Le Forum Catholique
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Réginald - 2026-05-07 06:01:49
autre pièce au débat
Je rajoute une pièce au débat en citant cet article de l’abbé Gérard Mura, professeur au séminaire de Zaitzkofen de la FSSPX :
« Pour qu’un sacre soit licite et catholique, la non-opposition du souverain pontife à la consécration n’est, en effet, pas suffisante à elle seule. Il faut, de plus, que le nouvel évêque soit agrégé au collège épiscopal et ainsi reçu en tant qu’évêque dans la communion ecclésiale sous l’autorité du pape.
[…] De plus, il est très important de noter que cette réception dans le collège épiscopal doit être obtenue sous l’autorité du pape actuel, en tant que chef de la hiérarchie ecclésiastique et dispensateur premier des biens du salut. Le recours à la “dimension invisible et spirituelle de l’Église”, à un “pape futur”, aux “papes traditionnels”, à la notion abstraite de “tradition”, n’a strictement aucune valeur en ce cas. »
(abbé Gérard Mura, Les sacres épiscopaux de 1988 – Étude théologique (IV), Le Sel de la terre, n° 8, p. 28-44)
Le point de départ est ici profondément catholique : l’épiscopat n’est pas une simple réalité sacramentelle. Un évêque n’est pleinement évêque catholique qu’en tant qu’il est reçu dans la communion hiérarchique sous l’autorité du pape actuel.
Mais, après ce rappel très juste, l’auteur développe une solution extrêmement capillotractée. Il transpose au domaine juridique et ecclésiologique une distinction issue de la psychologie morale : la volonté seconde et la volonté première.
En substance :
• par sa volonté seconde (actuelle et explicite), le Pape refuse les sacres ;
• mais par sa volonté première (plus profonde), il voudrait malgré tout assurer le salut des âmes, et approuverait donc implicitement ces mêmes sacres.
En d'autres termes : « Je n’obéis pas à ce que le pape dit explicitement, mais à ce que le pape devrait vouloir en tant que pape. »
On finit ainsi par opposer la volonté explicite du Pontife romain à une volonté pontificale supposée plus profonde, reconstruite par des tiers. L’ironie est que l’A. commence justement par rejeter tout recours à une « Église invisible », à un « pape futur » ou à une « tradition abstraite » contre le pape actuel… pour finalement reconstruire une forme de volonté implicite supérieure aux actes explicites du pape lui-même.
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