainsi parfois un malade 3 semaines avec menus "lisses" : des bouillies et des entremets lactés sucrés, qu'il déteste très souvent (menu obligé de ces cas classés risque de fausse route). Il est des malades qui se laissent dépérir tant ils sont écoeurés de ces repas. Vous avez dit "protocole sécurisé" ?
Il suffit qu'un membre de l'équipe de soin ait vu ou cru voir une quinte à une déglutition pour signaler un "risque de fausse route", c'est dire la légèreté de ceux qui se couvrent de tout ! Oui, il y a des gens à surveiller, et des visiteurs inconscients des gestes de soins, mais d'autres personnels ont trop peur d'un procès du style "Vous n'aurez pas tout fait pour empêcher que..." : ils infantilisent ou emprisonnent les gens pour ne pas entendre d'éventuels reproches .Et le découragement des malades qu'on humilie, y songe-t-on ?
" xxx qui est considérée par l'hôpital comme la personne de confiance de Vincent et c'est elle qui a témoigné..."
Personne de confiance ? Normalement, le malade peut en désigner une, pour le temps de l'hospitalisation. Elle peut être révoquée. Cette personne est là pour être destinataire des informations, cela facilite les communications de l'hôpital. Eventuellement, elle apportera un avis lors d'une décision à prendre, mais elle n'a pas le pouvoir d'écarter les autres membres de la parenté. Elle n'est pas un "tuteur" du malade, unique et irrévocable. Il me semble que son abus de pouvoir est attaquable en justice. L'hôpital n'a pas voix à décider qui est la personne de "confiance". Encore moins à s'autoriser des décisions parce que des gens de l'hôpital "ont considéré" que ... C'est juste une facilité pour eux de n'avoir qu'un seul interlocuteur : en cas de famille à grand nombre de membres. Je ne connais pas la procédure pour récuser une personne qui en fait n'est pas manifestement de "confiance" vraie ou évidente.
"Ses parents sont prêts à le prendre chez eux, ce qui est techniquement possible, et mieux, un centre spécialisé pour les pauci-relationnels l'attend…"
Qui signerait la décharge ou le transfert d'établissement ? D'après ce que que je dis plus haut, la personne "de confiance"(!) n'a pas de pouvoir. Surtout si le malade n'a rien signé ni attesté ! Qui est le représentant légal de Vincent Lambert ? Qui gère ses affaires depuis son accident ? Le médecin n'a pas à choisir, il est là pour soigner, et faire sortir de l'hôpital, cela lui simplifiera l'administration d'ailleurs. Lui a-t-on demandé de justifier les frais encourus par le séjour si long (hors statistiques) de ce "cas" inhabituel ? Cela se pourrait.
Voulez-vous dire que l'épouse de Vincent Lambert est la seule à ne pas vouloir qu'il aille ailleurs ? Et si l'alimentation est interrompue, qu'est-ce qui oblige son séjour au même endroit ?
"Oui, VIncent est emprisonné en ce sens qu'il est retenu dans une chambre fermée à clef de l'extérieur et que ses propres parents doivent systématiquement laisser leur carte d'identité avant qu'on leur ouvre la porte pour aller voir leur fils."
Qui a décidé de cette procédure ? Quel est le danger pour le malade de recevoir des visites ? L'hôpital a-t-il le pouvoir de faire ce contrôle ? C'est arrivé aussi à la fermeture du service d'oncologie pédiatrique à Garches. Etait-ce légal ? J'ai cru comprendre que non.
"... la décision de cesser de le nourrir a été mise en œuvre à leur insu. A l'époque Mme Lambert remontait voir son fils à Reims une semaine sur six environ..."
Même question de personne unique à qui l'hôpital consent à parler. Il est vrai que si tous les frères, soeurs, parents, oncles et amis des malades téléphonent fréqeumment aux infirmières du service ou au médecin pour savoir de quoi il retourne, la charge de travail du service sera compliquée... Mais de là à instaurer un réglement quasi carcéral ou tutoriel, il y a un abîme aberrant humainement.
