Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume
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ami de la Miséricorde - 2025-08-09 08:24:18
Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume
CHAPITRE XXI
(AUTRE SUITE DU PRÉCÉDENT.)
Dans ses lumières, la raison ne trouve rien qui commande, qui approuve, à plus forte raison, qui glorifie une pareille action. Que dis-je ? C’est à peine si elle parvient à l’excuser. Ainsi, personne qui n’éprouve un sentiment d’horreur en lisant dans l’histoire les faits, heureusement assez rares, d’anthropophagie, alors même qu’ils semblent commandés par les circonstances. On plaint, on déplore ; mais applaudir, jamais.
Si la cause de l’anthropophagie n’est pas naturelle, elle est donc surnaturelle. Il y a deux surnaturels, le surnaturel divin, et le surnaturel satanique. Est-ce dans le premier que nous trouvons la cause de l’anthropophagie? Évidemment non: Dieu la condamne.
A moins d’admettre un effet sans cause, il reste donc à l’attribuer au second, c’est-à-dire à l’éternel ennemi de l’homme. C’est lui, en effet, qui en est l’inspirateur, lui, dont l’infernale malice pervertit tous les instincts de la nature, éteint toutes les lumières de la raison, au point de faire trouver à l’homme son plaisir, dans un acte qui est le renversement complet de toutes les lois divines et humaines.
Nous reviendrons sur ce fait. Pour le moment, nous devons nous occuper de l’anthropophagie, considérée comme appendice obligé du sacrifice. L’antiquité nous la montre pratiquée chez les Bassares, peuple de Libye. « Ils avaient, dit Porphyre, imité les sacrifices des Tauriens, et mangeaient la chair des hommes sacrifiés.
Qui ne sait qu’après ces odieux repas, ils entraient en fureur contre eux-mêmes, se mordant mutuellement, et qu’ils ne cessèrent de se nourrir de sang, que quand ceux qui les premiers (les démons) avaient introduit ces sortes de sacrifices, eurent détruit leur race. » (De abstin., lib. II, I, 56, édit. Didot, p. 45).
Sous la même forme, on l’a trouvée chez la plupart des sauvages du nouveau monde ; elle se pratique encore dans l’Océanie et dans l’Afrique centrale. Forcé de nous restreindre, nous n’en rapporterons qu’un seul exemple. Le 18 octobre 1861, un de nos missionnaires, venu à Paris, après douze ans de séjour sur la côte occidentale d’Afrique, nous disait et, plus tard, voulait bien nous écrire ce qui suit :
« C’était au mois de septembre 1850. J’étais moi-même sur les lieux, où se fit le sacrifice dont je viens vous parler. Il est à remarquer que ce n’est pas ici un fait isolé, mais ces sortes de sacrifices sont d’un usage très fréquent.
« La victime était un beau jeune homme, pris dans une peuplade voisine. Pendant quinze jours, il fut attaché par les pieds et par les mains à un tronc d’arbre, au milieu des cases du village. Sachant le sort qui l’attendait, ce malheureux fit, pendant la nuit du quatorzième au quinzième jour, un suprême effort pour se dégager de ses liens : il y réussit. Éperdu, il arrive avant le jour à un poste français.
Personne n’entendant sa langue, il fut pris pour un esclave fugitif, et on le livra sans difficulté aux nègres qui, s’étant mis à sa poursuite, ne tardèrent pas à le réclamer. Reconduit au village, le sacrifice fut décidé pour le jour même, qui était un vendredi : il eut lieu de la manière accoutumée.
« La victime est garrottée et assise sur une pierre, en guise d’autel, au centre d’une grande place. Autour de la place, des marmites pleines d’eau sont placées sur des foyers. Une musique bruyante, accompagnée de nombreux tamtams, occupe une des extrémités de la place, et attend le signal.
La population du village et des villages voisins, souvent au nombre de trois à quatre mille personnes, revêtues de leurs habits de fête, se range en cercle autour de la victime. C’est en petit les amphithéâtres des Romains.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
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