Le Forum Catholique
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( 766349 )
Mozart pour la Messe de Noël par Feiz ha Breizh (2014-12-21 16:53:12)
Le Saint Père veut entendre le
Et incarnatus est de la Messe en Do de Mozart lors du Credo de la Messe de minuit.
Qu'en pensez vous?
Il ne me semble pas nouveau de mettre cette partie du Credo en valeur. De là à faire venir un orchestre?
Source.

( 766351 )
Je pense par Meneau (2014-12-21 16:58:48)
[en réponse à 766349]
que cette Messe en ut est magnifique ! Et que le Et incarnatus est en est le point culminant.
Cordialement
Meneau

( 766352 )
Trois points par Aigle (2014-12-21 17:27:54)
[en réponse à 766349]
Premier point : Mozart est un génie et le saint père veut montrer que sans être un prince de la Renaissance, il apprécie le beau et y voit une voie vers le vrai et le Bien
Deuxième point : Dieu est incarné c est la base et notre Foi et une façon de critiquer ceux qui défendent un catholicisme abstrait
Troisième point: Mozart a longtemps été exclu de la liturgie parce que FM... Tout change !

( 766353 )
Trois points vraiment ;)? par Ubique Fidelis (2014-12-21 17:41:57)
[en réponse à 766352]
De quoi remettre les choses d'équerre!

( 766354 )
Je vote pour par Sénéchal (2014-12-21 17:46:52)
[en réponse à 766352]

( 766357 )
Version 2 plus complète par Sénéchal (2014-12-21 18:10:03)
[en réponse à 766354]
Avec en prime la beauté rayonnante de l'interprète.
Ici

( 766359 )
C'est sublime mais par Yves Daoudal (2014-12-21 19:57:24)
[en réponse à 766349]
c'est ce qu'il y a de moins religieux dans cette messe. Surtout si l'on supprime le reste, ce qui est un attentat contre Mozart, on n'a plus qu'un air d'opéra. Comme par hasard, le pape montre une fois de plus qu'il ne comprend rien à la liturgie, mais qu'il aime montrer qu'il aime l'opéra.

( 766360 )
La plus belle version par Yves Daoudal (2014-12-21 20:03:51)
[en réponse à 766359]
de cette messe reste (à mon avis) celle de Raymond Leppard. "Et incarnatus est" par Ileana Cotrubas
ici.

( 766361 )
version Sandrine Piau/Christophe Rousset par baudelairec2000 (2014-12-21 20:05:30)
[en réponse à 766349]
Tout à fait d'accord avec M. Daoudal: nous sommes bien à l'opéra. Ce n'est pas vraiment liturgique.
Bon Noël à tous
baudelairec2000
Et incarnatus est

( 766362 )
Pas religieux ? par Nemo (2014-12-21 20:42:58)
[en réponse à 766349]
Je trouve qu'il est dommage de tronçonner une pièce (cela dit cette messe est incomplète).
Mais de là à dire que cette sublime musique n'est pas religieuse !
Pour moi c'est infiniment plus religieux que le répertoire de l'Emmanuel, de Taizé, des charismatiques en général...
Que le pape décide de ce qu'il veut ou pas à la messe me semble un caprice (de riche en l'occurrence). Je pense qu'il y a un maître de chapelle à Saint-Pierre, si c'est là que le pape célèbre, et que le choix de la musique incombe non pas au célébrant mais au maître de chapelle.
C'est comme les mariés qui choisissent maintenant leur musique et leurs lectures !

( 766364 )
La plus belle version selon moi par Jean-Paul PARFU (2014-12-21 20:56:34)
[en réponse à 766362]
Est celle-ci
clic
Mais je suis entièrement d'accord sur le fond avec Yves Daoudal.

( 766365 )
Ce qui ne va pas par Jean-Paul PARFU (2014-12-21 21:04:58)
[en réponse à 766364]
C'est le mélange des genres qui détruit une logique liturgique, je dirais.
Voir aussi, ceci
ici

( 766368 )
La Grande Messe de Mozart en Ut Mineur par Jean-Paul PARFU (2014-12-21 21:19:23)
[en réponse à 766365]
A ne pas confondre avec la célèbre "Messe du couronnement" du même Mozart, était presqu'inconnue en France avant les années 30.
Dans son chef-d'oeuvre "Une histoire de la musique" paru en 1969, Lucien Rebatet nous apprend que son exécution salle Pleyel à Paris, au début des années 30, fut comme une révélation pour les mélomanes français, certains s'exclamant même : "c'est presqu'aussi grand que Bach !"