Qui est au service de qui dans un hôpital : le personnel est au service de la santé des malades... et les relations avec son entourage en fait partie. Ce seriat d'ailleurs un meilleur résultat de soins que de s'appuyer sur la famille pour redonner goût et force à vivre. Ce n'est pas au malade d'être en plus isolé, ni appelé à faire des efforts pour faciliter les horaires des personnels de soins, ou de l'administration de l'hôpital. D'autres cas navrants pourraient être cités par de sgee pasns conscients de cela...
"Est-il important pour son salut de rester ..."
ce point n'entre pas dans la discussion. Il est juste là pour remonter la vraie perspective de vivre. S'il doit durer longtemps, bloqué ainsi, et qu'il offre ce purgatoire pour réussir à corrige ce qui est aberrant, alors c'est déjà un saint parmi nous. Que son combat ne reste alors pas vain est aussi un moteur pour des actiosn justes et saines, de la santé publique à assurer au mieux de nos capacités.
Il est certes important aussi d'avoir une aberration évidente à exposer pour combattre le prince de la roublardise et des mensonges. Les hommes sont ainsi faits...
Comme la bataille est médiatisée, judiciarisée, et que les protagonistes qui se sentent autorisés sont butés à l'idée de ne pas être remis en question, le terrain est miné, compliqué, hors de tout bon sens humain.
Intuitivement... De quoi a peur son épouse ? D'avoir à prendre son mari en charge et de devoir payer pour lui ? De ne pas être libre de se remarier ? D'être humiliée par une défaite devant ses beaux-parents ? D'avoir contribué à prolonger des souffrances sur terre ? De ne plus supporter plus l'idée de continuer à le voir, mais de ne plus jamais (?) recevoir un sourire de son mari ? L'humain est faible... même avec la grâce , et les intentions des actes sont hors de notre champ d'action.
Devant une telle embrouille, la solution la plus basique ne sera-t-elle pas la seule qui va fonctionner ? Un miracle ? Une autorisation de sortie ? Une mutation de médecin ? Une sensibilisation d'une haute autorité ? Une décision financière bassée sur une économie au changement d'établissement ?
On peut tout raconter à Saint Michel... le seul habilité à se battre contre les grands démons...
Merci de votre réponse.
Vous savez combien ces cas imbéciles et coincés me tiennent à coeur ans les intentions de prières. Que Dieu vous garde !
Glycéra

( 780481 )
L'archevêque de Reims s'exprime sur l'Affaire Lambert par Jean Kinzler (2015-06-08 15:57:35)
[en réponse à 780283]
Messeigneurs JORDAN et FEILLET : « Choisis la vie »
Réflexions de Mgr Thierry Jordan, archevêque de Reims, et de Mgr Bruno Feillet, évêque auxiliaire,
à propos de l’arrêt de la CEDH concernant M. Vincent Lambert accueilli à l’Hôpital Sébastopol de Reims.
« Choisis la vie »
La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a conclu « par 12 voix contre 5, qu’il n’y aurait pas violation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme, régissant le droit à la vie, en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’État autorisant l’arrêt des soins ».
Du point de vue éthique, les questions demeurent. Il s’agit d’abord d’une personne polyhandicapée en état de conscience minimale et non d’une affaire. M. Vincent Lambert n’est, strictement parlant, ni malade, ni en fin de vie. Sommes-nous dans le cas d’une obstination déraisonnable ? Nous ne pensons pas que nourrir une personne qui ne peut plus s’alimenter puisse être confondu avec une thérapie. Arrêter volontairement l’alimentation et l’hydratation, même de manière progressive et indolore, ne peut se faire que dans la perspective de faire mourir. On peut donc légitimement se demander s’il ne s’agit pas d’une forme, consciente ou inconsciente, d’euthanasie.
