Le Forum Catholique
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Signo - 2026-01-13 23:18:48
Faux
1. Il n’y a pas de « rite romain universel ». Le rite romain n’a jamais été rien d’autre que le rite d’une Eglise particulière, celle de Rome, progressivement étendu à tout l’Occident latin, de manière très tardive pour ce qui est de son aire actuelle (XIXe voire XXe siècle, pas avant). Il n’a jamais été un rite universel dans l’Eglise catholique, même dans le monde latin (en dehors de celui-ci je n’en parle même pas).
2. Je ne comprends pas ce que vous décrivez dans votre point 2. Selon l’ecclésiologie traditionnelle, toute Eglise locale dirigée par un évêque pourrait dans l’absolu être autonome sur le plan liturgique et avoir son propre rite. Par ailleurs la coexistence de plusieurs rites a toujours existé, partout. À Lyon pendant des siècles le rite lyonnais côtoyait le romain (pratiqué chez les franciscains), le dominicain, etc. Pareil à Milan qui avait son propre rite bien distinct du romain. En Italie il y a longtemps eu des communautés de rite grec aux côtés du rite romain.
3. J’ai longtemps milité en faveur de la « réforme de la réforme ». Cette dernière représente une généreuse tentative de réparer les dégâts de la réforme liturgique de 1969. Hélas, c’est peine perdue, pour plusieurs raisons: d’abord côté pratiquants du missel de Paul VI en dehors de quelques cercles ultra minoritaires, personne n’en veut, la majorité considérant qu’une telle réforme de la réforme constituerait un « retour en arrière ». Le courant néo-bugniniste très hostile à cette idée est puissant en Italie et dans le clergé italien. La rupture opérée par la révolution liturgique des années 1960, officialisée dans la réforme de Bugnini, est trop profonde pour espérer un quelconque rapprochement. Ce ne sont pas seulement des différences de rite. C’est une toute autre atmosphère, un tout autre rapport à la ritualité, au symbolisme, à la tradition. La liturgie de Paul VI reflète la mentalité progressiste et rationaliste des années 1960. Elle représente un basculement dans un autre monde.
A partir du moment où les deux rites représentent de facto, non pas seulement deux éditions d’un même missel, mais des rites différents, et que l’ancien rite romain est pratiqué par des centaines de milliers de fidèles dans le monde, on peut considérer que l’on est là face à une réalité comparable aux communautés anglicanes réunies à Rome, ou bien à certaines Églises orientales. Dès lors, il convient de donner à ces communautés toute l’autonomie sacramentelle et ecclésiale pour garantir pour eux la possibilité de vivre de la liturgie à laquelle ils sont attachés tout en restant dans la communion de l’Eglise universelle.
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