exemple frappant cher MG et une réflexion générale
Le Forum Catholique
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Luc Perrin - 2026-05-29 12:45:02
exemple frappant cher MG et une réflexion générale
Votre post fait réfléchir à partir de la fin spécialement.
"Non car c'est un échec romain : Rome n'a pas tenu ses promesses et comment ne pas y penser en voyant ses milliers de jeunes qui ont marché sur les routes : où vont-ils trouver la liturgie et la doctrine catholique ?
Oui et je le vois quotidiennement : l'état de nécessité existe et les gens perdent la foi. Vous voulez un exemple ? Une sacristine d'un âge plus que canonique a voulu faire le grand ménage d'une église dans ma région : elle a passé l'aspirateur dans le tabernacle en déposant le ciboire sur une crédence durant ce temps. Cette dame est allée au catéchisme et a encadré des enfants pour la préparation des sacrements."
- "c'est un échec romain" : c'est bien mon sentiment depuis le début et je continue de prier pour que cet échec dans le refus d'un vrai dialogue et l'incompréhension romaine des enjeux ne soit pas "transformé" - comme au rugby - en un plus grand échec encore le 1er juillet. En 1988, Rome avait pris la mesure des enjeux et tenté d'apporter une solution via le cardinal Ratzinger et le Protocole d'accord du 5 mai. Rome a essayé de nouveau en 2000-2002 et entre 2007 et 2012 en arrivant chaque fois au seuil de l'accord mais chaque fois, en se dérobant comme entre le 6 mai et fin juin 1988, plus encore en 2012.
En 2026, sous Léon XIV, rien, pas même un essai, une esquisse de dialogue en dehors d'une réunion avec l'interlocuteur le plus inapte à trouver une issue, Son Ém. Victor Manuel cardinal Fernandez.
- l'exemple ahurissant pour un catholique français et européen jusqu'au dernier tiers du XXe siècle. L'irrespect envers le Saint-Sacrement est chose banalisée en Occident. Les sondages confirment que la grande majorité des "catholiques" ne croit plus à la présence réelle dans ce même Occident décadent et en déclin sur tous les plans.
Depuis François, ces vérités fondamentales pour le salut ne sont plus du tout la préoccupation centrale du Magistère pontifical qui agit et parle trop souvent comme cette brave dame, pleine de bonne volonté, qui rend service, donne de son temps - plus encore le clergé, la hiérarchie -, est animée de "bons sentiments" au plan humain.
- c'est là que j'introduis des nuances aux conclusions trop extrêmes et générales, à mon avis, que vous en tirez.
Ce qui est répandu en Occident, dans une certaine mesure - à voir de plus près selon les pays - en Amérique latine est largement étranger à l'Afrique et aussi pas systématique en Asie. Des profanations d'hostie valent réparation publique dans des diocèses africains. Le respect des fidèles et des sociétés en général - y compris dans l'interreligieux - pour le sacré demeure fort.
Pourtant ces pays n'ont le plus souvent que le Novus Ordo, la néo-liturgie. Comme ils représentent infiniment plus en termes de vocations que l'Europe et en termes de baptisés, la notion d'état de nécessité urbi et orbi ne s'applique pas.
Je vois dans cet argument erroné un geste de la part la FSSPX pour garder le lien avec l'Église universelle et c'est ce qui lui donne sa vraie valeur : une main tendue vers Rome et la catholicité en général, aussi paradoxal que cela puisse paraître de prime abord.
Il y a bien toutefois un "état de nécessité restreint" depuis 2021 puisqu'avec Traditionis custodes, Rome a renié en effet ses engagements envers les fidèles d'abord et les prêtres, religieux, religieuses qui vivent spirituellement du Vetus Ordo, du catéchisme traditionnel et de la discipline cléricale latine "tridentine" en simplifiant. Ce faisant, la Rome de François continuée par Léon XIV, avec les mêmes figures curialistes majeures (Fernandez-Roche/Viola-Parolin) est dans l'abus de pouvoir.
Ordinariats, voie chinoise avec la FSSPX, révision de T.C., les solutions "authentiquement pastorales" existent, il en a été amplement discuté sur le F.C., pour apporter une réponse durable aux besoins de cette minuscule portion de la catholicité qu'est le Tradiland.
Le veut-on à Rome ? Le souhaite-t-on dans les principales conférences épiscopales concernées (américaine, CEF, allemande, suisse, anglo-galloise, italienne, brésilienne, argentine) - il en est d'autres et des prélats "isolés" comme le cardinal-archevêque de Singapour Goh avaient appelé en 2025 à une solution de pacification ?
Il n'est jamais trop tard pour faire amende honorable comme récemment le pape Léon XIV pour le retard mis à condamner activement l'esclavage (il y a eu une condamnation très tôt en fait mais platonique si je puis dire dès le XVe avec Sicut dudum d'Eugène IV, un bref de 1537 de Paul III pour les Amérindiens - le pape qui a convoqué et ouvert le concile de Trente).
Les avanies spirituelles infligées aux tradis sont évidemment modestes en comparaison mais les moyens de réparation sont aussi infiniment plus modestes et aisés à mettre en oeuvre, en continuité avec les Pontifes romains (Jean Paul II, Benoît XVI et François jusqu'en 2021).
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