Nous savons combien le corps médical, dont nous admirons la compétence et le dévouement, est parfois affronté à des situations qui l’amènent aux frontières de l’éthique. Il n’est alors pas toujours aisé de discerner ce qui est le vrai bien pour le patient, son entourage et le personnel soignant.
Nous rappelons que la dignité d’une personne ne dépend pas de son utilité pour la société, de son autonomie, ni de la conscience qu’elle pourrait avoir éventuellement d’elle-même. Notre dignité vient de Dieu qui a créé chacun à son image et pour qui Jésus-Christ a donné sa vie.
Nous espérons que le débat oubliera les formules à effet de manche : « un petit pas pour Vincent Lambert et un grand pas pour l’humanité » ou encore « un baroud d’horreur » des parents de Vincent Lambert, pour retrouver un débat à la hauteur des enjeux : la vie. La vie de Vincent Lambert et des 1500 personnes qui partagent sa condition sur notre territoire national.
Il serait plus que regrettable que notre pays se donne le droit de transgresser une loi qui est inscrite au plus profond du cœur de l’homme : « tu ne tueras point ». D’autant plus qu’il existe des hommes et des femmes ainsi que des institutions prêts à accueillir Vincent Lambert tel qu’il est.
« Tu as devant toi la vie et la mort, choisis la vie ! » nous dit la Bible (Deutéronome 30, 19).
+ Thierry Jordan, Archevêque de Reims
+ Bruno Feillet, Évêque auxiliaire.
diocèse de Reims

( 780520 )
Baroud d'honneur ? par Jeanne Smits (2015-06-08 21:34:42)
[en réponse à 780481]
Mgr Thierry Jordan et Mgr Bruno Feillet ont réagi, plutôt bien, à la décision de la CEDH.
Ils demandent que le débat « oublie les effets de manche » : « Un petit pas pour Vincent Lambert et un grand pas pour l'humanité ! » – la phrase est d'Eric Kariger, l'homme qui a décidé de mettre Vincent Lambert en procédure de fin de vie.
Mais ils poursuivent : ils espèrent aussi que le débat « oublie » un « baroud d'honneur des parents de Vincent Lambert ».
« Baroud d'honneur », que de demander le respect de la vie de leur fils ?
S'ils n'avaient pas été là Vincent Lambert serait mort dans le silence et l'indifférence.
Vouloir sauver un être humain, et à travers lui des être humains des effets iniques d'une loi n'est pas un baroud d'honneur. C'est un combat juste, pour l'honneur de l'humanité. Pour qu'elle ne fasse pas un grand pas en arrière.

( 780524 )
ce n'est pa vincent lambert qui est par Ritter (2015-06-08 22:17:47)
[en réponse à 780520]
En état de conscience minimale;
C'est la société.
Ceux qui prétendent la diriger, l'orienter, faire des lois nous commander, diriger....;
Tout ceux là sont vraiment en état de conscience minimale.
Vincent Lambert, lui permet de nous révèler cela.

( 780540 )
"Baroud d'honneur" et plates excuses à Mgr Jordan… par Jeanne Smits (2015-06-09 07:28:51)
[en réponse à 780520]
J'ai lu trop vite hier soir, sans tout vérifier.
Dans un post précédent je regrette que Mgr Jordan et Mgr Feillet aient parlé de "baroud d'honneur" pour les parents de Vincent Lambert. Or ces propos ne sont pas d'eux, mais du Dr Kariger, qui évoque même à leur propos un "baroud d'horreur".
Toutes mes plus plates excuses. Le communiqué des deux évêques n'en est que plus fort et il faut le dire : aussi je le reproduis :
Réflexions de Mgr Thierry Jordan, archevêque de Reims, et de Mgr Bruno Feillet, évêque auxiliaire,
à propos de l’arrêt de la CEDH concernant M. Vincent Lambert accueilli à l’Hôpital Sébastopol de Reims.
« Choisis la vie »
La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a conclu « par 12 voix contre 5, qu’il n’y aurait pas violation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme, régissant le droit à la vie, en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’État autorisant l’arrêt des soins ».
