Le Forum Catholique

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images/icones/mitre4.png  ( 1006969 )Mgr Mutsaerts nous fait du "en même temps" en matière des fidèles tradis par Chouan (2026-09-20 17:18:27) 

Dans un texte très riche et dense Mutsaerts en date du 16 septembre Mgr Mutsaerts, parmi beaucoup de choses justes, parle spécifiquement des fidèles attachés au VOM

En positif, l'adresse aux évêques et la reconnaissance de la demande des jeunes :
"Un mot pour mes frères évêques: Ne pas traiter automatiquement l'attachement à la liturgie traditionnelle comme une maladie psychiatrique. Tous les jeunes catholiques qui aiment le latin ne sont pas un agent secret de 1957. Quand les jeunes sont attirés par le chant grégorien, le silence, l'encens, l'agenouillement, la célébration ad orientem et la spiritualité classique, ne demandez pas immédiatement: "Qu'est-ce qui a mal tourné ici?" Demandez plutôt: "Qu'est-ce qu'ils cherchent ici qu'ils ne peuvent pas trouver ailleurs?"

En négatif, l'association de certains tradis à la "critique" et surtout à l'absence de "charité" :
"Et un mot pour les catholiques traditionnels – parce qu’eux aussi doivent permettre à quelque chose de leur être dit. La liturgie traditionnelle peut sanctifier. Mais un rite ancien ne rend pas automatiquement quelqu'un de saint. On peut assister à la messe la plus révérencieuse imaginable, puis procéder à la malédiction (ou critique sévère cf "curse") de trois évêques et de l’ensemble du Vatican sur le parking. Liturgiquement, cela peut être traditionnel; spirituellement, il est un peu moins conseillé. La tradition sans charité devient une archéologie avec une colère (cf "temper")."
Question que je pose : depuis quand la critique d'évêques (quand elle est justifiée) est-elle une atteinte à la charité ?

En fin de texte il se s'adresse de nouveau à nous :

"Permettez-moi de dire quelque chose qui pourrait être moins bienvenu dans un public traditionnel. La tradition peut elle-même devenir une idéologie. On peut devenir tellement convaincu que l’on défend la vérité qu’on oublie que la vérité est une Personne. Nous pouvons: être juste et être sans amour, être orthodoxe et être fier, être liturgiquement correct et spirituellement froid, être théologiquement pointu et humainement insupportable. Ce serait une victoire assez particulière.
Le mouvement traditionnel sera vraiment fécond lorsqu’il deviendra reconnaissable: la sainteté, les familles nombreuses, les vocations, la vie intellectuelle, la beauté, la charité, la joie et le zèle missionnaire – et non principalement par la critique. Un arbre est finalement connu par ses fruits. Pas par la netteté de ses tweets."

Pardon de ne pas avoir retravaillé la traduction automatique mais, de vous à moi, ces critiques (d'un évêque pourtant "conservateur") ne vous font pas penser à quelques uns ?


images/icones/carnet.gif  ( 1006970 )sur la critique par Réginald (2026-09-20 17:55:29) 
[en réponse à 1006969]

Merci pour ce texte dont je fais miens tous les propos.

Dans le passage original, Mgr Mutsaerts ne dit pas criticize three bishops, mais, vous l'avez noté, “curse three bishops and the entire Vatican in the parking lot”. Curse est beaucoup plus fort : « maudire », « couvrir d’imprécations », voire « agonir » dans ce contexte.

Il ne condamne pas la critique en tant que telle. Il pose une question plus essentielle : que se passe-t-il lorsque la critique, même fondée, devient peu à peu la tonalité dominante d’un milieu catholique ?

Et pour répondre à votre question [depuis quand la critique d'évêques (quand elle est justifiée) est-elle une atteinte à la charité ], la doctrine classique est très nette. Dans II-II, q. 33, a. 4, saint Thomas écrit que la correction fraternelle, lorsqu’elle est un acte de charité, « appartient à chacun à l’égard de tous ceux qu’il doit aimer », y compris les supérieurs. Il va même plus loin : « s’il y avait danger pour la foi, les supérieurs devraient être repris par les inférieurs, même en public », en prenant l’exemple de saint Paul reprenant saint Pierre. Mais cette correction doit se faire « non avec arrogance ni dureté, mais avec douceur et respect » (non cum protervia et duritia, sed cum mansuetudine et reverentia). Mgr Mutsaerts vise bien évidemment le mode de la critique.

C'est donc le mode de la critique que vise Mgr Mutsaerts. Les propos de comptoir et certaines tribunes de blogs relèvent souvent moins de la correction fraternelle, telle que l'entend saint Thomas, que de la récrimination. En effet, ils ne s'adressent pas à celui qu'on prétend reprendre et ne brillent pas toujours par la douceur et le respect.
images/icones/fleur.gif  ( 1006975 )Cher Réginald par Chouan (2026-09-20 18:13:52) 
[en réponse à 1006970]

Nous devons tous, autant que nous sommes, battre notre coulpe, et certaines critiques de l'évêque ne sont pas infondées.
Mais il y a des critiques qui posent problème dans ce texte, et comme vous êtes plus plus affuté que moi intellectuellement (je le pense sincèrement) je ne doute pas que vous allez les pointer...
images/icones/carnet.gif  ( 1006976 )[réponse] par Réginald (2026-09-20 18:23:42) 
[en réponse à 1006975]

Cher Chouan,

Merci pour votre message, mais n’en faites quand même pas trop sur les compliments !

Plus profondément, plutôt que de jouer aux devinettes, dites-moi donc ce qui vous gêne dans ce texte. Je vous dirai volontiers ensuite si je partage vos réserves.
images/icones/fleche2.gif  ( 1006980 )Cher ami par Chouan (2026-09-20 19:32:55) 
[en réponse à 1006976]

Non je ne fais pas de la captatio benevolentiae, vous êtes plus affuté que moi en théologie et c'est bon pour mon humilité de le reconnaître...Après il y a certainement des secteurs (histoire et sciences humaines où je suis probablement plus érudit que vous)
Pour répondre à votre question :
1) Je n'ai jamais entendu chez les ex ED ou même à la FSSPX des paroissiens sortants de messe "maudissant" (cf. "curse")...le terme est très violent quand même...les évêques (pourquoi 3 d'ailleurs?) ou le Vatican
2) Plus contestable de mon point de vue : " Le mouvement traditionnel sera vraiment fécond lorsqu’il deviendra reconnaissable: la sainteté, les familles nombreuses, les vocations, la vie intellectuelle, la beauté, la charité, la joie et le zèle missionnaire – et non principalement par la critique. Un arbre est finalement connu par ses fruits. Pas par la netteté de ses tweets."
D'où sort-il que le mouvement traditionnel n'est pas d'ores et déjà "fécond" en matière de sainteté, de familles nombreuses, de vocations, de vie intellectuelle (les tradis sont-ils des ignares ?) de beauté, de charité, de joie et de zèle missionnaire...?
Là ça ne me plait pas car ce n'est pas juste et cela renvoie à des clichés contredits par la réalité...

images/icones/carnet.gif  ( 1006985 )Sur les fruits par Réginald (2026-09-20 20:21:28) 
[en réponse à 1006980]

Cher Chouan,

Sur le premier point, je vous accorde volontiers que l’exemple du parking et du curse est hyperbolique. Ceci étant, j’ai encore le souvenir d’une vidéo assez saisissante postée sur YouTube, dans laquelle un évêque était pris à partie avec une réelle violence. Pour la petite histoire, j’ai depuis rencontré cet évêque dans un rayon de supermarché. Il poussait son caddie et nous avons devisé. Il m’a dit avoir été lui-même sidéré par la violence de cette discussion improvisée.

