Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 623826 )Magistère et Tradition par M. l'abbé Laurent SPRIET par Bernard Joustrate (2012-02-02 11:44:44) 

Magistère et Tradition par M. l'abbé Laurent SPRIET
Lu in La Nef N°234 de février 2012


Mgr Fellay a fait savoir qu’il avait répondu au « préambule doctrinal » proposé par le
Saint-Siège. Dans ce contexte, l’abbé Jean-Michel Gleize, de la Fraternité Saint-Pie X,
a répondu récemment à un article de Mgr Fernando Ocariz . Dans notre désir de voir
une heureuse issue à tous ces échanges, nous proposons cette contribution à la réflexion.


A lire en cliquant ici.
images/icones/neutre.gif  ( 623844 )Mouais... par Meneau (2012-02-02 14:47:59) 
[en réponse à 623826]

Toujours le "bon" vieil argument : "le Magistère de l'Eglise est infaillible. CQFD."

Il conviendrait quand même de distinguer un peu. Surtout que l'auteur englobe dans le même degré d'infaillibilité le magistère ordinaire (sans précision : s'agit-il de tout le magistère ordinaire, ou seulement du magistère ordinaire universel) et le magistère extraordinaire.


Juger le Magistère ? Une personne privée peut-elle se faire le juge de ce qui appartient à la Tradition ou ne lui appartient pas ? La réponse catholique est : « Non ».


Une personne privée ne peut pas "juger" (au sens prononcer la sentence définitive), mais elle n'est pas pour autant dépourvue de jugement et complètement inapte à percevoir une discontinuité, voire une opposition entre un enseignement traidtionnel, et un nouvel enseignement. Et justement parce qu'il n'est pas "juge" au premier sens exposé ci-dessus, alors il s'en tient jusqu'à jugement autorisé à l'enseignement traditionnel.

L'abbé Calderon avait publié une étude intitulée "Peut-on critiquer Vatican II sans s'ériger en juge du Magistère" qui, à mon sens, apportait un peu plus de "contribution à la réflexion" que cet article qui, finalement, ne fait que répéter quelques arguments éculés.

Comme par hasard, d'ailleurs, La Nef se garde bien d'appliquer ses "bons" principes aux épiscopats français ou belge par exemple, qui agissent de façon flagrante à l'opposé de la Tradition, et à l'encontre du pape. Non que la désobéissance des uns justifierait celle des autres, mais on voit bien de quel côté penche La Nef...

Cordialement
Meneau
images/icones/livre.gif  ( 623861 )Eglise conciliaire et années soixante par Jean-Paul PARFU (2012-02-02 16:40:45) 
[en réponse à 623844]

de Louis Rade aux éditions l'Harmattan 2011 dans la collection : "logiques sociales".

Yves Chiron en a récemment fait la critique dans sa dernière lettre Aletheia n° 180 du 25 janvier 2012 page 3 et 4 sous le titre : Le "soixantisme".

ici
images/icones/1d.gif  ( 623866 )[réponse] par Monasteriolum (2012-02-02 18:07:58) 
[en réponse à 623861]

Des "leçons d'obéissance aux supérieurs" de la part de l'abbé Spriet, on aura tout vu.....
images/icones/neutre.gif  ( 623867 )Monsieur par Marco Antonio (2012-02-02 18:08:31) 
[en réponse à 623844]


Toujours le "bon" vieil argument : "le Magistère de l'Eglise est infaillible. CQFD."

Il conviendrait quand même de distinguer un peu. Surtout que l'auteur englobe dans le même degré d'infaillibilité le magistère ordinaire (sans précision : s'agit-il de tout le magistère ordinaire, ou seulement du magistère ordinaire universel) et le magistère extraordinaire.



Monsieur, peut-être vous vouliez dire le "même degré d'autorité" et non pas le "même degré d'infaillibilité"...

Donc, d'après vous le magistère ordinaire de l'Eglise n'a-t-il pas le même degré d'autorité que le magistère extraordinaire de l'Eglise? Et pourquoi, de grace?

Cordialement
images/icones/vatican.gif  ( 623871 )Le Magistère ordinaire de l'Eglise par Jean-Paul PARFU (2012-02-02 18:27:21) 
[en réponse à 623867]

n'est infaillible que si "la vérité enseignée [est] proposée telle que précédemment définie ou telle que toujours crue ou admise dans l'Eglise".

A défaut, le Magistère ordinaire de l'Eglise n'est pas infaillible !
images/icones/neutre.gif  ( 623879 )Et qui dit cela? par Marco Antonio (2012-02-02 19:26:02) 
[en réponse à 623871]

Pouvez vous expliquer s'il vous plait?
images/icones/bible.gif  ( 623881 )Réponse sur le Magistère ordinaire par Jean-Paul PARFU (2012-02-02 19:45:47) 
[en réponse à 623879]

Je vous donnerai les références demain qui sont à mon cabinet.

Par aillleurs, réflechissez un peu : si le magistère ordinaire était de par lui-même infaillible, sans autre condition, le magistère extraordinaire serait superflu (le magistère ordinaire garantissant l'infaillibilité de l'enseignement même en matière contestée).

Et si le magistère extraordinaire est superflu, pourquoi le concile Vatican I aurait-il pris la peine d'en définir l'infaillibilité ?

Enfin, en cette matière aussi, il faut simplement faire preuve de bon sens. Mais c'est ce qui manque le plus aujourd'hui et spécialement en ces matières.

En tout état de cause, la papolâtrie, ce n'est pas catholique et c'est pour cette raison que l'Ecriture elle-même nous montre St Pierre en difficulté lors de la Passion du Christ et que plus tard St Paul pourra encore faire au Prince des Apôtres "des reproches, en face" !

Je vous rappelle en effet que le Pape, contrairement à Notre-Seigneur Jésus-Christ, n'est pas objet de notre foi, mais doit confirmer ses frères dans la foi, ce qui n'est pas la même chose !
images/icones/iphone.jpg  ( 623890 )Pfff.... par Etienne (2012-02-02 20:52:24) 
[en réponse à 623881]

Comme à son habitude, JPP confond le canon de saint Vincent Lerins avec le Magistère Ordinaire et Universel. Vieille rangaine que même la FSSPX n'ose plus trop défendre, tant cette proposition est intenable autant qu'absurde.

images/icones/neutre.gif  ( 623894 )Remarque par Meneau (2012-02-02 21:40:30) 
[en réponse à 623890]


JPP confond le canon de saint Vincent Lerins avec le Magistère Ordinaire et Universel


L'abbé Spriet ne parle pas du Magistère Ordinaire et Universel, il parle du Magistère Ordinaire tout court.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 623911 )Réponse à M. Jean-Paul PARFU par Marco Antonio (2012-02-03 10:03:06) 
[en réponse à 623881]


Par aillleurs, réflechissez un peu : si le magistère ordinaire était de par lui-même infaillible, sans autre condition, le magistère extraordinaire serait superflu (le magistère ordinaire garantissant l'infaillibilité de l'enseignement même en matière contestée).



Monsieur, si l'Eglise universelle (tous les évêques du monde en communion avec le Pape) enseigne quelque chose de spécifique, la matière contestée c'est où?
En outre, vous avez peur que le magistère extraordinaire serait superflu. Mais ce n'est pas comme ça. La fonction pastorale de l'utilisation extraordinaire du magistère est souvent très très important.
Contraindre l'infaillibilité de la doctrine à la forme de la proposition, voilà quelque chose contre le bon sens!



Et si le magistère extraordinaire est superflu, pourquoi le concile Vatican I aurait-il pris la peine d'en définir l'infaillibilité ?



Vous faites référence à la définition de Pastor Aeternus? Mais ici le Vatican I ne parle pas de magistère extraordinaire.

images/icones/neutre.gif  ( 623893 )Bien entendu ! par Meneau (2012-02-02 21:37:36) 
[en réponse à 623867]

Je voulais bien entendu parler de degrés d'autorité, et non pas de degré d'infaillibilité, vous l'aviez fort bien compris.

Quant à distinguer ce degré d'autorité, vous savez mieux que moi où les distinctions sont à faire.

Ma distinction entre magistère ordinaire, universel, extraordinaire, n'est pas forcément complètement pertinente quant au degré d'autorité. Il reste néanmoins intéressant de distinguer entre magistère authentique, magistère ordinaire, magistère ordinaire universel, uni ou pas au pape, magistère extraordinaire, solennel, etc. A ma connaissance d'ailleurs, seules l'infaillibilité du magistère ex cathedra du pape seul (Pastor Aeternus), et celle du magistère ordinaire universel ont été définis comme des dogmes.
Pour les distinctions nécessaires, je vous renvoie à un post que vous connaissez sûrement déjà.
Mais vous avez raison, de soi, un acte infaillible du magistère ordinaire est tout aussi infaillible qu'un jugement solennel infaillible.


Est à croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu ou écrite ou transmise, et que l'Église, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel, propose à croire comme divinement révélé



Le concile Vatican II quand à lui, a été défini concile pastoral, expression du magistère "suprême" ! Allez donc me dire de quoi il s'agit. (Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : je ne dis pas non plus que pastoral implique non infaillible.)

Je maintiens toutefois que l'argumentation de l'abbé Spriet est pour le moins simpliste. Qu'il nous dise donc quelle est la note théologique des différents textes du Concile, et on pourra discuter du degré d'adhésion qui leur sont dûs... Mais aucune autorité de l'Eglise n'a pour l'instant défini ces notes à ma connaissance.

Cordialement
Meneau
images/icones/1r.gif  ( 623902 )Réponse à Etienne : sont infaillibles par Jean-Paul PARFU (2012-02-02 23:39:27) 
[en réponse à 623893]

1) le magistère ordinaire et universel de l'Eglise, compris au sens de magistère constant (le mot "magistère" ayant ici le sens d'enseignement ; le mot "universel" couvrant l'universalité dans le temps et dans l'espace) tel que définit lors du concile Vatican I, parfois appelé magistère extraordinaire, solennel etc... Il s'agit là d'une infaillibilité objective ;

2) le Pape quand il remplit les conditions "ex cathedra", soit qu'il agisse en dehors d'un concile oecuménique, soit qu'il intervienne dans un tel concile pour en confirmer et en promulguer les textes. Il s'agit là d'une infaillibilité subjective.

On ne voit pas sur quelles bases pourrait se fonder une autre forme d'infaillibilité du magistère.

Les erreurs en ce domaine portent donc principalement sur deux points :

a) considérer comme infaillible le corps épiscopal dans son enseignement ordinaire en tant que tel ;
b) affirmer que les fidèles sont tenus d'accorder "un assentiment religieux de la volonté et de l'intelligence" au magistère authentique, c'est-à-dire non infaillible.
images/icones/vatican.gif  ( 623908 )Que les évêques en tant que tels... par Vianney (2012-02-03 08:30:35) 
[en réponse à 623902]

...ne jouissent d’aucune infaillibilité, cher Jean-Paul, je ne crois pas qu’Étienne le mette en doute un seul instant, mais l’accord du pape et des évêques en communion avec lui sur une question liée à la Révélation jouit bien de l’assistance divine, et donc relève de ce que l’Église propose à notre foi par son magistère “ordinaire” au sens où l’entendait le concile Vatican I dans Dei Filius).

Pour vous en convaincre, il vous suffit de relire l’enseignement de Pie XII : constatant, après une enquête auprès des évêques, leur accord avec lui sur la question de l’Assomption, le pape en concluait que celle-ci faisait partie des vérités révélées par Dieu aux apôtres. La proclamation ex cathedra du dogme servit seulement à manifester aux fidèles l’appartenance de l’Assomption aux vérités à croire de foi divine.

(Ce qui ne veut évidemment pas dire que Pie XII s’est abstenu de mener, à titre de confirmation supplémentaire, une enquête historique sur la croyance en l’Assomption, comme l’avait déjà fait Pie IX à propos de l’Immaculée Conception.)

V.
images/icones/bible.gif  ( 623909 )Réponse à Viannay par Jean-Paul PARFU (2012-02-03 08:50:27) 
[en réponse à 623908]

En gros, Viannay, je suis, comme toujours, d'accord avec vous.

Une précision ; il y a pour ce qui est de l'infaillibilité :

1) ce qui est défini comme un dogme par le Pape et les évêques ou/et le Pape et qui ne pose pas de problème quant à l'infaillibilité ;

2) le magistère, c'est-à-dire l'enseignement par tous, dans l'Eglise, toujours et partout.

Ni le concile Vatican II qui s'est voulu pastoral selon les déclarations même de Jean XXIII et Paul VI, ni l'enseignement post-conciliaire en tant que tel n'ont le caractère du magistère ordinaire et univerel tel que défini par le concile Vatican I !
images/icones/neutre.gif  ( 623916 )Donc vous contestez Lumen Gentium ? par Meneau (2012-02-03 10:34:17) 
[en réponse à 623902]


b) affirmer que les fidèles sont tenus d'accorder "un assentiment religieux de la volonté et de l'intelligence" au magistère authentique, c'est-à-dire non infaillible.

JPP


Cet assentiment religieux de la volonté et de l’intelligence est dû, à un titre singulier, au Souverain Pontife en son magistère authentique, même lorsqu’il ne parle pas ex cathedra

LG 25

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 623918 )Oui Meneau ! par Jean-Paul PARFU (2012-02-03 10:38:38) 
[en réponse à 623916]

Je conteste, bien entendu, "Lumen Gentium" !
images/icones/neutre.gif  ( 623940 )Et le CIC également ? par Meneau (2012-02-03 12:49:14) 
[en réponse à 623918]


Can. 752 - Ce n'est pas vraiment un assentiment de foi, mais néanmoins une soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté qu'il faut accorder à une doctrine que le Pontife Suprême ou le Collège des Évêques énonce en matière de foi ou de moeurs, même s'ils n'ont pas l'intention de la proclamer par un acte décisif; les fidèles veilleront donc à éviter ce qui ne concorde pas avec cette doctrine.

