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Pour être exact, le pape François n’a rien donné directement à la Fraternité Saint-Pie X. Ce sont les fidèles qu’il a autorisés à recourir à notre ministère. Ce sont les évêques qu’il a autorisés à nous octroyer la délégation. En aucune manière, nous ne pouvons nous « satisfaire » d’un état de choses qui est injuste pour nous-mêmes, dommageable pour les fidèles, dramatique pour l’Église. Cependant, nous n’avons jamais souhaité un accord exclusivement relatif à la Fraternité Saint-Pie X. Car elle n’est pas le vrai problème, tout au plus un symptôme de la crise.
Sans choix de notre part, nous nous trouvons dans une situation inédite, et attristante pour l’Église. Rappelons que Mgr Lefebvre a fondé la Fraternité Saint-Pie X selon les normes du droit; que ses premières maisons ont été ouvertes avec l’autorisation de l’ordinaire ; que ses premiers membres étaient régulièrement incardinés. C’est seulement parce que la Fraternité SaintPie X maintenait la tradition catholique, disons pour résumer la doctrine du Christ-Roi et la liturgie reçue depuis toujours, qu’elle a été prétendument « supprimée », d’une façon illégale et injuste. Et malgré les fruits évidents de sanctification qu’a produits la Fraternité Saint-Pie X, malgré toutes les démarches faites auprès du Siège apostolique (courriers, rencontres, dialogues), cet apartheid est maintenu. Mais cet état canonique anormal n’est que le signe de la crise qui secoue l’Église depuis les années 1960, et qui ne fait que s’aggraver. C’est cette situation de l’Église qui doit nous préoccuper. Si la crise se résorbait, il n’y aurait rien de plus facile que de remettre d’équerre la situation de la Fraternité Saint-Pie X.