Du point de vue éthique, les questions demeurent. Il s’agit d’abord d’une personne polyhandicapée en état de conscience minimale et non d’une affaire. M. Vincent Lambert n’est, strictement parlant, ni malade, ni en fin de vie. Sommes-nous dans le cas d’une obstination déraisonnable ? Nous ne pensons pas que nourrir une personne qui ne peut plus s’alimenter puisse être confondu avec une thérapie. Arrêter volontairement l’alimentation et l’hydratation, même de manière progressive et indolore, ne peut se faire que dans la perspective de faire mourir. On peut donc légitimement se demander s’il ne s’agit pas d’une forme, consciente ou inconsciente, d’euthanasie.
Nous savons combien le corps médical, dont nous admirons la compétence et le dévouement, est parfois affronté à des situations qui l’amènent aux frontières de l’éthique. Il n’est alors pas toujours aisé de discerner ce qui est le vrai bien pour le patient, son entourage et le personnel soignant.
Nous rappelons que la dignité d’une personne ne dépend pas de son utilité pour la société, de son autonomie, ni de la conscience qu’elle pourrait avoir éventuellement d’elle-même. Notre dignité vient de Dieu qui a créé chacun à son image et pour qui Jésus-Christ a donné sa vie.
Nous espérons que le débat oubliera les formules à effet de manche : « un petit pas pour Vincent Lambert et un grand pas pour l’humanité » ou encore « un baroud d’horreur » des parents de Vincent Lambert, pour retrouver un débat à la hauteur des enjeux : la vie. La vie de Vincent Lambert et des 1500 personnes qui partagent sa condition sur notre territoire national.
Il serait plus que regrettable que notre pays se donne le droit de transgresser une loi qui est inscrite au plus profond du cœur de l’homme : « tu ne tueras point ». D’autant plus qu’il existe des hommes et des femmes ainsi que des institutions prêts à accueillir Vincent Lambert tel qu’il est.
« Tu as devant toi la vie et la mort, choisis la vie ! » nous dit la Bible (Deutéronome 30, 19).
+ Thierry Jordan, Archevêque de Reims
+ Bruno Feillet, Évêque auxiliaire.diocèse de Reims

( 780548 )
Communiqué bien mou par Rémi (2015-06-09 08:48:35)
[en réponse à 780540]
à mon sens, je préfère de loin celui du cardinal Barbarin.
En effet, que lisons nous ?
"Du point de vue éthique, les questions demeurent."
- Les "questions" ? Vraiment ? Alors il faut rappeler les réponses de l'Eglise !
"Nous ne pensons pas que nourrir une personne etc. "
- Pourquoi ne pas plutôt affirmer que nourrir une personne etc. ?!
De même "On peut donc légitimement se demander s’il ne s’agit pas d’une forme, consciente ou inconsciente, d’euthanasie. "
- On peut seulement se le demander ?! On doit légitimement affirmer que etc. , non ?
On loue cependant les références à Notre Seigneur, à la Bible et singulièrement au Décalogue, de même que votre rigueur intellectuelle, chère Madame, qui vous a conduit à publier l'erratum ci-dessus.

( 780573 )
C'est exactement cela l'état de conscience minimale par Ritter (2015-06-09 14:14:22)
[en réponse à 780548]
Le minimum du minimum.
De même "On peut donc légitimement se demander s’il ne s’agit pas d’une forme, consciente ou inconsciente, d’euthanasie. "
- On peut seulement se le demander ?! On doit légitimement affirmer que etc. , non ?
Oui on doit affirmer, qu'il s'agit d'une mise à mort d'un crime et d'un crime contre l'humanité.
Car il y avait la possibilité d'accueillir Monsieur Vincent Lambert ailleurs.
Cet arrêt c'est l'exaltation de Mein Kampf, la suppression des handicapés.
C'est cela le traité de Lisbonne.