Le Forum Catholique
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Jean-Paul PARFU - 2026-05-22 20:39:38
La confirmation
"en Occident, demeura un ministère proprement épiscopal, jusqu’en 1946 où le pape Pie XII autorisa les prêtres à donner exceptionnellement ce sacrement en cas de danger de mort. Allant plus loin, la réforme conciliaire autorise les évêques à déléguer des prêtres à sa distribution dans les paroisses. Facilités regrettables qui font rapidement disparaître le rapport intime de ce sacrement avec le ministère épiscopal, et la distribution des “ charismes ” de l’Esprit-Saint selon les besoins du corps ecclésial, selon le bien du diocèse.
Certes, la confirmation a pour premier effet la sanctification individuelle des fidèles qui la reçoivent. Par là, elle prend place, dans “ l’initiation chrétienne ”, entre le baptême qui l’inaugure et l’Eucharistie qui la parfait. Mais si nous méditons sur ses effets visibles, extraordinaires,“ charismatiques ”, dans les premiers temps de l’Église, d’après les Actes et les Épîtres des saints Apôtres, l’Onction du Saint-Esprit nous paraît beaucoup plus orientée vers les services multiples et divers de la communauté ...
« Tout le montre dans ses rites, c’est son aspect social qui donne à la confirmation son caractère vraiment original. Ce qui est alors conféré, c’est l’Esprit des lois, c’est l’Esprit de corps, c’est l’Esprit de l’Église... Tout parle ici de vocation active, de fonction dans l’Église, de mission commandée par le Pasteur du diocèse au chrétien aguerri. Ce don vient épanouir la vocation sociale du chrétien. » Tel est le changement, telle est la promotion du chrétien qui arrive à l’âge des choix et des responsabilités. Nourri, éduqué, protégé par l’Église depuis son baptême, il est temps qu’à son tour il la serve en répandant sa doctrine, en se dévouant à ses œuvres, en combattant ses ennemis, en témoignant de sa foi, fût-ce jusqu’au martyre.
Saint Thomas d'Aquin explique : « Dans le baptême, l’homme reçoit le pouvoir de faire ce qui concerne son propre salut, en tant qu’il vit pour lui-même ; mais dans la confirmation, il reçoit le pouvoir de faire ce qui concerne la lutte spirituelle contre les ennemis de la foi. » Et encore : « La confirmation arme et équipe ceux qui sont conservés en vie pour les luttes et les combats de ce monde. Bien que le baptisé soit devenu membre de l’Église, il n’est pas encore enrôlé dans la milice chrétienne. C’est pourquoi il doit être présenté à l’évêque, comme au chef de cette armée, par un autre qui est déjà enrôlé dans la milice chrétienne, son parrain. » (Sum. theol., IIIa, quest. 72). ici
Ce rapport entre l'évêque et le confirmand était symbolisé dans certaines régions, notamment en Italie, par le port du "chrémeau" par les confirmands comme pour les prêtres sacrés évêques.
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