Can. 753 - Les Évêques qui sont en communion avec le chef du Collège et ses membres, séparément ou réunis en conférences des Évêques ou en conciles particuliers, bien qu'ils ne jouissent pas de l'infaillibilité quand ils enseignent, sont les authentiques docteurs et maîtres de la foi des fidèles confiés à leurs soins; à ce magistère authentique de leurs Évêques, les fidèles sont tenus d'adhérer avec une révérence religieuse de l'esprit



Cordialement
Meneau
images/icones/1j.gif  ( 623919 )Ouch! par Etienne (2012-02-03 10:48:43) 
[en réponse à 623902]

Je reviens sur votr b):


b) affirmer que les fidèles sont tenus d'accorder "un assentiment religieux de la volonté et de l'intelligence" au magistère authentique, c'est-à-dire non infaillible.



Je dois bien avouer que les bras m'en tombent. Force est de constater que vous pourrez toujours nous surprendre. L'a priori positif envers un texte magistériel me parait tellement naturel et découlant de la nature même de l'Eglise que j'ai failli m'étrangler.

Heureusement, le CIC, bel et bien infaillible, lui, (au minimum dans sa non pernicivité) a tout prévu:


Can. 753 - Les Évêques qui sont en communion avec le chef du Collège et ses membres, séparément ou réunis en conférences des Évêques ou en conciles particuliers, bien qu'ils ne jouissent pas de l'infaillibilité quand ils enseignent, sont les authentiques docteurs et maîtres de la foi des fidèles confiés à leurs soins; à ce magistère authentique de leurs Évêques, les fidèles sont tenus d'adhérer avec une révérence religieuse de l'esprit



A cela peuvent s'ajouter le Catéchisme de l'Eglise Catholique et surtout Lumen Gentium qui n'a tout de même pas énoncé que des sottises...

Quelles sont donc vos sources qui vous permettent de contredire rien de moins que le CEC, le CIC et une Constitution dogmatique d'un concile oecuménique de l'Eglise catholique? A l'accusation la charge d'apporter la preuve de la culpabilité...
images/icones/fleche2.gif  ( 623927 )Cher Etienne ! par Jean-Paul PARFU (2012-02-03 11:54:29) 
[en réponse à 623919]

Vatican II = nouvelle religion et donc nouvelle liturgie, nouveau catéchisme et nouveau Code de droit canon.

Tout ce qui est nouveau dans ces documents et non conforme à la Tradition n'est donc pas infaillible quel que soit l'instrument ou son appellation ! "Combien même un Ange du Ciel ou nous-même, dit St Paul, nous vous enseignerions quelque chose de nouveau, ne nous croyez pas !"

Sur ce dernier point en effet, par exemple, et bien que s'intitulant : "constitution dogmatique", "Lumen Gentium" n'a rien de dogmatique, puisque le Concile Vatican II, d'après les Papes Jean XXIII et Paul VI eux-mêmes (et le cardinal Ratzinger dans une déclaration faite au Chili en 1988) ne veut pas ou n'a pas voulu définir de dogmes et est ou s'est voulu purement pastoral !

images/icones/bravo.gif  ( 623931 )Vous confirmez donc... par Etienne (2012-02-03 12:03:19) 
[en réponse à 623927]

...que vous êtes shismatique.
Merci pour la clarification!
images/icones/neutre.gif  ( 623932 )Pour votre gouverne Etienne ! par Jean-Paul PARFU (2012-02-03 12:18:49) 
[en réponse à 623931]

et contre vos jugements à l'emporte-pièces qui veulent exclure !ici
images/icones/fleche2.gif  ( 623938 )Ce que je veux dire par Etienne (2012-02-03 12:35:46) 
[en réponse à 623932]

C'est que vous refusez a priori à la hiérarchie de l'Eglise toute autorité à partir, grosso modo, de 1963, non pas sur la base d'un argumentaire théologique ou doctrinal, mais bien sur le fait même que cette hiérarchie est une hiérarchie chronologiquement post-conciliaire. C'est bien ce qui constitue l'essence d'un schisme.

Cet exemple est criant: vous contestez un article de Lumen Gentium, non pas sur la base d'arguments doctrinaux (ce qui serait éventuellement admissible), mais sur la base du fait même qu'il est issu de Vatican II, ce qui vous donne le droit de considérer ce point comme a priori erroné.

Quand la FSSPX rentre dans le lard du Magistère, elle a au moins la classe d'essayer d'avancer des arguments théologiques (que je considère bien souvent comme irrecevables, certes) et de ne pas considérer le pape et les évêques comme a priori hérétiques. Vous, si.
images/icones/neutre.gif  ( 623914 )Pour Meneau par Marco Antonio (2012-02-03 10:31:04) 
[en réponse à 623893]


Le concile Vatican II quand à lui, a été défini concile pastoral, expression du magistère "suprême" ! Allez donc me dire de quoi il s'agit. (Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : je ne dis pas non plus que pastoral implique non infaillible.)



Il s'agit au minimum de magistère ordinaire universel (mais il ne serait pas tout à fait injuste dire qu'il s'agit de magistère extraordinaire, à partir du moment qu'il à été proposé dans une occasion particulièrement solennelle: un Concile Ecumenique).



Je maintiens toutefois que l'argumentation de l'abbé Spriet est pour le moins simpliste. Qu'il nous dise donc quelle est la note théologique des différents textes du Concile, et on pourra discuter du degré d'adhésion qui leur sont dûs... Mais aucune autorité de l'Eglise n'a pour l'instant défini ces notes à ma connaissance.



Prenons le cas classique de Dignitatis Humanae. Vous connaissez bien les "conditions" de Vatican I pour le prononcement ex cathedra. Et bien, d'après vous quelles sont les "conditions" qui sont manquantes en ce cas?

Cordialement
images/icones/neutre.gif  ( 623926 )Défaut d'objet par Meneau (2012-02-03 11:52:23) 
[en réponse à 623914]

Je me doutais que DH allait revenir sur le tapis. Mon avis est que la "condition" manquante est la suivante :


"qu'une doctrine sur la foi ou les moeurs doit être tenue par toute l'Église"



L'objet de la doctrine exposée par DH n'est pas suffisamment clair pour que DH puisse se prévaloir de cette condition, et consécutivement l'imposition de cette doctrine à toute l'Eglise comme devant être tenue est dépourvue de la force nécessaire, le Magistère lui-même, ayant été après le concile interrogé sur cette force, n'ayant jamais fourni de réponse claire (note théologique ? Réponse nébuleuse. Classification du magistère exprimé ? Magistère "suprême" (quid ?). Concile "seulement pastoral", note imprécise de Mgr Felici, imprécision en la matière du discours de Paul VI en fin du concile, etc)

C'est un peu comme si, étant admis que je sois doté d'infaillibilité en la matière, je vous disais : je vous demande de croire que 2 + 2 = une valeur comprise entre 0 et 10. Si vous interprétez "exactement comprise entre 0 et 10, donc 5", vous avez faux, si vous vous raccrochez au "magistère" antérieur et interprétez "quelque part entre 0 et 10, donc le 4 du magistère antérieur", vous avez bon.

Reste à définir, donc, comment DH peut être raccroché au magistère antérieur. Pour ma part, je penche du côté des fameuses "justes limites" et de "l'ordre public juste" qui limitent le droit à la liberté religieuse au for externe public. Si les "justes limites", si "l'ordre public juste" étaient une fois pour toutes définies par le Magistère comme :
- dans un état non catholique, la loi naturelle
- dans un état catholique, la loi catholique
alors l'apparente contradiction avec le magistère antérieur pourrait être un peu éclairée. A voir, à creuser. Ce serait peut-être un peu torturé comme explication, car on aurait presque une phrase qui se contredirait elle-même, une sorte de droit naturel à exprimer publiquement sa fausse religion du moment qu'elle ne contredit pas la religion catholique, donc dans un état catholique, restriction de fait de cette liberté au for externe au seul for externe privé. On aurait d'ailleurs alors à éclairer aussi DH6, en définissant bien que l'on parle toujours du droit à la liberté religieuse dans les limites ci-dessus exprimées. Mais je pense que c'est possible, et j'espère que cela sera fait.

Vous me direz que le Magistère autorisé qui s'est exprimé à la suite de Vatican II n'a que rarement interprété ainsi ces justes limites. Mais tous ces enseignement qui laissent entendre autrement lesdites justes limites sont, pour leur part dépourvus des conditions d'infaillibilités précédemment définies. Donc la porte me semble ouverte à un "recadrage" de DH.

Reste à expliquer dans ce cadre comment ledit Magistère autorisé peut continuer à ne pas apporter les clarifications nécessaires sur un sujet qui, réinterprété comme je le fais plus haut, n'apporte finalement rien au magistère antérieur déjà clairement exprimé. Raisons politiques, raisons prudentielles ? Je ne sais. Mais je ne vous suivrai pas plus loin dans l'autre voie.

Ceci est la voie que j'explore. La littérature abonde d'autres tentatives de réconciliation avec le Magistère antérieur, avec plus ou moins de succès. Certes pour le moment, plutôt moins que plus.

Mais ne jamais désespérer de l'Eglise !

Cordialement
Meneau
images/icones/bravo.gif  ( 623930 )Juste... par Etienne (2012-02-03 12:02:07) 
[en réponse à 623926]

Merci.

Je penche pour ma part, comme vous le savez, du coté de l'abbé Lucien quand à la question de DH2, mais doit bien avouer que cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'intelligent sur le sujet. Cela fait plaisir.

J'en profite pour saluer vos interventions dans leur ensemble, toujours mesurées et jamais partisanes. Si je ne suis pas toujours d'accord avec vous, je parviens toujours à retirer quelque chose de positif de vos posts.

A vous lire, donc.

images/icones/neutre.gif  ( 623941 )L'object est clair par Marco Antonio (2012-02-03 13:34:16) 
[en réponse à 623926]


Je me doutais que DH allait revenir sur le tapis. Mon avis est que la "condition" manquante est la suivante :

"qu'une doctrine sur la foi ou les moeurs doit être tenue par toute l'Église"

L'objet de la doctrine exposée par DH n'est pas suffisamment clair pour que DH puisse se prévaloir de cette condition,



DH enseigne que chaque homme a le droit de professer et de faire de la propagande son propre culte, même non-catholique, et donc faux (l'object de la doctrine est donc très clair). Vous avez des doutes à ce sujet? Vous pensez que Benoît XVI ne reconnaît pas ce droit à les non-catholiques?
images/icones/hein.gif  ( 623945 )Prétendez-vous donc que par Anton (2012-02-03 14:00:08) 
[en réponse à 623941]

DH s'oppose au premier commandement?
Que l’Église enseignerait cela par son magistère?
images/icones/neutre.gif  ( 624044 )Monsieur... par Marco Antonio (2012-02-04 14:58:09) 
[en réponse à 623945]

...


DH s'oppose au premier commandement?



Sûrement à la Royauté sociale du Christ.


Que l’Église enseignerait cela par son magistère?



Le Vatican II.
images/icones/neutre.gif  ( 624358 )Je pense que vous faites fausse route par Anton (2012-02-08 12:15:42) 
[en réponse à 624044]

Dh ne s'oppose pas à la royauté sociale de Notre Seigneur au contraire dans un état non catholique, en obligeant tout homme à la recherche de la vérité, il semble y faire tendre.

Concernant Vatican II, il appartient au Magistère, tant que le Pape ne dit pas le contraire.

Cordialement
images/icones/neutre.gif  ( 623947 )Les limites ne sont pas claires par Meneau (2012-02-03 14:12:28) 
[en réponse à 623941]


DH enseigne que chaque homme a le droit de professer et de faire de la propagande son propre culte, même non-catholique, et donc faux



Seulement "dans de justes limites", et en repectant "l'ordre public juste". Ces deux notions ne sont, elles, pas clairement définies. Voir mon post précédent.

Par ailleurs, je pense que la pensée des auteurs de DH était tellement tarabiscotée et embarrassée qu'ils n'avaient eux-mêmes pas une pensée claire de ce qu'ils voulaient vraiment exprimer, ce que les 40 années de controverses théologiques sur DH ont effectivement montré. Par contre, le préambule de DH fait clairement état de leur volonté de continuité avec le magistère antérieur. L'intention positive étant acquise, il revient au fidèle, face à la contradiction apparente, de retenir l'interprétation conforme à la doctrine catholique s'il parvient à la trouver, et de la chercher s'il ne la trouve pas a priori.
Il revient également au Magistère de clarifier aussi vite que possible quelle est la bonne interprétation, et de condamner les mauvaises.

