Lorsque l’Institutio generalis du nouvel Ordo Missæ a été publiée avec l’article 7 que vous connaissez dans sa première version, c’est un fait que cela a été signé et promulgué par le pape... C’est un fait que cette définition de la messe dans sa première version a provoqué des protestations et c’est un fait que ces protestations étaient fondées puisque le pape a rectifié l’article 7 qu’il avait promulgué et signé. Je n’examine pas la question de savoir si cette rectification est pleinement suffisante, c’est une question sur laquelle vous êtes plus compétent que moi – mais je veux dire par là qu’au moment où le pape Paul VI promulguait l’article 7, les trois cardinaux [*] pouvaient dire de la même façon : « Vous n’allez quand même pas soumettre l’article 7 à votre jugement personnel. » – Mais ce n’était pas à notre jugement personnel que nous le soumettions en protestant. En protestant contre cet article 7, c’était une opposition que nous constations, le fait que l’article 7 était inconciliable avec l’enseignement traditionnel, permanent, commun, universel de notre sainte mère l’Église sur la messe.[*] Madiran fait allusion à la lettre des cardinaux qui avaient poussé peu auparavant à la condamnation du séminaire de Mgr Lefebvre.
Au chapitre 1 de l'Institutio generalis, n° 2, donc une page avant, on peut lire ceci:
"Il importe au plus haut point que la célébration de la Messe ou Cène du Seigneur soit ordonnée de telle manière que ministres et fidèles participant à celle-ci selon sa condition, en reçoivent plus pleinement les fruits en vue desquels le Christ Seigneur institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang, et le confia à l'Eglise son Epouse bien-aimée, comme mémorial de sa Passion et de sa Résurrection". Au numéro 48, la Messe est définie comme la dernière Cène rendue présente lorsque le Prêtre, représentant le Christ Seigneur, accomplit ce que fit le Seigneur lui-même. Passage très clair, où manque cependant une référence au sacrifice de la Croix.
Mais cette référence, on la trouve au n° 259 où l'on peut lire:
"L'Autel, sur lequel le sacrifice de la Croix est rendu présent sous les signes sacramentels, est aussi la Table du Seigneur, à la participation de laquelle, à la Messe, le peuple de Dieu est convoqué; il est en outre le centre de l'action de grâce qui s'accomplit par l'Eucharistie."
Au numéro 48 encore, la Présence réelle est clairement signifiée: "Dans la "Prière eucharistique"... les oblats deviennent le Corps et le Sang du Christ".
Ces passages, parfaitement catholiques, suffiraient à eux seuls à ôter toute équivoque et à donner à la définition du ch. II sa seule interprétation possible, puisque le "Mémorial" y est défini comme étant le sacrifice eucharistique du Corps et du Sang du Christ, institué par le Christ et confié à l'Eglise. Rien de protestant là-dedans. Il est regrettable que les théologiens qui ont critiqué la définition du chapitre II, aient omis de signaler ces importants correctifs.
D’autant que cette présentation n’avait aucune prétention dogmatique
Saint Grégoire VII a été canonisé par la même Église qui a condamné Honorius
La fameuse lettre de saint Grégoire VII ne contient d’ailleurs aucune ambiguïté doctrinale
Avec pour résultat le plus clair que des protestants se sont déclarés d’accord pour célébrer le N.O.M., tout en continuant à réprouver la messe de saint Pie V.
La même qui a célébré Vatican II et promulgué le NOM avec l'infaillible prudence qui lui est promise ?
cette Présentation ne doit pas être considérée comme un document doctrinal ou dogmatique, mais comme une instruction pastorale et rituelle
"Cette Présentation ne doit pas être considérée comme un document doctrinal ou dogmatique, mais comme une instruction pastorale et rituelle décrivant la célébration et ses parties"
Congrégation pour le Culte divin, Déclaration du 18 novembre 1969
"Il s'agit des principes théologiques, des normes pastorales et rubricales pour la célébration de la messe"
Notitiae 40, 1968, p. 181.
"Un ample exposé théologique, pastoral, catéchétique et rubrical, une introduction à la compréhension et à la célébration de la messe"
Annibale Bugnini, Rapport à la seconde conférence générale de l'épiscopat latino-américain (Medellin, 30 août 1968), reproduit in Notitiae 46, avril 1969, p. 151.
"Le nouveau missel est précédé d'une Présentation générale [Institutio generalis] qui n'est pas un simple recueil de rubriques, mais bien une synthèse des principes théologiques, ascétiques et pastoraux indispensables tant pour la connaissance doctrinale que pour la célébration, la catéchèse et la pastorale de la messe."
Paul VI, Lettre pontificale à la semaine liturgique d'Italie, DC 1594, 3 octobre 1971, p. 866.
"La théologie et la discipline des sacrements ont été clairement exposées dans les Praenotenda des divers rituels récemment publiés. Pour la messe, l'Institutio generalis Missale romani est un exposé développé concernant l'Eucharistie."
Congrégation pour le Culte divin, Notitiae 81, mars 1973, p. 101.
"Le Concile Vatican II n'a-t-il pas lui-même accueilli des exigences qui avaient entre autres été exprimées par Luther et par lesquelles bien des aspects de la foi chrétienne s'expriment mieux actuellement qu'auparavant ?"
Cardinal Willebrands, envoyé spécial de Paul VI à l'assemblée luthérienne d'Evian, 16 juillet 1970.
L'Institutio generalis, c'est la chauve-souris : je suis oiseau, voyez mes ailes ; je suis souris, vivent les rats !
"Il s'agit des principes théologiques, des normes pastorales et rubricales pour la célébration de la messe"
Notitiae 40, 1968, p. 181.
"Un ample exposé théologique, pastoral, catéchétique et rubrical, une introduction à la compréhension et à la célébration de la messe"
Annibale Bugnini, Rapport à la seconde conférence générale de l'épiscopat latino-américain (Medellin, 30 août 1968), reproduit in Notitiae 46, avril 1969, p. 151.
Donc ne vous en déplaise, c'est bien d'un document à portée également doctrinale qu'il s'agit.
L’Apôtre invite les fidèles rassemblés en corps dans l’attente de l’avènement de leur Seigneur, à chanter ensemble des psaumes, des hymnes et des chants spirituels (cf. Col 3, 16). Le chant est en effet le signe de l’allégresse du cœur (cf. Ac 2, 46). Aussi saint Augustin dit-il justement : « Chanter est le fait de celui qui aime »,48 et de la haute antiquité vient le proverbe : « Il prie deux fois, celui qui chante bien ».(art. 39/2002)
L’attitude commune, observée par tous les participants, est un signe de l’unité des membres de la communauté chrétienne rassemblée pour la sainte Liturgie : en effet, elle exprime et développe les sentiments et la disposition d’esprit des participants. (art. 42/2002)
"Le nouveau missel est précédé d'une Présentation générale [Institutio generalis] qui n'est pas un simple recueil de rubriques, mais bien une synthèse des principes théologiques, ascétiques et pastoraux indispensables tant pour la connaissance doctrinale que pour la célébration, la catéchèse et la pastorale de la messe."
Paul VI, Lettre pontificale à la semaine liturgique d'Italie, DC 1594, 3 octobre 1971, p. 866.