"Fatima et l'explication simple de la crise dans l'Église catholique"
Le Forum Catholique
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Vistemboir2 - 2025-12-06 17:51:06
"Fatima et l'explication simple de la crise dans l'Église catholique"
Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 5 décembre 2025 sur The Remnant sous le titre : « Fatima and the Simple Explanation of the Crisis in the Catholic Church ».
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C'est très simple : nous sommes confrontés à la désorientation spirituelle prédite par Notre-Dame de Fatima parce que « Vatican II a démoli pièce par pièce l'échafaudage construit par Notre-Seigneur, et ce qui restait debout [a été] rasé pendant les pontificats suivants ». En rejetant les avertissements des papes d'avant Vatican II, Jean XXIII et les architectes du Concile ont provoqué le « suicide de l'altération de la foi » prédit par Pie XII.
Quelques années avant son élection à la papauté, le cardinal Eugenio Pacelli (le futur Pie XII) lança un avertissement solennel, fondé sur sa compréhension des messages de Notre-Dame de Fatima :
"Je suis inquiet des messages de la Vierge Marie à Lucie de Fatima. Cette insistance de Marie face aux dangers qui menacent l’Église est un avertissement divin contre le suicide que représente l’altération de la Foi, de sa liturgie, de sa théologie et de son âme… J’entends tout autour de moi des novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, éteindre la flamme universelle de l’Église, rejeter ses ornements et lui faire regretter son passé. Un jour viendra où le monde civilisé reniera son Dieu, où l’Église doutera comme Pierre. Elle sera tentée de croire que l’homme est devenu Dieu. Dans nos églises, les chrétiens chercheront en vain la lampe rouge où Dieu les attend. Comme Marie-Madeleine pleurant devant le tombeau vide, ils demanderont : “Où l’ont-ils emmené ?” "
Clairement, le Cardinal Pacelli connaissait les messages de Notre-Dame de Fatima et les jugeait crédibles. Si nous pouvions remonter le temps et discuter avec lui de ce que pourrait signifier « le suicide que représente l’altération de la Foi », il est fort probable qu’il décrirait une situation très semblable à celle que nous observons aujourd’hui. Aussi troublante que soit la crise actuelle, il est réconfortant de constater que Pie XII et d’autres savaient qu’un jour viendrait « où l’Église douterait comme Pierre », mais ils n’ont pas désespéré. Par la Vierge Marie, Dieu nous a avertis afin que nous soyons fortifiés pour ces temps difficiles.
Des décennies plus tard, en tant que pape, Pie XII publia en 1950 son encyclique Humani Generis, mettant en garde contre les erreurs menaçant de saper les fondements de la doctrine catholique. Humani Generis fut la dernière d'une longue série d'encycliques papales percutantes mettant en garde contre les erreurs devenues si répandues depuis Vatican II :
• Mirari Vos, encyclique du 15 août 1832 du pape Grégoire XVI sur le libéralisme et l'indifférentisme religieux
• Qui Pluribus, encyclique du 9 novembre 1846 du bienheureux Pie IX sur la foi et la religion
• Quanta Cura, encyclique du 8 décembre 1864 du bienheureux Pie IX condamnant les erreurs modernes (accompagnée du Syllabus sur les principales erreurs de notre temps)
• Libertas Praestantissimum, encyclique du 20 juin 1888 du pape Léon XIII sur la liberté humaine
• Pascendi Dominici Gregis, encyclique du 8 septembre 1907 de saint Pie X sur le modernisme
• Notre Charge Apostolique, encyclique du 25 août 1910 de saint Pie X sur le Sillon
• Serment antimoderniste, du 1er septembre 1910 de saint Pie X, que devait prêter le clergé
• Mortalium Animos, encyclique de Pie XI du 6 janvier 1928 sur l’unité de la véritable Église
• Humani Generis, encyclique de Pie XII du 12 août 1950 sur les fausses opinions menaçant de saper les fondements de la doctrine catholique
On pourrait ajouter d’autres encycliques à cette liste, mais celles-ci suffisent à condamner la quasi-totalité des erreurs qui affectent l’Église catholique aujourd’hui.