Je pense que Benoît XVI, en tant que pape, ne reconnaît pas un droit qui est en contradiction frontale avec le magistère antérieur. Je suis prêt à accepter de sa part toute voie de conciliation concluante. En attendant, je cherche la mienne.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 624042 )Donc... par Marco Antonio (2012-02-04 14:52:59) 
[en réponse à 623947]

...d'après vous:
- dans un état non catholique, pour le respect de la seule loi naturelle, chaque homme à le droit de professer l'erreur;
- dans un état catholique, pour le respect de la loi catholique, ce droit n'existerait pas.
Toutefois, toujours d'après vous, le Magistère quotidien du Pape et des évêques unis à lui interprètent DH de façon différente, parce qu'ils reconnaissent le droit de professer l'erreur dans n'importe quel état [les états catholique - aussi parce que de cette même hiérarchie (par example l'Italie) - n'existent plus], mais ce Magistère quotidien de l'Eglise n'est pas infaillible ("Vous me direz que le Magistère autorisé qui s'est exprimé à la suite de Vatican II n'a que rarement interprété ainsi ces justes limites. Mais tous ces enseignement qui laissent entendre autrement lesdites justes limites sont, pour leur part dépourvus des conditions d'infaillibilités précédemment définies"), donc nous pouvons être en désaccord avec toute l'Église enseignante.
Et bien, à part le mépris total de la Ecclesia docens, je ne comprends pas comment l'erreur puisse être protegée par le droit. Il s'agit, en effet, d'erreur objective, laquelle puor le Magistère de toujours, ne peut avoir jamais aucun droit. D'autre part, DH ne fait pas - et je dirais volontairement - de distinction parmi états catholiques et non-catholiques. DH s'adresse à tout état, sans distinction: "C’est pour tout pouvoir civil un devoir essentiel que de protéger et promouvoir les droits inviolables de l’homme". Sur cette base, pouvons nous conclure que, selon DH, un état catholique ne doit pas accorder un droit à ceux qui professent un culte non-catholique? Absolument pas... En effet DH continue: "Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent certains peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la cité à une communauté religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et sauvegardé".
images/icones/neutre.gif  ( 624061 )En l'absence de "reconnaissance civile spéciale" par le torrentiel (2012-02-04 18:08:24) 
[en réponse à 624042]

implicitement recommandée par DH aux Etats catholiques, je suppose que vous préconisez... une espèce de dhimitude! Car enfin, quelle est sinon l'alternative à une "non reconnaissance civile" par les etats catholiques des personnes de confession différente?
images/icones/neutre.gif  ( 624118 )Non par Meneau (2012-02-05 13:59:13) 
[en réponse à 624042]


...d'après vous:
- dans un état non catholique, pour le respect de la seule loi naturelle, chaque homme à le droit de professer l'erreur;
- dans un état catholique, pour le respect de la loi catholique, ce droit n'existerait pas.



Concernant le 1er point, non ! Pas du tout ! Etant donné que l'erreur en elle-même n'a aucun droit.

Mais dans un état non catholique (ce qui n'est pas, en soi, l'idéal de l'Etat), un citoyen devra au moins être empêché de pratiquer publiquement sa fausse religion si celle-ci contrevient à la loi naturelle. Et il est impossible d'en demander plus à un état non catholique. Sauf bien sûr, à lui demander de devenir catholique, ce qui serait sa perfection, mais nous nous plaçons justement dans le cas contraire puisque nous envisageons une distinction entre état catholique et état non catholique.


C’est pour tout pouvoir civil un devoir essentiel que de protéger et promouvoir les droits inviolables de l’homme


Cette phrase en elle-même est parfaitement catholique, je ne vois pas ce que vous lui reprochez. En effet, le pouvoir civil quel qu'il soit a le devoir de protéger et promouvoir les droits inviolables de l'homme, comme celui, par exemple, de professer publiquement la religion catholique.


Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent certains peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la cité à une communauté religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et sauvegardé.


Il est clair que le droit dont on parle ici est le droit à la traditionnelle liberté de ne pas être contraint d'agir à l'encontre de sa conscience, puisqu'on se place dans le cadre de circonstances où il existe une religion d'Etat, où un culte donné est favorisé (le culte catholique par exemple). Sinon la phrase n'aurait aucun sens.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 624179 )Non Monsieur... par Marco Antonio (2012-02-06 10:57:03) 
[en réponse à 624118]


Concernant le 1er point, non ! Pas du tout ! Etant donné que l'erreur en elle-même n'a aucun droit.

Mais dans un état non catholique (ce qui n'est pas, en soi, l'idéal de l'Etat), un citoyen devra au moins être empêché de pratiquer publiquement sa fausse religion si celle-ci contrevient à la loi naturelle.



Exactement ! Par consequence l’on aura le droit d’affirmer, par example, que la Vierge Marie n’est pas assumée au ciel dans l'âme et le corps…


Et il est impossible d'en demander plus à un état non catholique. Sauf bien sûr, à lui demander de devenir catholique, ce qui serait sa perfection, mais nous nous plaçons justement dans le cas contraire puisque nous envisageons une distinction entre état catholique et état non catholique.



Monsieur, c'est vous qui envisagez cette distinction, non pas DH...


Cette phrase en elle-même est parfaitement catholique, je ne vois pas ce que vous lui reprochez. En effet, le pouvoir civil quel qu'il soit a le devoir de protéger et promouvoir les droits inviolables de l'homme, comme celui, par exemple, de professer publiquement la religion catholique.



Cette phrase est parfaitement catholique … en elle—même, mais non pas dans le contexte de DH, laquelle affirme que chaque homme a le droit de professer une fausse religion dans n'importe quel état (« tout pouvoir civil »).

Je l’ai mentionnée parce que elle montre que cette Déclaration conciliaire – délibérément – ne fait aucune distinction entre les États catholiques et non-catholiques (« tout pouvoir civil » !).

Dans la définition de liberté religieuse de DH on lit : « Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit… ». Pouvoir catholique ou non-catholique…


Il est clair que le droit dont on parle ici est le droit à la traditionnelle liberté de ne pas être contraint d'agir à l'encontre de sa conscience, puisqu'on se place dans le cadre de circonstances où il existe une religion d'Etat, où un culte donné est favorisé (le culte catholique par exemple). Sinon la phrase n'aurait aucun sens.



Le droit à la traditionnelle liberté ne permet pas de professer une religion fausse. Ce qui permet DH.
images/icones/neutre.gif  ( 624192 )Liberté subjective garantie par un droit civil par Meneau (2012-02-06 14:18:50) 
[en réponse à 624179]

Je suis d'accord avec vous, c'est moi qui introduit la distinction entre état catholique et état non catholique. DH parle de "tout pouvoir", rien ne m'empêche donc de subdiviser tant que l'ensemble des subdivision couvre le tout.

Je pense que le cas de l'état catholique ne vous posera pas de problème : si les justes limites, ou l'ordre public juste sont dans ce cas les limites et l'odre de la religion catholique, alors nous sommes dans le cadre de la liberté traditionnelle. L'Etat réprimera l'exercice public des faux culte, car celui-ci dépasse les "justes limites".

Prenons maintenant le cas de l'état non catholique. Cet état ne satisfait pas à l'obligation qu'il a de rechercher la vérité et de la favoriser, nous sommes d'accord. Ceci admis, distinguons maintenant entre les citoyens de cet Etat :
- les catholiques ont le droit inaliénable de professer publiquement leur vraie religion, et ce droit doit être garanti par la puissance civile
- les non-catholiques n'ont bien sûr toujours pas le droit moral de professer la fausse religion qui est la leur. DH ne prétend d'ailleurs pas établir ce droit. Mais on voit mal comment l'Etat en question, n'étant pas catholique, pourrait réprimer l'exercice de ces faux cultes, y compris égentuellement celui de la (fausse) religion d'état. Il doit par contre au moins réprimer l'exercice des cultes qui contreviennent à la loi naturelle (perceptible par tous). Et pour que le droit fondamental des catholiques à ne pas être empêchés de professer publiquement leur vraie religion soit préservé, il devra donc ne prohiber aucun culte qui ne contrevienne pas à la loi naturelle.

C'est un peu, me semble-t-il, ce qui fut exprimé au chapitre XVIII des Dubia :


§. 1. A la liberté religieuse, tant qu'elle reste un droit subjectif au culte de Dieu, on n'a pas à assigner de limites, puisqu'elle se situe au niveau des principes.
Mais quand elle veut s'appliquer concrètement dans l'ordre social, en tant que faculté objective d'agir en matière religieuse, ou en tant que simple faculté de ne pas être empêché d'agir, elle doit alors recevoir des limites de la part de l'Etat.
On se demanda alors (ce fut le "problème des limites" qui se posa à Vatican II) si un système de limites pouvait être trouvé, qui fût unique et accepté par tous les Etats comme règle universelle des limites de la liberté religieuse, et qui satisfît à la doctrine catholique.

§. 2. Pour préciser ces limites, deux critères se présentaient, qu'il convenait de juger : le bien commun d'une part, et l'ordre public d'autre part.

a) Le bien commun semblait à première vue le critère le plus approprié, puisqu'il est la fin même de l'Etat et qu'il doit favoriser la religion (Léon XIII). Mais le concept analogique de bien commun, nous l'avons noté (XIV, 2), recouvre des réalités concrètes diverses et même opposées : quelle parenté entre le bien commun véritable et parfait d'une cité catholique, tout entière centrée sur Dieu et Notre-Seigneur Jésus-Christ, et le bien commun apparent et pervers, sinon inexistant, d'une cité communiste, toute finalisée par le "parti" ? Sans parler du bien commun d'une cité islamique, qui interdit tout prosélytisme à la vraie religion, etc...

Par conséquent, prendre pour règle générale régulatrice de la liberté religieuse le bien commun tel qu'il est réalisé concrètement dans chaque nation intéressée, cela pouvait être une règle correcte dans une cité catholique et une règle provisoirement acceptable dans une cité chrétienne non-catholique, ou dans une cité pluraliste ; mais c'était par ailleurs livrer la vraie religion et ses membres à l'arbitraire et aux persécutions de ses ennemis, dans des cités comme les cités islamique ou communiste !

Par ailleurs il ne pouvait être question de faire accepter à une cité non-catholique le critère du bien commun véritable et parfait de la cité catholique : le jugement de valeur sur la vérité morale et surtout religieuse qu'il implique n'étant pas partagé par les non-catholiques. Restait donc à opter pour l'autre critère : l'ordre public.

b) L'ordre public, qui n'est qu'une partie du bien commun, englobe dans son ampliation la sauvegarde des droits des citoyens, le maintien de la paix publique et la protection de la moralité publique. Cette moralité publique était nommée sou-vent “ordre moral objectif", sans plus de précisions. S'agissait-il de la morale naturelle, dans son intégrité rétablie par Jésus-Christ, ou d'une éthique minimum, du reste non définie ?... En tout cas la "moralité publique" faisait abstraction de tout jugement de vérité sur telle ou telle religion.

Mais précisément, c'est en cela que ce critère était insuffisant dans une cité catholique, où faire abstraction d'un jugement de vérité sur la vraie religion dans l'établissement de la législation sur les cultes témoignait d'un pur positivisme juridique et créait une législation agnostique et indifférentiste.

§. 3. Ni l'un ni l'autre critère n'étant adéquat, il s'avérait donc impossible d'exprimer les limites de la liberté religieuse par une formule unique, valable dans tous les cas et acceptable par tous les Etats.

Vouloir le tenter, comme le fit malgré tout Vatican II, équivalait dès lors à chercher la quadrature du cercle ! C'était espérer concilier les exigences de la vérité avec celles de l'erreur !

La raison toute simple et profonde de cette impossibilité est que la liberté religieuse entendue comme faculté objective d'agir (ou plus exactement de ne pas être empêché d'agir) ne peut faire abstraction de la vérité religieuse : seul en effet ce qui répond à la vérité peut être objet d'un droit. Ce qui ne répond pas à la vérité ne peut être objet d'aucun droit (au sens de faculté morale d'exiger). (cf. V, 3, a ; Pie XII, Ci riesce, PIN. 3041). Et nous avons souligné (VI, 2) que ce principe vaut aussi bien pour un droit affirmatif (faculté d'agir) que pour un droit négatif (faculté de ne pas être empêché d'agir).

§. 4. Par conséquent, si l'on veut définir une liberté religieuse qui fasse abstraction de la vérité, on doit se contenter de définir un droit subjectif à la liberté du culte de Dieu.
C'est ce qu'ont fait les papes Pie XI et Pie XII en proclamant le "droit fondamental de l'homme au culte de Dieu" : cela suffisait contre les totalitarismes.
Et nous disions plus haut (V, 3, a) que ce droit subjectif au culte de Dieu "in genere" inclut implicitement le droit objectif au vrai culte de Dieu : cela est pleinement satisfaisant pour un esprit catholique et acceptable par les non-catholiques.



Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 624349 )Désolé mais... par Marco Antonio (2012-02-08 10:38:12) 
[en réponse à 624192]


Je suis d'accord avec vous, c'est moi qui introduit la distinction entre état catholique et état non catholique. DH parle de "tout pouvoir", rien ne m'empêche donc de subdiviser tant que l'ensemble des subdivision couvre le tout.



Votre subdivision est empêchée par le fait que le droit à la liberté religieuse est conçu et défini comme fondamental, c'est-à-dire un droit qui va au-delà de les distinctions entre les États nationales.

Sur l’État non-catholique, vous dites :


- les non-catholiques n'ont bien sûr toujours pas le droit moral de professer la fausse religion qui est la leur. DH ne prétend d'ailleurs pas établir ce droit. Mais on voit mal comment l'Etat en question, n'étant pas catholique, pourrait réprimer l'exercice de ces faux cultes, y compris égentuellement celui de la (fausse) religion d'état. Il doit par contre au moins réprimer l'exercice des cultes qui contreviennent à la loi naturelle (perceptible par tous). Et pour que le droit fondamental des catholiques à ne pas être empêchés de professer publiquement leur vraie religion soit préservé, il devra donc ne prohiber aucun culte qui ne contrevienne pas à la loi naturelle.



En cette manière, Monsieur, vous prétendez que la vérité et le mensonge devraient être traitées de la même, lorsque le Papes ont toujours enseigné le contraire, c'est-à-dire que répugne à la raison que le faux et le vrai aient les mêmes droits (Leon XIII, Libertas). Et non pas seulement dans l’ l’État catholique, mais bien aussi dans l’État non-catholique !
Il est évident qu’il est très difficile imaginer que les États non-catholiques donnent des droits à la vraie religion et nient ces droits aux fausses religions. Mais l'Église ne commande pas ce qui est, mais ce qui doit être.

