Première réponse… et dernière !

Le Forum Catholique

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pacem tuam da nobis, Domine -  2025-09-07 15:48:10

Première réponse… et dernière !

I. Le florilège de vos éructations et deux remarques, pour commencer
Le florilège

“vous êtes en-dessous de tout”, “pour l'apologue (sic) [j'imagine que M. Perrin voulait écrire «l'apologiste», mais bon, je ne vais pas ergoter sur du lexique…] grammairien d'un génocide”, “cet ergotage qui atteint l'abjection de mon point de vue”, “L'Occident est tombé extrêmement bas et vos commentaires en sont une bien triste illustration”, “Pas si pointu qu'il n'y paraît "pacem" des dictionnaires”, «pour l'apologue (re-sic) [même remarque que plus haut] du "nettoyage ethnique"».
Ouf, je crois que c'est tout. Ah non, j'ai oublié le charmant «En 1936-1945, vous auriez eu des débats sémantiques à l'A[ca]démie français[e].»…


Les deux remarques
1. Éructer n'est pas argumenter.
2. Que votre interlocuteur réponde à votre message en éructant est un signe assez sûr que votre message a fait mouche.

II. J'avais écrit… M. Perrin comprend et traduit…
1. J'avais écrit: «Qu'on puisse s'indigner de ce qui se passe à Gaza, qu'on puisse détester, haïr et exécrer les crimes qui y sont commis, je le comprends bien *et le partage*.» et «Là-bas, [la] situation humaine est si dramatique, si horrible».
M. Perrin comprend et traduit: «[l'apologiste] grammairien d'un génocide», «[l'apologiste] du “nettoyage ethnique”». No comment.
2. J'avais écrit: «Que la la paix revienne au plus vite en Terre Sainte!»; «Que l'on ne fasse pas de moi un sans-cœur indifférent aux dizaines de milliers de morts de ce conflit qui, chacun un à un, ont été et sont une tragédie indicible pour les victimes et leurs proches.»
M. Perrin comprend et traduit: «le mot paix vous est étranger» et «[la paix] du cimetière de grava[t]s vous est apparemment plus douce [que celle du Seigneur]». No comment.
Je laisse l'éventuel lecteur juger de la qualité des facultés de compréhension de M. Perrin et du mérite de ses traductions.

III. Au fait, qui favorise vraiment la paix, hic et nunc?
Je ne vois pas bien en quoi ni comment les termes qu'utilise (inadéquatement, pour le moins) M. Perrin – il n'est pas le seul – et que je critique servent la paix. Mais je vois très bien en quoi ils peuvent avoir un effet et un but tout contraires.
«Ce que je conteste, c'est l'usage de mots qui, que celui qui les utilise le veuille ou non, tendent à transférer sur le peuple israélien les sentiments que l'on réserve d'ordinaire aux pires criminels nazis
Il ne s'agit donc pas d'ergoter sur des mots, mais demander le respect de la réalité. Refuser l'usage abusif que M. Perrin et ses nombreux acolytes font des mots «extermination, génocide», c'est d'un même souffle refuser l'équation Israël=Allemagne nazie que, peu ou prou, il induit et que le monde du showbiz, des médias (mis à part quelques journaux), certains partis ou courant politiques voudraient imposer. Non, Gaza, ce n'est pas la Shoah, non, Gaza, ce n'est pas le Holodomor. Et non, Israël n'est pas l'Allemagne nazie. Nous sommes loin, très loin d'un vain ergotage lexical et les enjeux sont ici, dans nos pays d'Europe, autrement importants. Les mots qu'utilisent à tort M. Perrin et ses acolytes, sont des mots lourds d'histoire, des mots lourds d'accusation, des mots lourds de condamnation. Je regrette que M. Perrin et ses acolytes ne perçoivent pas quel mélange inquiétant d'antisionisme (légitime) et d'antisémitisme (qui ne l'est pas) imprègne l'atmosphère du “public square” de nos pays (Espagne, Allemagne, France) du fait de l'usage immodéré et hyperbolique de ces mots ressassés, rebattus et martelés à longueur d'ondes et de colonnes. S'y associer me paraît desservir la paix et la concorde civiques dans nos cités et être hautement imprudent, humainement et politiquement.

IV. Une clarification pour finir
«Vous avez "oublié" que la Cour de justice internationale (ONU) a déjà statué et considéré qu'un processus de génocide est à l'œuvre.» Non, le 26 janvier 2024, la CIJ a considéré qu'il y avait risque de génocide à Gaza et a ordonné des mesures pour le faire cesser. Elle n'a pas, contrairement à ce que M. Perrin soutient, affirmé qu'«un processus de génocide est à l'œuvre» à Gaza. À pointu, pointu et demi!

À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. (Saint Paul, Éphésiens, 1,2)

Pacem tuam da nobis, Domine
P.-S.: Pour votre «Désolé d'avoir gardé une bible ouverte et un sens moral aiguisé […]», je laisse saint Luc vous répondre : «Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain» (18, 11)…
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