( 766369 )
Une anecdote amusante par Jean-Paul PARFU (2014-12-21 21:30:40)
[en réponse à 766368]
Il y a quelques décennies, une série télévisée est sortie sur Mozart et est passée à la télé française. Je précise qu'il ne s'agissait pas du célèbre film "Amadeus" de Milos Forman, sorti, je crois, sur les écrans en 1984 et qui est également passé à la télé.
Dans l'un des épisodes, Mozart est invité à manger chez un pasteur luthérien à l'air renfrogné. Le petit diable d'homme explique alors à son hôte coincé ce qui fait la différence entre les Catholiques et les Protestants et commence à lui chanter un "Agnus Dei" en lui expliquant que ce qui manque aux Protestants c'est la douceur surnaturelle de l'Amour ou quelque chose comme ça. Excellent !

( 766370 )
J'ai retrouvé la série télé par Jean-Paul PARFU (2014-12-21 21:51:51)
[en réponse à 766369]
C'est une série française de 1982 (deux ans avant "Amadeus") avec Michel Bouquet dans le rôle du père de Mozart, Léopold.
J'apprends qu'elle vient justement de sortir en DVD
ici

( 766457 )
Ce qui a été rapporté par Yves Daoudal (2014-12-22 18:52:47)
[en réponse à 766369]
du voyage de Mozart à Leipzig est que dans la maison de Bach, où l'on avait organisé pour lui une réception avec l'élite musicale, forcément luthérienne, de la ville, il déclara à son auditoire que s'ils chantaient le Sanctus, ils ne savaient pas ce qu'ils disaient, car lorsque les catholiques chantent "Benedictus qui venit in nomine Domini", ils savent, eux, que le Seigneur va venir effectivement sur l'autel.

( 766458 )
Certainement Yves par Jean-Paul PARFU (2014-12-22 19:05:04)
[en réponse à 766457]
Mais dans la série, c'était présenté à peu près comme je l'ai rapporté.

( 766397 )
Sans oublier bien entendu que le magistère par Yves Daoudal (2014-12-22 09:29:51)
[en réponse à 766364]
de l'Eglise a toujours condamné la musique "théâtrale", c'est-à-dire du style des airs d'opéra, à l'église, et a toujours condamné aussi le fait de diviser les textes de la liturgie en morceaux.

( 766401 )
La document de référence par Quaerere Deum (2014-12-22 09:40:02)
[en réponse à 766397]

( 766403 )
Le document par Quaerere Deum (2014-12-22 09:43:49)
[en réponse à 766401]
et pas "la document".

( 766456 )
Les documents de référence sont: par Yves Daoudal (2014-12-22 18:48:11)
[en réponse à 766401]
- Docta sanctorum patrum de Jean XXII
- Annus qui hunc de Benoît XIV
- Tra le sollecitudini de saint Pie X
- Musicae sacrae disciplina de Pie XII.
(Je viens d'écrire un article là dessus pour Una Voce...)

( 766460 )
[réponse] par Quaerere Deum (2014-12-22 19:50:20)
[en réponse à 766456]
J'ai cité spécialement "Tra Le" car je pense que c'est un texte qui marque un certain renouveau de notre époque, notamment en appuyant le mouvement de restauration du chant grégorien.
Il faudrait peut-être citer aussi Sacrosanctum Concilium qui aborde aussi la musique sacrée.

( 766462 )
Le texte de saint Pie X par Yves Daoudal (2014-12-22 19:58:43)
[en réponse à 766460]
(et Perosi) est incontestablement le plus important.
Sacrosanctum concilium est sans intérêt sur la question, sinon pour donner un argument de Vatican II en faveur du chant grégorien.

( 766467 )
[réponse] par Quaerere Deum (2014-12-22 20:10:08)
[en réponse à 766462]
De toute façon, Vatican II se réfère à beaucoup de documents antérieurs.
Etonnamment, "Tra Le" est le seul MP qui n'a pas été publié en latin.

( 766472 )
"Tra le", pas en latin: par Yves Daoudal (2014-12-22 20:28:46)
[en réponse à 766467]
C'est d'autant plus étonnant que le texte se veut le "code juridique de la musique sacrée".

