Le Forum Catholique
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N.M. - 2026-05-25 12:21:13
Le problème
Le problème n'est évidemment pas au niveau de la forme, dans le nouveau rite du sacrement de Confirmation, je veux dire dans l'édition latine typique (les traductions, y compris officielle, c'est peut-être une autre affaire).
En effet, l’Église a (évidemment) toujours admis la validité de la forme en usage dans les églises orientales, et la forme de 1971 lui est (du moins me semble-t-il) substantiellement identique.
En revanche, il y a un double problème au niveau de la matière.
1° La matière éloignée n'est plus nécessairement la même, à savoir l'huile d'olive ou un mélange d'huile d'olive et de baume (ce dernier, dans le rite traditionnel, est seulement de précepte, depuis au moins le VIe siècle, tandis que l'huile d'olive est d'usage universel et immémorial).
2° La matière prochaine, selon la sentence la plus sûre, et selon la tradition liturgique universelle est constituée non pas seulement par l'onction, mais par l'imposition des mains individuelle. Or, dans le rite de 1971, l'imposition des mains individuelle a disparu. Il subsiste, certes, une première imposition des mains, qui est générale, et qui existe aussi dans le rite romain traditionnel, mais qui n'a jamais été regardée comme matière prochaine du sacrement, notamment parce qu'elle est inexistante dans le rite grec, contrairement à la seconde imposition qui est individuelle.
Or les fondements scripturaires du sacrement de Confirmation sont tout de même les suivants :
"Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains et ils reçurent le Saint-Esprit." (Act., VIII, 14.)
"Et quand saint Paul leur eut imposé les mains, l'Esprit saint vint sur eux et ils se mirent à parler en langues et à prophétiser." (Act., XIX, 6.)
Bien sûr, on peut tenter de se raccrocher aux branches, en faisant valoir que le sacrement de Confirmation n'a été divinement institué qu'in genere, et non in specie, laissant à l'autorité de l’Église un large pouvoir de détermination du signe sacramentel (vaste question) : l'imposition individuelle des mains pourrait dès lors cesser d'être matière prochaine.
Mais cette opinion s'harmonise fort mal avec le double témoignage des Actes des apôtres - et ces derniers (les apôtres) n'ont d'ailleurs pas seulement pouvoir (contrairement à leurs successeurs) pour conserver la foi et les sacrements de la foi, mais aussi pour les promulguer.
En outre, on ne peut pas, en matière sacramentelle, s'appuyer en tout et pour tout sur une opinion théologique (Paul VI - vous savez ce que j'en pense - n'a d'ailleurs pas prétendu trancher cette question, sauf à penser que la promulgation du nouveau rite par Paul VI, supposément légitime, vienne signifier ipso facto, encore une fois contre la lecture la plus obvie des sources scripturaires, que le sacrement de Confirmation n'a été divinement institué qu'in genere.)
Conclusion : il y a donc bel et bien un doute positif et probable, relatif à la matière prochaine et à la matière éloignée dans le nouveau rite du sacrement de Confirmation, et Mgr Lefebvre ou d'autres évêques de son vivant ou après lui sont fondés à administrer le sacrement de Confirmation sous condition.
Bien sûr, ce problème et tant d'autres, n'est pas sans de graves implications d'ordre ecclésiologique, car l’autorité dans l’Église est indéfectible, notamment dans la conservation pure et certaine de la foi et des sacrements de la foi.
Bonne et sainte octave de la Pentecôte (que Paul VI a prétendu supprimer)
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