Exhortation de Notre Dame sur l'état de grâce
Le Forum Catholique
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Eti Lène - 2026-02-09 15:32:51
Exhortation de Notre Dame sur l'état de grâce
Citation du texte original de Marie d'Agréda, vénérable religieuse espagnole du XVIIème siècle, dont le Père Guéranger un "ultradi" du XIXème siècle qui a été expert au Concile Vatican I a parlé de ces six tomes de 600 pages comme de "génie humain" (source : "Vie divine de la sainte Vierge" résumée édition de 1916 approuvée par de nombreux évêques) car la précision théologique de ses écrits ne peut s'accorder avec la science toute imparfaite de cette religieuse franciscaine. Voici l'exhortation telle quelle (sans résumé ni modification) de la Sainte Vierge Elle-même sur le passage qui concerne la sanctification de Saint Jean-Baptiste lors de la Visitation :
"Ma fille, afin que votre cœur soit toujours plus embrasé de la flamme du désir que vous avez continuellement d'acquérir la grâce et l'amitié de Dieu, je souhaite que vous connaissiez la grande dignité, l'excellence et la félicité de l'âme qui parvient à en être embellie; mais cette beauté est si ravissante et d'un si haut prix, que toutes mes explications ne suffiront point pour vous en donner une juste idée, et il vous sera encore moins possible de l'exprimer par des paroles. Contemplez le Seigneur, et regardez-le à la divine lumière dont il vous éclaire; elle vous fera voir qu'il lui est bien plus glorieux de justifier une seule âme que d'avoir créé tous les globes du ciel et de la terre, avec cette suprême perfection qu'ils présentent. Que si les créatures connaissent la grandeur et la puissance de Dieu par ces merveilles, dont elles n'aperçoivent la plupart que par leurs sens corporels, que diraient-elles, que penseraient-elles, si elles voyaient de leurs yeux de l'âme les charmes ineffables que la grâce répand sur tant de créatures capables de la recevoir ?
Ce ne sont points des mots, ce ne sont point des phrases qui peuvent faire comprendre ce que sont ces communications du Seigneur, cette participation aux perfections divines, dont fait jouir la grâce sanctifiante : on en dit fort peu de choses en l'appelant plus pure et plus blanche que la neige, plus brillante que le soleil, plus précieuse que l'or et les pierreries, plus douce, plus aimable, plus agréable que les dons les plus riches, que les caresses les plus délicieuses; plus belle enfin que tout ce que les créatures peuvent rêver dans leurs désirs. Considérez aussi, ma fille, la laideur du péché, afin que vous puissiez arriver à une plus grande connaissance de la grâce par son contraire: car les ténèbres, la corruption, les choses les plus horribles et les plus monstrueuses n'en sauraient figurer la difformité et la puanteur. Les martyrs et les saints l'ont bien compris, puisque, pour acquérir et conserver cette beauté, et pour ne pas tomber dans cet abîme de malheur, ils n'ont appréhendé ni les prisons, ni les ignominies, ni le feu, ni les bêtes féroces, ni les rasoirs, ni les tourments, ni la longueur des peines et des douleurs, ni la mort même. Tout cela ne vaut et ne pèse que bien peu de choses; tout cela ne doit se compter pour rien, s'il s'agit de s'élever d'un seul degré sur l'échelle de la grâce. Et ce degré, et successivement beaucoup d'autres degrés peuvent être franchis par une âme, fût-elle la plus rabaissée par le monde. Voilà ce qu'ignorent les hommes qui n'estiment et ne convoitent que la beauté passagère et trompeuse des créatures, et à qui les objets qui en sont dépourvus paraissent vils et méprisables.
Par tout ce que je viens de dire, vous jugerez jusqu'à un certain point du bienfait que le Verbe incarné fit à son précurseur dans le sein de sa mère. Lui-même l'apprécia, et c'est pourquoi il tressaillit de la joie la plus vive. Vous saurez aussi ce que vous devez faire, et ce que vous devez souffrir pour acquérir et conserver ce bonheur, et pour ne point ternir une si grande beauté par le moindre péché, pour ne point en retarder le développement par la plus légère imperfection. Je veux qu'en imitant ce que je fis dans la visite que je rendis à ma cousine Élisabeth, vous n'acceptiez ni ne recherchiez aucune amitié humaine, et que, parmi les créatures, vous ne fréquentiez que celles avec qui vous pouvez et devez parler des œuvres et des mystère du Très-Haut, et qui peuvent vous enseigner le véritable chemin de son bon plaisir. Et quelques grands que soient vos embarras et vos occupations, qu'ils ne vous fassent jamais oublier les exercices spirituels et les règlements de la vie parfaite, parce qu'on doit les observer et les suivre, non seulement dans la tranquillité, mais encore dans les contradictions, dans les difficultés et dans les occupations les plus pénibles, d'autant plus que la nature imparfaite se relâche à la moindre occasion."
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