Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume

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ami de la Miséricorde -  2025-08-29 22:13:31

Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume



CHAPITRE XXIV
(SUITE DU PRECEDENT)


Après avoir bu à la fontaine de Castalie, la Pythie, conduite par les prêtres, entrait dans le temple, et s’avançait vers l’antre, qui était renfermé dans le redoutable sanctuaire. Plusieurs auteurs ont écrit que cet antre était toujours habité par un serpent et que dans le principe c’est le serpent lui-même qui parlait (Grand dict. de la Fable, art. Serpents.)

L’orifice supportait le fameux trépied. C’était une machine d’airain composée de trois barres, sur laquelle la Pythie se plaçait de la manière la plus indécente, afin de recevoir le souffle prophétique (S. J. Chrys., in Ep. 1 ad Cor., homil. XXIX, n. 1.)

Bientôt quelque chose de mystérieux se répandait dans ses entrailles, et l’accès fatidique commençait. La malheureuse fille d’Ève n’était plus maîtresse d’elle-même et donnait tous les signes de la possession. Ses cheveux se hérissaient ; sa bouche écumait, ses regards devenaient farouches ; un tremblement violent s’emparait de tout son corps, et l’on était obligé de la maintenir par force sur le trépied.

Elle faisait retentir le temple de ses cris et de ses hurlements. Au milieu de cette agitation extraordinaire, elle proférait les oracles, que des copistes écrivaient sur des tablettes. De ces fureurs diaboliques résultait souvent la mort de la pythie qui, pour cette raison, avait deux compagnes.

La scène infernale que nous venons de décrire avait lieu tous les mois. Elle a duré des siècles. Elle a été vue par des millions d’hommes, entre lesquels figure tout ce que l’antiquité connaît de plus grave et de plus illustre.

D’après ce fait et mille autres du même genre, accomplis dans toutes les parties du monde, sur quel fondement révoquer en doute le succès fabuleux obtenu, sous le règne de Marc-Aurèle, par le magicien Alexandre de Paphlagonie ?

Disciple d’Apollonius de Tyanes, ce medium parcourut, comme son maître, différentes provinces de l’empire, en montrant un serpent apprivoisé et qui faisait mille tours amusants. Il le donna pour un dieu, et un dieu rendant des oracles.

A cette nouvelle, on vit les habitants de l’Ionie, de la Galatie, de la Cilicie, les Romains eux-mêmes et jusqu’à Rutulius qui commandait l’armée, accourir en foule à l’oracle vivant, au Python voyageur. Ses réponses lui gagnèrent la confiance.

Dans ces provinces, comme dans le reste de la terre, on se prosterna devant le dieu-serpent ; on lui offrit des sacrifices et des dons précieux ; on lui éleva des statues d’argent. L’empereur lui-même voulut voir le dieu. Alexandre fut mandé à la cour, où il fut reçu avec de grands honneurs (Lucian., in Pseudomate.)

Pas plus que les Grecs, si vantés pour leur philosophie, les Romains, maîtres du monde, n’ont échappé à la domination de l’odieux reptile. Dès l’origine ils ont adoré le dieu-serpent, et leurs hommages ne se sont pas démentis (Proper., Eleg. in Cynthia.)

Enée, leur père, fonda près de Rome une ville appelée Lavinium, qu’on peut appeler l’aïeule de Rome. Non loin de Lavinium était un bois sacré, large et obscur, où, dans une caverne profonde, habitait un grand serpent (Ælian., lib. XI, c. XVI.)

Ici encore, c’étaient des jeunes filles qui étaient les prêtresses de ce dieu. Quand elles entraient pour lui donner à manger, on leur bandait les yeux, mais un esprit divin les conduisait droit à la caverne. Si le serpent ne mangeait pas les gâteaux, c’était une preuve que la jeune fille qui les avait présentés avait cessé d’être vierge, et elle était impitoyablement mise à mort (ibid.)

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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