Le Forum Catholique
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Peregrinus - 2025-07-06 19:51:22
Explications
Les décrets du concile de Trente, dans la continuité des conciles médiévaux, ont reconnu au chapitre de la cathédrale la qualité de sénat de l'Église et de conseil-né de l'évêque. Ces titres, qui remontent à l'Antiquité chrétienne - saint Ignace d'Antioche, saint Cyprien - renvoient à l'ancien presbytère, c'est-à-dire au clergé de l'église mère, auquel le chapitre a succédé légitimement lorsque le clergé a cessé de se concentrer tout entier dans la ville épiscopale.
Si le chapitre cathédral possède donc le droit de former le conseil de l'évêque et de gouverner le diocèse par le vicaire capitulaire pendant la vacance, c'est parce qu'il est fondamentalement le presbytère.
Or Lumen Gentium redéfinit le presbytère ou presbyterium comme l'ensemble des ecclésiastiques du diocèse ayant reçu le sacerdoce presbytéral (et c'est souvent en ce sens malheureusement qu'on utilise aujourd'hui le mot de presbytère là où l'on aurait dit simplement jadis le clergé du diocèse).
Or c'est au presbytère qu'appartient la qualité de sénat de l'Église.
Donc le chapitre n'est plus le sénat de l'Église. Son existence, sous une forme ou une autre (voir par exemple les aménagements lors du rétablissement de la hiérarchie catholique en Angleterre au milieu du XIXe siècle) cesse donc d'être nécessaire, ce dont prend acte le code de 1983.
En 1790-1791 comme aujourd'hui, le brouillage de la distinction entre pouvoirs d'ordre et de juridiction (heureusement réintroduite par le code de 1983, par ailleurs, au grand dam des novateurs) rend inconcevable l'existence d'un degré dans la hiérarchie entre les évêques et les curés, ce qui fragilise incontestablement la position des chapitres cathédraux. Le très fantasque mais très intéressant à sa manière Mgr de Lafont de Savines l'avait très bien vu. Dans le cadre ecclésiologique sacramentaliste, le chapitre cathédral pourvu de sa juridiction reçue de l'Église universelle est une anomalie : d'où leur destruction en 1790, leur résurrection en 1802, et leur abaissement et leur quasi extinction depuis le dernier Concile.
Vous soulevez par ailleurs un paradoxe intéressant - la revalorisation affichée des Églises locales s'accompagne de leur dévaluation de fait - mais ce type de paradoxe n'est pas nouveau dans l'histoire de l'Église (et à cet égard je trouve l'histoire de l'Église constitutionnelle singulièrement éclairante).
Peregrinus
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