Sur le second point, en revanche, je ne lis pas la phrase comme vous. Je ne crois pas que Mgr Mutsaerts dise que le mouvement traditionnel serait actuellement dépourvu de sainteté, de familles nombreuses, de vocations, de vie intellectuelle, de beauté, de charité ou de zèle missionnaire. Relisez ce qu'il écrit : « Nous pouvons avoir raison et être sans amour, être orthodoxes et fiers, liturgiquement corrects et spirituellement froids, théologiquement pointus et humainement insupportables. »

Dans la phrase incriminée [*], le mot qui me paraît important est « reconnaissable », et surtout la fin : « et non principalement par la critique ». Le futur (« sera vraiment fécond lorsqu'il deviendra ») laisse certes entendre que le chemin n'est pas achevé. Son reproche est que ces fruits, réels, sont trop souvent masqués, ou relégués au second plan, par la place prise par la critique.

[*] Le mouvement traditionnel sera vraiment fécond lorsqu’il deviendra reconnaissable: la sainteté, les familles nombreuses, les vocations, la vie intellectuelle, la beauté, la charité, la joie et le zèle missionnaire – et non principalement par la critique.
images/icones/carnet.gif  ( 1006987 )Sur le premier point par Chouan (2026-09-20 20:59:18) 
[en réponse à 1006985]

Je vous accorde qu'il peut y avoir des zélotes agressifs mais je tiens à souligner que le climat s'est fortement apaisé depuis les années 1985-2006. D'ailleurs dans les paroisses biritualistes la cohabitation semble ne pas poser de problèmes majeurs...Par ailleurs dans l'enquête à ma connaissance jamais rendue publique antérieure à TC les évêques auraient fait part d'absence de difficultés de cohabitations avec les communautés ED (dans l'ensemble).
Ce qui n'a pas toujours été le cas dans le passé... Vous m'évoquez le cas de cet évêque malmené. Un prêtre de ma famille qui était venu accueillir fraternellement les pèlerins de Chartres et qui portait à l'époque le col romain (il a remis depuis la soutane) s'était fait prendre violemment à partie et insulté par des pélerins excités qui l'avaient traité de "traître à l'Eglise et de sale moderniste !". C'était il y a 40 ans. Mais cela a évidemment laissé des traces au moins psychologiques... Ce qui ne l'empêche pas aujourd'hui de collaborer avec la FSSP de manière régulière...
Je vais vous répondre sur le deuxième point (si je n'ai pas excédé mon nombre de posts)
images/icones/fleche2.gif  ( 1006992 )L'œil et la poutre par Cluny (2026-09-20 21:19:13) 
[en réponse à 1006985]

Cher Reginald,
qu'il y ait chez certains un zèle amer, c'est une évidence. Même si je trouve qu'il y en a beaucoup moins chez les jeunes générations de la Tradition.
Mais ce qui est surprenant c'est que ce sont toujours les tradis qui sont accusés de ce travers. Les "intransigeants intégristes".
J'ai quand même en mémoire l'hystérie du recteur de Lourdes dans les années 80 contre des fidèles qui récitaient le chapelet. J'ai en mémoire le supérieur de Riaumont en juillet 88 se faire bousculer en pleine procession sur l'esplanade de Fatima. Et des vidéos d'une agressivité caractérisée, je pense que les évêques de la Tradition en ont subi plus que votre évêque.

Que chacun commence à balayer devant sa porte.
images/icones/carnet.gif  ( 1006993 )[réponse] par Réginald (2026-09-20 21:22:02) 
[en réponse à 1006992]

Peut-être. Mais commençons donc par nous redresser nous-mêmes avant de vouloir redresser les autres.
images/icones/fleche2.gif  ( 1006994 )Aucun doute là dessus par Cluny (2026-09-20 21:24:46) 
[en réponse à 1006993]

Mais là, il s'agit de commenter la critique de Mgr Mutsaert.
Ce qu'il dit est vrai dans l'absolu. Je conteste juste sa vision un peu caricaturale.
images/icones/fleche3.gif  ( 1007007 )Sur le 2e point par Chouan (2026-09-21 11:47:38) 
[en réponse à 1006985]

- Tout d'abord "l'esprit de critique" systématique est un problème psychologique répandu qui ne peut être attribué aux seuls tradis. Il concerne tous types de groupes humains et en l'espèce je ne pense pas que c'est ce que vise Mgr dans texte.

- En revanche il me semble qu'il commet un paralogisme du fait d'un postulat qui est faux. Je reprends sa phrase : "Le mouvement traditionnel sera vraiment fécond lorsqu’il deviendra reconnaissable: la sainteté, les familles nombreuses, les vocations, la vie intellectuelle, la beauté, la charité, la joie et le zèle missionnaire – et non principalement par la critique."
Il énonce que c'est "la critique" qui freine la fécondité du mouvement traditionnel. En gros : arrêt de la critique= fécondité.
Mais c'est occulter totalement que c'est par la CRITIQUE et l'OPPOSITION aux réformes depuis 1969-1970 que le mouvement traditionnel s'est constitué. C'est en quelque sorte sa raison d'être. Si les tradis ne critiquent pas et ne s'opposent pas à Traditionis Custodes, ils se font hara kiri, car justement le but de ce texte est de les faire disparaitre. Si les tradis vont à la nouvelle messe, il n'y a plus de questions de "fécondité", car il n'y aura plus de mouvement traditionnel...
- Mgr Mutsaerts lui-même tout au long de son texte CRITIQUE les orientations pastorales et doctrinales des deux derniers pontificats...
Au plaisir de vous lire cher Réginald (j'avais effectivement dépassé mon nb de messages hier soir !)
 ( 1007011 )Quelques remarques sommaires par Roger (2026-09-21 13:42:22) 
[en réponse à 1007007]

Cet évêque est sympathique mais il n’est qu’un simple auxiliaire néerlandais. Il n’est pas certain que son propos soit très pertinent pour des francophones. On ne sait d’ailleurs pas s’il parle des ED ou de la FSSPX.

Ensuite il est difficile de nier que certains fidèles attachés à la liturgie traditionnelle peuvent avoir des propos très durs à l’encontre de certains évêques ( je l’avoue c’est mon cas). C’est un fait. Symétriquement certains évêques sont durs jusqu’à l’injustice avec des prêtres ou des séminaristes (voyez Toulon).