Cordialement
images/icones/nul.gif  ( 624350 )Vous déformez tout ! par Ion (2012-02-08 11:02:08) 
[en réponse à 624349]

En affirmant qu'il y aurait un droit équivalent entre mensonge et vérité, vous préjugez de l'intention de la personne (mentir) qui exerce son droit.

Personne n'a jamais affirmé que le mensonge avait des droits en tant que tel !!

Que ce qui est enseigné ne soit pas la vérité intégrale est un autre problème, problème auquel un Etat non catholique ne peut rien, comme vous l'explique très bien Meneau, sauf si cela nuit au bien commun, c'est-à-dire à la loi naturelle.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 624359 )Désolé aussi par Meneau (2012-02-08 12:26:37) 
[en réponse à 624349]


Votre subdivision est empêchée par le fait que le droit à la liberté religieuse est conçu et défini comme fondamental, c'est-à-dire un droit qui va au-delà de les distinctions entre les États nationales.


Encore une fois, je ne vois pas ce qui empêche de distinguer. Si on applique un principe à un tout, il est valable pour chacune de ses parties, comme vous le dites : "va au-delà des distinctions entre les Etats". Rien ne m'empêche d'envisager l'application de ce principe successivement à chacune des parties de ce tout, du moment que je n'en oublie aucune.


En cette manière, Monsieur, vous prétendez que la vérité et le mensonge devraient être traitées de la même, lorsque le Papes ont toujours enseigné le contraire, c'est-à-dire que répugne à la raison que le faux et le vrai aient les mêmes droits (Leon XIII, Libertas). Et non pas seulement dans l’ l’État catholique, mais bien aussi dans l’État non-catholique !
Il est évident qu’il est très difficile imaginer que les États non-catholiques donnent des droits à la vraie religion et nient ces droits aux fausses religions. Mais l'Église ne commande pas ce qui est, mais ce qui doit être.


Vous avez raison, l'Eglise enseigne ce qui doit être. L'Eglise commande donc que l'Etat soit catholique. Voilà ce qui doit être, voilà quel est l'idéal de l'Etat, et DH ne dit pas le contraire. Le Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise redit la même chose au paragraphe 170 que j'ai cité plus bas.

170 Le bien commun de la société n'est pas une fin en soi; il n'a de valeur qu'en référence à la poursuite des fins dernières de la personne et au bien commun universel de la création tout entière. Dieu est la fin dernière de ses créatures et en aucun cas on ne peut priver le bien commun de sa dimension transcendante, qui dépasse mais aussi achève la dimension historique.359 Cette perspective atteint sa plénitude en vertu de la foi dans la Pâque de Jésus, qui éclaire pleinement la réalisation du vrai bien commun de l'humanité. Notre histoire — l'effort personnel et collectif pour élever la condition humaine — commence et culmine en Jésus: grâce à lui, par lui et pour lui, toute réalité, y compris la société humaine, peut être conduite au Bien suprême, à son achèvement. Une vision purement historique et matérialiste finirait par transformer le bien commun en simple bien-être socio-économique, privé de toute finalisation transcendante, c'est-à-dire de sa raison d'être la plus profonde.



Ensuite, l'Eglise s'intéresse en pratique à ce qui est, et énonce ce qu'on peut/doit faire au mieux en tenant compte du fait que les situations ne sont pas parfaites. Et la situation est évidemment différente entre un état catholique et un état non catholique. Les limites pratiques de la liberté religieuse seront forcément différentes. C'est pourquoi j'introduis également cette distinction dans les "justes limites".

Pour les mots de Libertas cités par vous, le vrai et le faux ne peuvent évidemment pas avoir les mêmes droits. Dans l'application pratique au droit civil dans une société non catholique, la situation est déjà déséquilibrée en faveur du faux. La perception qu'a l'Etat non catholique du bien commun, et de la dimension transendante de ce bien commun est faussée. (Elle ne peut cependant être faussée au point de contrevenir à la loi naturelle). L'Eglise s'efforce dans un tel Etat d'obtenir au moins le droit de faire entendre la voix de la Vérité afin de pouvoir corriger cette vision faussée du bien commun.

Entendez-moi bien : je ne dis pas que DH dans sa formulation actuelle peut être immédiatement perçue comme conforme au Magistère antérieur, je suis même le premier à soutenir qu'à première vue il y a contradiction (voir l'autre fil récent sur le sujet). Mais contrairement à vous je cherche comment on pourrait clarifier, redresser, corriger sans forcément pencher vers un défaut d'autorité chez le sujet du Magistère. Et vous ne m'avez toujours pas montré où était le défaut dans mon argumentation, si j'interprète DH en fixant les justes limites en distinguant comme je le fais. Il y a peut-être un défaut, je ne dis pas le contraire. Mais dans ce cas dites-moi lequel.

Cordialement
Meneau

images/icones/neutre.gif  ( 624363 )Supplément par Meneau (2012-02-08 12:36:22) 
[en réponse à 624359]

Ci-après, un extrait du schéma préparé par la commission thélogique présidée par le Cal. Ottaviani en prévision du Concile, et qui a malheureusement été écarté au profit de celui du Cal. Béa. Je dis malheureusement, car le schéma de la commission théologique expose très clairement la doctrine catholique en la matière. Il s'intitulait d'ailleurs aux dires de Mgr Lefebvre "De tolerantia religiosa." là où celui du Cal. Béa s'intitulait "De libertate religiosa".


Dans les cités où une grande partie des citoyens ne professent pas la foi catholique ou ne connaissent même pas le fait de la Ré-vélation, le pouvoir civil non-catholique doit, en matière de religion, se conformer à tout le moins aux préceptes de la loi natu-relle 1.
Dans ces conditions, ce pouvoir non-ca-tholique doit concéder la liberté civile à tous les cultes qui ne s’opposent pas à la religion naturelle.
Cette liberté ne s’oppose pas alors aux principes catholiques, étant donné qu’elle convient tant au bien de l’Église qu’à celui de l’État.
Dans les cités où le pouvoir ne professe pas la religion catholique, les citoyens catho-liques ont surtout le devoir d’obtenir, par leurs vertus et actions civiques grâce aux-quelles, avec leurs concitoyens, ils promeu-vent le bien commun de l’État, qu’on ac-corde à l’Église la pleine liberté d’accomplir sa mission divine 2.
De la libre action de l’Église, en effet, la cité non-catholique, elle aussi, ne subit au-cun dommage et retire même de nombreux et insignes bienfaits. Ainsi donc, les citoyens catholiques doivent s’efforcer à ce que l’Église et le pouvoir civil, bien qu’encore séparés juridiquement, se prêtent une aide mutuelle bienveillante.
Afin de ne pas nuire, par maladresse ou par zèle imprudent, soit à l’Église soit à l’État, les citoyens catholiques, dans la dé-fense des droits de Dieu et de l’Église, doi-vent se soumettre au jugement de l’autorité ecclésiastique : à elle appartient de juger du bien de l’Église 1, selon les diverses circons-tances, et de diriger les citoyens catholiques dans les actions civiles qui défendent l’autel 2.


Le Sel de la Terre n°39

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 624448 )Pour Meneau par Marco Antonio (2012-02-09 12:00:47) 
[en réponse à 624359]

Monsieur, j'espère que de répondre en détail quand j'aurai le temps. Cependant, vous connaissez certainement l'ouvrage de l'abbé Lucien de 1991 sur la liberté religieuse. Ici il est déjà contenue la réponse à votre reconstruction incorrecte: pages 259 et suivantes.
En tout cas, il est indéniable que pour Benoît XVI (et ses prédécesseurs jusqu’à Paul VI) la liberté religieuse de DH est identifié avec celui de les Nations Unies (pas du tout catholique):

« La référence à la dignité humaine, fondement et fin de la responsabilité de protéger, nous introduit dans la note spécifique de cette année, qui marque le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme. Ce document était le fruit d’une convergence de différentes traditions culturelles et religieuses, toutes motivées par le désir commun de mettre la personne humaine au centre des institutions, des lois et de l’action des sociétés, et de la considérer comme essentielle pour le monde de la culture, de la religion et de la science. Les droits de l’homme sont toujours plus présentés comme le langage commun et le substrat éthique des relations internationales. Tout comme leur universalité, leur indivisibilité et leur interdépendance sont autant de garanties de protection de la dignité humaine. Mais il est évident que les droits reconnus et exposés dans la Déclaration s’appliquent à tout homme, cela en vertu de l’origine commune des personnes, qui demeure le point central du dessein créateur de Dieu pour le monde et pour l’histoire. Ces droits trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au cœur de l’homme et présente dans les diverses cultures et civilisations. Détacher les droits humains de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste, pour laquelle le sens et l’interprétation des droits pourraient varier et leur universalité pourrait être niée au nom des différentes conceptions culturelles, politiques, sociales et même religieuses. La grande variété des points de vue ne peut pas être un motif pour oublier que ce ne sont pas les droits seulement qui sont universels, mais également la personne humaine, sujet de ces droits » (Discours de Benoit XVI, New York Vendredi 18 Avril 2008, Rencontre avec les membres de l’Assemblée Générale des Nations Unies).

Donc, par example, il est absolument ridicule de votre part dire que :


Je pense que le cas de l'état catholique ne vous posera pas de problème : si les justes limites, ou l'ordre public juste sont dans ce cas les limites et l'odre de la religion catholique, alors nous sommes dans le cadre de la liberté traditionnelle. L'Etat réprimera l'exercice public des faux culte, car celui-ci dépasse les "justes limites".



Après DH, dans l’Etat "catholique" il ne doit pas être réprimée l'exercice d'aucun culte faux.


Cordialement

images/icones/neutre.gif  ( 624454 )Certes... par Meneau (2012-02-09 13:25:00) 
[en réponse à 624448]

J'avais déjà mentionné cet argument tout en début de fil : il semble bien que le Magistère autorisé interprète DH d'une façon qui n'est pas celle que j'expose.

Ce à quoi j'avais répondu plus haut que lesdites déclarations du Magistère ne sont, elles, pas revêtues des mêmes garanties, du même degré d'autorité que DH.


Vous me direz que le Magistère autorisé qui s'est exprimé à la suite de Vatican II n'a que rarement interprété ainsi ces justes limites. Mais tous ces enseignement qui laissent entendre autrement lesdites justes limites sont, pour leur part dépourvus des conditions d'infaillibilités précédemment définies. Donc la porte me semble ouverte à un "recadrage" de DH.


Ici

Cordialement
Meneau

images/icones/neutre.gif  ( 624532 )Et bien... par Marco Antonio (2012-02-09 22:52:05) 
[en réponse à 624454]

... Monsieur, vous parlez de rien, d'une doctrine qui n'appartient pas à l'"église conciliaire", de quelque chose qui n'existe pas. Ainsi, votre reconstruction n'est pas faible, mais totalement dépourvue de valeur.
Cordialement
images/icones/neutre.gif  ( 624687 )Si vous le dites... par Meneau (2012-02-11 12:44:54) 
[en réponse à 624532]


Monsieur, vous parlez de rien, d'une doctrine qui n'appartient pas à l'"église conciliaire", de quelque chose qui n'existe pas. Ainsi, votre reconstruction n'est pas faible, mais totalement dépourvue de valeur.


On doit vous croire sur parole ?

Et d'ailleurs, en êtes-vous si sûr ? Voici quelques extraits des réponses aux Dubia sur la liberté religieuse.


Le principe de tolérance implique que l'Etat a le droit et le devoir de réprimer le mal en lequel consiste la diffusion de l'erreur religieuse, mais qu'il peut et parfois doit renoncer à exercer ce droit pour obtenir un bien supérieur et plus vaste. Or ce droit ne lui est pas reconnu par la Déclaration conciliaire. Cependant il n'y a pas incompatibilité entre ces affirmations, cas selon Pie XII la tolérance est justifiée par l'intérêt d'un bien supérieur. Or l'idée du Concile est que la dignité de toute personne humaine et la paix sociale soient toujours des biens qui exigent que l'Etat ne réprime pas l'erreur religieuse quand celle-ci ne s'oppose pas au bon ordre social (qui inclut la moralité publique).



Q : qu'est-ce que la moralité publique dans un Etat catholique ?

Vous prétentez par ailleurs que DH et le Magistère n'envisagent pas de distinction Etat catholique + loi catholique, Etat non catholique + loi naturelle, et pourtant :


Bien que la Déclaration "non intendit exponere applicatione particulares principiorum, praesertim si quaestiones complexas secum ferunt" (Acta Synodalia), il est certain, par exemple, que la liberté religieuse n'exclut pas que l'Etat interdise le divorce, la polygamie, etc., y compris à ceux auxquels leur religion le permet, sans que cela suppose l'interdiction des autres manifestations externes de cette religion qui ne sont pas contraires au bon ordre public.
(...)
Il convient d'observer que, selon DH, le régime commun de liberté religieuse est compatible avec la liberté de l'Eglise et constitue un minimum nécessaire. Mais ce minimum n'est pas le seul possible, ni, dans certaines circonstances, le plus souhaitable. Là où cela est possible, on aboutira à la situation considérée dans DH 6c, dans laquelle la liberté de l'Eglise est en harmonie avec le droit civil de la liberté religieuse, mais donne lieu à un statut juridique plus avantageux pour la mission de l'Eglise (par exemple quand l'Etat renonce à intervenir unilatéralement dans les cas de coméptence mixte.



Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 624940 )Non, Monsieur... par Marco Antonio (2012-02-13 21:20:04) 
[en réponse à 624687]


On doit vous croire sur parole ?



Non, Monsieur, vous ne devez pas croire à moi, mais au magistère quotidien de Benoît XVI et des évêques unis à lui.


Et d'ailleurs, en êtes-vous si sûr ? Voici quelques extraits des réponses aux Dubia sur la liberté religieuse.

