Le Forum Catholique

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images/icones/croix_byzantine.png  ( 603984 )IBP : légitimité, validité et rectitude doctrinale par Beauceron (2011-08-05 20:31:08) 

Bien que M. l'abbé de Tanouarn laisse entendre qu'il est à l'origine de la notion de "légitimité" concernant le NOM, une courte recherche montre que c'est un terme assez ancien à propos de cette question, puisqu'il apparait déjà dans le texte de l'indult de 1984, en établissant une nette distinction entre légitimité et rectitude doctrinale :

le Souverain Pontife, [...] offre aux évêques diocésains la faculté d’user d’un Indult pour permettre aux prêtres et aux fidèles , énumérés explicitement dans la requête présentée à leur évêque, de célébrer la Messe en utilisant le Missel Romain édité officiellement en 1962, tout en observant les normes suivantes :
1. Qu’il soit bien clair que ces prêtres et ces fidèles n’ont rien à voir avec ceux qui mettent en doute la légitimité et la rectitude doctrinale du Missel Romain promulgué par le Pape Paul VI en 1970 et que leur position soit sans aucune ambiguïté et publiquement reconnue.



Dans le protocole d'accords signé par Mgr lefebvre en 1988, comme le faisait remarquer Bouffareou il y a peu, le Vatican ajoute une distinction claire entre validité et légitimité :

4. Nous déclarons en outre reconnaître la validité du Sacrifice de la messe et des sacrements célébrés avec l'intention de faire ce que fait l'Église et selon les rites indiqués dans les éditions typiques du missel et des rituels des sacrements promulgués par les Papes Paul VI et Jean Paul II.
5. Enfin, nous promettons de respecter la discipline commune de l'Église et les lois ecclésiastiques, spécialement contenues dans le Code de droit canonique promulgué par le Pape Jean Paul II, restant sauve la discipline spéciale concédée à la Fraternité par une loi particulière



Qu'en conclure ?
D'une part que la légitimité, telle qu'entendue dans les textes officiels concernant le NOM, n'est qu'une notion canonique : une autorité légitime promulgue légitimement une loi.

D'autre part, qu'affirmer que le NOM est légitime n'empêche absolument pas de mettre en cause théologiquement sa rectitude doctrinale.

Enfin, que ni le Motu proprio Summorum Pontificum ni Universae Ecclesiae ne réclament de la part des communautés ED qu'elles affirment ou reconnaissent la rectitude doctrinale du NOM. C'est donc qu'il ne s'agit pas d'une vérité de foi et qu'on peut légitimement en proposer une critique, constructive, cela va de soi.

Ceux qui ont voulu conclure des réflexions canoniques de M. l'abbé Laguérie qu'il avait changé de doctrine sur le NOM se sont donc trompés.
images/icones/hum2.gif  ( 604019 )Pauvre Beauceron par La mère Castor (2011-08-06 02:58:13) 
[en réponse à 603984]

Qui cherchez-vous à mettre en joute en un ultime assaut ? L'abbé Laguérie et l'abbé de Tanoüarn semblent d'accord pour autant que je sache lire.
Nous sommes nombreux à avoir prié pour cela.
Cela vous chagrine. Tant pis pour vous.
images/icones/1e.gif  ( 604020 )Et gardez une Oeil vigilant par La mère Castor (2011-08-06 03:13:59) 
[en réponse à 604019]

sur le séminaire de Courtalain. Je pense que cela sera plus utile que toutes vos tentatives d'élucubrations pseudo-philosophiques.
N'est pas l'abbé de Tanoüarn qui veut....
images/icones/info2.gif  ( 604026 )M. l'abbé de Tanoüarn vous répond par XA (2011-08-06 09:49:34) 
[en réponse à 603984]

sur son blog.
images/icones/1b.gif  ( 604033 )Enfin !!!!! par Dodom (2011-08-06 11:23:48) 
[en réponse à 604026]

Enfin l' abbé de Tanouarn nous rappelle officiellement pourquoi nous ne pouvons pas aller à la nouvelle messe et pourquoi nous ne pouvons en aucun cas y participer légitimité ou pas , légalité ou pas.
Reste à ce qu' il nous montre lui-même d' autres exemples que ceux qu' il nous a proposé ces dernières années .

Dommage qu' il ait eu plus d' empressement pour déclarer Charte la
récente interview de l' abbé Laguérie plutôt que de nous mettre en garde contre ce NOM si dangereux pour les âmes et la Foi
images/icones/neutre.gif  ( 604048 )Ce qu'en tout cas vous êtes le premier à souligner, Bosseron, par le torrentiel (2011-08-06 14:47:40) 
[en réponse à 603984]

à ma connaissance et quelles que soient les accointances qui vous portent éventuellement intérêt à le faire (mais chacun a les siennes), c'est que les statuts de l'IBP (Institut que j'apprécie beaucoup, pour accointances personnelles), status que l'IBP, à sa fondation, a publié pour être inédits et n'avoir jamais été offerts à aucune communauté Eclesia dei avant lui, ne sont que la retranscription à peu près intégrale du protocole d'accord qui avait été proposé à mgr Lefèbvre en 1988 et que celui-ci a rendu impraticable par les sacres qui s'en sont suivis avec la précipitation d'un homme qui ne voulait pas conclure d'accord, ou en conclure un de son vivant.


