Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

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ami de la Miséricorde -  2025-01-01 07:26:38

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE XIII
Comme Dieu est jaloux de nous.


Dieu dit ainsi : Je suis le Seigneur ton Dieu, fort, jaloux. Le Seigneur a pour son nom Jaloux.
Dieu donc est jaloux, Théotime; mais quelle est sa jalousie?

Certes elle semble d'abord être une jalousie de convoitise, telle qu'est celle des maris pour leurs femmes; car il veut que nous soyons tellement siens, que nous ne soyons en façon quelconque à personne qu'à lui.
Nul, dit-il, ne peut servir deux maîtres.

Il demande tout notre coeur, toute notre âme, tout notre esprit, toutes nos forces. Pour cela même il s'appelle notre époux, et nos âmes ses épouses; et nomme toutes sortes d'éloignements de lui fornication, adultère.

Et si (et en réalité) il a raison, ce grand Dieu tout uniquement bon, de vouloir très parfaitement tout notre coeur. Car nous avons un coeur petit, qui ne peut pas assez fournir d'amour pour aimer dignement la divine bonté; n'est-il pas donc convenable que ne lui pouvant donner tout l'amour qu'il serait requis, il lui donne pour le moins tout celui qu'il peut?

Le bien qui est souverainement aimable ne doit-il pas être souverainement aimé? Or, aimer souverainement, c'est aimer totalement. Cette jalousie néanmoins que Dieu a pour nous, n'est pas en effet une jalousie de convoitise, ains de souveraine amitié; car ce n'est pas son intérêt que nous l'aimions, c'est le nôtre.

Notre amour lui est inutile, mais il nous est de grand profit, et s'il lui est agréable, c'est parce qu'il nous est profitable; car, étant le souverain bien, il se plait à se communiquer par son amour, sans qui bien quelconque lui en puisse revenir, dont il s'écrie, se plaignant des pécheurs par manière de jalousie:

Ils m'ont laissé, moi qui suis la source d'eau vive, et se sont foui des citernes, citernes dissipées et crevassées, qui ne peuvent retenir les eaux.

Voyez un peu, Théotime, je vous prie, comme ce divin amant exprime délicatement la noblesse et générosité de sa jalousie.

Ils m'ont laissé, dit-il, moi qui suis la source d'eau vive comme s'il disait: Je ne me plains pas de quoi ils m'ont quitté pour aucun dommage que leur abandonnement ne puisse apporter; car quel dommage peut recevoir une source vive, si on n'y vient pas puiser de l'eau?

laissera-t-elle pour cela de ruisseler et flotter sur la terre? Mais je regrette leur malheur, de quoi m'ayant laissé ils se sont amusés à des puits sans eaux.

Que si par pensée de chose, impossible, ils eussent pu rencontrer quelque autre fontaine d'eau vive, je supporterais aisément leur départie (séparation, éloignement) d'avec moi, puisque je n'ai nulle prétention en leur amour que celle de leur bonheur.

Mais me quitter pour périr, m'abandonner pour se précipiter, c'est cela qui me fait étonner et fâcher sur leur folie. C'est doué pour l'amour de nous qu'il veut que nous l'aimions, parce que nous ne pouvons cesser de l'aimer sans commencer de nous perdre, et que tout ce que nous lui ôtons de nos affections, nous le perdons.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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