Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2025-08-24 22:30:08
Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume
CHAPITRE XXIV
(SUITE DU PRECEDENT)
Inspiré par Satan, Numa recourt aux mêmes moyens. Pour se faire accepter des Romains, lui et ses lois, nous le voyons, d’après Plutarque, se servir de l’aide des dieux, de sacrifices solennels, fêtes, danses et processions fréquentes, qu’il célébrait lui-même, lesquelles avec la dévotion y avait du passe-temps et de la délectation mêlée parmi.
Quelquefois il leur mettait des frayeurs des dieux devant les yeux, leur faisant accroire qu’il avait vu quelques visions étranges, ou qu’il avait ouï des voix, par lesquelles les dieux les menaçaient de quelques grandes calamités, pour toujours abaisser leurs cours sous la crainte des dieux.
«Ainsi, la feinte dont Numa s’affubla fut l’amour d’une déesse, ou bien d’une nymphe de montagne, et les secrètes entrevues et parlements qu’il feignait avoir avec elle, et aussi la fréquentation des Muses ; car il disait tenir des Muses la plus grande partie de ses révélations» (Vie de Numa, c. VII).
Que Numa ait fait toutes ces choses, personne ne le révoque en doute. Mais que toutes ces choses ne soient qu’une jonglerie, comme Plutarque semble l’insinuer c’est une autre question. D’abord, Varron, le plus savant des Romains, et saint Augustin, le plus savant des Pères de l’Église, affirment positivement le contraire.
Ensuite, Plutarque ne donne aucune preuve de son assertion. Enfin, Plutarque se contredit lui-même. N’a-t-il pas, dans un ouvrage connu, proclamé la vérité des oracles ? Qu’est-ce, d’ailleurs, qu’une jonglerie dont personne ne s’est aperçu ?
Comment la même jonglerie se retrouve-t-elle chez tous les peuples ? Et comment tous les peuples ont-ils pris une jonglerie pour une réalité ? Résoudre ces questions dans un sens non catholique, c’est nier l’histoire et la révélation. Mais nier l’histoire et la révélation, c’est nier la lumière et se condamner à l’abrutissement.
Passons à un autre trait de parallélisme. Le Seigneur ne se contente pas de donner Sa loi. Lui-même s’en fait le gardien et l’interprète. Dans cette vue, Il demeure au milieu de Son peuple d’une manière sensible et permanente.
Israël sait qu’Il est là, gardien invisible, mais vigilant, oracle toujours prêt à répondre. S’il surgit, en quelque matière que ce soit, une difficulté sérieuse, c’est au Seigneur qu’on en demande la solution. Faut-il attaquer une ville, entreprendre une guerre, signer un traité ? C’est encore à Lui qu’on s’adresse. Lui-même indique les moyens d’obtenir le succès, les actions de grâces à Lui rendre et les châtiments à infliger aux violateurs de Sa loi.
Le Serpent législateur imite tout cela dans la Cité du mal. Il est le gardien et l’interprète de sa loi, comme Jehovah de la sienne. Comme le Dieu du Tabernacle et du Temple rappelle toujours, par sa redoutable majesté, le Dieu du Sinaï, Satan, par la forme sensible sous laquelle il se montre, tient à rappeler le vainqueur du Paradis terrestre.
Toujours prêt à rendre des oracles, il inspire tour à tour la crainte et la confiance, décide de la paix et de la guerre, indique les moyens de succès et marque les sacrifices d’action de grâces ou d’expiation qu’il exige. Son peuple le sait ; et, dans les circonstances importantes, il ne manque pas de recourir à lui pour obtenir lumière et protection. La philosophie de l’histoire des peuples païens est écrite dans ces lignes. A la chaîne joignons la trame, et nous aurons le tissu complet.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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