Enfin, la fécondité dont il parle viserait peut être au-delà de la sanctification personnelle des fidèles à un effort de charité visant à irriguer l’Eglise au-delà de nos chapelles, effort impliquant bienveillance, recherche de la compréhension mutuelle, etc…?
images/icones/carnet.gif  ( 1007015 )Vos remarques sont pertinentes Roger par Chouan (2026-09-21 14:18:35) 
[en réponse à 1007011]

Et j'y souscris...
Mais ce qui me gêne dans son propos c'est qu'il est décontextualisé... Depuis 5 ans (TC) la critique vient surtout de Rome et a pour objectif explicite de réduire à néant le "monde traditionnel" (pour reprendre son terme). Évidemment ça ne favorise pas la quiétude. Au temps de SP (2006), auquel la FSSPX a fortement contribué, je doute que l'on ait pu faire l'accusation aux tradis de la "critique" systématique
images/icones/fleche2.gif  ( 1007017 )Pour le dire autrement par Chouan (2026-09-21 14:52:37) 
[en réponse à 1007015]

Cela fait 5 ans que l'on veut explicitement "nous faire la peau" donc il est normal que nous soyons en alerte (y compris sur les blogs dont parle l'évêque).
Parallèlement comme je l'ai écrit il faut aussi savoir battre notre coulpe. Nous avons tous rencontré des tradis secs comme des coups de triques et froids comme des glaçons qui ne transpirent ni la joie ni la charité...
images/icones/1b.gif  ( 1007023 )Vous connaissez la scène où Rambo par Eti Lène (2026-09-21 17:12:46) 
[en réponse à 1007017]

Cher ami, dans le deuxième opus, où il dit à Murdock qu'il aura sa peau

"Je vais revenir et j'aurai votre peau."
images/icones/1d.gif  ( 1007024 )Oui par Chouan (2026-09-21 17:30:08) 
[en réponse à 1007023]

Colonel Trautman !
images/icones/1e.gif  ( 1007176 )et aussi par Regnum Galliae (2026-09-24 10:47:03) 
[en réponse à 1007024]

en parlant de Rambo, le colonel Trautman au colonel soviétique:
"- Vous n'aurez pas à le traquer, c'est lui qui vous trouvera.
- Vous êtes fou ? Un homme seul contre dix commandos d'élite ? Pour qui prenez-vous cet homme ? Dieu ?
- Oh non, Dieu aurait pitié, lui, non"
images/icones/bravo.gif  ( 1007177 )Excellent ! par Chouan (2026-09-24 11:00:26) 
[en réponse à 1007176]

du premier First Blood

John Rambo: "I could have killed 'em all, I could've killed you. In town you're the law, out here it's me. Don't push it! Don't push it or I'll give you a war you won't believe. Let it go. Let it go!"
John Rambo: "They drew first blood, not me."

images/icones/carnet.gif  ( 1007169 )[réponse] par Réginald (2026-09-24 08:52:53) 
[en réponse à 1007007]

Le texte de Mgr Mutsaerts est manifestement construit de façon rhétorique.

Il critique assez vivement plusieurs tendances de l’Église actuelle, mais il prend aussi soin de marquer ses distances avec une lecture qui pourrait faire de lui une sorte de lefebvriste de fait. Il équilibre donc ses critiques en adressant également un avertissement au milieu traditionnel, afin de montrer que sa position est plus nuancée qu’une lecture rapide de ses attaques contre certaines orientations romaines pourrait le laisser penser.

Mais ce caractère rhétorique ne suffit pas, à mes yeux, à rendre sa critique fausse. Je pense au contraire qu’elle touche juste sur le fond. On peut s’opposer à TC, défendre le VOM, critiquer telle orientation romaine, tout en refusant que l’opposition fournisse en permanence la grille principale de lecture de l’Église. Une critique fondée peut devenir problématique lorsqu’elle devient l’élément principal par lequel un milieu se définit, se raconte et regarde l’Église.


images/icones/fleche3.gif  ( 1007185 )Oui et non par Chouan (2026-09-24 12:32:30) 
[en réponse à 1007169]

Je vous remercie de votre réponse Réginald

- J'entends bien qu'il y a une construction rhétorique avec le souci de ne pas apparaitre comme "lefebvriste"
- J'entends bien que certaines de de ses critiques du mouvement traditionnel sont tout à fait fondées.
- A contrario je conteste son postulat comme quoi la fécondité de la Tradition dépendrait de la minoration de la "critique". Car c'est faire fi totalement du contexte actuel avec la volonté depuis TC de réduire à néant le milieu traditionnel. Il semble oublier que nous ne sommes plus en 2006-2007 mais en 2026
images/icones/carnet.gif  ( 1007186 )Inversion accusatoire par Chouan (2026-09-24 12:45:51) 
[en réponse à 1007185]

Il reproche aux tradis (on ne sait pas s'il englobe la FSSPX) d'être trop critiques au moment où le mouvement tradi est critiqué par Rome et condamné à disparaitre via TC
images/icones/fleche2.gif  ( 1006974 )Texte en entier par Eti Lène (2026-09-20 18:10:40) 
[en réponse à 1006969]

L’Église en crise — et comment nous ne devons pas la sauver
Douze questions, vérités inconfortables et une voie catholique à suivre

Évêque Rob Mutsaerts
Auxiliaire de 's-Hertogenbosch, Pays-Bas
16 septembre 2026

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi. La mauvaise nouvelle, c’est que l’Église catholique est en crise. La bonne nouvelle, c’est qu’elle est déjà venue ici. En effet, quiconque connaît ne serait-ce qu’un minimum de l’histoire de l’Église a parfois l’impression que la crise est l’une des rares traditionscatholiques véritablement durables. Nous avons eu des papes corrompus, des évêques mondains, des hérésies, des schismes, des révolutions, des persécutions et des comités liturgiques. Et pourtant, nous y voilà.

Ce dernier fait me semble avant tout comme une preuve de l’origine divine de l’Église. Une organisation purement humaine gouvernée comme l’Église l’a parfois été aurait probablement fait faillite vers le IVe siècle. Et pourtant, la situation est grave. Non pas parce que l’Église est insuffisamment populaire. Pas parce que sa part de marché est en baisse. Non pas parce qu’elle ne parvient pas à se connecter suffisamment avec le consommateur moderne.

La crise est grave car au sein de l’Église existe une incertitude sur précisément les questions sur lesquelles elle devrait apporter la certitude : Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce que le péché ? Qu’est-ce que le mariage ? Qu’est-ce que la prêtrise ? Qu’est-ce que la liturgie ? Qu’est-ce que l’obéissance ? Que signifie la clémence ? Qu’est-ce que le Christ a réellement confié à son Église ? Et peut-être plus fondamentalement encore : croyons-nous vraiment encore que l’Église a reçu quelque chose du Christ qu’elle ne peut pas elle-même modifier ? C’est là le cœur du problème.


1. La première réforme nécessaire : cesser de faire semblant que tout doit être réformé

Nous vivons dans une culture où le changement est considéré presque automatiquement comme équivalent à une amélioration. Un téléphone de 2019 est vieux. Un ordinateur de 2012 est un objet ancien. Ainsi, nous supposons parfois inconsciemment qu’une formulation doctrinale de l’an 325 a un besoin urgent d’une mise à jour logicielle. Mais Revelation n’est pas un iPhone. Le christianisme n’est pas un produit qui nécessite un nouveau modèle chaque année. La tâche de l’Église n’est pas de produire une nouvelle religion à intervalles réguliers. Sa tâche est : recevoir, préserver, approfondir et proclamer ce qu’elle a reçu du Christ.

Cela ne veut pas dire que rien ne changera jamais. Les méthodes pastorales peuvent évoluer. Les disciplines canoniques peuvent évoluer. Les formes de gouvernance peuvent changer. Les disciplines liturgiques peuvent changer. Mais la vérité ne peut pas être vraie aujourd’hui et fausse demain.

Un évêque devrait se poser une question simple à chaque innovation ecclésiale : Cela aide-t-il mon peuple à devenir plus saint ? Pas : « Est-ce innovant ? » Pas : « Est-ce que c’est un texte inclusif ? » Pas : « Pouvons-nous former un groupe de travail pour cela ? » Mais : cela rapproche-t-il les gens du Christ, des sacrements et de la vie éternelle ? Cela pourrait raccourcir pas mal de réunions. Et cela peut en soi constituer une modeste réforme ecclésiale.


