Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2025-01-17 22:11:21

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE PREMIER
Combien toutes les vertus sont agréables à Dieu.


La raison naturelle est un bon arbre que Dieu a planté en nous: les fruits qui en proviennent, ne peuvent être que bons; fruits qui, en comparaison de ceux qui procèdent de la grâce, sont à la vérité de très petit prix, mais non pas pourtant de nul prix, puisque Dieu les a prisés, et pour iceux a donné des récompenses temporelles; ainsi que, selon le grand saint Augustin, il salaria les Vertus morales des Romains de la grande étendue et magnifique réputation de leur empire.

Le péché rend sans doute l'esprit malade, qui partant ne peut pas faire des grandes et fortes opérations, mais oui bien des petites; car toutes les actions des malades ne sont pas malades, encore parle-t-on, encore voit-on, encore ouit-on, encore boit-on.

L'âme qui est en péché peut faire des biens, qui, étant naturels, sont récompensés de salaires naturels; étant civils, sont payés de monnaie civile et humaine, c'est-à-dire, par des commodités temporelles.

Le pécheur n'est pas en la condition des diables, desquels la volonté est tellement détrempée et incorporée au mal, qu'elle ne peut vouloir aucun bien. Non, Théotime, le pécheur en ce monde n'est pas ainsi ; il est là emmi le chemin entre Jérusalem et Jéricho, blessé à mort, mais non pas encore mort; car, dit l'Évangile, il est laissé à moitié vivant et comme il est à moitié vif, il peut aussi faire des actions à moitié vives.

Il ne saurait voirement (certes) marcher, ni se lever, ni crier à l'aide, non pas même parler, sinon languidement (du lantin languide, languisamment), à cause de son coeur failli; mais il peut bien ouvrir les yeux, remuer les doigts, soupirer, dire quelque parole de plainte; actions faibles, et nonobstant lesquelles il mourrait misérablement sur son sang, si le Miséricordieux Samaritain ne lui eût appliqué son huile et son vin, et ne l'eût emporté au logis pour le faire panser et traiter à ses propres dépens.

La naturelle raison est grandement blessée, et comme à moitié morte par le péché : c'est pourquoi ainsi mal en point, elle ne peut observer tous les commandements, qu'elle voit bien pourtant être convenables. Elle connaît son devoir, mais elle ne peut le rendre; et ses yeux ont plus de clarté pour lui montrer le chemin, que ses jambes de force pour l'entreprendre.

Le pécheur peut voirement bien observer quelques-uns des commandements par-ci, par-là, ains il peut même les observer tous pour quelque peu de temps, lorsqu'il ne se présente point de sujet relevé auquel il faille pratiquer les vertus commandées, ou de tentation pressante de commettre le péché défendu.

Mais que le pécheur puisse vivre longtemps en son péché sans en ajouter des nouveaux, certes cela ne se peut sans une spéciale protection de Dieu.

Car les ennemis de l'homme sont ardents, remuants et en perpétuelle action pour le précipiter; et quand ils voient qu'il n'arrive point d'occasion de pratiquer les vertus ordonnées, ils suscitent mille tentations pour nous faire tomber ès choses prohibées; et lors la nature sans la grâce ne se peut garantir du précipice. Car si nous vainquons, Dieu nous donne la victoire par Jésus-Christ, ainsi que dit saint Paul. Veillez et priez, afin que vous n'entriez point en tentation.

Si notre Seigneur disait seulement : Veillez, nous penserions pouvoir assez faire de nous-mêmes; mais quand il ajoute : Priez, il montre que s'il ne garde nos âmes au temps de la tentation, en vain veilleront ceux qui les gardent.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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