Le principe de tolérance implique que l'Etat a le droit et le devoir de réprimer le mal en lequel consiste la diffusion de l'erreur religieuse, mais qu'il peut et parfois doit renoncer à exercer ce droit pour obtenir un bien supérieur et plus vaste. Or ce droit ne lui est pas reconnu par la Déclaration conciliaire. Cependant il n'y a pas incompatibilité entre ces affirmations, cas selon Pie XII la tolérance est justifiée par l'intérêt d'un bien supérieur. Or l'idée du Concile est que la dignité de toute personne humaine et la paix sociale soient toujours des biens qui exigent que l'Etat ne réprime pas l'erreur religieuse quand celle-ci ne s'oppose pas au bon ordre social (qui inclut la moralité publique).


Q : qu'est-ce que la moralité publique dans un Etat catholique ?



Mgr De Smedt, dans le rapport au Concile du 19 novembre 1965, a déjà clairement dit que :

« Cette partie du bien commun est nommée, des nos jours, « ordre public », dans le droit civil contemporain et dans plusieurs constitutions publiques. Pour que notre document puisse être compris par le monde moderne, il doit utiliser le terme technique tel qu’il est employé aujourd’hui dans la société. A quoi servirait-il d’appeler la chose dont il s’agit ‘bien commun’ si ce terme n’est pas employé en ce sens dans le droit civil actuel? Cela soulèverait une immense confusion ».

En accord avec ça il a été donnée aussi une notion de moralité publique subjective et sujette à l'évolution.


Vous prétentez par ailleurs que DH et le Magistère n'envisagent pas de distinction Etat catholique + loi catholique, Etat non catholique + loi naturelle, et pourtant :

Bien que la Déclaration "non intendit exponere applicatione particulares principiorum, praesertim si quaestiones complexas secum ferunt" (Acta Synodalia), il est certain, par exemple, que la liberté religieuse n'exclut pas que l'Etat interdise le divorce, la polygamie, etc., y compris à ceux auxquels leur religion le permet, sans que cela suppose l'interdiction des autres manifestations externes de cette religion qui ne sont pas contraires au bon ordre public.
(...)
Il convient d'observer que, selon DH, le régime commun de liberté religieuse est compatible avec la liberté de l'Eglise et constitue un minimum nécessaire. Mais ce minimum n'est pas le seul possible, ni, dans certaines circonstances, le plus souhaitable. Là où cela est possible, on aboutira à la situation considérée dans DH 6c, dans laquelle la liberté de l'Eglise est en harmonie avec le droit civil de la liberté religieuse, mais donne lieu à un statut juridique plus avantageux pour la mission de l'Eglise (par exemple quand l'Etat renonce à intervenir unilatéralement dans les cas de coméptence mixte.



Monsieur, vous devez en informer Benoît XVI, car il n'est pas du même avis.
Par example, il a recemment dit que “La Chiesa non cerca privilegi, né vuole intervenire in ambiti estranei alla sua missione, ma semplicemente esercitare questa missione con libertà” (traduction : «L'Église ne cherche pas des privilèges, ni d'intervenir dans des domaines non liés à sa mission, mais simplement exercer cette mission avec la liberté ») et il a ensuite demandé : “Come negare il contributo delle grandi religioni del mondo allo sviluppo della civiltà?” (« Comment pouvons-nous nier la contribution des grandes religions du monde dans le développement de la civilisation? ») et encore il a souhaité “Che nessuna società umana si privi volontariamente dell’apporto fondamentale che costituiscono le persone e le comunità religiose!” (« Qu’aucune société humaine ne se prive pas volontairement de la contribution essentielle qui constituent les personnes et les communautés religieuses ! »). Benoît XVI aux membres du Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège (10/01/2011).
images/icones/neutre.gif  ( 624981 )Arguments inopérants par Meneau (2012-02-14 12:18:16) 
[en réponse à 624940]


Mgr De Smedt, dans le rapport au Concile du 19 novembre 1965, a déjà clairement dit que


Vous ne pouvez vous appuyer sur cette "relatio" de Mgr De Smedt. A ma connaissance, elle n'est pas datée du 19 novembre 1965, mais du 19 novembre 1964. Le schéma sur la liberté religieuse était encore en discussion dans l'aula conciliaire, et justement ce point était fortement contesté, en particulier par un certain Mgr Wojtyla et d'autres évêques polonais qui voyaient là la porte ouverte pour les régimes communistes à restreindre la liberté de l'Eglise au nom d'un prétendu "ordre public" issu d'une idéologie corrompue. (intervention le 20 Septembre 1965 dans l'aula).

Mais je peux me tromper sur les dates et confondre les interventions de Mgr de Smedt dans la mesure où il a été le rapporteur officiel du schéma pendant toute la longue période de sa discussion. Avez-vous des références exactes ?


Monsieur, vous devez en informer Benoît XVI, car il n'est pas du même avis.


Je pense que Benoît XVI n'ignore pas ce qui a été écrit dans la réponse aux Dubia, dans la mesure où elle a été rédigée par la CDF, et en grande partie par le Cal. Ratzinger qui en était le président à l'époque.


La Chiesa non cerca privilegi, né vuole intervenire in ambiti estranei alla sua missione, ma semplicemente esercitare questa missione con libertà



Dans ce discours, Benoît XVI vient juste de parler de divers cas où la liberté religieuse des catholiques est menacée (enseignement sexuel, attentats en Orient, loi contre le blasphème au Pakistan, situation de l'Eglise en Chine, laïcisme, droit à l'objection de conscience). Il vient également de mettre en avant "la fécondité des oeuvres de l'Eglise catholique" en diverses matières sociales.

Dans ce contexte, il écrit :

La promotion d’une pleine liberté religieuse des communautés catholiques est aussi le but que recherche le Saint-Siège quand il conclut des Concordats ou autres Accords.



Et un peu plus loin :

Devant cet illustre auditoire, je voudrais enfin redire avec force que la religion ne constitue pas pour la société un problème, qu’elle n’est pas un facteur de trouble ou de conflit. Je voudrais répéter que l’Eglise ne recherche pas de privilèges, ni ne veut intervenir dans des domaines étrangers à sa mission, mais simplement exercer celle-ci avec liberté.



Il milite donc évidemment pour la liberté de l'Eglise catholique. Et le contexte éclaire bien qu'il favorise la religion catholique par rapport aux autres religions.

De plus, le degré d'autorité d'un tel discours n'a rien à voir avec celui d'une déclaration comme DH.

Cordialement
Meneau

images/icones/neutre.gif  ( 625289 )... par Marco Antonio (2012-02-16 23:18:47) 
[en réponse à 624981]


Vous ne pouvez vous appuyer sur cette "relatio" de Mgr De Smedt. A ma connaissance, elle n'est pas datée du 19 novembre 1965, mais du 19 novembre 1964. Le schéma sur la liberté religieuse était encore en discussion dans l'aula conciliaire, et justement ce point était fortement contesté, en particulier par un certain Mgr Wojtyla et d'autres évêques polonais qui voyaient là la porte ouverte pour les régimes communistes à restreindre la liberté de l'Eglise au nom d'un prétendu "ordre public" issu d'une idéologie corrompue. (intervention le 20 Septembre 1965 dans l'aula).

Mais je peux me tromper sur les dates et confondre les interventions de Mgr de Smedt dans la mesure où il a été le rapporteur officiel du schéma pendant toute la longue période de sa discussion. Avez-vous des références exactes ?




1. Acta, vol. IV, pars VI, p. 722.

2. Quant à Wojtyla si au temps de Vatican II il voulait défendre la doctrine catholique je ne sais pas (j’en doute fortement), ce qui est certain c’est qu’il n’a pas fait cela après son élection à la papauté. Pour lui la Déclaration universelle des Droits de l'Homme reste une étape fondamentale sur la voie du progrès moral de l’humanité :


“This document is a milestone on the long and difficult path of the human race. The progress of humanity must be measured not only by the progress of science and technology, which shows man's uniqueness with regard to nature, but also and chiefly by the primacy given to spiritual values and by the progress of moral life” (Discours à l'Assemblée générale des Nations Unies, 2 octobre 1979).


Et il a dit encore que:

« … la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, [qui] demeure l'une des expressions les plus hautes de la conscience humaine en notre temps ». (Discours à la cinquantième Assemblée générale de l’Oganisation des Nations Unies, 5 octobre 1995).



Je pense que Benoît XVI n'ignore pas ce qui a été écrit dans la réponse aux Dubia, dans la mesure où elle a été rédigée par la CDF, et en grande partie par le Cal. Ratzinger qui en était le président à l'époque.



3. Bien sûr, cependant il faut comprendre si les Dubia sont en contradiction avec le Magistère de Benoît XVI. Ce Magistère est très clair et il contredit la doctrine catholique, car il promeut une liberté religieuse qui n'est pas catholique (et qui, en effet, est clairement anti-chrétienne) telle que celle des Etats-Unis :

« Lors de la rencontre avec le Président dans sa résidence, j'ai eu l'occasion de rendre hommage à ce grand pays, qui dès les origines a été édifié sur la base d'une heureuse conjugaison entre principes religieux, éthiques et politiques, et qui constitue encore à présent un exemple valable de saine laïcité, où la dimension religieuse, dans la diversité de ses expressions, est non seulement tolérée, mais valorisée comme "âme" de la nation et garantie fondamentale des droits et des devoirs de l'homme » (Benoît XVI, Audience générale, Rome, 30 avril 2008).


Dans ce discours, Benoît XVI vient juste de parler de divers cas où la liberté religieuse des catholiques est menacée (enseignement sexuel, attentats en Orient, loi contre le blasphème au Pakistan, situation de l'Eglise en Chine, laïcisme, droit à l'objection de conscience). Il vient également de mettre en avant "la fécondité des oeuvres de l'Eglise catholique" en diverses matières sociales.



4. Il importe peu, si en même temps il promeut la liberté religieuse pour les infidèles et les hérétiques et leurs communautés.



Dans ce contexte, il écrit :
La promotion d’une pleine liberté religieuse des communautés catholiques est aussi le but que recherche le Saint-Siège quand il conclut des Concordats ou autres Accords.

Et un peu plus loin :
Devant cet illustre auditoire, je voudrais enfin redire avec force que la religion ne constitue pas pour la société un problème, qu’elle n’est pas un facteur de trouble ou de conflit. Je voudrais répéter que l’Eglise ne recherche pas de privilèges, ni ne veut intervenir dans des domaines étrangers à sa mission, mais simplement exercer celle-ci avec liberté.


Il milite donc évidemment pour la liberté de l'Eglise catholique. Et le contexte éclaire bien qu'il favorise la religion catholique par rapport aux autres religions.



5. Mais s’il milite exclusivement pour la liberté de l’Eglise catholique, comment peut-il soutenir la liberté religieuse des Nations Unies ?

Ce que vous ne voulez pas comprendre c’est que avec et après DH le pluralisme (des opinions, des idées et des religions) est conçu comme une valeur, une chose très positive et digne de respecte :

« Je viens en tant qu'ami et annonciateur de l'Evangile, comme une personne qui respecte profondément cette vaste société pluraliste » (Discours à la Maison Blanche, 16 avril 2008).

Le reste est conséquence.


De plus, le degré d'autorité d'un tel discours n'a rien à voir avec celui d'une déclaration comme DH.



a) Mais si les doctrines (de ces discours et de DH) sont compatibles pourquoi se poser le problème du degré d’autorité et peut-être celui de la non-infaillibilité des premiers ?
b) Le Magistère quotidien d’un Pape et des évêques unis à lui est infaillible.

images/icones/neutre.gif  ( 625308 )Pas exactement par Meneau (2012-02-17 09:39:39) 
[en réponse à 625289]

Tout d'abord, merci pour la référence, qui confirme effectivement la date de la relatio citée. Par contre, il serait intéressant d'en avoir un extrait plus large pour savoir si effectivement cette interprétation est l'interprétation retenue au final, ou s'il s'agit toujours d'un élément en discussion. Je ne dispose malheureusement pas des Acta, mais peut-être que vous si ?


b) Le Magistère quotidien d’un Pape et des évêques unis à lui est infaillible.


Lorsqu'il exprime une doctrine à croire par les fidèles oui. Quasiment toutes vos citations sont des discours politiques prononcés à l'occasion de relations diplomatiques.

Qui plus est, ces discours ne prétendent pas exposer que, par exemple, la déclaration des droits de l'homme serait un absolu conforme en tout point à la doctrine catholique, mais simplement que c'est ce qui se fait de mieux à l'heure actuelle. "Respecter" une société pluraliste, ou reconnaître une "saine laïcité" ne veut pas dire que l'on prétend par principe qu'une telle société pluraliste ou qu'une telle laïcité est l'idéal d'un état dans l'absolu. Mais qu'elle permet au moins à l'Eglise de s'exprimer librement. Benoit XVI ajoute d'ailleurs souvent immédiatement à la suite de tels propos, en quoi l'Eglise catholique représente un meilleur idéal. C'était le cas à la Maison Blanche en 2008 par exemple :

L'Eglise, quant à elle, désire contribuer à la construction d'un monde toujours plus digne de la personne humaine, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26-27). Elle est convaincue que la foi jette une nouvelle lumière sur toutes les choses, et que l'Evangile révèle la vocation noble et le destin sublime de chaque homme et de chaque femme


Discours à la Maison Blanche, le 16 Avril 2008, auquel le pape fait référence dans l'audience générale du 30 avril par vous citée.

Cordialement
Meneau
images/icones/hein.gif  ( 625319 )“Doctrine à croire” par Vianney (2012-02-17 13:42:02) 
[en réponse à 625308]

b) Le Magistère quotidien d’un Pape et des évêques unis à lui est infaillible. (Marco Antonio)


Lorsqu'il exprime une doctrine à croire par les fidèles oui. Quasiment toutes vos citations sont des discours politiques prononcés à l'occasion de relations diplomatiques. (Meneau)
Reste qu’à plusieurs reprises, dans des réunions religieuses officielles, Benoît XVI et ses prédécesseurs ont qualifié Dignitatis Humanæ d’engagement “irréversible” de l’Église : ce sont, me semble-t-il, bien davantage que des déclarations diplomatiques.

