« qu’est-ce qu’un protestant athée ?» (Le Point)
Le Forum Catholique
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Cristo - 2026-03-26 12:42:17
« qu’est-ce qu’un protestant athée ?» (Le Point)
Tout cela ne nous dit pas comment cet adepte de la RPR pouvait être par ailleurs marxiste d’obédience trotskyste …
Et pour rappel, c’est l’initiateur du PACS.
Obsèques de Lionel Jospin : qu’est-ce qu’un « protestant athée ? »
Élevé dans le protestantisme, l’ancien Premier ministre n’était ni pratiquant ni croyant mais revendiquait une identité nourrie de religion réformée.
Par Anne Kerloc'h
Rédactrice en chef Réseaux Sociaux & Vidéo
Publié le 26/03/2026
«Un protestant athée. » Ainsi se définissait Lionel Jospin. Ce jeudi, un hommage national sera rendu à l’ancien Premier ministre socialiste. Une cérémonie ouverte au public aura lieu au cimetière Montparnasse. Mais aucun lieu de culte protestant n’a été évoqué, contrairement à son homologue socialiste Michel Rocard, qui avait tenu à un service d’action de grâces à l’Église protestante Unie de l’Étoile, que fréquentait sa mère.
Ni orgue ni cantiques donc, mais néanmoins la Une du journal Réforme, qui, en plusieurs articles et entretiens donnés par l’ancien Premier ministre, explore les contours de cet oxymore relatif : « protestant athée ».
Aux origines d’un engagement
« Lionel Jospin a souvent fait allusion à sa culture et à son enfance protestantes, bien qu’il se soit par la suite défini comme athée ou étranger à la religion, détaille Stéphane Lutz-Sorg, le rédacteur en chef de Réforme. Comme le souligne l’historien André Encrevé dans un des articles, ses parents étaient tous deux des protestants engagés, tant dans leur foi que dans la vie de la cité. Son père fondait son pacifisme intégral sur ses convictions chrétiennes. Sa mère, sage-femme et militante de gauche, est restée fidèle à ses principes de liberté jusqu’au bout : à 92 ans, elle a choisi de mettre fin à ses jours, illustrant son combat pour le droit de mourir dans la dignité. » Pour compléter le tableau de cette famille « fervente », son grand-oncle Héliodore Jospin était pasteur, alors que son grand-père, Georges Jospin, exerça ponctuellement des fonctions d’évangéliste.
Lors d’une interview à l’hebdomadaire protestant, en 1981, Lionel Jospin, « langue agile » chez les Éclaireurs unionistes, évoque le terreau familial religieux comme la source de sa formation intellectuelle et de son engagement politique. En partage et transmission : « L’amour de la liberté […] le peu de goût pour l’hypocrisie, pour des formes pompeuses de la manifestation du sentiment religieux ». Mais aussi « Esprit critique, volonté de réforme, justice sociale ». Un esprit critique souvent associé au principe du libre examen des textes bibliques et au sacerdoce universel : « Tout protestant fut pape, la Bible à la main », ironisait en son temps Nicolas Boileau.
Dans les yeux et hommages des autres, les substantifs et adjectifs accolés à Lionel Jospin résonnent aussi singulièrement avec ceux donnés à la confession protestante : il y est question de la « rigueur » et de la « droiture » , d’un homme « sobre », « exigeant », « austère », voire « rigide ».
Une mémoire huguenote qui survit à la foi
« Dans l’imaginaire collectif, le protestantisme est indissociable de l’austérité et de la rigueur » relève Stéphane Lutz-Sorg. À l’image des pasteurs en robe noire, docteurs de la foi experts en exégèse, du dépouillement de la liturgie et des lieux de culte, sans ornements ni pompe, à peine décorés parfois d’une croix nue.
À cette éthique de la simplicité et de l’étude s’ajoute une composante singulière, propre à l’histoire des protestants en France : « C’est l’héritage huguenot, poursuit Stéphane Lutz-Sorg. Une mémoire collective marquée par les persécutions, l’exil, la résistance. » Pauline Kergomard, pédagogue, féministe et militante de l’école laïque de Jules Ferry, se disait ainsi « agnostique » autant que « vieille huguenote ». Durant la Seconde Guerre mondiale, on voit des protestants quitter leur domicile pour se réfugier dans les Cévennes, réflexe et réminiscence de la résistance camisarde.
De cet héritage douloureux et combatif s’imprime au fil des générations un refus des abus de pouvoir, la défense de la liberté de conscience, l’attention aux exilés et migrants, un art du dialogue et de l’incorporation des différences – Jospin fut un pionnier de la gauche plurielle-. « Parce que le protestantisme français a toujours été historiquement ultra-minoritaire, il a développé une sensibilité particulière pour la défense des droits des plus faibles et le respect de toutes les minorités », rappelle Stéphane Lutz-Sorg.
Aujourd’hui, alors que selon un sondage Ifop de 2025, 26 % de personnes se définissent comme protestants sans jamais aller au culte et 33 % déclarent ne jamais lire la Bible, les « protestants culturels », « huguenots agnostiques », « protestants et athées » constituent une part importante du paysage religieux actuel, constate le rédacteur en chef de Réforme, qui accueille dans ses pages des portraits de personnalités qui évoquent leur foi, mais aussi souvent une transmission familiale et culturelle : « Pour beaucoup de descendants de huguenots, l’empreinte de l’Histoire est parfois plus forte que la croyance en Dieu. Cette mémoire de la résistance à la persécution forge une identité singulière. »
https://www.lepoint.fr/politique/obseques-de-lionel-jospin-quest-ce-quun-protestant-athee-HEJACPSI2BDPJMK356PZCM2KI4/
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