Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

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ami de la Miséricorde -  2025-02-19 23:23:01

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE XVI
De la crainte amoureuse des épouses: suite du discours commencé


Cet ouvrage se fait à l'aiguille, qu'elle passe partout où elle veut coucher la soie, l'or et l'argent mais néanmoins l'aiguille n'est point mise dans le satin pour y être laissée, ains seulement pour y introduire la soie, l'or et l'argent, et leur faire passage de façon qu'à mesure que ces choses entrent dans le fond, l'aiguille en est tirée et en sort.

Ainsi la divine bonté voulant coucher en l'âme humaine une grande diversité de vertus, et les rehausser enfin de son amour sacré, elle se sert de l'aiguille de la crainte servile et mercenaire de laquelle pour l'ordinaire nos coeurs sont premièrement piqués, mais pourtant elle n'y est pas laissée.

Ains à mesure que les vertus sont tirées et couchées en l'âme, la crainte servile et mercenaire en sort, selon le dire du bien- aimé disciple, que la charité parfaite pousse la crainte dehors. Oui de vrai, Théotirne, car les craintes d'être damné et perdre le paradis sont effroyables et angoisseuses (pleines d'angoisses), et comme sauraient-elles demeurer avec la sacrée dilection, qui est toute douce, toute suave?

CHAPITRE XVII
Comme la crainte servile demeure avec le divin amour.


Toutefois, encore que la dame dont nous avons parlé ne veuille pas laisser l'aiguille en l'ouvrage quand il sera fait, si est-ce que tandis qu'elle y a quelque chose à faire, si elle est contrainte de se divertir pour quelqu'autre occurrence, elle laissera l'aiguille piquée dans l'oeillet, la rose ou la pensée qu'elle brode, pour la trouver plus à propos quand elle retournera pour ouvrer.

De même; Théotime, tandis que la Providence divine fait la broderie des vertus et l'ouvrage de son saint amour en nos âmes, elle y laisse toujours la crainte servile ou mercenaire, jusqu'à ce que la charité étant parfaite, elle ôte cette aiguille piquante, et la remet, par manière de dire, en son peloton.

En cette vie donc en laquelle notre charité ne sera jamais si parfaite qu'elle soit exempte de péril, nous avons toujours besoin de la crainte, et lorsque nous tressaillons de joie par amour, nous devons trembler d'appréhension par la crainte.

Prenez instruction de ce qu'il vous faut faire
En crainte, et sans orgueil, servez la Tout-Puissant
Egayez-vous en lui; mais, vous esjouissant.
Que votre coeur soumis en tremblant le révère.

Le grand père Abraham envoya son serviteur Eliéser pour prendre une femme à son enfant unique Isaac. Eliéser va, et par inspiration céleste fit choix de la belle et chaste Rebecca, laquelle il amena avec soi ; mais cette sage demoiselle quitta Eliéser sitôt quelle eut rencontré Isaac, et, étant introduite en la chambre de San, elle demeura son épouse à jamais.

Dieu envoie souvent la crainte servile, comme un autre Eliéser (Eliéser aussi veut dire aide de Dieu), pour traiter le mariage entre elle et l'amour sacré. Que si l'âme vient sous la conduite de la crainte, ce n'est pas qu'elle la veuille épouser; car, en effet, sitôt que l'âme rencontre l'amour, elle s'unit à lui, et quitte la crainte.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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