2. Synodalité : instrument utile, mauvaise direction

Il n’y a rien d’anti-catholiques dans les synodes. L’Église les connaît depuis des siècles. Ce qui devient risqué, c’est lorsque la synodalité passe d’une méthode à un idéal théologique presque autonome. Le christianisme n’a pas commencé par : « Lorsque deux ou trois sont réunis en dialogue, la vérité émergera spontanément. » Les Apôtres se sont vu confier une foi. Après cela, ils ont été autorisés à en discuter. Cet ordre compte.

Écouter est excellent, mais les catholiques doivent parfois oser poser la question impolie : Écouter qui ? À la culture ? Aux sondages d’opinion ? À des groupes d’intérêt ? À nous-mêmes ? Ou à Christ ? Car lorsque le résultat d’un processus d’écoute ecclésiale devient prévisiblement identique aux souhaits de la culture laïque moderne, on peut au moins se demander si nous avons vraiment écouté le Saint-Esprit ou peut-être surtout l’esprit de l’époque.

Le Saint-Esprit a une caractéristique particulière : il parle en continuité avec ce qu’il a dit au cours des vingt derniers siècles avec une fréquence remarquable. Une petite observation pour mes frères évêques : Utilisez la synodalité, mais soyez évêque. Aucun évêque n’a été élu pour servir de facilitateur permanent des processus de groupe. Il est un successeur des Apôtres. Cela signifie : enseigner, sanctifier, gouverner, et parfois dire : « Non. Cela, nous ne pouvons pas le changer. » Le mot « non » a une mauvaise réputation de nos jours. Mais les parents savent : celui qui ne dit jamais non n’aime pas ses enfants plus profondément.


3. Rétablir la distinction entre miséricorde et affirmation

Personne n’a besoin d’une Église dure. Mais personne n’a besoin d’une Église qui n’ose nommer le péché que dans les documents historiques. Le Christ était infiniment miséricordieux. Mais sa clémence ne consistait jamais à considérer la conversion comme superflue. Au pécheur, le Christ dit : « Viens. » Mais aussi : « Suis-moi. » Et suivre signifie nécessairement que nous ne restons pas exactement là où nous étions là.

Cela semble simple. Mais aujourd’hui, c’est révolutionnaire. La tentation pastorale est parfois la suivante : Nous ne voulons blesser personne, alors ne parlons plus de péché. Le problème, c’est que le pardon devient alors lui aussi dénué de sens. Celui qui n’est jamais malade n’a pas besoin d’un médecin. Celui qui ne pèche jamais n’a pas besoin d’un Sauveur. Et soudain, nous découvrons pourquoi le Christ, dans un tel système théologique, se retrouve avec de moins en moins à faire.

Un mot pour mes frères prêtres : Prêchez encore sur le péché, la grâce, le ciel, l’enfer, la confession, la vertu, la chasteté, la prière, le sacrifice et la conversion. Pas tous en même temps chaque dimanche — les fidèles doivent rentrer chez eux pour le déjeuner. Mais faites savoir aux gens que le christianisme est vraiment une question de chose.


4. Sauver la liturgie à la fois de l’expérience et de l’idéologie

La liturgie est l’une des questions les plus sensibles au sein de l’Église. C’est compréhensible. Lex orandi, lex credendi. En priant, nous apprenons à croire. La lutte autour de la liturgie n’est donc jamais purement esthétique. Il s’agit en fin de compte de Dieu.

Une messe catholique n’est pas avant tout un rassemblement où la communauté célèbre son sentiment de solidarité. C’est le sacrifice du Christ rendu présent sacramentellement. Ce n’est pas un repas sous forme de sacrifice, mais un sacrifice sous forme de repas. Ça change tout. Quand cela est vraiment cru, ce qui suit est naturel : la révérence, le genou à genoux, le silence, la beauté, le soin, la musique sacrée, et un prêtre qui ne suppose pas que la liturgie est améliorée par l’insertion spontanée d’une anecdote amusante. Le Saint-Esprit possède de nombreux dons. Le théâtre improvisé à l’autel ne fait pas, à ma connaissance, un rôle parmi les sept.

Un mot pour mes frères évêques : ne traitez pas automatiquement l’attachement à la liturgie traditionnelle comme une condition psychiatrique. Tous les jeunes catholiques qui aiment le latin ne sont pas des agents secrets de 1957. Lorsque les jeunes sont attirés par le chant grégorien, le silence, l’encens, le genou à genoux, la célébration ad orientem et la spiritualité classique, ne demandez pas immédiatement : « Qu’est-ce qui a mal tourné ici ? » Demandez plutôt : « Que cherchent-ils ici qu’ils ne trouvent pas ailleurs ? »

Et un mot pour les catholiques traditionnels — car eux aussi doivent laisser quelque chose leur être dit. La liturgie traditionnelle peut sanctifier. Mais un rite ancien ne rend pas automatiquement quelqu’un saint. On peut assister à la messe la plus révérencieuse imaginable puis maudire trois évêques et tout le Vatican sur le parking. Liturgiquement, cela peut être traditionnel ; spirituellement, c’est un peu moins conseillé. La tradition sans charité devient archéologie avec un tempérament.


5. Cesser de traiter les jeunes croyants comme s’ils étaient de la porcelaine religieuse

Selon certains modèles pastoraux, les jeunes ont principalement besoin de : faibles seuils, peu d’exigences, de services courts, de textes accessibles, d’un apport abondant, et surtout de rien qui ne ressemble à une obligation. Il n’y a qu’un seul problème. Ce modèle ne semble pas particulièrement bien fonctionner. Beaucoup de jeunes qui découvrent la foi recherchent précisément le contraire : la vérité, l’ordre, l’ascétisme, l’identité, la confession, l’adoration, les sacrements, la profondeur intellectuelle, et une communauté qui leur demande réellement quelque chose.

Nous avons sous-estimé les jeunes. Nous leur avons proposé du jus de fruits quand ils cherchaient du vin. Nous leur donnions des slogans quand ils voulaient lire Thomas d’Aquin. Nous pensions que le chant grégorien les ferait fuir. Certains le téléchargent maintenant volontairement sur Spotify.5. Stop Treating Young Believers as Though They Were Religious Porcelain

Un mot pour mes frères prêtres : Ayez le courage de traiter les jeunes comme des adultes. Apprends-leur le Catéchisme. Apprends-leur à prier. Apprends-leur à jeûner. Expliquez-leur pourquoi l’Église enseigne ce qu’elle enseigne. N’offrez pas un christianisme dilué. Personne n’a jamais été martyrisé pour un vague sentiment d’appartenance.


6. Vocations : Qui demande encore un sacrifice ?

Nous parlons longuement de la pénurie de prêtres. C’est compréhensible. Mais la discussion tend rapidement vers : fusions, modèles administratifs, présidents laïcs, restructuration, et bien sûr le célibat. Tous des sujets discutables. Mais peut-être devrions-nous d’abord poser une question plus simple : pourquoi un jeune homme voudrait-il devenir prêtre ?

