Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume
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ami de la Miséricorde - 2025-09-11 21:54:36
Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume
CHAPITRE XXVI
(NOUVELLE SUITE DU PRÉCÉDENT.)
Nous avons ajouté que Jéhovah, présent dans le tabernacle et dans le temple, n’était pas seulement le Dieu de Son peuple et le gardien de la religion ; mais encore l’oracle et le directeur de la société civile et politique c’est-à-dire que du fond de son sanctuaire il dirigeait toutes les entreprises de Sa Cité, dont les membres avaient soin de ne rien faire sans le consulter (Voir la Concordance au mot consulere.). Ses volontés se manifestaient tour à tour par des songes, par des voix et par des oracles.
Tous les traits de ce parallélisme se retrouvent dans la Cité du mal. Croire que la présence du Dieu-serpent, au milieu du monde, n’avait qu’un motif, un but purement religieux, serait une erreur. Elle avait un motif, un but social au premier chef. C’est dire en d’autres termes que, du fond de ses sanctuaires, Satan dirigeait non seulement la religion, mais la société païenne, par ses oracles et par ses prestiges. De ce nouveau phénomène les preuves sont presque aussi nombreuses que les pages de l’histoire.
Le monde païen était couvert d’oracles ; et le monde païen, c’était la terre entière, à l’exception de la Judée. Sur ce point, l’histoire chrétienne et l’histoire profane sont unanimes. Au nom de l’une et de l’autre écoutons Plutarque et Tertullien : le premier, prêtre des idoles ; le second, prêtre du vrai Dieu. Plutarque s’exprime ainsi :
« Le premier article de l’établissement des lois et de la police, c’est la créance et persuasion des dieux, par le moyen de laquelle Lycurgue sanctifia jadis les Lacédémoniens, Numa les Romains, Ion les Athéniens, et Deucalion tous les Grecs universellement, en les rendant dévots et affectionnés envers les dieux, en prières, serments, oracles et prophéties ; de sorte que, allant par le monde, vous trouverez des villes sans murs, sans académies, sans rois, sans argent, sans monnaie, sans théâtres, sans gymnases ; mais vous n’en trouverez jamais qui soient sans Dieu, sans prière, sans sacrifices pour obtenir des biens et détourner des maux. Jamais homme n’en vit ni n’en verra jamais : il serait plus facile de bâtir une ville dans les airs, que d’en bâtir ou d’en conserver une sans religion. » (Contre Colotès, ch, XVIII, trad. d’Amyot.)
Formulant, d’un seul mot, la pensée de Plutarque : « Le monde, dit Tertullien, est encombré d’oracles, oraculis stipatus est orbis.»(De Anima, ch. XLVI.)
Pour citer seulement quelques-uns des plus connus vous avez Béelzébub, chez les Philistins ; Moloch, chez les Moabites ; Bélus, à Babylone ; Jupiter Ammon, en Égypte. Dans la Grèce, Délos, Claros, Paphos, Delphes, Dodone. En Italie, vous trouvez les oracles célèbres de Géryon, à Padoue ; de Diane, à Préneste ; d’Hercule, à Tivoli ; d’Apollon, à Aquilée et à Baïa ; de la sybille, à Cumes ; à Rome et dans les environs, ceux de Mars, d’Esculape, du Vatican, de Clitumnus, de Janus, de Jupiter Pistor ; ceux d’Antium, celui de Podalirius en Calabre, et plus de cent autres (Voir Baltus, Hist. des oracl., etc.)
La Judée elle-même en était environnée. Les consulter était une des tentations les plus fortes du peuple de Dieu. C’est au point que la peine de mort, portée dans la loi, ne l’en défendait pas toujours. Après le schisme des dix tribus, les oracles furent en permanence au milieu d’Israël (Voir, entre autres, IV, Rois. 1-2 ; et les endroits où il est parlé des prêtres de Baal). Saül lui-même consulte la pythonisse d’Endor, c’est-à-dire une femme possédée par un esprit appelé Python, dont il est si souvent parlé dans l’Écriture.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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