Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

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ami de la Miséricorde -  2025-01-28 22:33:14

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE VII
Que les vertus parfaites ne sont jamais les unes sans les autres.


Encore bien donc qu'on puisse avoir quelques vertus séparées des autres, si est-ce néanmoins que ce ne peut ère que des vertus languissantes, imparfaites et débiles; d'autant que la raison, qui est la vie de notre âme, n'est jamais satisfaite ni à son aise dans une âme, qu'elle n'occupe et possède toutes les facultés et passions d'icelle ; et lorsqu'elle est offensée et blessée en quelqu'une de nos passions ou affections, toutes les autres perdent leur force et vigueur, et s'alangourissent étrangement.

Voyez-vous, Théotime, toutes les vertus sont vertus par la convenance ou conformité qu'elles ont à la raison; et une action ne peut être dite vertueuse, si elle ne procède de l'affection que le coeur porte à l'honnêteté et beauté de la raison.

Si l'amour de la raison possède et anime un esprit, il fera tout ce que la raison voudra en toutes occurrences, et par conséquent il pratiquera toutes les vertus.

Si Jacob aimait Rachel, en considération de ce qu'elle était fille de Laban, pourquoi méprisait-il Lia, qui était non seulement fille, ains fille aînée de Laban ? Mais parce qu'il aimait Rachel à cause de la beauté qu'il trouva en elle, jamais il ne sut tant aimer la pauvre Lia, quoique féconde et sage fille; d'autant qu'elle n'était pas si belle à son gré.

Qui aime une vertu pour l'amour de la raison et honnêteté qui reluit, il les aimera toutes, puisqu'en toutes il trouvera ce même sujet; et les aimera plus ou moins chacune, selon que la raison y paraîtra plus ou moins resplendissante.

Qui aime la libéralité, et n'aime pas la chasteté, il montre bien qu'il n'aime pas la libéralité pour la beauté de la raison : car cette beauté est encore plus grande en la chasteté; et où la cause est plus forte, les effets devraient être plus forts.

C'est donc un signe évident que ce coeur-là n'est pas porté à la libéralité par le motif et la considération de la raison; dont il s'ensuit que cette libéralité, qui semble être vertu, n'en a que l'apparence, puisqu'elle ne procède pas de la raison, qui est le vrai motif des vertus, ains de quelqu'autre motif étranger.

Il suffit bien vraiment à un en-faut d'être né dans le mariage pour porter parmi le monde le nom, les armes et les qualités du mari de sa mère; mais pour en porter le sang et la nature, il faut que non seulement il soit né dans le mariage, ains aussi du mariage.

Les actions ont le nom, les armes et marques des vertus, parce que, naissant d'un coeur doué de raison, il est advis qu'elles soient raisonnables, mais pourtant elles n'en ont ni la substance ni la vigueur, si elles proviennent d'un motif étranger et adultère, et non de la raison.

Il se peut donc bien faire que quelques vertus soient en un homme, auquel les autres manqueront; mais ce seront ou des vertus naissantes, encore toutes tendres et comme des fleurs en bouton, ou des vertus périssantes, mourantes, et comme des fleurs flétrissantes :

car en somme les vertus ne peuvent avoir leur vraie intégrité et suffisance, quelles ne soient toutes ensemble, ainsi que toute la philosophie et la théologie nous assurent.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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