Dans son encyclique Humani Generis, Pie XII explique pourquoi les condamnations contenues dans ces encycliques demeurent contraignantes :
"Et l'on ne doit pas penser que ce qui est proposé dans les lettres Encycliques n'exige pas de soi l'assentiment, sous le prétexte que les Papes n'y exerceraient pas le pouvoir suprême de leur magistère. C'est bien, en effet, du magistère ordinaire que relève cet enseignement et pour ce magistère vaut aussi la parole : "Qui vous écoute, m'écoute... " [Lc 10,16] et le plus souvent ce qui est proposé et imposé dans les Encycliques appartient depuis longtemps d'ailleurs à la doctrine catholique. Que si dans leurs Actes, les Souverains Pontifes portent à dessein un jugement sur une question jusqu'alors disputée, il apparaît donc à tous que, conformément à l'esprit et à la volonté de ces mêmes Pontifes, cette question ne peut plus être tenue pour une question libre entre théologiens."
Comme nous pouvons le constater, Pie XII a fondé son raisonnement sur les paroles de Notre Seigneur : « Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous méprise me méprise ; celui qui me méprise méprise celui qui m’a envoyé » (Luc 10, 16).
Il en découle naturellement que quiconque rejetterait les avertissements papaux contenus dans les encycliques citées précédemment rejetterait Dieu. Si nous pouvions remonter le temps et demander à Pie XII ce qui se passerait si ses successeurs tentaient de réconcilier l’Église catholique avec les erreurs qu’il avait condamnées avec ses prédécesseurs, il nous dirait sans doute que cela équivaudrait à un « suicide par altération de la Foi ». C’est précisément ce que nous avons constaté depuis Vatican II.
Nous savons, d'après les témoignages de plusieurs personnes, que le Troisième Secret de Fatima se rapporte à une apostasie correspondant à ce que Pie XII décrivait comme le suicide consistant à altérer la Foi :
• « Le Troisième Secret prédit, entre autres, que la grande apostasie dans l'Église commence au sommet. » (Cardinal Luigi Ciappi, cité dans Le Secret toujours caché de Christopher Ferrara, p. 43)
• « [Le Troisième Secret] n'a rien à voir avec Gorbatchev. La Vierge Marie nous mettait en garde contre l'apostasie au sein de l'Église. » (Cardinal Silvio Oddi, Le Secret toujours caché, p. 42)
• « Si “au Portugal, le dogme de la Foi sera toujours préservé”, […] on peut clairement en déduire que dans d’autres parties de l’Église, ces dogmes vont s’obscurcir, voire disparaître complètement. Il est donc fort possible que, durant cette période intermédiaire en question (après 1960 et avant le triomphe du Cœur Immaculé de Marie), le texte fasse concrètement référence à la crise de la Foi de l’Église et à la négligence des pasteurs eux-mêmes… » (Père Joaquín Alonso, Le Secret toujours caché, p. 35)
Comme évoqué dans un article précédent, Sœur Lucie (la plus âgée des voyantes de Fatima) affirmait que la Vierge Marie souhaitait que le Troisième Secret soit révélé en 1960, car sa signification serait alors plus claire :
« Sœur Lucie a donné un autre indice précoce quant au contenu du Secret lorsqu’elle a insisté pour que l’évêque de Fatima promette que l’enveloppe scellée dans laquelle elle lui avait envoyé le Secret « serait assurément ouverte et lue au monde, soit à sa mort, soit en 1960, selon la première éventualité ». Sur l’enveloppe que Sœur Lucie avait décrite comme « une lettre », elle avait donc écrit : « Par ordre exprès de Notre-Dame, cette enveloppe ne peut être ouverte qu’en 1960 par le cardinal patriarche de Lisbonne ou l’évêque de Leiria. » Sœur Lucie a ensuite expliqué la signification de cette date au cardinal Ottaviani lors de son interrogatoire en 1955. Comme Ottaviani l’a révélé dans son discours public susmentionné : « Le message… » Il ne devait pas être ouvert avant 1960. J’ai demandé à sœur Lucie : « Pourquoi cette date ? » Elle a répondu : « Parce qu’alors ce sera plus clair. » En réponse à la même question posée par le chanoine Barthas en 1946, Lucie avait simplement répondu : « Parce que la Vierge Marie le veut. » (p. 24)
En 1960, Jean XXIII avait déjà annoncé son projet pour Vatican II et avait lancé le processus pour que le Concile se concentre sur l’œcuménisme. La conclusion qui s’impose est que le Troisième Secret concernait les changements qui allaient avoir lieu dans l’Église pendant Vatican II.