Du reste, j’imagine qu’en parlant du “magistère quotidien du pape et des évêques unis à lui”, Marco Antonio fait allusion au magistère ordinaire de l’Église qui, Vatican I le déclare expressément dans Dei Filius, n’est pas moins infaillible que le magistère ex cathedra.

À titre d’exemple, au moment où Pie XII consultait les évêques du monde entier à propos de l’Assomption, il ne s’agissait pas (pas encore) d’une “doctrine à croire”. Cependant, de leur accord avec lui sur ce point, le pape concluait, s’appuyant sur la constitution Dei Filius, qu’avant même la proclamation du dogme, le magistère ordinaire de l’Église s’était déjà exprimé “avec l’assistance de l’Esprit de vérité [Jean 14, 26] et à cause de cela sans commettre absolument aucune erreur”.

S’agissant de DH, ce n’est nullement, vous en conviendrez, un tel accord qui fait défaut depuis cinquante ans : seuls deux évêques ont exprimé ouvertement leur désaccord, soit beaucoup moins que dans le cas de l’Assomption ou de l’Immaculée Conception. Néanmoins, tant du côté des partisans que des adversaires de cette déclaration, nombreux sont ceux qui admettent qu’elle contredit l’enseignement des papes antérieurs. Enseignement infaillible, puisque plusieurs de ces papes se référaient à la Révélation et condamnaient explicitement les opinions contraires, notamment dans Mirari Vos et Quanta Cura.

Objectivement parlant, il apparaît donc impossible que ce soit le magistère ordinaire de l’Église qui s’exprime dans DH alors que, matériellement, l’accord pratiquement unanime à son sujet paraît indiquer le contraire !

V.
 
images/icones/neutre.gif  ( 625478 )Rappel par Meneau (2012-02-19 11:56:34) 
[en réponse à 625319]

... du fil de la discussion.

Je proposais une interprétation de DH (et notamment de ses "justes limites") qui me semblait compatible avec l'enseignement traditionnel (même si elle n'est pas parfaite et laisse encore quelques zones d'ombre).

Sans répondre sur le fond de mon argumentation en tant que telle, Antonio m'opposait que cette interprétation était de toute façon "inexistante" car contraire à ce que professé par le magistère ordinaire.

Sauf qu'en termes de "magistère ordinaire" tout ce qui a été produit, ce sont des discours politiques du pape seul, prononcés dans le cadre de relations diplomatique... dont l'objet direct n'est évidemment pas d'exposer la doctrine catholique, et dont le degré d'autorité est infime. Rien à voir donc avec le dogme de l'Assomption.

Permettez-moi d'avoir besoin d'un peu plus pour conclure à la vacance du siège... !

Cordialement
Meneau
images/icones/hein.gif  ( 625479 )“Du pape seul” par Vianney (2012-02-19 12:56:17) 
[en réponse à 625478]


Sauf qu’en termes de “magistère ordinaire” tout ce qui a été produit, ce sont des discours politiques du pape seul, prononcés dans le cadre de relations diplomatiques... dont l’objet direct n’est évidemment pas d’exposer la doctrine catholique, et dont le degré d’autorité est infime.


Là, excusez-moi, cher Meneau, mais vous rêvez : pratiquement tous les évêques du monde entier en font au moins autant que le pape, quand ils n’invoquent pas carrément les droits de l’homme de 1789. Et pas seulement dans le domaine diplomatique... à moins que pour vous, cela relève exclusivement de la diplomatie de discuter des termes d’un concordat, ou de la place de l’enseignement religieux dans les écoles ! Du reste, le très officiel CEC, qui n’a évidemment rien de politique ni de diplomatique, s’aligne largement sur la déclaration Dignitatis Humanæ et sur les autres documents de Vatican II (et c’est normal de leur point de vue, de même qu’il est normal que le catéchisme du concile de Trente reflète les décisions magistérielles de ce dernier). Si ces déclarations n’étaient pas contredites par l’enseignement antérieur depuis les apôtres, on pourrait certainement parler de magistère ordinaire de l’Église au sens de Vatican I, et elles ne poseraient aucun problème fondamental aujourd’hui.

Rien à voir donc avec le dogme de l’Assomption.


Et pourquoi donc ? Le droit public de l’Église relève au moins autant de la doctrine catholique que l’Assomption de la Vierge Marie. Quand le pape et les évêques du monde entier enseignent publiquement une thèse comme découlant de la Révélation, ils exercent leur magistère ordinaire. Pie XII explique même, avec toutes les précisions souhaitables, qu’ils n’ont nullement besoin de l’enseigner : il suffit de constater leur accord public sur la thèse en question.

Naturellement, cet accord n’apparaît pas toujours aussi clairement aux yeux des fidèles que lorsqu’il s’agit d’un enseignement ex cathedra, et c’est ce qui justifie le recours à ce dernier. Dans son encylique Mortalium animos, Pie XI montre bien les rôles respectifs de l’un et de l’autre :

En effet, le magistère de l’Église – lequel, suivant le plan divin, a été établi ici-bas pour que les vérités révélées subsistent perpétuellement intactes et qu’elles soient transmises facilement et sûrement à la connaissance des hommes - s’exerce chaque jour par le Pontife Romain et par les évêques en communion avec lui ; mais en outre, toutes les fois qu'il s’impose de résister plus efficacement aux erreurs et aux attaques des hérétiques ou d’imprimer dans l’esprit des fidèles des vérités expliquées avec plus de clarté et de précision, ce magistère comporte le devoir de procéder opportunément à des définitions en formes et termes solennels.


V.
 
images/icones/neutre.gif  ( 625499 )En sens contraire par Meneau (2012-02-19 18:13:36) 
[en réponse à 625479]


C'est dans ce contexte qu'il convient d'évoquer en particulier l'encyclique Libertas praestantissimum dans laquelle était rappelé le lien constitutif de la liberté humaine avec la vérité, lien si fort qu'une liberté qui refuserait de se lier à la vérité tomberait dans l'arbitraire et finirait par se soumettre elle-même aux passions les plus dégradantes et par s'autodétruire.
(...)
La « nouvelle évangélisation », dont le monde moderne a un urgent besoin et sur laquelle j'ai insisté de nombreuses fois, doit compter parmi ses éléments essentiels l'annonce de la doctrine sociale de l'Eglise, apte, aujourd'hui comme sous Léon XIII, à indiquer le bon chemin pour répondre aux grands défis du temps présent, dans un contexte de discrédit croissant des idéologies. Comme à cette époque, il faut répéter qu'il n'existe pas de véritable solution de la « question sociale » hors de l'Evangile et que, d'autre part, les « choses nouvelles » peuvent trouver en lui leur espace de vérité et la qualification morale qui convient.
(...)

46. L'Eglise apprécie le système démocratique, comme système qui assure la participation des citoyens aux choix politiques et garantit aux gouvernés la possibilité de choisir et de contrôler leurs gouvernants, ou de les remplacer de manière pacifique lorsque cela s'avère opportun . Cependant, l'Eglise ne peut approuver la constitution de groupes dirigeants restreints qui usurpent le pouvoir de l'Etat au profit de leurs intérêts particuliers ou à des fins idéologiques.

Une démocratie authentique n'est possible que dans un Etat de droit et sur la base d'une conception correcte de la personne humaine. Elle requiert la réalisation des conditions nécessaires pour la promotion des personnes, par l'éducation et la formation à un vrai idéal, et aussi l'épanouissement de la « personnalité » de la société, par la création de structures de participation et de coresponsabilité. On tend à affirmer aujourd'hui que l'agnosticisme et le relativisme sceptique représentent la philosophie et l'attitude fondamentale accordées aux formes démocratiques de la vie politique, et que ceux qui sont convaincus de connaître la vérité et qui lui donnent une ferme adhésion ne sont pas dignes de confiance du point de vue démocratique, parce qu'ils n'acceptent pas que la vérité soit déterminée par la majorité, ou bien qu'elle diffère selon les divers équilibres politiques. A ce propos, il faut observer que, s'il n'existe aucune vérité dernière qui guide et oriente l'action politique, les idées et les convictions peuvent être facilement exploitées au profit du pouvoir. Une démocratie sans valeurs se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois, comme le montre l'histoire.



Centesimus Annus, Jean-Paul II



Il faut néanmoins ajouter que, outre le fanatisme religieux qui, en certains milieux, empêche l’exercice du droit à la liberté religieuse, la promotion programmée de l’indifférence religieuse ou de l’athéisme pratique de la part de nombreux pays s’oppose elle aussi aux exigences du développement des peuples, en leur soustrayant l’accès aux ressources spirituelles et humaines. Dieu est le garant du véritable développement de l’homme, puisque, l’ayant créé à son image, Il en fonde aussi la dignité transcendante et alimente en lui la soif d’« être plus ». L’homme n’est pas un atome perdu dans un univers de hasard [70], mais il est une créature de Dieu, à qui Il a voulu donner une âme immortelle et qu’Il aime depuis toujours. Si l’homme n’était que le fruit du hasard ou de la nécessité, ou bien s’il devait réduire ses aspirations à l’horizon restreint des situations dans lesquelles il vit, si tout n’était qu’histoire et culture et si l’homme n’avait pas une nature destinée à être transcendée dans une vie surnaturelle, on pourrait parler de croissance ou d’évolution, mais pas de développement. Quand l’État promeut, enseigne, ou même impose, des formes d’athéisme pratique, il soustrait à ses citoyens la force morale et spirituelle indispensable pour s’engager en faveur du développement humain intégral et il les empêche d’avancer avec un dynamisme renouvelé dans leur engagement pour donner une réponse humaine plus généreuse à l’amour de Dieu [71].

(...)
C’est pourquoi, s’il est vrai, d’une part, que le développement a besoin des religions et des cultures des différents peuples, il n’en reste pas moins vrai, d’autre part, qu’opérer un discernement approprié est nécessaire. La liberté religieuse ne veut pas dire indifférence religieuse et elle n’implique pas que toutes les religions soient équivalentes [133]. Un discernement concernant la contribution que peuvent apporter les cultures et les religions en vue d’édifier la communauté sociale dans le respect du bien commun s’avère nécessaire, en particulier de la part de ceux qui exercent le pouvoir politique. Un tel discernement devra se fonder sur le critère de la charité et de la vérité. Et puisque est en jeu le développement des personnes et des peuples, il devra tenir compte de la possibilité d’émancipation et d’intégration dans la perspective d’une communauté humaine vraiment universelle. « Tout l’homme et tous les hommes », c’est un critère qui permet d’évaluer aussi les cultures et les religions. Le Christianisme, religion du « Dieu qui possède un visage humain » [134] porte en lui un tel critère.

56. La religion chrétienne et les autres religions ne peuvent apporter leur contribution au développement que si Dieu a aussi sa place dans la sphère publique, et cela concerne les dimensions culturelle, sociale, économique et particulièrement politique. La doctrine sociale de l’Église est née pour revendiquer ce « droit de cité» [135] de la religion chrétienne. La négation du droit de professer publiquement sa religion et d’œuvrer pour que les vérités de la foi inspirent aussi la vie publique a des conséquences négatives sur le développement véritable. L’exclusion de la religion du domaine public, comme, par ailleurs, le fondamentalisme religieux, empêchent la rencontre entre les personnes et leur collaboration en vue du progrès de l’humanité.


Caritas in Veritate, Benoît XVI

Quand je disais "rien à voir avec le dogme de l'Assomption", je l'entendais sur la forme, non pas sur l'objet. J'entendais par là que l'avis des évêques avait explicitement été demandé sur une question doctrinale. Dans le cas de DH, c'est loin d'être aussi clair et précis... Qui a précisément enseigné comme une vérité doctrinale les limites de la liberté religieuse ?

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 625516 )Des deux côtés on en fait une question doctrinale par Vianney (2012-02-19 22:31:14) 
[en réponse à 625499]


Quand je disais “rien à voir avec le dogme de l'Assomption”, je l’entendais sur la forme, non pas sur l’objet. J'entendais par là que l'avis des évêques avait explicitement été demandé sur une question doctrinale. Dans le cas de DH, c’est loin d’être aussi clair et précis... Qui a précisément enseigné comme une vérité doctrinale les limites de la liberté religieuse ?


Ce sont aussi bien les partisans que les adversaires qui rattachent la liberté religieuse à la Révélation. Les uns (Pie VII, Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, Pie X, etc.) pour les opposer l’une à l’autre :

De plus, contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l’Église et des saints Pères, ils affirment sans hésitation que « la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n’est dans la mesure où la tranquillité publique le demande ». (Quanta Cura.)


Les autres, au contraire, pour faire de la liberté religieuse une conséquence indirecte de la Révélation :

Il déclare en outre que le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la parole de Dieu et la raison elle-même. (Dignitatis Humanæ.)


Ceci dit, je ne prétends évidemment pas que tous les évêques conciliaires qui ont signé DH se sont rendus parfaitement compte de toute la portée doctrinale de cette déclaration. Mais ça, cela ne regarde que leur conscience : les fidèles, eux, sont bien obligés de s’en tenir aux intentions exprimées dans le document qui, dès son préambule, “entend développer la doctrine des Souverains Pontifes les plus récents sur les droits inviolables de la personne humaine et l’ordre juridique de la société”.