( 766461 )
Una Voce par Quaerere Deum (2014-12-22 19:55:34)
[en réponse à 766456]
Vous écrivez souvent pour Una Voce ?
Bien qu'étant fervent grégorianiste, je n'y suis toujours pas abonné...

( 766463 )
[réponse] par Yves Daoudal (2014-12-22 19:59:57)
[en réponse à 766461]
Ce n'est que la deuxième fois. Mais sans doute pas la dernière.

( 766468 )
[réponse] par Quaerere Deum (2014-12-22 20:10:32)
[en réponse à 766463]
Intéressant, merci.

( 766497 )
Autre document de référence par Meneau (2014-12-23 00:34:26)
[en réponse à 766456]
Le "Chirographe du Souverain Pontife Jean-Paul II pour le centenaire du motu proprio <
> sur la musique sacrée".
Ici
Cordialement
Meneau

( 766489 )
Mais ce que veut le pape François dans ce cas par Sénéchal (2014-12-22 23:25:12)
[en réponse à 766397]
c'est insérer dans le Credo grégorien le "incarnatus est" mozartien, ce qui ne me semble pas être du découpage.
Ou alors beaucoup de grandes cérémonies liturgiques traditionnelles sont à condamner, avec leurs alternances grégorien-mélodies polyphoniques dans les Gloria, les Credo, les Sanctus (pièces liturgiques) ou dans d'autres pièces para-liturgiques.
Et que penser des travaux de Gaston Roussel ? Faut-il jeter tout cela aux orties (que l'on n'aime ou pas Roussel, le Port-Marly "tradi" en résonne encore).

( 766455 )
Je voulais dire par Yves Daoudal (2014-12-22 18:44:37)
[en réponse à 766362]
que ce n'est pas plus religieux que les plus sublimes arias d'amour de ses opéras... où l'on perçoit, comme je l'ai écrit il y a quelque temps dans La Nef, la religion de Mozart, davantage que dans ses oeuvres religieuses.
On peut constater que la publication de l’encyclique de Benoît XVI Dieu est amour a coïncidé avec la célébration mozartienne. Coïncidence renforcée par le fait que Mozart est le compositeur préféré du pape, non seulement mélomane mais pianiste. La première partie de cette encyclique est tout entière consacrée à expliquer l’unité de l’amour : eros et agapè ont une même source, sont deux aspects d’une même réalité. Tout amour véritable est de Dieu, sa marque est la communion, la fidélité, le don de soi, le pardon.
Or ce sont là les thèmes des opéras de Mozart, qui sont véritablement le cœur de son œuvre (et l’on a souvent montré que les plus belles pages de ses autres œuvres sont orientées vers l’opéra). Quiconque écoute la dernière scène des Noces de Figaro ne peut qu’être bouleversé par la profondeur du pardon qui s’y exprime, par ce chant de la communion restaurée (qui avait été brisée avant le début de l’opéra). Cette musique dépasse infiniment ce que dit le texte sur la réconciliation des époux. Par la musique, l’eros de la situation théâtrale manifeste l’agapè. Tous les conflits se résolvent, par le pardon, dans une paix supérieure et absolument nouvelle, une harmonie élevée par la musique au plan surnaturel : le monde du péché originel est devenu le monde de la grâce.
Le sommet de l’œuvre mozartienne, de ce point de vue, c’est Cosi fan tutte (l’opéra qui suit chronologiquement les Noces de Figaro). A priori, c’est le plus frivole de tous. Et cruel aussi. Mais si l’on perçoit la cruauté, c’est déjà qu’il n’est pas si frivole. On a souvent remarqué que Mozart fait volontiers exprimer à sa musique le contraire ce que dit le texte. Nulle part ailleurs que dans Cosi elle ne contredit à ce point les bouffonneries de Da Ponte. Ce que nous explique Mozart dans sa musique, c’est l’extrême fragilité des sentiments humains, même l’amour apparemment très pur et très profond. Il faut que ce sentiment traverse des épreuves pour devenir un véritable amour, l’amoureux doit faire l’épreuve de sa faiblesse pour que le sentiment devienne amour véritable, qui est don de soi, pardon, indéfectible fidélité (oui, c’est littéralement ce qu’écrit le pape dans son encyclique). Un amour dont la musique montre qu’il dépasse les possibilités de l’homme laissé à lui-même : il est participation à l’amour éternel.
C’est finalement ce que l’on constate aussi dans le dernier opéra : La Flûte enchantée, si l’on enlève ses oripeaux faussement maçonniques, ou plutôt si l’on va voir derrière ce qui était ouvertement un divertissement populaire. Les « épreuves initiatiques » des amants ne sont rien d’autre que les épreuves qui vont permettre la concrétisation de l’amour vrai.
Enfin, juste avant La Flûte enchantée, Mozart avait composé La Clémence de Titus. Un opéra tout entier consacré à chanter la sublimité surhumaine du pardon…
A trois ans, “Wolfi” pianotait sur le clavecin de sa sœur. On lui demande ce qu’il fait là. Il répond : « Je cherche les notes qui s’aiment. » En 1787 il écrira : « Ni intelligence élevée, ni imagination, ni toutes deux ensemble font le génie. Amour ! Amour ! Amour ! Voilà l’âme du génie. » Son quatrième prénom était Theophilus, en allemand Gottlieb : amour de Dieu (dans les deux sens : amour venant de Dieu, et amour pour Dieu). En Italie, il l’italianisera en Amadeo, puis, le plus souvent, il signera Wolfgang Amadé (en “français”), ou, très rarement, Wolfgang Amadeus. Ce n’est pas par hasard, et ce n’est pas en vain, que Mozart insiste sur son prénom « amour de Dieu ».

