Donc l’Eglise se serait totalement égarée durant des siècles sur un sujet pourtant crucial, elle qui est civilisatrice des peuples.
(…) quand vous demandez au pontife de faire à la société civile les concessions requises par la nature des temps et du progrès de la civilisation, mais qu’elle se trouvent en opposition avec les préceptes positifs de la religion, dont il est le Souverain Pontife, vous lui demandez quelque chose qu’il ne peut ni ne doit faire. S’il consentait à une telle demande, il trahirait ses devoirs comme Pontife, cesserait d’être respecté comme le chef du catholicisme. Le Pontife peut tolérer certaines institutions comme une nécessité ; mais il ne peut les promulguer, ni en assumer la responsabilité, ni leur donner l’autorité de son nom. (…)
Je n’hésite donc pas à dire : loin de faire au Pontife un reproche d’avoir constamment refusé les réformes et les concessions qui lui étaient demandées, la sienne, qui n’est pas obstination, mais fermeté, est, à mon avis, à juger en catholique, un titre de mérite (Camillo Cavour, Discorsi su Stato e Chiesa, Rubbettino 2011, p. 146).
A contrario, DH n'exclut pas la fondation d'une société catholique. Dans ce cas, si l'Eglise bénéficie des moyens de la collectivité selon le droit public, la loi permet, dans le cadre du droit naturel commun et du respect de l'ordre public, le libre exercice des autres cultes dans un cadre familial sinon privé.
Personne ne sera inquiété pour ses croyances religieuses, ni pour l’exercice privé de son culte. Il ne sera pas permis d’autres cérémonies, ni d’autres manifestations extérieures que celles de la Religion Catholique.
Ces discussions doctrinale entre laïcs sont tout aussi nécessaire que le débat romain. Je remercie le webmestre de permettre ces échanges de vues qui éclairent les enjeux actuels dans toute leur complexité.
Dans l'affaire espagnole, il y a aussi le retour à l'attitude de Pie XI qui ne cessa d'entretenir des relations diplomatiques avec la République espagnole jusqu'à sa capitulation.
La conclusion eschatologique de la déclaration a été placée au début pour renforcer l’autorité du texte mais cela crée une malheureuse aberration de perspective.
Vianney à cet égard est plus logique puisqu'il réclame l'exclusivité absolue et la répression donc des acatholiques qui en est la conséquence logique. Un crime non réprimé n'est plus un crime.
Il faut toutefois faire la distinction entre liberté de conscience et liberté religieuse d'une part, choses qui reviennent à l'homme sur base de sa dignité personnelle, et d'autre part les droits et les devoirs qui reviennent au croyant en tant que tel à l'intérieur de l'Eglise. Celui qui est devenu un membre du Corps du Christ participe à la triple mission du Christ. Il a reçu tant l'invitation à participer à la mission confiée à l'Eglise, que le droit à ce qu'exige la mission. En revanche, comme croyant à l'intérieur du peuple de Dieu, il ne peut pas avoir le droit à ce qui contredise cette mission, c'est-à-dire à abandonner la foi et à se séparer de la communion de l'Eglise. Oui, c'est un devoir fondamental des croyants (cfr. LG 11-13 ; 23 ; 32 ; GS 1 ; c. 209,1) que de rester toujours en communion avec l'Eglise. C'est la conséquence de la libre décision de l'homme qui a accepté la foi et la communauté ecclésiale.