Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
Signo - 2025-02-16 08:36:50
Sédévacantisme
La position sédévacantiste est tentante sous le pontificat actuel mais il faut y résister.
Quelques remarques à ce sujet:
1. Le sédévacantisme est un fruit direct de la papolâtrie. C’est parce que, en prenant au pied de la lettre certains textes magistériels tardifs à ce sujet, et en faisant du pape une sorte de gourou doté d’un pouvoir absolu, que l’on en vient, en constatant certaines errances actuelles des souverains pontifes, à l’idée qu’ils ne sont pas papes. Un sédévacantiste n’est jamais qu’un adepte déçu de la papolâtrie moderne. Au contraire, un catholique qui remet la papauté à sa véritable place -c’est à dire un sous-détail de l’ecclésiologie, qui n’apparaît même pas dans les sous-titres du plan du catéchisme !- est vacciné contre le sédévacantisme.
2. Avec le développement d’Internet et l’effondrement de l’autorité de la hiérarchie il y a une détestable habitude de part de certains fidèles non seulement de donner leur avis sur tout, surtout dans les domaines dans lesquels ils n’ont aucune compétence, mais en plus de prétendre trancher des questions complexes (même pour des experts en droit canonique!), sans en avoir reçu ni l’autorité ni le mandat. C’est oublier que la vie de l’Eglise ne se réduit pas à l’application aveugle de syllogismes juridico-théologiques. Même le droit n’est pas un distributeur automatique de conclusions nettes et tranchées: il suppose une interprétation en partie subjective de textes variés, ambigus et parfois contradictoires, une prise en compte du contexte, de l’intention, de la jurisprudence, etc. De même l’accusation d’hérésie ne peut pas être lancée à la légère : il ne suffit pas de faire des affirmations ambiguës ou même fausses pour automatiquement être hérétique. L’hérésie est un système d’idées fausses clairement affirmées et répétées dans la durée, et non simplement une ou plusieurs déclarations isolées.
3. Par conséquent la seule attitude valable sur ce sujet en cas de doute est de suspendre son jugement, accepter par défaut la légitimité des autorités actuelles et pour le reste s’en remettre au jugement ultérieur de l’Eglise. On pourra nous reprocher d’avoir rompu avec une autorité légitime et donc d’être tombé dans le schisme, jamais d’avoir accepté les apparences extérieures de l’autorité légitime, même s’il s’avère que l’Eglise considère
dans un demi siècle ou un siècle les autorités actuelles comme illégitimes.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=984226