Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume
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ami de la Miséricorde - 2025-09-22 22:20:19
Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume

CHAPITRE XXVII
(FIN DU PRECÉDENT.)
Voyons maintenant cette magnifique puissance en exercice. Sous Pompée, César et leurs dignes collègues, l’anarchie la plus complète règne dans Rome. Une seule autorité est reconnue, celle des augures. Caton veut être préteur ; Pompée ne le veut pas, et dissout l’assemblée par ce seul mot : Je prends les auspices, c’est-à-dire j’ai observé le ciel, et j’ai vu des présages dangereux (Plutarque, in Pomp..)
A la même époque (53 av. J.-C.), Cicéron écrit à Atticus : « Le tribun Scévola a empêché les comices, pour la nomination des consuls, en annonçant tous les jours qu’il observait le ciel, jusqu’à aujourd’hui 30 septembre, où j’écris ceci. » (Ad Attic., IV, 16 ; t. XVII, p. 440.)
Dans une autre lettre, adressée à son frère, le 21 octobre, il montre encore mieux la puissance redoutée des augures. « Tous les jours, dit-il, les comices sont supprimés par les énonciations des observances du ciel, à la grande satisfaction des gens de bien, tant les consuls sont détestés».
Ainsi, l’observance du ciel tenait tout l’empire romain en suspens. En cette année même elle empêcha la nomination des consuls, de telle sorte que l’année suivante (52 av. J.-C.) fut sans consuls, pendant huit mois.
C’est ce qu’on appelle l’interrègne de Pompée. La ville tombe dans la confusion ; les meurtres, les violences se succèdent. « Tout est changé, tout est ruiné et presque détruit, écrit encore Cicéron : Sunt omnia debilitate jam prope et extincta (Ad Curion. famil., lib. II, epist. v.)
Voilà cependant ce qu’étaient, en plein siècle d’Auguste, ces fiers Romains, ces matadors de la liberté : des esclaves muets et tremblants sous le joug de fer du démon. En célébrant la puissance absolue des augures, que fait Cicéron, sinon la proclamation solennelle de la servitude, la plus honteuse et la plus dure qui fut jamais, de ce peuple prétendu libre, de ce peuple souverain, comme on dit dans les collèges ?
N’était-ce pas la démonocratie pure, la démonocratie à sa plus haute puissance ? Et, nous le répétons, on nous donne les Romains comme le peuple le plus libre qui ait jamais existé. O éducation menteuse !
Avaient-ils tort de trembler ainsi devant les défenses de Satan et des augures, ses interprètes ? Nullement ; à la moindre résistance, des présages effrayants, des calamités affreuses, annonçaient le courroux du maître. Cicéron frémit encore, lorsqu’il raconte les présages qui éclatèrent le jour où, en sa qualité de consul, il célébra les Fêtes latines sur le mont Albin.
« Au moment où je faisais des libations de lait à Jupiter Latiust une comète brillante annonça un grand carnage. La lumière de la lune disparut tout à coup au milieu d’un ciel étoilé, celle du soleil s’éclipsa.
Un homme fut frappé de la foudre par un temps serein ; la terre trembla ; des spectres terribles apparurent pendant la nuit. Les devins en fureur n’annoncèrent partout que des malheurs. De tous côtés, on lisait les écrits et les monuments terrifiants des Étrusques. » (Poème sur son consulat. -De divnat. lib. I, ch. XI.)
Quant aux téméraires qui osaient mépriser les présages funestes, à part deux ou trois exceptions qui confirment la loi, Satan avait coutume de les frapper avec une impitoyable rigueur.
Sur la certitude même du châtiment, était fondée la crainte universelle qu’il inspirait. L’année 52 avant Jésus-Christ en offre un mémorable exemple. Malgré les dieux, Crassus s’obstine à faire la guerre aux Parthes. L’augure Atéius l’attend à la porte de Rome.
Dès que Crassus est arrivé, il met à terre un réchaud plein de feu, y verse des libations et des parfums. En même temps il prononce contre l’audacieux général des imprécations terribles, par lesquelles il le dévoue à certains dieux étranges et formidables, qu’il invoque par leurs noms.
« Les Romains, dit Plutarque, assurent que ces imprécations mystérieuses, et dont l’origine se perd dans la nuit des temps, ont une telle force, que jamais aucun de ceux contre qui elles ont été faites n’a pu en éviter l’effet. » (In Crass., c. XVI.)
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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