Le Forum Catholique
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Signo - 2026-01-22 17:17:37
On avance
Donc vous reconnaissez que le missel de Paul VI n’est qu’une concrétisation possible des orientations de SC.
Autrement dit: la réforme aurait pu déboucher sur une liturgie totalement différente.
Le problème est que sur bien des points, et parmi les plus importants, la nouvelle liturgie ne vas pas seulement au delà des orientations conciliaires (ce qui est déjà problématique en soi). Elle va frontalement à l’encontre de certaines orientations du concile. Un exemple bien connu (et décisif):
L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place.
SC, 116
Or que lit-on dans la PGMR? Pour chacune des étapes de la messe (Introït, graduel, alléluia, offertoire, communion), le recours au grégorien devient optionnel et est réduit à n’être qu’une possibilité parmi d’autres. Ce qui inévitablement amène de facto sa disparition (avec l’approbation de la totalité de la hiérarchie) comme on le constate dans 99% des célébrations selon les nouveaux livres liturgiques. Ce qui amène concrètement à une liturgie objectivement contraire aux directives conciliaires les plus explicites.
Or, il faut bien comprendre que sans grégorien il n’y a plus de liturgie romaine, et d’une manière générale sans chant sacré il n’y a plus de liturgie du tout. La liturgie c’est d’abord le chant. Non seulement c’est ce que dit le paragraphe 116 du concile en parlant du grégorien comme « chant propre » de la liturgie romaine (comprendre: sans grégorien, la liturgie romaine est amputée d’une composante qui lui est essentielle), mais c’est aussi l’un des acquis les plus fondamentaux de tout le mouvement liturgique depuis ses origines.
Ce dernier en effet est apparu précisément pour lutter contre tout ce qu’est aujourd’hui concrètement la liturgie de Paul VI: des célébrations sentimentales saupoudrées de cantiques mièvres sans racines dans les sources bibliques du culte chrétien.
Au contraire, le mouvement liturgique initial a valorisé le grégorien parce que ce dernier est un répertoire proprement liturgique, et aussi parce qu’il est un répertoire composé à 90% de textes bibliques. Or toute liturgie authentique est nécessairement imprégnée d’esprit biblique , d’atmosphère biblique déclinée ici sous une forme latine. Bien plus que la multiplication des lectures, c’est d’abord par le chant sacré que les fidèles sont plongés dans l’atmosphère de l’Ecriture sainte.
Par conséquent, avaliser la disparition du chant grégorien comme le fait la liturgie de Paul VI, c’est non seulement aller contre la lettre de Vatican II [cf. le paragraphe 116], mais plus encore contre son esprit [cad. les intuitions les plus fondamentales du mouvement liturgique].
Mais surtout, en dehors de la citation -relevant purement du positivisme juridique- que vous faites de l’instruction In Oecumenici de 1964, sur quels éléments précis et factuels vous fondez-vous pour écarter l’édition de 1965 du projet conciliaire?
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=995264