Vous relevez qu'il y aurait un infléchissement romain dans l'article 19 (tant disputé) de l'instruction "universa eclesia", qui n'oblige plus les impétrants de la célébration de la messe de forme "extraordinaire" à reconnaître la "rectitude doctrinale" du rite de Paul VI.


L'abbé de tanoüarn vous a répondu en partie sur ce point en vous donnant à la fois raison et tort.


Pour ma part, modestement, je tempérerais votre optimisme en suggérant qu'il s'agit peut-être simplement d'une omission du législateur à qui vous aurez mis la puce à l'oreille, ce que je ne vous souhaite pas pour la défense de votre cause.


Le fait est qu'il peut arriver aux législateurs d'oublier d'insérer des clauses; mais il n'est pas non plus exclus que cette omission soit volontaire et ne soit le résultat des discussions entre les fondateurs de l'IBP et leurs interlocuteurs romains.

Cordialement

Le torrentiel
images/icones/neutre.gif  ( 604086 )Légitimité, légalité, validité, rectitude doctrinale par ptk (2011-08-07 06:40:25) 
[en réponse à 603984]


Il y a là quatre notions, dont une, au moins reste très ambiguë et mériterait d'être précisée; c'est la légitimité.

L'on voit assez bien que le NOM est légal, dès lors que l'on admet que le Siège apostolique a la compétence juridique d'édicter les normes liturgiques; qu'il peut être valide, s'il est dit conformément à cette norme légale, lorsque sa célébration remplit les autres conditions de validité (ministre, intention, matière).

La question de la rectitude doctrinale pose celle des ambiguïtés protestantes qui affectent ce rite, comme celle d'ailleurs des ambiguïtés qui affectent la doctrine conciliaire elle-même et que le Magistère n'a pas encore levées.

La légitimité du nouveau rite reste, elle, en tout cas posée:
1) même s'il a la compétence d'agir en la matière des normes liturgiques, le Siège apostolique est-il légitime à les modifier aussi profondément qu'il l'a fait en instaurant le NOM? Le pouvoir du législateur est, en effet, limité par les normes supérieures, ici, pourrait-on dire par la constitution divine de l'Eglise et de la Foi. En d'autres termes a-t-il inscrit dans la liturgie des éléments qui heurtent la Révélation?

2) le législateur poursuivait-il, en instaurant le NOM un but légitime? N'avait-il pas l'intention d'affadir (de pervertir) dans la Sainte Messe ce qui en faisait le résumé de la doctrine catholique (elle est aussi, certes, bien autre chose)? Ce, pour ôter toute pierre sur le chemin de la réconciliation avec les protestants ? La légitimité de la réforme serait ainsi contestable dès l'origine?

3) En imposant comme il le fit sa réforme, en interdisant la forme antérieure, en persécutant les prêtres et les fidèles attachés à cette forme antérieure, le législateur n'a-t-il pas usé de moyens illégitimes et vicié ainsi la légitimité du NOM lui-même?

D'autres éléments mériteraient d'être développés.

Quoiqu'il en soit, il semble nécessaire avant d'admettre la "légitimité" du NOM de savoir ce que celà signifie exactement.


ptk
images/icones/neutre.gif  ( 604242 )Légitimité vs. Indéfectibilité ? par Meneau (2011-08-08 23:17:35) 
[en réponse à 604086]


La légitimité du nouveau rite reste, elle, en tout cas posée:
1) même s'il a la compétence d'agir en la matière des normes liturgiques, le Siège apostolique est-il légitime à les modifier aussi profondément qu'il l'a fait en instaurant le NOM? Le pouvoir du législateur est, en effet, limité par les normes supérieures, ici, pourrait-on dire par la constitution divine de l'Eglise et de la Foi. En d'autres termes a-t-il inscrit dans la liturgie des éléments qui heurtent la Révélation?



Le problème, c'est que l'on se heurte directement à l'indéfectibilité de l'Eglise promulguant des lois liturgiques, comme le rappelait l'abbé de Tanoüarn. Cette indéfectibilité promise à l'Eglise garantit que le Siège apostolique ne peut pas promulguer une liturgie comprenant des éléments heurant la Révélation. Ce n'est pas seulement une question de "compétence en la matière".

Par ailleurs, on n'évalue pas la légitimité d'une promulgation en fonction de l'objet promulgué, mais en fonction du degré d'autorité de celui qui promulgue. Sinon, vous sapez les fondements mêmes de l'autorité. Sur quoi pourraient s'appuyer les fidèles si le Saint Siège, certes infaillible (pour la frime ?), pouvait inscrire des éléments heurtant la Révélation dans la liturgie ? Que veut dire la notion d'indéfectibilité si le "pouvoir du législateur" était systématiquement à rapporter un "des normes supérieures" ?

Votre phrase comme quoi le pouvoir du législateur est limité par des normes supérieures doit donc s'entendre ainsi : le législateur ne peut pas s'opposer à ces normes parce que le Saint Esprit ne le permet pas. Ce n'est même quasiment pas une question de légitimité.

Cordialement
Meneau