Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2025-07-08 22:48:03

Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume



CHAPITRE XVI
(FIN DU PRECEDENT.)


Paul a compris l’intention paternelle de son divin Maître. Athlète généreux, il ceint ses reins au combat, et, assuré que l’épreuve tournera à la honte de son ennemi, il s’écrie : « Eh bien ! je me glorifierai avec bonheur de mes soufflets, de mes humiliations, de mes infirmités ; plus la lutte sera vive, plus grand sera l’éclat de la force divine qui combat en moi» (II Cor., XII, 9.)

En effet, l’Orient et l’Occident, Jérusalem, Athènes, Rome, voient passer l’infatigable combattant. Malgré son importun moniteur, il marche de victoire en victoire, jusqu’au jour où, le démon à jamais confondu, Paul entonne l’hymne de la délivrance et du triomphe éternel : «J’ai combattu un bon combat ; j’ai achevé ma course ; il ne me reste plus qu’à recevoir la couronne de justice (II Thim., IV, 7.)

L’histoire de l’Église offre mille exemples éclatants de la même délégation, ou permission divine donnée aux démons. Pour n’en citer qu’un seul, est-il rien de plus célèbre que les tentations de saint Antoine et des Pères du désert ? Veut-on voir briller de tout son éclat une de ces belles harmonies, qu’on rencontre à chaque instant dans les conseils de Dieu ? Il faut se reporter aux circonstances de ces luttes formidables.

On était au milieu du troisième siècle. La guerre contre l’Église allait devenir la plus affreuse mêlée, disons mieux, la plus horrible boucherie que le monde eût encore vue. D’un bout de l’empire à l’autre, allait retentir le cri sanguinaire : Les chrétiens au lion, christianos ad leonem ! Et des milliers de jeunes enfants, de vierges timides, de faibles femmes allaient descendre dans les amphithéâtres et lutter corps à corps avec les bêtes féroces et avec les ministres de Satan, plus féroces que les bêtes.

A ce moment précis, Dieu fait partir pour les saintes montagnes de la Thébaïde de nouveaux Moïses. « Dévoués tout entiers au service de Dieu, dit Origène, et dégagés des soucis de la vie, ils sont chargés de combattre pour leurs frères, par la prière, par le jeûne, par la chasteté, par la pratique sublime de toutes les vertus. » (Homil. XXIV in Num.)

Jamais mission ne sera mieux accomplie. Du fond de leur solitude, Paul, Antoine, Pacôme, et leurs nombreux disciples élevèrent vers le ciel leurs mains suppliantes, et la voix de la vertu, en terrassant Dioclétien et Maximien, obtiendra la victoire aux martyrs et Constantin à l’Église.

Satan voit ce qui se prépare, et il rugit. Dieu lui permet de se déchaîner contre les intercesseurs, dont la puissante prière va ébranler ses autels et détruire son empire. La lutte sera une lutte à outrance. Afin de rendre plus éclatante la gloire du triomphe et la honte de la défaite, elle aura lieu dans la forteresse même du démon et contre ses plus redoutables satellites. Quelle était cette forteresse ? C’étaient les déserts de la haute Égypte, espèce de bagne, où la justice de Dieu tenait relégués les plus terribles de ces esprits malfaisants.

Ceci n’est point une supposition vaine, c’est un fait. Ne lisons-nous pas dans l’histoire de Tobie que l’archange Raphaël, ayant saisi le démon qui tourmentait Sara, le confina dans les déserts de la haute Égypte, où il l’enchaîna ? Maître souverain de toutes les créatures, Dieu ne peut-Il pas prescrire aux démons certaines limites à leur pouvoir, aussi bien par rapport aux temps et aux lieux, que par rapport aux personnes et aux choses ? Dans l’Évangile Notre Seigneur fait allusion aux mêmes solitudes.

Parlant d’un démon chassé de l’âme, Il dit qu’il s’en va dans des pays arides et sans eau, où il recrute sept autres témoins plus méchants que lui (Luc., XI, 24.) Quels sont ces pays mal famés ? Les plus savants interprètes répondent sans hésiter : « Ce sont les affreux déserts, situés à la partie orientale de l’Égypte, vastes solitudes couvertes de sables brûlants, où il ne pleut jamais, où le Nil cesse d’être navigable, où le bruit affreux des cataractes remplit l’âme d’épouvante, et où fourmillent les serpents et les bêtes venimeuses».

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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