V.
 
images/icones/neutre.gif  ( 625530 )Les limites !? par Meneau (2012-02-20 09:42:51) 
[en réponse à 625516]

Nous sommes bien d'accord qu'il s'agit d'une déclaration doctrinale, et que la doctrine enseignée prétend s'appuyer sur la Révélation. Je n'ai jamais mis en cause ce point dans ce fil; c'est d'ailleurs pourquoi je n'ai pas nié le haut degré d'autorité que devrait revêtir DH. Même si on peut discuter là-dessus, ce n'était pas l'objet du fil.

Replacez-vous svp dans le contexte de l'ensemble de la discussion. DH expose un droit à ne pas être empêché d'agir y compris pour les fausses religions, mais "dans de justes limites", et "conformément à l'odre public juste".

Quel est donc l'acte magistériel qui a défini doctrinalement ces justes limites et cet ordre public juste ? En quoi ma (re)définition desdites justes limites s'oppose-t-elle à un acte magistériel ayant un minimum d'autorité ? Là était ma question lorsque j'écrivais : "Qui a précisément enseigné comme une vérité doctrinale les limites de la liberté religieuse ?"

Cordialement
Meneau
images/icones/idee.gif  ( 625541 )La réponse figure au paragraphe 7 par Vianney (2012-02-20 11:35:01) 
[en réponse à 625530]

...de Dignitatis Humanæ :

En outre, comme la société civile a le droit de se protéger contre les abus qui pourraient naître sous prétexte de liberté religieuse, c’est surtout au pouvoir civil qu’il revient d’assurer cette protection ; ce qui ne doit pas se faire arbitrairement et en favorisant injustement l’une des parties, mais selon des normes juridiques, conformes à l’ordre moral objectif, qui sont requises par l’efficace sauvegarde des droits de tous les citoyens et l’harmonisation pacifique de ces droits, et par un souci adéquat de cette authentique paix publique qui consiste dans une vie vécue en commun sur la base d’une vraie justice, ainsi que par la protection due à la moralité publique.


J’ai beau chercher, mais je ne vois pas en quoi les “limites” ainsi décrites diffèrent de la “tranquillité publique” dont parle Quanta Cura.

Et quand cela serait, ces “justes limites” relèveraient seulement de l’application du prétendu droit reconnu par DH, alors que c’est ce droit lui-même qui pose problème quand il s’agit de religions erronées : quand on a affaire à un mal, le seul mot qui convient est celui de tolérance.

Mais on touche au nœud de la controverse, et Marco Antonio vient encore d’y faire allusion : aux yeux de la hiérarchie postconciliaire, la diversité des religions est un enrichissement, alors qu’aux yeux du magistère antérieur, elle est tout le contraire...

V.
 
images/icones/neutre.gif  ( 625488 )Monsieur, soyez raisonnable... par Marco Antonio (2012-02-19 15:55:48) 
[en réponse à 625308]


Tout d'abord, merci pour la référence, qui confirme effectivement la date de la relatio citée. Par contre, il serait intéressant d'en avoir un extrait plus large pour savoir si effectivement cette interprétation est l'interprétation retenue au final, ou s'il s'agit toujours d'un élément en discussion. Je ne dispose malheureusement pas des Acta, mais peut-être que vous si ?



Je connais une bibliothèque qui les possède. Mais lisez l’étude de l’abbé Lucien que je vous ai indiqué. Il possède tous les éléments pour bien réfuter votre reconstruction fantastique.


Lorsqu'il exprime une doctrine à croire par les fidèles oui. Quasiment toutes vos citations sont des discours politiques prononcés à l'occasion de relations diplomatiques.



Ces discours (qui sont adressé au monde entier, aux américains et aux non-américains, aux politiciens et à les personnes ordinaires, aux fidèles catholiques et aux infidèles, aux hérétiques, aux athées, etcetera) sont citées parce qu’ils attestent que le concept de liberté religieuse de l’église conciliaire contenu dans DH n’est pas catholique. DH est déjà très claire, mais il y a des fidèles, comme vous Monsieur, qui refusent d’accepter le fait de la contradiction entre la doctrine de DH et la doctrine de toujours.


Qui plus est, ces discours ne prétendent pas exposer que, par exemple, la déclaration des droits de l'homme serait un absolu conforme en tout point à la doctrine catholique, mais simplement que c'est ce qui se fait de mieux à l'heure actuelle. "Respecter" une société pluraliste, ou reconnaître une "saine laïcité" ne veut pas dire que l'on prétend par principe qu'une telle société pluraliste ou qu'une telle laïcité est l'idéal d'un état dans l'absolu. Mais qu'elle permet au moins à l'Eglise de s'exprimer librement.



Monsieur, soyez raisonnable ! Mis à part le fait que justifier le mal par le pire il me semble très peu catholique (devrions-nous donc faire l’éloge d’un Etat protestant parce qu’il n’est pas islamique ? ou de l’Etat islamique parce qu’il n’est pas sataniste ? Il parle ainsi un Vicaire du Christ ?), mis à part cela, je disais, Benoit XVI a reconnu, face au monde entier, comme un modèle de « saine laicité » l’ordre juridique des Etats-Unis. Et cela parle pour soi. Pour Benoit XVI le pluralisme au sein d’un Etat est une chose positive par principe et non pas comme remède ou comme le mal mineur.

Comme déjà Mgr. De Castro Mayer soulignait dans son étude sur la liberté religieuse :

« Il faut donc noter que la déclaration ne considère point certaines situations concrètes – encore que très fréquentes – qui conseilleraient la permission, la tolérance du culte faux. Au contraire, le texte fait abstraction des faits concrets et établit en principe que tout homme a le droit d’agir selon sa propre conscience, en particulier ou en public, en matière religieuse ».

Et il est bien évidemment cela qui empêche de distinguer parmi Etat catholique et non-catholique, comme vous le prétendez.

Je profit encore de l’étude de Mgr. De Castro Mayer pour rappeler la doctrine de l’Eglise :

« Or, la tradition doctrinale catholique sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l’égard de l’Eglise catholique a toujours enseigné que la vraie religion doit être favorisée et soutenue par l’Etat tandis que le culte public et le prosélytisme des fausses religions doivent être empêchés, au besoin par la force (bien qu’ils puissent, évidemment être tolérés par égard pour certaines circonstances concrètes déterminées). Telle est la tradition doctrinale catholique, qui a toujours enseigné que c’est un devoir moral au sens exact du terme. C’est chose à quoi les sociétés, en tant que créatures de Dieu, sont obligées, de façon absolue, envers la vraie religion ».

Or chacun sait que cela est le contraire de ce qui arrive aux Etats-Unis.

De toute façon, je ne comprends pas pourquoi se poser le problème des degrés d’autorité de certaines discours si la doctrine qu'ils contiennent est la doctrine de toujours. S’il s’agit de la doctrine de toujours elle est infaillibles même pour les théologiens les plus minimalistes.

images/icones/neutre.gif  ( 625500 )[réponse] par Meneau (2012-02-19 18:18:00) 
[en réponse à 625488]


Il parle ainsi un Vicaire du Christ ?), mis à part cela, je disais, Benoit XVI a reconnu, face au monde entier, comme un modèle de « saine laicité » l’ordre juridique des Etats-Unis. Et cela parle pour soi. Pour Benoit XVI le pluralisme au sein d’un Etat est une chose positive par principe et non pas comme remède ou comme le mal mineur.


Marco Antonio


la promotion programmée de l’indifférence religieuse ou de l’athéisme pratique de la part de nombreux pays s’oppose elle aussi aux exigences du développement des peuples, en leur soustrayant l’accès aux ressources spirituelles et humaines.
(...)
Quand l’État promeut, enseigne, ou même impose, des formes d’athéisme pratique, il soustrait à ses citoyens la force morale et spirituelle indispensable pour s’engager en faveur du développement humain intégral et il les empêche d’avancer avec un dynamisme renouvelé dans leur engagement pour donner une réponse humaine plus généreuse à l’amour de Dieu [71].
(...)
C’est pourquoi, s’il est vrai, d’une part, que le développement a besoin des religions et des cultures des différents peuples, il n’en reste pas moins vrai, d’autre part, qu’opérer un discernement approprié est nécessaire. La liberté religieuse ne veut pas dire indifférence religieuse et elle n’implique pas que toutes les religions soient équivalentes [133]. Un discernement concernant la contribution que peuvent apporter les cultures et les religions en vue d’édifier la communauté sociale dans le respect du bien commun s’avère nécessaire, en particulier de la part de ceux qui exercent le pouvoir politique. Un tel discernement devra se fonder sur le critère de la charité et de la vérité. Et puisque est en jeu le développement des personnes et des peuples, il devra tenir compte de la possibilité d’émancipation et d’intégration dans la perspective d’une communauté humaine vraiment universelle. « Tout l’homme et tous les hommes », c’est un critère qui permet d’évaluer aussi les cultures et les religions. Le Christianisme, religion du « Dieu qui possède un visage humain » [134] porte en lui un tel critère.


Benoît XVI, Caritas in Veritate

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 625537 )"Le développement a besoin DES RELIGIONS" (B. XVI) par Marco Antonio (2012-02-20 10:55:17) 
[en réponse à 625500]


la promotion programmée de l’indifférence religieuse ou de l’athéisme pratique de la part de nombreux pays s’oppose elle aussi aux exigences du développement des peuples, en leur soustrayant l’accès aux ressources spirituelles et humaines.
(...)
Quand l’État promeut, enseigne, ou même impose, des formes d’athéisme pratique, il soustrait à ses citoyens la force morale et spirituelle indispensable pour s’engager en faveur du développement humain intégral et il les empêche d’avancer avec un dynamisme renouvelé dans leur engagement pour donner une réponse humaine plus généreuse à l’amour de Dieu [71].
(...)
C’est pourquoi, s’il est vrai, d’une part, que le développement a besoin des religions et des cultures des différents peuples, il n’en reste pas moins vrai, d’autre part, qu’opérer un discernement approprié est nécessaire. La liberté religieuse ne veut pas dire indifférence religieuse et elle n’implique pas que toutes les religions soient équivalentes [133]. Un discernement concernant la contribution que peuvent apporter les cultures et les religions en vue d’édifier la communauté sociale dans le respect du bien commun s’avère nécessaire, en particulier de la part de ceux qui exercent le pouvoir politique. Un tel discernement devra se fonder sur le critère de la charité et de la vérité. Et puisque est en jeu le développement des personnes et des peuples, il devra tenir compte de la possibilité d’émancipation et d’intégration dans la perspective d’une communauté humaine vraiment universelle. « Tout l’homme et tous les hommes », c’est un critère qui permet d’évaluer aussi les cultures et les religions. Le Christianisme, religion du « Dieu qui possède un visage humain » [134] porte en lui un tel critère.


Benoît XVI, Caritas in Veritate














images/icones/nul.gif  ( 624351 )Vous déformez DH par Ion (2012-02-08 11:10:16) 
[en réponse à 624179]

En affirmant ce qui suit, vous réécrivez DH. Pourquoi ?

... DH, laquelle affirme que chaque homme a le droit de professer une fausse religion (Marco antonio)


Vous ne lirez jamais cela dans un enseignement de l'Eglise, à moins que vous ayez une version truquée de DH!

Entre "avoir le droit de professer une religion" et "avoir le droit de professer une fausse religion", il y a une distinction que vous devriez quand même comprendre.

Dans le premier cas, on parle d'un droit fondamental, limité par un cadre, celui de l'ordre public, du bien commun, dans un contexte de devoir de recherche de la vérité. Que la religion soit fausse (une religion est d'ailleurs rarement complètement fausse) est une autre histoire. Si elle l'est, même ceux qui la professent finiront par ne plus l'enseigner car la vérité triomphe toujours si elle est recherchée dans un cadre de vraie liberté.

Dans le second, on parle d'un droit à tromper délibérément les gens, c'est-à-dire leur nuire.

Rien à voir donc !

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 624353 )pouvez vous nous donner par S A Benengeli (2012-02-08 11:40:26) 
[en réponse à 624351]

une définition la plus complète possible du Bien Commun ?
images/icones/neutre.gif  ( 624355 )Est-ce que celle-ci vous convient ? par Meneau (2012-02-08 11:51:54) 
[en réponse à 624353]


II. LE PRINCIPE DU BIEN COMMUN

a) Signification et principales implications

164 De la dignité, de l'unité et de l'égalité de toutes les personnes découle avant tout le principe du bien commun, auquel tout aspect de la vie sociale doit se référer pour trouver une plénitude de sens. Selon une première et vaste acception, par bien commun on entend: « cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu'à chacun de leurs membres, d'atteindre leur perfection d'une façon plus totale et plus aisée ».346

Le bien commun ne consiste pas dans la simple somme des biens particuliers de chaque sujet du corps social. Étant à tous et à chacun, il est et demeure commun, car indivisible et parce qu'il n'est possible qu'ensemble de l'atteindre, de l'accroître et de le conserver, notamment en vue de l'avenir. Comme l'agir moral de l'individu se réalise en faisant le bien, de même l'agir social parvient à sa plénitude en accomplissant le bien commun. De fait, le bien commun peut être compris comme la dimension sociale et communautaire du bien moral.