Le fait que cette conclusion évidente soit contestée par des membres de la hiérarchie n’est guère surprenant, compte tenu de la crise que traverse l’Église et de la quasi-certitude que le Troisième Secret est lié à l’apostasie au sommet de la hiérarchie. Autrement dit, pourquoi s’attendre à ce que ceux qui supervisent cette grande apostasie révèlent pleinement un secret de la Vierge Marie qui condamne de fait leurs agissements ?
Quoi qu'il en soit, il n'est pas nécessaire de connaître le contenu du Troisième Secret pour confirmer l'existence d'une grande apostasie, que Pie XII aurait reconnue comme le suicide que représente l'altération de la Foi. Nous pouvons le constater de visu. À titre d'exemple, prenons le cas d'Henri de Lubac. Bien que Pie XII n'ait pas condamné d'individus en particulier dans Humani Generis, il a néanmoins condamné les idées défendues par de Lubac. Dominique Bourmaud l'expliquait dans un article de 2012 consacré à de Lubac, Yves Congar et Karl Rahner :
"Pie XII n'accordait que peu d'importance à la nouvelle théologie et à ses maîtres d'avant-garde. Ils représentaient à ses yeux l'arrière-garde de la vieille vague moderniste si vigoureusement condamnée par saint Pie X dans Pascendi de 1907. Le pape réitéra d'ailleurs cette condamnation des nouvelles – anciennes – tendances dans Humani Generis : “D'autres [de Lubac] corrompent la véritable gratuité de l'ordre surnaturel, puisqu'ils tiennent que Dieu ne peut pas créer des êtres doués d'intelligence sans les ordonner et les appeler à la vision béatifique (…) Quelques-uns [de Lubac, Congar] réduisent à une formule vaine la nécessité d'appartenir à la véritable Église pour obtenir le salut éternel. D'autres enfin attaquent injustement le caractère rationnel de la crédibilité de la foi chrétienne.” "
Ainsi, sous Pie XII, de Lubac, au même titre que Rahner et Congar, fut soupçonné d'hérésie. Cela n'empêcha pas Jean XXIII de nommer ces trois hommes experts au Concile. Pour saisir l'importance du travail de de Lubac au Concile, il suffit de considérer les paroles du discours de Benoît XVI au clergé de Rome du 14 février 2013 -11- :
"Et ensuite, ceci était typique pendant tout le Concile : des petites rencontres transversales. J’ai ainsi connu de grandes figures comme le Père de Lubac, Daniélou, Congar, etc."
Ainsi, de Lubac (de même que Congar) avait été soupçonné d'hérésie sous Pie XII, mais fut loué par Benoît XVI six décennies plus tard comme une « grande figure » du Concile.
Dans son ouvrage Cent ans de modernisme, l’abbé Dominique Bourmaud décrit le rôle de de Lubac dans le développement du concept de « tradition vivante » :
"La “tradition vivante” de de Lubac, qu’il a trouvée chez Blondel, est un retour à la “loi de vie” de Loisy, par laquelle l’Église se déforme et se transforme jusqu’à devenir sa propre contradiction la plus parfaite. Les héritiers intellectuels de de Lubac, Ratzinger et Jean-Paul II, ont embrassé avec enthousiasme sa théorie. Une fois le modernisme triomphant sur la place Saint-Pierre, la tradition vivante s’est fondue dans l’Église conciliaire, sans lien nécessaire avec une quelconque transmission de la Révélation passée. Aujourd’hui, la tradition vivante qualifie de fausse la vérité d’hier et aujourd’hui de vérité ce qui était alors mensonge. La tradition vivante est remarquablement commode, permettant aux théologiens de rejeter à leur guise vingt siècles de magistère constant et cohérent, et de qualifier de “dispositions provisoires” la condamnation infaillible de la liberté religieuse, ainsi que les décisions anti-modernistes du début de ce siècle, en particulier celles de la Commission biblique. Elle justifie l’excommunication des quelques évêques qui restent en fonction. » Fidèles à la Tradition ! Les néo-modernistes peuvent légitimement s'enorgueillir de ce coup de génie qui fait d'une pierre deux coups : protéger la modernité et porter le coup de grâce à la Tradition apostolique, le tout au nom de la « Tradition vivante » !"