Si ce qu’il entend est : vous gérerez huit paroisses, votre agenda sera rempli de réunions, vous ne devez avant tout offenser personne, et après vingt ans vous recevrez peut-être un plan politique sur la gestion durable des biens — alors il est étonnant que quelqu’un se présente. Mais dis-lui plutôt : Donne ta vie au Christ. Célébrez chaque jour le sacrifice de la messe. Pardonne aux péchés. Baptiser les enfants. Soyez présent avec les mourants. Proclamez l’Évangile. Deviens un père spirituel. Conduisez les âmes vers l’éternité. Cela sonne soudainement très différent.

Un mot pour mes frères évêques : ne cherchez pas des candidats qui sont principalement des gestionnaires compétents. Cherche des hommes qui prient. Un administrateur médiocre peut être aidé par un responsable financier compétent. Un prêtre qui ne prie pas ne peut être sauvé par aucun cours de gestion.


7. L’évêque doit redevenir père

Un évêque moderne peut facilement devenir une sorte de directeur général des offices religieux. Il a : des réunions, des avocats, des conseillers en communication, des questions de propriété, des demandes de presse, des questions de personnel, des protocoles et des comités. Tout cela est nécessaire. Mais quand ses prêtres le connaissent à peine et que ses fidèles ne le voient que sur une carte de Noël, quelque chose a mal tourné.

Un évêque est avant tout un père et un berger. Il doit donc connaître ses prêtres. Connais ses séminaristes. Visitez les paroisses. Superviser l’éducation religieuse. Protège la liturgie. Abus de combat. Proclamez la foi. Et de temps en temps, il dit publiquement quelque chose que tout le monde comprend immédiatement : Ah oui. Cet homme croit vraiment que la foi catholique est vraie. Ce serait rafraîchissant.

Je me permets de proposer une suggestion concrète. Chaque évêque pourrait réserver un nombre significatif de jours chaque année durant lesquels il ne participe à aucune réunion, mais plutôt : visite le séminaire, rencontre les prêtres individuellement, rencontre des catéchumènes, visite des écoles, entend des confessions, rencontre des jeunes et visite des paroisses. Cela donne une vision claire de ce dont son diocèse a réellement besoin.


8. Prêtres : Soyez prêtres, pas présentateurs

Un prêtre n’a pas besoin d’être l’homme le plus populaire de la paroisse. Heureusement. L’Église catholique ferait autrement face à de sérieux problèmes de personnel. Il n’a pas non plus besoin d’être perpétuellement « pertinent ». Sa pertinence ne découle pas de sa personnalité. Elle vient du Christ. Quand un prêtre oint les malades, il est pertinent. Quand il absoudre, il est pertinent. Quand il célèbre l’Eucharistie, il est pertinent. Quand il accompagne les mourants, il est plus pertinent que toutes les émissions de débat diffusées ce soir-là.

Les priorités concrètes pour les prêtres ne sont pas difficiles à identifier. Priez fidèlement chaque jour pour le Bréviaire. Réservez chaque jour du temps pour la prière silencieuse. Célébrez la messe avec dignité. Offrez une généreuse opportunité de confession. Soyez disponible pour les malades. Donne une véritable instruction catéchétique. Prêcher de manière substantielle. Évitez la créativité liturgique. Lisez régulièrement la théologie. Vis simplement. Et soyez paternel. Ce dernier point est important. Un prêtre n’est pas simplement un administrateur sacramentel. C’est un père spirituel.


9. Laïcs : Arrêtez d’attendre que Rome résolve tout

Les catholiques ont parfois une habitude particulière. Nous nous plaignons que la hiérarchie détient trop de pouvoir. Et ensuite, on attend de la hiérarchie qu’elle règle tout. Ces deux choses sont incompatibles. Lorsque la culture doit être réévangélisée, cela se fait principalement à travers les laïcs : dans les familles, les écoles, les universités, les entreprises, les médias, les arts, la politique, la science et les communautés locales. Du moins, ce serait l’idéal. Les premiers chrétiens n’avaient pas de conférence épiscopale avec un bureau professionnel de communication. Ils évangéliserent néanmoins l’Empire romain. Cela remet nos excuses en perspective.

Le programme catéchitique le plus important reste la famille. Un mot pour les parents : priez avec vos enfants. Emmène-les à la messe. Va te confesser toi-même. Parlons de la foi à la maison. Présentez-les aux saints. Apprenez-leur que dimanche est vraiment dimanche. Et ne soyez pas surpris lorsqu’un enfant ne reste pas catholique après avoir passé dix-huit ans à observer que la catholhie ne faisait pratiquement aucune différence pour ses parents.

Aux intellectuels catholiques, j’offre ceci : écrire, enseigner, débattre, trouver, organiser, être présent dans la culture. L’orthodoxie catholique ne doit pas devenir un passe-temps pour les intellectuels qui ne conversent qu’entre eux. Thomas d’Aquin n’a pas écrit pour un groupe de discussion fermé.


10. Mener la guerre culturelle sans devenir un guerrier culturel

Il existe de réels conflits entre la morale catholique et la culture moderne. Cela ne peut être nié. Mais les catholiques traditionnels font parfois face à leur propre danger particulier : que la lutte contre l’erreur devienne progressivement plus importante que l’amour de la vérité. Cette distinction est subtile mais cruciale. On peut finir par passer tellement de temps à combattre le modernisme que le Christ devient presque accessoire. On peut lire chaque jour tout ce qui va mal à Rome et presque jamais ouvrir l’Évangile. On peut recevoir la nouvelle de la dernière catastrophe dans un dicastère en dix minutes sans savoir quelle fête de saint tombe ce jour-là.

Ce n’est pas une victoire pour la tradition. C’est une distraction spirituelle. Une règle pratique : lisez plus Augustin que Twitter ecclésiastique. Lisez plus de Benoît XVI que de blogs en colère. Priez plus longtemps pour votre évêque que vous ne vous plaignez de lui. Ce dernier point est particulièrement difficile. C’est probablement pour cela que c’est bon pour l’âme.


11. Abus : zéro romantisme concernant la réputation institutionnelle

Il y a peu de place pour l’humour ici. Les abus et la culture de dissimulation qui les entourent ont causé d’énormes dégâts. Le catholique traditionnel ne doit jamais penser que défendre l’Église signifie donner la priorité à la réputation institutionnelle plutôt qu’à la vérité et à la justice. C’est précisément l’orthodoxie catholique qui exige : justice, amour de la vérité, protection des vulnérables et responsabilité face à ceux qui détiennent l’autorité. Un évêque qui protège un agresseur pour « éviter le scandale » est précisément ce qui provoque le scandale. L’Église n’est pas défendue en dissimulant le péché. L’Église est défendue en combattant le péché.

En pratique : protégez d’abord les victimes. Enquêtez sérieusement. Coopérez légalement avec les autorités civiles. Soyez transparent lorsque cela peut être fait de manière responsable. Et reconnaître que la réputation de l’Église appartient en fin de compte au Christ. Il peut mieux supporter la vérité qu’un mensonge.


12. Arrêter le complexe d’infériorité éternel devant le monde moderne

Depuis plusieurs décennies, une partie de l’establishment ecclésiastique semble presque terrifiée à l’idée d’être considérée comme démodée par le monde moderne. Mais on peut se détendre là-dessus. Le monde moderne nous trouve effectivement démodés. Le christianisme enseigne, après tout, que la chasteté est une vertu, que le mariage a un sens objectif, que les enfants sont des dons, que la vérité existe, que la souffrance peut avoir un sens, que les possessions créent des obligations, que le pardon compte plus que la vengeance, que l’humilité est bonne, que l’homme n’est pas son propre créateur, et que Dieu est ultimement plus important que l’autonomie — et oui, C’est aussi plus important que l’économie.

