Le Forum Catholique
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Signo - 2025-03-11 10:28:27
Explication
Ce que je voulais dire, c’est que normalement la vie spirituelle doit de préférence s’enraciner dans la vie liturgique (la messe mais aussi l’office) et en suivre le cursus tout au long de l’année, que ce soit pour la lectio divina, le rythme de prière, les thèmes de méditation, les mots utilisés pour la prière (les psaumes essentiellement) etc. La liturgie est faite pour nourrir la vie spirituelle des baptisés, la maintenir concentrée sur l’essentiel et l’orienter dans la bonne direction.
A partir de l’époque moderne (fin du Moyen-Age et début de la Renaissance), la liturgie est devenue de manière croissante l’apanage des clercs ; en parallèle la devotio moderna, qui a surtout été un mouvement initié par et pour les laïcs, a eu tendance à une « psychologisation » de la vie spirituelle conçue de manière croissante comme une réalité purement individuelle voire individualiste, en réaction au formalisme et à l’extrinsécisme croissants de la vie liturgique de la fin du Moyen-Age. Une forme d’éloignement et même de coupure est apparue entre la liturgie et la vie spirituelle des fidèles, évoluant en parallèle et selon des rythmes différents. La piété des laïcs a eu alors tendance à se concentrer sur les dévotions privées (l’Enfant Jésus de Prague, le mois du Sacré-Cœur, le mois de Marie, le « premier vendredi du mois », etc), généralement sentimentales (le sentimentalisme venant atténuer la sécheresse du juridisme croissant) et surtout déconnectées du calendrier liturgique.
Le premier mouvement liturgique a consisté en une première prise de conscience du problème et en une volonté de reconnecter la vie spirituelle des laïcs avec la liturgie. Ce dont nous sommes fortement redevables dans notre pratique actuelle (notamment avec l’usage courant des missels pour fidèles), mais malheureusement les déviations modernes ont laissé des traces chez beaucoup. Je trouve dommage qu’il y ait encore de nombreux fidèles qui assistent à la messe dominicale sans missel : on est en droit de se demander ce qu’ils retiennent notamment du propre, qui donne pourtant le thème spécifique à chaque dimanche que l’Eglise offre à notre méditation.
Je précise que je n’ai rien contre les dévotions privées, sous réserve qu’elles conservent un lien avec l’atmosphère biblique et la liturgie (c’est le cas du Sacré-Cœur), et qu’elles ne soient pas présentées et vécues sur un mode sentimentaliste.
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