Hélas

Le Forum Catholique

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Signo -  2025-09-02 16:25:31

Hélas

La distinction de Benoit XVI (un seul rite en deux formes) s’est révélée être une pure fiction juridique sans rapport avec la réalité. Et c’est pourquoi elle n’aurait de toute façon pas fait long feu.
Même en prenant pour base un missel de Paul VI « bien célébré » (en admettant que cette précision ait un sens concernant le Novus Ordo), les différences sont plus importantes entre le missel de Paul VI et celui de S. Pie V qu’entre celui de S. Pie V et le rite lyonnais, par exemple. Et si je prends en compte le missel de Paul VI tel qu’il est concrètement célébré presque partout, c’est encore pire : on est dans deux univers qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. On est dans la comparaison entre un rite digne de ce nom, réellement traditionnel, et un non-rite, un ovni totalement étranger à toute l’histoire de la liturgie chrétienne, d’Orient comme d’Occident.

Et puis il y a un autre problème. Benoit XVI qualifiait le rite romain traditionnel de « forme extraordinaire ». Mais le terme même « extraordinaire » (c’est-à-dire : qui sort de l’ordinaire) suppose que l’on en fasse un usage… extraordinaire. Comprendre : occasionnel. Un peu comme la Divine Liturgie de S. Jacques, qui n’est célébrée qu’occasionnellement dans certaines Eglises de tradition byzantine. A partir du moment où l’on fait de ce rite la liturgie systématiquement utilisée d’une communauté donnée (tous les jours, tous les dimanches), on est plus dans un usage extraordinaire, mais dans un usage ordinaire.

Par conséquent cette appellation et le statut juridique qui lui est lié ne correspondait ni à sa nature, ni à son usage. C’était une pure fiction.

Je pense donc qu’il faut prendre acte de ce fossé infranchissable entre les deux missels et accepter le fait qu’il s’agisse de deux rites bien distincts. Et c’est sur cette base qu’il faut construire l’avenir et lui donner un statut officiel. Cela n’empêchera pas les pratiquants de la forme ordinaire qui le souhaitent de pratiquer l’herméneutique de continuité ou la réforme de la reforme (je les approuve mais je leur souhaite bon courage ; simplement ce sera sans moi).
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