Rien de tout cela ne deviendra jamais totalement à la mode. Et ce n’est pas nécessaire. Le christianisme n’a pas survécu à deux mille ans parce qu’il a réécrit son message tous les vingt ans. Elle a survécu parce que le message s’est révélé plus grand que toute mode.

Que faut-il réellement faire ?

Permettez-moi de conclure par un programme simple — pas un nouveau comité, mais quelque chose pour chacun de nous.


Aux évêques :

(1) Proclamer la foi clairement — non seulement lorsqu’il n’y a pas de controverse, mais précisément lorsque cela est impopulaire. (2) Former de bons prêtres : intellectuellement orthodoxes, spirituellement profonds, humainement matures, formés liturgiquement. (3) Donner la priorité aux séminaires orthodoxes. Un diocèse sans vocations devrait se demander non seulement pourquoi les jeunes hommes ne viennent pas, mais aussi ce qu’ils découvrent lorsqu’ils viennent. (4) Rétablir la paix liturgique. Ne considérez pas les catholiques fidèles qui aspirent à la liturgie traditionnelle comme des cas problématiques. (5) Promouvoir la confession et l’adoration. Le renouveau de l’Église ne commence pas par la gestion. (6) Protéger l’éducation catholique. Une école qui se dit catholique mais n’ose plus enseigner la compréhension catholique de la personne humaine a avant tout un logo historique. (7) Sois visible comme un berger. Va voir ton peuple.


Aux prêtres :

(1) Prie. Cela semble presque offensivement simple. Mais de nombreuses crises commencent précisément là. (2) Célébrer l’Eucharistie quotidiennement — et la célébrer avec révérence. Les fidèles à la messe ne viennent pas rencontrer la personnalité du prêtre. Ils viennent rencontrer le Christ. (3) Prêcher toute la vérité : avec amour, avec intelligence, avec humour quand c’est approprié, mais sans honte. (4) Entendre des confessions. Offrez une généreuse occasion de confession. Sonner à la porte du presbytère ne compte pas comme tel. (5) Chercher les jeunes — pas pour être cool avec eux. C’est une cause perdue. Un prêtre de soixante ans tentant de parler comme un adolescent de seize ans est l’un des arguments les plus solides en faveur d’un vœu monastique de silence. Sois un père. Ça suffit. (6) Maintenir la fraternité sacerdotale. Un prêtre isolé devient vulnérable. (7) Aimez votre peuple — même lorsqu’ils sont difficiles. Surtout à ce moment-là.


Aux laïcs :

(1) Deviens saint toi-même. C’est plus difficile que d’être en colère contre Rome, mais au final bien plus efficace. (2) Fonder des familles catholiques. (3) Donnez à vos enfants une véritable formation catéchétique. (4) Soutenir les bons prêtres — non pas en les plaçant sur un piédestal, mais en les aidant à rester prêtres. (5) Fonder des initiatives catholiques : écoles, éditeurs, groupes étudiants, groupes de prière, institutions culturelles, bons médias. (6) Connaître ta foi. Un catholique qui ne connaît pas le Catéchisme mais discute quotidiennement de politique ecclésiastique ressemble à un analyste footballistique qui ne sait pas si un ballon contient de l’air ou du sable. (7) Sois joyeux. Cela pourrait être plus important que nous ne le pensons. L’amertume ne convertit personne.

Permettez-moi de dire quelque chose qui sera peut-être moins apprécié par un public traditionnel. La tradition peut elle-même devenir une idéologie. On peut devenir tellement convaincu que l’on défend la vérité qu’on oublie que la vérité est une Personne. Nous pouvons : avoir raison et être sans amour, être orthodoxes et fiers, être liturgiquement corrects et spirituellement froids, être théologiquement vifs et insupportables humainement. Ce serait une victoire plutôt étrange.

Le mouvement traditionnel sera véritablement fructueux lorsqu’il deviendra reconnaissable par : la sainteté, les familles nombreuses, les vocations, la vie intellectuelle, la beauté, la charité, la joie et le zèle missionnaire — pas principalement par la critique. Un arbre est finalement connu à ses fruits. Pas par la dureté de ses tweets.

Où commence la véritable réforme ?

Peut-être pas à Rome. Peut-être pas lors d’un synode. Peut-être pas lors d’une conférence épiscopale. Peut-être que cela commence demain matin. Quand un prêtre prie une demi-heure de plus avant le petit-déjeuner. Quand un père prie le chapelet avec ses enfants. Quand un jeune va se confesser pour la première fois en dix ans. Quand un évêque décide d’expliquer calmement une vérité impopulaire. Quand un séminariste choisit la sainteté plutôt que la carrière. Quand une paroisse recommence l’adoration eucharistique. Quand un enseignant catholique refuse de réduire sa foi à un humanisme vague. Quand un couple marié vit vraiment son mariage comme une vocation.

C’est ainsi que l’Église s’est toujours renouvelée — non pas principalement par des programmes, mais par des saints.

Donc : pas de panique. Nous pourrions prendre la crise au sérieux. Nous n’avons pas besoin de rendre cela plus dramatique qu’il ne l’est. Car l’avenir de l’Église ne dépend pas en fin de compte de la compétence de sa bureaucratie. Dieu merci. C’est peut-être l’enseignement le plus réconfortant de cet essai.

Le Christ n’a pas dit : « Tu es Pierre, et sur ce rocher je construirai mon plan stratégique pluriannuel. » Il a dit : « Je construirai mon Église. » Cela ne nous décharge pas de notre responsabilité. Cela place cette responsabilité à sa place appropriée. Nous n’avons pas besoin de réinventer l’Église. Nous n’avons pas besoin de la sauver, comme si le Christ, après son Ascension, avait oublié comment fonctionne sa propre Église. Nous devons faire quelque chose de plus simple : préserver la foi, dire la vérité, recevoir les sacrements, élever nos enfants, servir les pauvres, former des prêtres, promouvoir les vocations, célébrer la liturgie avec dignité, aimer nos ennemis et aimer le Christ plus que notre propre faction ecclésiastique. Ce dernier point est peut-être le plus difficile de tous. Parce qu’au final, il n’y a pas de saints traditionnels ni de saints progressistes. Il n’y a que des saints.

Et peut-être est-ce précisément la réforme dont l’Église a besoin maintenant. Pas un nouveau programme catholique. Mais les catholiques qui prennent l’Évangile si au sérieux que d’autres commencent à se demander : « Qu’ont-ils trouvé que nous manquons ? » Quand cette question est posée à nouveau, la nouvelle évangélisation commence vraiment. Et peut-être que l’Église redécouvrira alors quelque chose qu’elle a toujours su dans ses meilleurs moments : que le monde ne se convertit pas en devenant toujours plus semblable à lui, mais en voyant quelque chose du Christ en nous.

† Rob Mutsaerts
 ( 1007013 )Merci beaucoup pour cette traduction par Roger (2026-09-21 14:10:08) 
[en réponse à 1006974]

Personnellement je trouve ce texte tout à fait remarquable. Evidemment il ne s’agit que d’une déclaration d’un évêque auxiliaire néerlandais et je serais heureux de le voir repris par des archevêques et des cardinaux français !
Merci Eti Lène pour cette traduction
images/icones/fleche3.gif  ( 1006977 )Après avoir lu le texte en entier par Eti Lène (2026-09-20 18:37:30) 
[en réponse à 1006969]

Un jour ou l'autre, cet évêque "a dit la vérité, il devra être exécuté."

