Clarification et précisions:
Le Forum Catholique
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Lys - 2026-05-05 17:21:09
Clarification et précisions:
1) Mon opinion personelle est que le rite romain a d’excellentes raisons d’avoir verrouillé le célibat de leur prêtre : se donner entier à Dieu par ce renoncement.
Cela permet une lecture claire, nette et précise de leur choix radical : le sacerdoce.
2) tout nos derniers papes ont réitérés clairement cette position, il faut donc s’y soumettre sans conditions, comme toute décisions d’Eglise (conciles, catéchismes, liturgies)
3) il convient cependant de noter deux choses :
la première est la nouvelle autorisation dont bénéficie les prêtres catholiques mariés (d’autres rites catholiques) à officier en « terre de rite latin », qu’il faut donc là aussi accepter sans conditions, (voir l’article ci-dessous)
la seconde est la crise des vocations actuelles, qui contrairement à d’autres époques fleurissantes, induit de se poser la question des diacres mariés qui souhaiteraient devenir prêtre, bien encadré par un délai et une solide formation,
cela donnerai par exemple des fidèles catholiques qui montent en puissance passant par :
le mariage catholique et l’expérience de père de famille,
puis l’implication grandissante dans leurs paroisses jusqu’au diaconat ,
et enfin la reprise d’une formation jusqu’au sacerdoce.
La question mérite d’être traitée par les autorités, et pour nous d’y réfléchir, voilà.
(Aucunement question de se marier après le sacerdoce.)
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« Comment le pape a autorisé les prêtres mariés orientaux en Occident
C’est une nouveauté dont l’importance symbolique est loin d’être négligeable. Le pape François a autorisé les communautés catholiques orientales répandues en diaspora (hors de leur berceau du Proche et Moyen Orient) à pouvoir disposer de prêtres mariés. Jusqu’à maintenant, Rome contraignait ces communautés de diaspora (maronites, chaldéennes, melkites, etc.) à recourir à des prêtres célibataires de leurs Églises respectives, au motif qu’elles se trouvent sur des territoires où il n’existe que des prêtres célibataires dans l’Eglise (comme l’Europe, l’Océanie, l’Amérique ou l’Afrique). Le pape en finit donc avec l’idée qu’il ne faut pas que, en Occident, les fidèles des Églises catholiques de rite latin “voient” des prêtres mariés chez leurs frères catholiques des Églises orientales.
La décision du pape a été prise le 23 décembre 2013 lors d’une audience avec le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, mais n’a été couchée sur le papier que le 14 juin 2014. Elle met fin à une longue controverse initiée dans les années 1880 aux États-Unis. A l’époque, les évêques catholiques latins s’étaient insurgés contre la présence de prêtres mariés parmi les émigrés de l’Église catholique ruthénienne (de l’Ukraine occidentale), ce qui avait conduit à leur interdiction en 1890, puis à l’interdiction catégorique d’ordonner des hommes mariés dans cette Église, en 1930, à la suite de quoi 200.000 fidèles avaient rejoint l’Église orthodoxe. Parallèlement, un décret romain de 1929 avait prohibé la présence de prêtres mariés pour toutes les Églises orientales, en Amérique du Nord et du sud, au Canada et en Australie, et la mesure s’était étendue au territoire d’Europe occidentale.
Ces dernières années, le problème était revenu sur la table de la Congrégation pour les Églises orientales, et aussi de celle de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, comme l’explique le décret publié en juin dernier, mentionnant la possibilité d’exceptions, permises par la volonté de Benoît XVI. En effet, les Eglises n’avaient plus les moyens de fournir leurs diasporas respectives en prêtres célibataires. Le sujet avait aussi été abordé lors du Synode pour le Moyen-Orient en 2010, notamment par la voix de l’archevêque de Paris, André Vingt-Trois, qui appelait à un assouplissement de la pratique.
Dans son décret du 14 juin 2014, le cardinal préfet de la Congrégation pour les Églises orientales précise que la situation devait aussi évoluer en raison de la nouveauté introduite par le Motu proprio Anglicanorum Coetibus de 2009, autorisant, sur les territoires des Églises latines, la présence d’ordinariats (diocèses non territoriaux) où exercent des prêtres mariés convertis de l’anglicanisme (ex-prêtres anglicans qui ont été ordonnés prêtres catholiques). Il devenait donc impossible de continuer à légitimer la non-présence de prêtres mariés en territoires canoniques “latins”.
On pourrait aussi interpréter cette décision de François comme une volonté d’ouvrir le dossier de l’ordination, pour l’Église latine, d’hommes mariés qui ne seraient pas d’anciens ministre du culte protestant ou anglican (ils sont déjà plusieurs centaines). En mai dernier, le pape avait en effet déclaré que “la porte était toujours ouverte”, interrogé sur le célibat des prêtres dans l’avion qui le ramenait de Terre Sainte.
Selon l’interprétation la plus plausible, il ne s’agirait pas d’autoriser les prêtres célibataires à convoler, mais de la possibilité d’ordonner des hommes mariés à la solidité éprouvée (viri probati), une hypothèse régulièrement évoquée. Interrogé par un évêque brésilien, au printemps dernier, le pape aurait répondu que c’était à la base de faire des propositions en ce sens. Une vision cohérente avec la volonté du pape de donner aux Églises locales une autonomie doctrinale (cf. Evangelii Gaudium, articles 35 à 37), mais qui se démarque de l’idée selon laquelle une telle décision devrait s’élaborer au niveau de l’Église universelle, lors d’un éventuel Vatican III ou dans le cadre d’un synode romain »
[ source : la Vie 18.11.2014 ]
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=998743