le Père Emmanuel Doronzo

Le Forum Catholique

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Réginald -  2026-05-25 13:20:31

le Père Emmanuel Doronzo

ous déplacez le débat sur la distinction entre la matière prochaine et la matière éloignée. C’est un terrain classique, mais votre démonstration se heurte à l’un des grands théologiens spécialistes de sacramentaire de l’avant-concile, le P. Emmanuel Doronzo, O.M.I., qui écrivait en 1947 :

« Bien que le Magistère de l’Église n’ait pas défini quelle est la matière essentielle de la Confirmation [...] néanmoins, comme le remarque avec finesse le Catéchisme du Concile de Trente, l’Église a constamment enseigné qu’elle consiste dans l’onction du chrême [...] Quant à savoir si est requise la consignation ou onction du front en forme de croix, avec imposition des mains — laquelle ne serait pas distincte de l’onction elle-même — cela est moins certain, bien que plus communément enseigné par les théologiens (est minus certum sed communius docetur a theologis). »
(Emmanuel Doronzo, O.M.I., Tractatus Dogmatici De Baptismo et Confirmatione, Milwaukee, Ex Typographia Bruce, 1947, p. 281.)

Ce constat de Doronzo relativise fortement votre démonstration sur deux points.

1° Sur la matière prochaine : la thèse selon laquelle une imposition des mains distincte et individuelle serait requise ad validitatem est explicitement qualifiée de « moins certaine ». Doronzo admet précisément que l’imposition n’est pas nécessairement distincte de l’onction elle-même : « La quatrième sentence enseigne que la matière valide consiste dans l’onction et dans l’imposition des mains qui, de fait, ne se distingue pas matériellement de l’onction [...] bien que l’une et l’autre soient jointes dans une seule et unique action matérielle. » Perrone, De Augustinis, Hurter, Pesch, Hugon, Diekamp, D’Alès, Billot, Hervé et Cappello sont cités à l’appui de cette thèse. C’est précisément ce qu’a maintenu le rite de 1971.

2° Sur le pouvoir de détermination de l’Église : en rappelant que le Magistère n’a jamais défini dogmatiquement in specie la matière essentielle, Doronzo laisse précisément ouverte la question du pouvoir de détermination du signe sacramentel par l’autorité ecclésiale. C’est exactement ce qu’a fait Paul VI dans Divinae consortium naturae, comme Pie XII l’avait fait pour le sacrement de l’Ordre dans Sacramentum Ordinis.
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