L'écrit de cet évêque est simple, plutôt allant droit au but sans considérations de faire plaisir ou pas. C'est tout à son honneur. Du temps de Benoît XVI nous aurions pu suivre ses recommandations. Mais là, Léon XIV entraîne l'Église vers l'abîme, et de ce fait nous oblige à réagir. Et cette parole lointaine aura un écho probablement limité. Redonner la foi ne viendra pas uniquement par des paroles sans possibilité d'applications.

De Rome viendra la résorption de la crise, ou le salut ne viendra pas. Rome entendra-t-elle raison du seul fait du la tribune de cet évêque ? Rien n'est moins sûr.



HORACE
Ô d'une indigne sœur insupportable audace !
D'un ennemi public dont je reviens vainqueur
Le nom est dans ta bouche et l'amour dans ton cœur !
Ton ardeur criminelle à la vengeance aspire !
Ta bouche la demande, et ton cœur la respire !
Suis moins ta passion, règle mieux tes désirs,
Ne me fais plus rougir d'entendre tes soupirs ;
Tes flammes désormais doivent être étouffées ;
Bannis-les de ton âme, et songe à mes trophées :
Qu'ils soient dorénavant ton unique entretien.Histoire

CAMILLE
Donne-moi donc, barbare, un cœur comme le tien ;
Et si tu veux enfin que je t'ouvre mon âme,
Rends-moi mon Curiace, ou laisse agir ma flamme :
Ma joie et mes douleurs dépendaient de son sort ;
Je l'adorais vivant, et je le pleure mort.
Ne cherche plus ta sœur où tu l'avais laissée ;
Tu ne revois en moi qu'une amante offensée,
Qui comme une furie attachée à tes pas,
Te veut incessamment reprocher son trépas.
Tigre altéré de sang, qui me défends les larmes,
Qui veux que dans sa mort je trouve encor des charmes,
Et que jusques au ciel élevant tes exploits,
Moi-même je le tue une seconde fois !
Puissent tant de malheurs accompagner ta vie,
Que tu tombes au point de me porter envie ;
Et toi, bientôt souiller par quelque lâcheté
Cette gloire si chère à ta brutalité !

HORACE
Ô ciel ! Qui vit jamais une pareille rage !
Crois-tu donc que je sois insensible à l'outrage,
Que je souffre en mon sang ce mortel déshonneur ?
Aime, aime cette mort qui fait notre bonheur,
Et préfère du moins au souvenir d'un homme
Ce que doit ta naissance aux intérêts de Rome.

CAMILLE
Rome, l’unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !
Rome qui t’a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore !
Puissent tous ses voisins ensemble conjurés
Saper ses fondements encor mal assurés !
Et si ce n’est assez de toute l’Italie,
Que l’Orient contre elle à l’occident s’allie ;
Que cent peuples unis des bouts de l’univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Qu’elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
Que le courroux du ciel allumé par mes vœux
Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause, et mourir de plaisir !


HORACE (mettant la main à l'épée, poursuivant sa sœur qui s'enfuit.)
C'est trop, ma patience à la raison fait place ;
Va dedans les enfers plaindre ton Curiace.

CAMILLE (blessée derrière le théâtre.)
Ah ! Traître !

HORACE
Ainsi reçoive un châtiment soudain
Quiconque ose pleurer un ennemi romain !

Tiré d'Horace de Pierre Corneille

NB : Évidemment je ne souhaite pas ce que souhaite Camille, mais les modernistes vont finir par y arriver avec quelques efforts. Il s'agit d'un suicide organisé, et pas d'un souhait direct d'ennemis déclarés.
images/icones/carnet.gif  ( 1006978 )illustration par Réginald (2026-09-20 18:44:32) 
[en réponse à 1006977]

Il faut reconnaître que la démonstration est assez saisissante. A peine Mgr Mutsaerts nous met-il en garde contre une certaine manière de parler de Rome que nous passons à « l’abîme », au « suicide organisé » et, pour finir, à Camille appelant à la destruction de Rome.
images/icones/1e.gif  ( 1006979 )Le texte de Pierre Corneille par Eti Lène (2026-09-20 19:22:10) 
[en réponse à 1006978]

n'a rien à voir avec mes pensées et ma volonté. Croyez bien que si Rome est mise à sac, j'en serais évidemment désolé; vous qui êtes coutumier de dissocier les textes de leur application, voire de dissocier les écrits les uns des autres, je vous assure que les pensées de Camille ne sont pas les miennes. Il y a eu un côté provoc je vous le concède, mais l'amour du beau français m'y a poussé. La vaccination est un acte d'amour a dit le pape François. Pour ma part, mon amour va vers le beau français, mais d'abord vers notre Dieu.

En revanche, les modernistes risquent de rendre ce texte bientôt concret, pas du tout par le fait des tradis qui ont largement prévenu des conséquences, mais plutôt du désarmement spirituel qui ressemble à un suicide, qui a eu lieu depuis le Concile. Je souhaiterais que Rome condamne enfin le Concile Vatican II et la nouvelle messe. Sans ces condamnations, on ne s'en sortira pas, c'est ma conviction.

La théologie LGBT nous mène à l'abîme, et les nominations d'évêques LGBT récentes n'encouragent pas à être serein.
images/icones/carnet.gif  ( 1006983 )Encore un peu de beau français par Réginald (2026-09-20 19:47:40) 
[en réponse à 1006979]

Je crois que le coeur de la remarque de Mgr Mutsaerts est ailleurs. Elle est principalement d'ordre spirituel : que devient un catholicisme dont le regard est continuellement structuré par la dénonciation de ce qui va mal ?

Mais puisque vous invoquez l'amour du beau français, permettez-moi de rester sur ce terrain avec Boileau :

« J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux. »


Ce n'est pas la vérité qui est en cause, mais la façon dont elle se déploie. Est-elle féconde ou emporte-t-elle tout sur son passage ?

Bonne fin de dimanche.
images/icones/fleur.gif  ( 1006984 )Monterlhant par Eti Lène (2026-09-20 20:01:52) 
[en réponse à 1006983]


Il est parfois moins admirable d'user de son pouvoir, que de se retenir d'en user.

La Reine morte
images/icones/fleche2.gif  ( 1006989 )Deux citations de la sainte écriture par Eti Lène (2026-09-20 21:03:50) 
[en réponse à 1006983]

"Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive" dit le Seigneur. En fait certains, notamment Michel Onfray, se serve de cette parole du Seigneur pour affirmer qu'Il a prôné la violence. Mais ce glaive c'est celui de la parole, celle qui professe la foi, et qui forcément divise et a toujours divisé les personnes en elles-mêmes, les familles et toutes les sociétés.

