Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume

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ami de la Miséricorde -  2025-09-05 21:52:52

Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume



CHAPITRE XXV
(AUTRE SUITE DU PRÉCÉDENT.)


On lui choisit des prêtres pour le servir et des jeunes filles pour lui être consacrées. Bientôt cette nouvelle divinité prit l’ascendant sur les anciennes. Elle préside au commerce, à l’agriculture, aux troupeaux, à la guerre, aux affaires publiques du gouvernement, etc.

On lui fait des offrandes considérables : ce sont des pièces entières d’étoffes de coton ou de marchandises de l’Europe, des tonneaux de liqueurs, des troupeaux entiers ; des prêtres se chargent de porter au serpent les adorations du peuple et de rapporter les réponses de la divinité, n’étant permis à personne autre qu’aux prêtres, pas même au roi, d’entrer dans le temple et de voir le serpent.

La postérité de ce divin reptile est devenue fort nombreuse. Quoiqu’elle soit moins honorée que le chef, il n’y a pas de nègre qui ne se croie fort heureux de rencontrer des serpents de cette espèce, et qui ne les loge et les nourrisse avec joie. »

Comblé d’honneurs et desservi par des prêtres, le grand Serpent voulut, comme autrefois, avoir des prêtresses. « Voici de quelle manière on s’y prend pour les lui procurer. Pendant un certain temps de l’année, les vieilles prêtresses ou bétas, armées de massues, courent le pays depuis le coucher dit soleil jusqu’à minuit, furieuses comme des bacchantes.

Toutes les jeunes filles d’environ douze ans qu’elles peuvent surprendre leur appartiennent de droit ; il n’est pas permis de leur résister (Dans l’ancien Mexique, on trouve la même traite des jeunes filles au profit du Serpent.)

Elles enferment ces jeunes personnes dans des cabanes, les traitent assez doucement et les instruisent au chant, à la danse et aux rites sacrés. Après les avoir stylées, elles leur impriment la marque de leur consécration en leur traçant sur la peau, par des piqûres d’aiguilles, des figures de serpents...« On leur dit que le serpent les a marquées ; et, en général, le secret sur tout ce qui arrive aux femmes dans l’intérieur des cloîtres est tellement recommandé, sous peine d’être emportées et brûlées vives par le serpent, qu’aucune d’elles n’est tentée de le violer.

Alors les vieilles les ramènent pendant une nuit obscure, chacune à la porte de leurs parents, qui les reçoivent avec joie et payent fort cher aux prêtresses la pension du séjour, tenant à honneur la grâce que le serpent a faite à leur famille. Les jeunes filles commencent alors à être respectées et à jouir d’une quantité de privilèges.

« Enfin, lorsqu’elles sont nubiles, elles retournent au temple en cérémonie et fort parées pour épouser le serpent... Le lendemain on reconduit la mariée dans sa famille, et dès lors elle a part aux rétributions du sacerdoce. Une partie de ces filles se marie ensuite à quelques nègres, mais le mari doit les respecter autant qu’il respecte le serpent dont elles portent la marque, ne leur parler qu’à genoux et demeurer soumis en toute chose à leur autorité » (Du culte des dieux-fétiches, p. 49 et suiv.)

Voilà donc, aujourd’hui comme autrefois, en Afrique comme partout, l’innocence profanée par le serpent et consacrée à son service. « Indépendamment de cette espèce de religieuses affiliées, il y a une consécration passagère pour les jeunes filles...

On s’imagine que les jeunes filles ont été touchées par le serpent, qui, ayant conçu de l’inclination pour elles, leur inspire une sorte de fureur. Quelques-unes se mettent tout à coup à faire des cris affreux, et assurent que le fétiche les a touchées. Elles deviennent furieuses comme des pythonisses ; elles brisent tout ce qui leur tombe sous la main, et font mille choses nuisibles » (Ibid., 42.)

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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