très intéressant témoignage et remarquable analyse avec deux bémols

Le Forum Catholique

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Luc Perrin -  2025-09-16 20:05:30

très intéressant témoignage et remarquable analyse avec deux bémols

Mgr Eleganti dans sa critique des dérives du N.O.M., y compris des dérives avalisées par Rome, répond - sans le vouloir - à la question un peu béta de l'ami Athanasios D dans le fil sans fin sur Valence et dix mille autres sujets.

Il trouve, à tort je pense du moins c'est mal formulé, que le N.O.M. n'a pas été assez critiqué :
"Comment la réforme postconciliaire peut-elle encore être considérée avec autant d'acuité, à l'aune de ses fruits ? Pourquoi un examen honnête de la tradition et de notre propre histoire (de l'Église) est-il toujours impossible ? Pourquoi les gens refusent-ils de voir que nous sommes à la croisée des chemins et qu'il convient de faire le point, notamment sur le plan liturgique ?

Comment, à l'heure actuelle, la réforme postconciliaire peut-elle encore être considérée de manière aussi peu critique et avec autant d'étroitesse d'esprit, si l'on en juge par ses fruits ? Pourquoi un examen honnête de la tradition et de notre propre histoire (ecclésiale) n'est-il toujours pas possible ? Pourquoi les gens ne veulent-ils pas voir que nous sommes à un tournant et que nous devrions faire le point, en particulier sur le plan liturgique ?" (Mgr Eleganti)

La révolution néo-liturgique a été abondamment critiquée : très vite par les traditionalistes et bien des fidèles "on nous change la religion" est une formule courante des années 1960.
Par la suite bien des critiques publiques ont été prononcées par les réformateurs anti-bugninistes : mgr Gamber, Louis Bouyer, Joseph Ratzinger et tant d'autres. On a sonné le tocsin assez vite en Occident. Una Voce Norvège apparaît en 1964 et les autres associations suivent.

Mais on a aussi très abondamment critiqué le N.O.M. pour être trop timide, trop conservateur, trop lié au V.O.M. Je rappelle qu'en 1969 l'immense majorité des prêtres français se sont prononcés dans une enquête officielle de la CEF pour l'ABOLITION totale de tout missel !
Que chaque prêtre et chaque communauté fassent sa liturgie ad libitum !
Les critiques assassines pour excès de rubricisme n'ont pas cessé : cf. les projets de missa simplex, le projet Bugnini radical de 1967, la "messe qui prend son temps" et toutes les fantaisies les plus échevelées jusqu'à la procession Pachamama etc.

Le N.O.M. est donc rejeté de partout. Là où Mgr Eleganti a raison c'est que la Curie n'a guère réfléchi au sujet qu'à la marge :
- problème des traductions/trahison
- synode de 2006 qui aborde la manière de célébrer mais pas le fond
- Summorum Pontificum qui rappelle le droit en matière de liturgie et diverses allocutions de Benoît XVI, Jean Paul II et même Paul VI auparavant.
Mais comme les juges en France, on n'aime pas avouer qu'on s'est lourdement trompé à Rome en s'écartant des normes de S.C.

Plus que de Vatican II, l'évêque suisse parle de la révolution liturgique 1964-1969 qui se poursuit.
Toute la critique du Concile ne se résume pas à l'application fautive et pleine de distorsions de sa constitution liturgique : ainsi le flou interreligieux pour prendre l'ex. le plus évident.
J'ai tendance depuis de nombreuses années à trouver des excuses aux Pères conciliaires quant à leur oeuvre qui s'arrête, ne pas l'oublier, à 1963 en matière de liturgie.
Mais à être aussi sévère et perplexe que Mgr Eleganti sur les Pontifes, le dicastère en charge, le Collège des évêques et toutes les innombrables instances qui les conseillent, sans oublier les supérieurs religieux complices le plus souvent, qui suivent la promulgation du N.O.M. et des éditions postérieures à 1969.
Eux semblent avoir des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas ou trop peu.
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