"De torrente in via bibet, propterea exaltabit caput." "Il boira de l'eau du torrent, et Il après cela Il redressera la tête. Je me suis longtemps demandé ce que ce verset d'un psaume voulait dire. C'est qu'en fait le Seigneur boit les horreurs de sa Passion pendant son chemin terrestre et qu'Il s'abaisse, et ensuite Il redresse la tête pour diriger tous les êtres, croyants ou non.
images/icones/1f.gif  ( 1007173 )Deux questions par Regnum Galliae (2026-09-24 09:47:31) 
[en réponse à 1006983]

”un catholicisme dont le regard est continuellement structuré par la dénonciation de ce qui va mal”
Qui devrait se sentir visé? Ces sermons façon ”suivez mon regard” sont le degré zéro de l’argumentation.
Par ailleurs, proclamer la vérité n’implique-t-il pas de dénoncer l’erreur, comme Saint Paul le fait souvent ?
images/icones/bravo.gif  ( 1007174 )Bien d'accord avec vous par Eti Lène (2026-09-24 10:02:17) 
[en réponse à 1007173]

Cher Regnum Galliae, et en relisant la "tribune" de Mgr Mutsaerts, je suis frappé par le manque de formation qui émane de l'écrit de l'évêque. Autant on sentait le fond chez Benoît XVI et Jean-Paul II, avec des citations de l'écriture sainte, du fond théologique. Comme l'a si bien écrit Chouan, c'est pour le moins outrancier de faire le procès aux tradis de ne pas avoir de vocations, de familles nombreuses, alors que c'en est un vivier. Je connais personnellement un ex-séminariste formé dans une école tradie, et qui est maintenant prêtre, dont le constat de la pauvreté de la formation faisait que la première année dans un séminaire moderne ressemblait pour lui à un catéchisme de CE2. Et le problème, c'est que des personnes intelligentes, très jeunes, et qui ont une foule de questions, il en existe encore, et à qui il faut répondre, pour éviter qu'elles ne se perdent. C'est en tous cas en posant mille questions à un prêtre traditionnel quand j'avais 17 ans, que j'ai fini par être convaincu, car je voulais des "preuves". Et je les ai eues par l'apologétique, les mystères étant inexplicables, mais les convictions peuvent venir de la raison. Et nous européens, avons besoin de raison(s) pour être convaincus.
images/icones/neutre.gif  ( 1007184 )[réponse] par Réginald (2026-09-24 12:27:00) 
[en réponse à 1007173]

Mgr Mutsaerts ne demande pas qu’on cesse de dénoncer l’erreur. Relisez tout son texte, c'est une vraie charge contre les dérives actuelles . Mais il met aussi explicitement en garde contre le moment où la lutte contre l’erreur devient progressivement plus importante que l’amour de la vérité et où l’on peut suivre quotidiennement tout ce qui va mal sans ouvrir l'Evangile. À bon entendeur, salut...
images/icones/carnet.gif  ( 1007191 )On enfonce une porte ouverte, là par Regnum Galliae (2026-09-24 14:15:20) 
[en réponse à 1007184]

Pour l'éviter, il faudrait préciser à qui il pense et à qui vous pensez ? Sinon, on reste dans le domaine du lieu commun. Ou, pire, de l'incohérence puisqu'il existe aussi un moment où la lutte contre ceux qui luttent contre l'erreur devient plus importante que l'amour de la vérité.

Pour sortir de ce débat par le haut, je me permets de rappeler l'excllent mot du cardinal Pie qui a tout dit mieux que n'importe quel Mgr Mutsaert: "La religion qui vient du ciel est vérité, et elle est intolérante envers les doctrines. La religion qui vient du ciel est charité, et elle est pleine de tolérance envers les personnes."
images/icones/carnet.gif  ( 1007192 )vérité et charité par Réginald (2026-09-24 14:42:17) 
[en réponse à 1007191]

Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de dresser la liste des personnes visées pour identifier travers spirituel. Chacun peut simplement se demander s’il s’y reconnaît.

La citation du cardinal Pie est vraie, à condition de ne pas y voir l’alpha et l’oméga de la vie chrétienne. Elle ne doit pas faire oublier cette parole de Pascal : « On se fait une idole de la vérité même ; car la vérité hors de la charité n’est pas Dieu, et est son image et une idole qu’il ne faut point aimer ni adorer ; et encore moins faut-il aimer ou adorer son contraire, qui est le mensonge. »

Il faut bien entendre Pascal : il ne relativise pas la vérité. Il dit que le zèle doctrinal séparé de la charité peut lui-même devenir une forme d’idolâtrie. On peut avoir tout juste doctrinalement et cependant tout ramener à soi, à sa propre rectitude, à sa propre supériorité.

Mgr Mutsaerts ne dit pas autre chose.
images/icones/carnet.gif  ( 1007195 )pour le dire autrement par Réginald (2026-09-24 15:20:37) 
[en réponse à 1007191]

Dans les faits, on observe souvent, dans les milieux très engagés, religieux comme politiques, un glissement mortifère. Le « combat », qui était au départ un moyen de défendre la foi, devient peu à peu une fin en soi. Le militantisme se nourrit alors de l’indignation quotidienne, et l’on finit par trouver une forme de jubilation amère dans le constat de la décadence générale, en oubliant la joie de la Bonne Nouvelle et le désir de se conformer au Christ.
images/icones/fleche2.gif  ( 1007197 )Encore une fois par Cluny (2026-09-24 15:34:21) 
[en réponse à 1007195]

Je pense que tout le monde ici peut adhérer à ce que vous dites, qui est très juste et très bien dit.
Mais tout comme le zèle amer, on le constate tout dans tous les bords (ou "sensibilités" pour reprendre un terme que certains affectionnent).
Et ici, Mgr Mutsaert ne le dénonce que chez les Tradis.

C'est la seule chose que l'on peut reprocher à son texte selon moi car dans le fond il a parfaitement raison.
images/icones/carnet.gif  ( 1007198 )Je suis d'accord par Réginald (2026-09-24 15:37:55) 
[en réponse à 1007197]

Le zèle amer n’est évidemment pas l’apanage des traditionalistes, et Mgr Mutsaerts aurait pu élargir son avertissement à bien d’autres milieux. Mais bon, soyons lui reconnaissants : les progressistes sont bien davantage visés dans son texte que les tradis.
images/icones/1g.gif  ( 1006981 )"Léon XIV entraîne l'Église vers l'abîme" par Gaudium (2026-09-20 19:34:22) 
[en réponse à 1006977]

Comment pouvez-vous écrire des choses pareilles ?...

On a le sentiment que chez un certains intervenants de ce forum (en espérant que ce ne soit pas la mentalité ambiante dans le monde dit "traditionnel"), la critique acerbe et caricaturale du pape est devenue une matrice, un paradigme.
images/icones/fleche2.gif  ( 1006982 )La personne trompée par Eti Lène (2026-09-20 19:47:23) 
[en réponse à 1006981]


Ah ! scélérat, c'est maintenant que je te connais tout
entier ; et pour mon malheur, je te connais lorsqu'il n'en
est plus temps, et qu'une telle connaissance ne peut plus
me servir qu'à me désespérer. Mais sache que ton crime
ne demeurera pas impuni, et que le même Ciel dont tu te
joues me saura venger de ta perfidie.


Il suffit. Je n'en veux pas ouïr davantage, et je m'accuse
même d'en avoir trop entendu. C'est une lâcheté que de se
faire expliquer trop sa honte ; et, sur de tels sujets, un
noble coeur, au premier mot, doit prendre son parti.
N'attends pas que j'éclate ici en reproches et en injures :
non, non, je n'ai point un courroux à exhaler en paroles
vaines, et toute sa chaleur se réserve pour sa vengeance.
Je te le dis encore ; le Ciel te punira, perfide, de l'outrage
que tu me fais

Tiré de Dom Juan de Molière