Vigile en fin d'après-midi

Le Forum Catholique

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Alexandre -  2026-03-28 16:02:49

Vigile en fin d'après-midi


La Vigile pascale le samedi matin à mon avis était une aberration, même si son basculement le soir (après la nuit tombée) est aussi contestable ; il me semble qu’elle devrait commencer à la fin du jour (donc vers 19h) et s’achever au début de la nuit avec les premières vêpres (et non pas les laudes comme après la réforme de 1955).


Étonnante proposition, qui ferait une vigile pascale ultra-rapide (début "à la fin du jour [donc vers 19h]" et fin "au début de la nuit" ; vous n'êtes donc pas partisan des textes d'avant 1951-55...). D'autre part, elle contredit l’origine de cette célébration. Sans aller chercher les historiens les plus pointus de la Liturgie, on peut déjà lire ce qu’en disent deux illustres bénédictins :

- dom Guéranger (†1875) :
Depuis environ huit siècles, une modification importante s’est introduite, en ce jour, dans les Églises de l’Occident, relativement à la célébration de la Messe. On (…) a cru devoir anticiper à cette journée la Messe qui se célébrait durant la nuit prochaine, vers l’heure de la résurrection du Sauveur. (…) Dans les premiers siècles, les fidèles veillaient toute la nuit à l’église, en attendant le moment où le Christ triomphant de la mort s’échappa du sépulcre.
(Année liturgique, La Semaine sainte, Samedi saint, l’office du matin)

- ou encore le bienheureux cardinal Schuster (†1954) :
Le samedi pascal comportait dans l’antiquité un jeûne si rigoureux qu’il se prolongeait du vendredi [saint au] soir jusqu’à l’aurore de la résurrection.
(Liber Sacramentorum, 1929, t. III : La sainte Liturgie de la Septuagésime à Pâques [La Nouvelle Alliance par le Sang du Rédempteur], p. 270.)

La tradition de passer en prière la nuit du samedi au dimanche pascal est fort ancienne. Tertullien en parle comme d’une loi dont on ignore l’institution, et de laquelle personne ne pouvait s’exempter. Ce ne fut que dans le bas moyen âge que la cérémonie fut anticipée définitivement et célébrée l’après-midi, et plus tard, avancée même jusqu’à la matinée du samedi saint.
(Liber Sacramentorum, t. IV : Le baptême dans l’Esprit et dans le feu [La sainte Liturgie durant le cycle pascal], p. 60.)

Le samedi saint nous conserve encore sans trop d’altérations le type primitif de la messe matinale qui, dans les trois premiers siècles, mettait fin à la vigile dominicale.
(Ibidem, p. 85)

Sans compter les textes mêmes de la messe de la Vigile pascale…

Quant au jeudi saint, pourquoi tout simplement ne pas célébrer la messe… après None, comme le prescrivent les livres même antérieurs à 1955 ? Possible dans un monastère, mais en paroisse, la quête risque d’être maigre !

Enfin, dernière petite observation : il me semble avoir lu sous la plume d’un liturgiste que l’anticipation des célébrations du triduum au matin correspondait au glissement progressif de l'heure de la rupture du jeûne quadragésimal. N’oublions pas en effet que jusqu’en 1953, il fallait un jeûne naturel strict (aucune nourriture ni boisson) depuis minuit précédent pour communier…
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