Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

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ami de la Miséricorde -  2024-12-10 22:54:08

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE IV
De deux degrés de perfection avec lesquels ce commandement peut être observé en cette vie mortelle.


Tandis que le grand roi Salomon, jouissant encore de l'esprit divin, composait le sacré Cantique des cantiques, il avait, selon la permission de ce temps-là, une grande variété de dames et damoiselles dédiées à son amour en diverses conditions et sous des différentes qualités.

Car, premièrement, il y en avait une qui était uniquement l'unique amie, toute parfaite, toute rare, comme une singulière colombe avec laquelle les autres n'entraient point en comparaison, et que pour cela il appela de son nom, Sulamite (en hébreu parfaite).

Secondement, il en avait soixante, qui, après celle-là, tenaient le premier degré d'honneur et d'estime, et qui furent nommées reines; outre lesquelles il y avait, en troisième lieu, encore quatre-vingts dames qui n'étaient voirement pas reines, mais qui pourtant avaient part au lit royal en qualité d'honorables et légitimes amies.

Et finalement il y avait des jeunes damoiselles sans nombre réservées pour être mises en la place des précédentes à mesure qu'elles viendraient à défaillir.

Or, sur lidée de ce qui se passait en son palais, il décrivit les diverses perfections des âmes qui à l'avenir devaient adorer, aimer et servir le grand roi pacifique Jésus-Christ notre Seigneur; entre lesquelles il y en a qui, étant nouvellement délivrées de leurs péchés, et bien résolues d'aimer Dieu, sont néanmoins encore novices, apprentisses (apprenties), tendres et faibles;

si quelles aiment voirement la divine suavités mais avec mélange d'autant d'autres différentes affections, que leur amour sacré étant encore comme en son enfance, elles aiment avec notre Seigneur quantité de choses superflues, vaincs et dangereuses.

Et comme un phénix nouvellement éclos de sa cendre, n'ayant encore que des petites plumes fluettes et des poils follets, ne peut faire que des petits élans, par lesquels il doit être dit sauter plutôt que voler; ainsi ces tendres jeunes âmes nouvellement nées dans la cendre de leur pénitence, ne peuvent encore pas prendre l'essor, et voler au plein air de l'amour sacré, retenues dans une multitude de mauvaises inclinations et habitudes dépravées que les péchés de la vie passée leur ont laissées.

Elles sont néanmoins vivantes, animées et emplumées de l'amour et de l'amour vrai, autrement elles n'eussent pas quitté le péché; mais amour néanmoins encore faible et jeune, qui, environné d'une quantité d'autres amours, ne peut pas produire tant de fruit comme il ferait s'il possédait entièrement le coeur.

Tel fut l'entant prodigue, quand quittant l'infâme compagnie, ou la garde des pourceaux entre lesquels il avait vécu, il vint ès bras de son père, à demi nu et tout souillé d'ordures qu'il avait contractées parmi ces vilains animaux.

Car qu'est-ce quitter les pourceaux, sinon se retirer des péchés? Et qu'est-ce venir tout déchiré, drileux (en haillons, drilles signifie vieux chiffons) et infecté, sinon avoir encore l'affection embarrassée des habitudes et inclinations qui tendent au péché?

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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