Audience générale Mercredi 27 mai 2026
Le Forum Catholique
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Réginald - 2026-05-28 09:50:01
Audience générale Mercredi 27 mai 2026
Il s'agit de l'Audience générale Mercredi 27 mai 2026
En voici une traduction non officielle
Chers frères et sœurs,
Dans l’encyclique Mediator Dei, le vénérable Pie XII écrit que « l’Église est sans aucun doute un organisme vivant et, comme organisme, en ce qui concerne aussi la sainte liturgie, elle grandit, mûrit, se développe, s’adapte et s’accommode aux besoins et aux circonstances temporelles, pourvu seulement que soit sauvegardée l’intégrité de sa doctrine » (n. 59).
En pleine conformité avec ce principe, le Concile Vatican II, dans l’introduction de la Constitution Sacrosanctum Concilium (SC), reconnaît « des raisons particulièrement graves d’entreprendre la réforme et le développement de la liturgie » (n. 1). Les Pères conciliaires étaient en effet animés du désir de « donner une vigueur toujours croissante à la vie chrétienne des fidèles ; adapter plus exactement aux nécessités de notre temps celles des institutions qui sont sujettes à des changements ; favoriser tout ce qui peut contribuer à l’union de tous ceux qui croient au Christ ; fortifier tout ce qui concourt à appeler tous les hommes dans le sein de l’Église » (ibid.).
À ce moment de l’histoire, on ressentait fortement la nécessité d’un renouvellement des formes rituelles par lesquelles, depuis des siècles, l’Église glorifiait Dieu et sanctifiait le peuple chrétien. Grâce au Mouvement liturgique, s’était progressivement imposée la conviction — exprimée plus tard par saint Jean-Paul II — qu’« il existe un lien très étroit et organique entre le renouveau de la liturgie et le renouveau de toute la vie de l’Église. L’Église non seulement agit, mais elle s’exprime aussi dans la liturgie ; elle vit de la liturgie et puise dans la liturgie les forces de sa vie » (Dominicae Cenae, 13).
Afin de favoriser l’accès des fidèles à la richesse des dons de grâce dispensés par la sainte liturgie, la Constitution Sacrosanctum Concilium indiquait ainsi, dans une formule très efficace, la direction à suivre : « Que la saine tradition soit donc maintenue et que pourtant la voie reste ouverte à un progrès légitime » (SC 23).
Le pape Benoît XVI a saisi dans cette déclaration d’intention le « programme de réforme » des Pères conciliaires : « un équilibre entre la grande tradition liturgique du passé et celle de l’avenir », notant que « tradition et progrès sont souvent opposés de manière maladroite », alors qu’« en réalité, les deux concepts se rejoignent : la tradition est une réalité vivante, qui inclut donc en elle-même le principe du développement, du progrès. C’est comme dire que le fleuve de la tradition porte aussi sa source en lui-même et s’écoule vers son embouchure » (Discours aux participants du congrès promu par l’Athénée pontifical Saint-Anselme pour le 50e anniversaire de sa fondation, 6 mai 2011).
Le Concile affirme la légitimité de ce progrès, enraciné dans l’authentique Tradition, en distinguant dans la liturgie les « éléments immuables, institués divinement » des « éléments sujets à changement [qui] non seulement peuvent mais doivent être changés avec le temps, s’ils ont subi l’intrusion de quelque chose qui s’harmonise moins bien avec la nature intime de la liturgie ou s’ils sont devenus moins adaptés » (SC 21).
De tels changements se sont produits constamment au cours des siècles afin de permettre aux fidèles de participer avec fruit, à travers les actions rituelles, au Mystère pascal du Christ, fondement de la foi chrétienne. Le culte de l’Église s’est ainsi « incarné » dans les formes culturelles de chaque époque et a pu les influencer et même les transformer. La liturgie a donc été, pendant des siècles, une force motrice de l’évangélisation. Aujourd’hui, cette énergie doit être renouvelée dans la continuité de la Tradition catholique authentique et vivante, c’est-à-dire selon une dynamique visant à introduire les croyants à la plénitude de la vérité.
Il est donc compréhensible que les Pères conciliaires aient recommandé que la révision des rites, lorsque « le bien de l’Église l’exige véritablement et certainement », soit accomplie en veillant à ce que « les formes nouvelles sortent organiquement des formes déjà existantes » (SC 23). Pour le bien de toute l’Église, toute réforme doit toujours être précédée d’une enquête théologique, historique et pastorale attentive (ibid.). Le magistère conciliaire appelle ainsi à éviter toute confusion parmi les fidèles, décourageant quiconque d’ajouter, de supprimer ou de modifier quoi que ce soit dans les matières liturgiques de sa propre initiative (cf. SC 22). Le progrès évoqué dans la Constitution conciliaire ne compromet en rien la communion ecclésiale ; il cherche plutôt à la confirmer et à la favoriser.
J’exhorte donc tous ceux qui sont appelés à préparer la célébration des divins mystères, en particulier les prêtres qui exercent le ministère de la présidence liturgique, à toujours maintenir ce respect des textes et des normes liturgiques qui jaillit d’une attitude intérieure d’ouverture et de confiance en Dieu, manifestant l’humilité devant sa grandeur et une fidélité sincère à la communion ecclésiale.
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