165 Une société qui, à tous les niveaux, désire véritablement demeurer au service de l'être humain, est celle qui se fixe le bien commun pour objectif prioritaire, dans la mesure où c'est un bien appartenant à tous les hommes et à tout l'homme.347 La personne ne peut pas trouver sa propre réalisation uniquement en elle-même, c'est-à-dire indépendamment de son être « avec » et « pour » les autres. Cette vérité lui impose non pas une simple vie en commun aux différents niveaux de la vie sociale et relationnelle, mais la recherche sans trêve du bien sous forme pratique et pas seulement idéale, c'est-à-dire du sens et de la vérité qui se trouvent dans les formes de vie sociale existantes. Aucune forme d'expression de la socialité — de la famille au groupe social intermédiaire, en passant par l'association, l'entreprise à caractère économique, par la ville, la région et l'État, jusqu'à la communauté des peuples et des nations — ne peut éluder la question portant sur le bien commun, qui est constitutive de sa signification et la raison d'être authentique de sa subsistance même.348

b) La responsabilité de tous à l'égard du bien commun

166 Les exigences du bien commun dérivent des conditions sociales de chaque époque et sont étroitement liées au respect et à la promotion intégrale de la personne et de ses droits fondamentaux.349 Ces exigences concernent avant tout l'engagement pour la paix, l'organisation des pouvoirs de l'État, un ordre juridique solide, la sauvegarde de l'environnement, la prestation des services essentiels aux personnes, et dont certains sont en même temps des droits de l'homme: alimentation, logement, travail, éducation et accès à la culture, transport, santé, libre circulation des informations et tutelle de la liberté religieuse.350 Il ne faut pas oublier l'apport que chaque nation est en devoir de fournir pour une véritable coopération internationale, en vue du bien commun de l'humanité tout entière, y compris pour les générations à venir.351

167 Le bien commun engage tous les membres de la société: aucun n'est exempté de collaborer, selon ses propres capacités, à la réalisation et au développement de ce bien.352 Le bien commun exige d'être servi pleinement, non pas selon des visions réductrices subordonnées aux avantages partisans que l'on peut en retirer, mais à partir d'une logique visant à prendre les responsabilités aussi largement que possible. Le bien commun découle des inclinations les plus élevées de l'homme,353 mais c'est un bien difficile à atteindre, car il requiert la capacité de réaliser le bien des autres comme si c'était le sien et de le rechercher constamment.

Tous ont aussi le droit de bénéficier des conditions de vie sociale qui résultent de la recherche du bien commun. L'enseignement de Pie XI demeure très actuel: « Il importe donc d'attribuer à chacun ce qui lui revient et de ramener aux exigences du bien commun ou aux normes de la justice sociale la distribution des ressources de ce monde, dont le flagrant contraste entre une poignée de riches et une multitude d'indigents atteste de nos jours, aux yeux de l'homme de cœur, les graves dérèglements ».354

c) Les devoirs de la communauté politique

168 La responsabilité de poursuivre le bien commun revient non seulement aux individus, mais aussi à l'État, car le bien commun est la raison d'être de l'autorité politique.355 À la société civile dont il est l'expression, l'État doit, en effet, garantir la cohésion, l'unité et l'organisation 356 de sorte que le bien commun puisse être poursuivi avec la contribution de tous les citoyens. L'individu, la famille, les corps intermédiaires ne sont pas en mesure de parvenir par eux-mêmes à leur développement plénier; d'où la nécessité d'institutions politiques dont la finalité est de rendre accessibles aux personnes les biens nécessaires — matériels, culturels, moraux, spirituels — pour conduire une vie vraiment humaine. Le but de la vie sociale est le bien commun historiquement réalisable.357

169 Pour garantir le bien commun, le gouvernement de chaque pays a pour tâche spécifique d'harmoniser avec justice les divers intérêts sectoriels.358 La juste conciliation des biens particuliers de groupes et d'individus est une des fonctions les plus délicates du pouvoir public. En outre, il ne faut pas oublier que dans l'État démocratique, où les décisions sont prises d'ordinaire à la majorité des représentants de la volonté populaire, ceux à qui revient la responsabilité du gouvernement sont tenus d'interpréter le bien commun de leur pays, non seulement selon les orientations de la majorité, mais dans la perspective du bien effectif de tous les membres de la communauté civile, y compris de ceux qui sont en position de minorité.

170 Le bien commun de la société n'est pas une fin en soi; il n'a de valeur qu'en référence à la poursuite des fins dernières de la personne et au bien commun universel de la création tout entière. Dieu est la fin dernière de ses créatures et en aucun cas on ne peut priver le bien commun de sa dimension transcendante, qui dépasse mais aussi achève la dimension historique.359 Cette perspective atteint sa plénitude en vertu de la foi dans la Pâque de Jésus, qui éclaire pleinement la réalisation du vrai bien commun de l'humanité. Notre histoire — l'effort personnel et collectif pour élever la condition humaine — commence et culmine en Jésus: grâce à lui, par lui et pour lui, toute réalité, y compris la société humaine, peut être conduite au Bien suprême, à son achèvement. Une vision purement historique et matérialiste finirait par transformer le bien commun en simple bien-être socio-économique, privé de toute finalisation transcendante, c'est-à-dire de sa raison d'être la plus profonde


Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise

Ion réduit un peut hâtivement la notion de bien commun à la loi naturelle. Voir en particulier le dernier paragraphe ci-dessus.

Cependant, un état non catholique ne peut percevoir de la même façon qu'un catholique la dimension transcendante de ce bien commun. Il peut et doit au moins en percevoir la dimension "loi naturelle".

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 624604 )merci pour le compendium par S A Benengeli (2012-02-10 15:47:53) 
[en réponse à 624355]

Mais votre phrase conclusive mériterait plus ample développement.
De quel "Etat non catholique" parlez vous ? d'un Etat sécularisé, anti transcendant par définition ? Un tel Etat peut-il atteindre l'objectif fixé ? Le droit naturel ne peut me semble t'il exclure le transcendant par principe : il lui faut laisser la porte ouverte.
images/icones/1w.gif  ( 624462 )L’illusion du naturalisme... par Vianney (2012-02-09 14:19:53) 
[en réponse à 624351]


...car la vérité triomphe toujours si elle est recherchée dans un cadre de vraie liberté. (Ion dixit.)


C’est tout simplement ignorer que, dans la condition humaine qui est la nôtre, le péché endurcit les cœurs et aveugle les âmes au point de les incliner, naturellement, à l’erreur et au mal : “le bien que je veux, je ne le fais pas ; mais le mal que je hais, je le fais” (Rom. VII, 15).

En outre, même au paradis terrestre Dieu n’avait pas offert à nos premiers parents “un cadre de vraie liberté” : le seul qui le leur a promis est le père du mensonge, le marchand d’illusions par excellence, celui en qui les adorateurs de la liberté voient très souvent leur précurseur...

V.
 
images/icones/fleche2.gif  ( 624537 )Finalement il faudrait se mettre d'accord par Paxtecum (2012-02-09 23:28:11) 
[en réponse à 624462]

sur ce que signifie le mot "liberté".

Pour le commun des mortels la liberté c'est ma liberté de faire ou de penser, de pouvoir dire oui où non, quitte à en payer les conséquences dans certains cas.

Pour Adam et Eve, Dieu leur a bien laissé la liberté de dire non...avec les conséquences!

C'est pourquoi je ne comprends pas cette fixation sur la liberté religieuse alors que Dieu laisse libre éventuellement de mal faire.
images/icones/neutre.gif  ( 624543 )“Éventuellement”... par Vianney (2012-02-10 08:36:02) 
[en réponse à 624537]

Tout est là. Ion prétend que la vérité peut toujours s’imposer d’elle-même :

la vérité triomphe toujours si elle est recherchée dans un cadre de vraie liberté


Bien sûr que l’homme a toujours le pouvoir de “dire non” dans le fond de son cœur, quitte à en payer les “conséquences”. Seulement, il est loin d’être toujours seul à payer ces conséquences et, ne serait-ce que pour ce motif, la question est de savoir si la société doit toujours lui rendre aussi aisée la possibilité de dire non que celle de dire oui...

V.

images/icones/fleche2.gif  ( 624549 )Pas d’elle-même … par Ion (2012-02-10 10:15:34) 
[en réponse à 624543]

… mais avec la grâce de Dieu, qui surabonde d’autant plus que la situation de mal le nécessite.

A votre question de savoir si la société doit toujours lui rendre aussi aisée la possibilité de dire non que celle de dire oui, la réponse est bien sûr non. La société a au contraire le devoir d’aider, d’imposer un cadre, voire de sanctionner … sur ce qui touche au droit naturel ... et non pas en matière de doctrine religieuse.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 624561 )C’est ce que vous croyez... par Vianney (2012-02-10 10:58:19) 
[en réponse à 624549]


La société a au contraire le devoir d’aider, d’imposer un cadre, voire de sanctionner … sur ce qui touche au droit naturel ... et non pas en matière de doctrine religieuse.


Mais toute l’histoire de l’Église prouve le contraire. Ananie et Saphire n’avaient enfreint publiquement aucune loi naturelle en conservant une part de leurs biens, mais ils avaient néanmoins menti à l’Église : saint Pierre, qui était le seul au courant, les a condamnés à mort, et Dieu a mis aussitôt à exécution la sentence de son Vicaire.

Des institutions approuvées (et même promues) par l’Église pendant des siècles, telles que l’Inquisition, ne s’occupaient pas d’abord des infractions au droit naturel, mais de celles qui touchaient à la religion. Or, en matière de foi ou de morale, aucune loi approuvée par l’Église pour tous les fidèles ne peut s’opposer à la loi divine : Pie VI, Grégoire XVI, Léon XIII l’ont rappelé à plusieurs reprises en condamnant ceux qui prétendaient le contraire.

V.
 
images/icones/fleche2.gif  ( 624602 )Condamnés par St Pierre ? par Ion (2012-02-10 15:19:25) 
[en réponse à 624561]

C'est vous qui le dites. Il est beaucoup plus exact, et l'exégèse va dans ce sens, qu'ils se soient condamnés eux-mêmes. Dieu n'a pas mis à exécution la sentence de son Vicaire; n'en déplaise aux commentaires mêmes de certains Pères de l'Eglise, en rien infaillibles, surtout face à un texte aussi problématique.

Quant à l'Inquisition, si on peut accepter sans problème son but originel qui était de faire entendre raison à ceux qui étaient dans l'erreur, Inquisition qui était de ce fait, promue par l'Eglise, je ne suis pas certain que certaines sentences prononcées notamment la remise au bras séculier soient un exemple très reluisant à suivre, déjà à l'époque, mais encore moins aujourd'hui.

Ion
images/icones/1n.gif  ( 624607 )Je parle naturellement du principe... par Vianney (2012-02-10 16:49:46) 
[en réponse à 624602]

...de l’institution, pas de ses dérives à la Cauchon... Le principe de l’Inquisition est à lui seul un démenti à votre “laissez faire laissez passer” en matière de religion.

Quant à votre thèse selon laquelle Ananie et Saphire se seraient condamnés eux-mêmes, qu’entendez-vous par là ? Qu’ils se sont suicidés ? Le texte des Actes ne permet même pas de l’imaginer.

V.
 
images/icones/1n.gif  ( 624608 )Mais l'Inquisition ... par Ion (2012-02-10 17:04:52) 
[en réponse à 624607]

... dans son principe, que je sache, était une juridiction ecclésiastique, et non temporelle. Je ne vois donc pas le rapport avec nos discussions sur les prérogatives de l'autorité civile en matière religieuse !! Ni d'ailleurs ce que vient faire l'épisode mystérieux d'Ananie et Saphire dans ce même débat.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 624617 )Elle constitue pourtant un démenti... par Vianney (2012-02-10 18:30:49) 
[en réponse à 624608]

...de même que le sort d’Ananie et Saphire, à la thèse que vous opposiez à Marco Antonio :

car la vérité triomphe toujours si elle est recherchée dans un cadre de vraie liberté


V.
 
images/icones/1b.gif  ( 624619 )On tourne en rond par Ion (2012-02-10 18:49:15) 
[en réponse à 624617]

Reconnaissez que vous opposiez l'argument de l'Inquisition et celui de l'épisode des Actes non pas à mon affirmation sur la vérité, mais à l'affirmation suivante :

La société a au contraire le devoir d’aider, d’imposer un cadre, voire de sanctionner … sur ce qui touche au droit naturel ... et non pas en matière de doctrine religieuse.


Le rapport était donc loin d'être évident.

Pour la vérité qui triomphe dans un cadre de vraie liberté, il me semblait vous avoir précisé que c'était avec l'aide de la grâce surabondante de Dieu plutôt que du fait de l'autorité civile. Et du coup, vous n'avez pas répondu.

Bref, vous fuyez un peu le débat par une pirouette, là ... contrairement à votre habitude, m'empresse-je d'ajouter !

Ion
images/icones/1a.gif  ( 624624 )La grâce de Dieu par Vianney (2012-02-10 19:56:08) 
[en réponse à 624619]

...suffit à tout homme pour aller au Ciel, mais il n’empêche que beaucoup d’âmes vont en enfer parce que trop peu de gens prient pour elles. Cette efficacité de la prière devrait vous aider à comprendre que Dieu demande notre coopération, non seulement pour notre salut, mais pour celui des autres : la société a donc un rôle incontestable à jouer.

Vous excluez, si j’ai bien compris, que ce soit également le cas des sociétés temporelles. Mais là encore, tous les enseignements pontificaux (au moins jusqu’à la mort de Pie XII) affirment le contraire : “Son empire, explique Léon XIII à propos du Christ dans l’encyclique Annum sacrum, ne s’étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés (...) ; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne”. “Et à cet égard, il n’y a pas lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les États ; car les hommes ne sont pas moins soumis à l’autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée.” (Pie XI, Quas Primas.)

Il est vrai que la grâce de Dieu pourrait parfaitement se passer de notre coopération et que, du plus grand au plus petit des membres de la société, nous sommes tous des serviteurs inutiles. Mais Dieu veut néanmoins cette coopération, et ceci exclut de notre part, non seulement toute hostilité, mais toute “neutralité”, même sous la forme de cette “égale protection” accordée à tous les cultes dont parlait Napoléon III au cardinal Pie. Il est d’ailleurs remarquable que, tout au long de l’histoire, ce soient le plus souvent les papes qui doivent rappeler ce devoir de coopération aux hommes politiques catholiques, alors qu’on prétend habituellement que ces derniers en seraient les premiers bénéficiaires !

V.