Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

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ami de la Miséricorde -  2025-02-22 21:31:24

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE XVIII
Comme l'amour se sert de la crainte naturelle, servile et mercenaire.


Mais cette crainte toutefois pratiquée par manière délan, ou sentiment naturel, n'est ni louable ni vitupérable (blâmable) en nous, puisqu'elle ne procède pas de notre élection.

Elle est néanmoins un effet d'une très bonne cause, et cause d'un très bon effet; car elle provient de la connaissance naturelle que Dieu nous a donnée de sa providence, et nous fait reconnaître combien nous dépendons de la toute-puissance souveraine, nous incitant à l'implorer; et, se trouvant en une âme fidèle, elle lui fait beaucoup de bien.

Les chrétiens, parmi les étonnements que les tonnerres, tempêtes et autres périls naturels leur apportent, invoquent le nom sacré de Jésus et de Marie, font le signe de la croix, se prosternent devant Dieu, et font plusieurs bons actes de foi, d'espérance et de religion.

Le glorieux saint Thomas d'Aquin, étant naturellement sujet à s'effrayer quand il tonnait, soulait (avait coutume de ) dire, par manière d'oraison jaculatoire, les divines paroles que l'Église estime tant :

Le Verbe a été fait chair. Sur cette crainte donc le divin amour fait maintes fois des actes de complaisance et de bienveillance :

Je vous bénirai, Seigneur, car vous êtes terriblement magnifié. Que chacun vous craigne, ô Seigneur! O grands de la terre, entendez, servez Dieu en crainte, et tressaillez pour lui en tremblement.

Mais il y a une autre crainte qui prend origine de la foi, laquelle nous apprend qu'après cette vie mortelle il y a des supplices effroyablement éternels, ou éternellement effroyables, pour ceux qui en ce monde auront offensé la divine majesté et seront décédés sans être réconciliés avec elle; quà l'heure de la mort les âmes seront jugées du jugement particulier, et à la fin du monde tous comparaîtront ressuscités pour être derechef jugés au jugement universel.

Car ces vérités chrétiennes, Théotime, frappent le coeur qui les considère, d'un épouvantement extrême. Et comme pourrait-on se représenter ces horreurs éternelles sans frémir et trembler d'appréhension ?

Or, quand ces sentiments de crainte prennent tellement place dans nos coeurs, qu'ils en bannissent et chassent l'affection et volonté du péché, comme le sacré concile de Trente parle, certes ils sont grandement salutaires.

Nous avons conçu de votre crainte, ô Dieu, et enfanté l'esprit de salut, est-il dit en Isaïe: c'est-à-dire, votre face courroucée nous a épouvantés, et nous a fait concevoir et enfanter l'esprit de pénitence qui est l'esprit de salut, ainsi que le Psalmiste avait dit : Mes os nont point de paix, ains tremblent devant la face de votre ire.

Notre Seigneur qui était venu pour nous apporter la loi d'amour, ne laisse pas de nous inculquer cette crainte : Craignez, dit-il, celui qui peut jeter le corps et l'âme en la géhenne.

Les Ninivites, par les menaces de leur subversion et damnation, firent pénitence, et leur pénitence fut agréable à Dieu; et en somme cette crainte est comprise ès dons du Saint-Esprit, comme plusieurs anciens Pères ont remarqué.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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