( 766373 )
N'importe quoi... par Signo (2014-12-21 22:10:26)
[en réponse à 766349]
...et incohérence, comme d'habitude.
Il dit ne pas vouloir ressembler à un prince de la Renaissance, mais se permet un caprice dans le domaine liturgique. Cette pièce de Mozart est peut-être belle, mais n'a rien a faire dans la liturgie. Il y a d'autres manières bien plus adaptées de mettre en valeur l'Incarnatus est.
Il fustige ceux qui font de l'argent avec l'Eglise, mais loue la chapelle Sixtine à une multinationale contre de l'argent. Il prône "l'Eglise des pauvres" mais ne dénonce jamais le train de vie scandaleux d'un épiscopat allemand bien en phase avec ses idées. Il dénonce sans cesse la "mondanité" mais dans le même temps verse sans cesse dans le conformisme médiatique le plus répugnant... et ainsi de suite.
Je n'y comprends plus rien et j'en ai assez. Je n'aime pas trop quand on critique sans raison le Successeur de Pierre, mais ce Pape commence sérieusement à poser problème...

( 766548 )
Y'a pas que le pape ! par Meneau (2014-12-23 18:03:26)
[en réponse à 766349]

( 766549 )
Et aussi par Meneau (2014-12-23 18:10:26)
[en réponse à 766548]

( 766553 )
Misérabilisme français... par Nemo (2014-12-23 18:30:05)
[en réponse à 766549]
En fait, si la France a beaucoup défendu la messe traditionnelle, en revanche elle se caractérise depuis très longtemps par un misérabilisme musical.
Notre grandes maîtrises sont médiocres.
On ne donne plus le grand répertoire sacré dans les églises en se justifiant de la participation des fidèles.
On paie à peine un organiste alors que toute paroisse anglo-saxonne normale, catholique ou anglicane, emploie au minimum quatre chanteurs professionnels les dimanches et fêtes.
Parce qu'en France il y a des gens qui croient que la musique était et doit être confiée à des amateurs, ce qui est en contradiction avec toute l'histoire de l'Eglise.
Voici le programme de l'Oratoire de Londres pour Noël :
Wednesday, 24th December: Midnight Mass of Christmas (with orchestra)
MASS: Carols for choir and congregation. Coronation Mass K.317 Mozart.
Ehre sei Gott (Christmas Oratorio) Bach. O regem caeli Victoria.
Prelude in G major (541) Bach.
Thursday, 25th December: THE NATIVITY OF THE LORD
MASS: Spatzenmesse K.220 Mozart. Verbum caro Sheppard.
Tui sunt caeli Lassus. Toccata on Vom Himmel hoch Edmundson.
BENEDICTION: Quem pastores laudavere 14th cent. German. Alma Redemptoris Palestrina.
Personent hodie Piae Cantiones arr. Holst. Prelude: Vom Himmel hoch (606) Bach.
Je pourrais citer une infinité de paroisses avec de belles messes données à Noël.