2e instance

Le Forum Catholique

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Réginald -  2025-06-30 16:23:23

2e instance

Voici ce qu’enseigne le Père Cappello dans son Tractatus canonico-moralis de Sacramentis (Vol. I, De Confirmatione et Eucharistia, Rome, 1952, p . 222), en commentant l’opinion de Lugo :

« Lugo enseigne que le prêtre consacre invalidement une seule espèce sans l’autre, s’il n’a pas la volonté, ne fût-ce qu’implicite, d’offrir au moins partiellement, c’est-à-dire de commencer l’offrande du sacrifice. Voici ses propres paroles :
Mais si le prêtre, sachant qu’il n’est pas possible d’offrir le sacrifice sans la consécration des deux espèces, et prévoyant qu’il ne pourra en consacrer qu’une seule, voulait cependant consacrer l’une des deux, tout en excluant complètement l’intention d’offrir, même partiellement, ou de commencer le sacrifice par cette consécration, ou encore s’il n’avait pas une volonté réellement efficace dans le sens exposé, alors nous disons qu’il ne consacrerait pas validement. Car la volonté de consacrer doit être, au minimum, une volonté implicite d’offrir partiellement, c’est-à-dire de commencer l’offrande du sacrifice. »


Et Cappello commente :

« Cette doctrine est parfaitement exacte, que l’on considère les principes généraux […] sur l’intention requise chez le ministre pour qu’il célèbre validement un sacrement, ou que l’on considère en particulier la nature même du mystère eucharistique, dans lequel, selon l’institution du Christ, l’aspect sacrificiel est premier, et de là découle la réalité sacramentelle. Par conséquent, s’il manque toute intention, même implicite, d’offrir au moins partiellement le sacrifice, il manque par le fait même l’intention requise pour consacrer, c’est-à-dire faire ce que le Christ a institué et ordonné de faire ; et, en conséquence, la consécration serait invalide. »


Or, dans la scène du Défroqué, le personnage du prêtre défroqué ne consacre que le vin. Il agit seul, sans autel, sans offrande préalable, sans prière eucharistique, et surtout sans faire consacrer de pain, ce qui est pourtant essentiel à l’unité du sacrifice tel que le Christ l’a institué. Il ne célèbre rien : il isole une formule pour l’arracher à son contexte liturgique et en faire un acte de provocation.
Dans ces conditions, l’unité rituelle est rompue, la finalité sacrificielle absente, et l’intention d’"offrir", même de manière implicite, ne peut être raisonnablement présumée.
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