Et pourtant...

Le Forum Catholique

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Athanasios D. -  2025-09-15 14:28:21

Et pourtant...


Deux choses l’une : soit le NOM n’est qu’une nouvelle édition du missel romain (c’est-à-dire du missel de S. Pie V et de ses versions successives) et est respectueux du développement organique de la liturgie romaine, et dans ce cas on ne voit pas ce qui justifierait le maintien de l’édition précédente (de même que l’édition de 1604 a remplacé celle de 1570, avant d’être elle-même remplacée par celle de 1634 puis de 1962, sans qu’à chaque fois l’édition précédente ne soit maintenue);


Il ne vous aura pas échappé que c'est ce que les papes affirment depuis Paul VI ("... avec le nouveau rite, la messe est et demeure celle de toujours"), Benoît XVI y compris ("Il n’est pas convenable de parler de ces deux versions du Missel Romain comme s’il s’agissait de « deux Rites ». Il s’agit plutôt d’un double usage de l’unique et même Rite."). En 1969, le Missel Romain a bel et bien été promulgué pour remplacer celui qui était en vigueur jusque-là.

soit le NOM est bien un nouveau rite, distinct et donc en rupture avec l’ensemble des éditions précédentes, et alors de facto il y a légitimité à conserver l’ancien rite et son interdiction est illégitime… ce qu’affirme Ratzinger.


L'abbé Ratzinger n'a pas écrit que l'interdiction était illégitime, mais qu'elle était inédite dans la pratique juridique de l'Église, sans jamais remettre en cause sa validité (et partant, sa licéité) juridique. [Soit dit en passant, Benoît XVI est revenu sur cette interdiction en autorisant la coexistence simultanée de 2 formes du rite romain, ce qui était tout aussi inédit dans la pratique juridique de l'Église.]

Même en admettant que l'abbé ait cru que le nouveau Missel était un nouveau livre, c'est tout au plus une opinion personnelle exprimée en privé, dont la pertinence face aux actes magistériels est nulle et non avenue. Du reste, cette opinion personnelle aura manifestement évolué sur ce point précis, et ce bien avant son accession au souverain pontificat. En définitive, il aurait au mieux (ou au pire, selon le point de vue) adopté l'attitude du cardinal Siri:

Le Concile n’a pas demandé une révolution pareille. La réforme liturgique a été faite, le pape l’a approuvée et ça suffit : j’adopte une position d’obéissance qu’on doit toujours avoir face au pape. S’il m’avait demandé quelque chose, je crois que je lui aurais fait des observations, plusieurs. Mais une fois qu’une loi est approuvée, il ne reste qu’une chose à faire : obéir.


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Il n’y aurait eu ni rupture ni dissidence traditionaliste si la réforme s’était contenté...



Rien n'est moins sûr. La dissidence en question est pourtant revenu au missel de 1962 au lieu de poursuivre avec celui de 1965 qui semble plus proche des réformes que vous décrivez et dont vous pensez qu'elles sont celles que le Concile avait voulues.

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Il est clair que si Ratzinger s’était vu confier la direction de la réforme liturgique, il n’aurait certainement pas procédé à une réforme de ce niveau de radicalité.


Je n'en doute pas. Mais une fois pape, Benoît XVI aurait très bien pu esquisser une "réforme de la réforme" un brin plus ambitieuse en réintroduisant certaines prières qu'il aurait estimé qu'elles furent jadis trop rapidement/facilement supprimées. [À titre personnel, je n'ai jamais compris pourquoi il n'y a qu'une seule prière d'offertoire dans le NOM]. J'imagine que s'il n'a pas été jusque-là, c'est parce que "ce qui [était] prioritaire, c'est que cette manière de faire personnelle et arbitraire disparaisse et que s'éveille le sens intérieur sur le sacré", avec Summorum Pontificum comme première étape pour favoriser cette émulation du VOM vers le NOM.

Ath
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