Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
Ludwik - 2025-12-30 12:15:03
Questions passionnantes
Hélas, je n’ai pas les connaissances suffisantes pour répondre.
Le seul élément que je puisse apporter concerne le problème de la classification des rites à Rome, et ce jusqu’à Léon XIII inclus.
Léon XIII, qui fut le plus grand pape de l’Orient chrétien — et le mot est faible.
Benoît XIV fut le premier à tenter de classer les rites orientaux, en 1755.
Sa classification se fondait sur la langue liturgique. Il en distinguait quatre (grec, arménien, syriaque, copte) et les divisait en deux catégories : ceux qui employaient le pain azyme et ceux qui utilisaient le pain fermenté.
On voit immédiatement le problème : il s’agit là de deux éléments extérieurs aux rites.
Pour la langue, cela est évident : les rites romain, ambrosien et mozarabe partagent la même langue latine.
De plus, le rite romain lui-même est célébré en deux langues : le latin et le vieux slave (messe glagolitique).
Quant à la matière du pain eucharistique, cela n’a guère plus de pertinence :
– le rite arménien, pourtant très proche du rite grec, a toujours employé l’azyme ;
– les maronites sont passés tardivement à l’azyme, etc.
J’en déduis donc que la distinction claire entre les différents rites est en réalité très récente, que l’Église a longtemps manqué de connaissances précises sur ce sujet, les Orientaux eux-mêmes n’étant pas nécessairement plus savants quant à leur propre histoire.
À partir de là, j’en tire une supposition — ou plutôt une question un peu hâtive : les rites mozarabe et ambrosien étaient-ils considérés, à l’époque, comme des rites réellement distincts du rite romain ?
Par ailleurs, jusqu’à Léon XIII exclus, le rite romain est considéré comme un rite « supérieur », du moins dans la pratique. Cela n’a certainement pas favorisé la conservation de rites qui n’étaient pas protégés par la géographie, la langue, etc.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=994680