Le concept de « Tradition vivante » de de Lubac est une arme de pure sophistique, utilisée avec succès par les malfaiteurs comme par les dupes depuis six décennies pour détourner les âmes de la foi catholique et la remplacer par les erreurs que les papes d'avant Vatican II ont condamnées. Ceux qui ont des yeux pour voir le reconnaissent immédiatement. Pendant ce temps, ceux qui sont aveugles ou malveillants crient à l'hérésie et au schisme, accusant les catholiques traditionalistes de refuser de se soumettre aux erreurs que Pie XII a identifiées comme menaçant de saper les fondements de la doctrine catholique.
Enfin, nous pouvons nous référer à la description que fait de Lubac du Concile :
"« Le drame de Vatican II réside dans le fait qu'au lieu d'avoir été conduit par des saints, comme l'avait été le Concile de Trente, il fut monopolisé par des intellectuels. Il fut surtout monopolisé par certains théologiens, dont la théologie partait du principe qu'il fallait actualiser la foi selon les exigences du monde et l'émanciper d'une prétendue infériorité face à la civilisation moderne. La place de la théologie cessa d'être celle de la communauté chrétienne ; autrement dit, l'Église devint l'interprétation d'individus. En ce sens, la période post-conciliaire représenta la victoire du protestantisme au sein du catholicisme. » (cité dans Le Quatrième Secret de Fatima d'Antonio Socci, p. 202-203)"
De Lubac constatait que Vatican II avait engendré la « victoire du protestantisme au sein du catholicisme ». C'est encore plus vrai aujourd'hui avec le Synode sur la synodalité. De toute évidence, ceux qui nous ont affirmé que le Troisième Secret était lié à l'apostasie au plus haut niveau de l'Église semblaient avoir raison.
Pour en revenir à son ouvrage Cent ans de modernisme, l’abbé Bourmaud résume ainsi la crise :
"Pourtant, c’est un printemps qui a plongé l’Église dans un brouillard hivernal. Paul VI parlait d’incertitude, de scepticisme et de la fumée de Satan s’infiltrant dans l’Église. Jean-Paul II, parfois, s’écartait de son optimisme habituel et cédait devant l’évidence de la crise qui secouait l’Église. Le cardinal Ratzinger, son alter ego, a décrit en détail les plaies béantes de chacun des quatre continents chrétiens. Mélanie de La Salette et sœur Lucie de Fatima, les deux voyantes, ont prédit d’une seule voix la désorientation spirituelle, la perte du dogme de la Foi, l’éclipse de l’Église et le rôle néfaste de ceux qui se sont désignés comme pasteurs du troupeau. En soi, une telle crise n’a rien de nouveau ; la nouveauté réside dans son apparition soudaine et son intensité sans précédent. Ce qui est nouveau, c’est que l’enterrement de la tradition catholique dans son intégralité s’est fait avec une pompe et des cérémonies officielles, avec encens et messe pontificale solennelle. Déguisé en apothéose, Vatican II a démoli pièce par pièce l'édifice construit par notre Seigneur, et ce qui restait debout allait être rasé sous les pontificats suivants."
C'est très simple : nous sommes confrontés à la désorientation spirituelle annoncée par Notre-Dame de Fatima, car « Vatican II a démoli pièce par pièce l'édifice construit par notre Seigneur, et ce qui restait debout [a été] rasé sous les pontificats suivants ». En rejetant les avertissements des papes d'avant Vatican II, Jean XXIII et les architectes du Concile ont provoqué le « suicide que représente l’altération de la Foi » prédit par Pie XII.
Les catholiques fervents se demandent naturellement comment lutter contre cette situation. Nous devons bien sûr refuser les nouveautés condamnées par Pie XII et ses prédécesseurs, même si les innovateurs nous répètent avec véhémence que la « tradition vivante » de de Lubac signifie que l'erreur est devenue vérité et la vérité, erreur. De plus, il nous faut assurément nous attacher toujours plus étroitement à la messe en latin traditionnelle et à tout ce que l'Église a enseigné avant le Concile. Au-delà de cela, cependant, l'élément le plus important de la « solution » que nous pouvons mettre en œuvre est de faire ce que Notre-Dame de Fatima nous a demandé : cesser d'offenser Dieu par le péché, réciter dévotement le chapelet et aspirer à la sainteté. Si nous agissons ainsi, peut-être Dieu accordera-t-il bientôt à un pape la grâce nécessaire pour qu'il puisse consacrer dignement la Russie au Cœur Immaculé de Marie.
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !
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