L'acceptation pacifique et universelle
Le Forum Catholique
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N.M. - 2024-12-07 11:32:49
L'acceptation pacifique et universelle
Personnellement, je serais curieux de savoir dans quel traité de théologie vous avez étudié la question de l'acceptation pacifique et universelle. Les théologiens qui en parlent - et qui sont dignes de respect - ne prétendent pas que l'acceptation de l’Église soit "juge" de la légitimité d'un pape.
L'acceptation pacifique et universelle, de leur point de vue (je pense notamment à Billot) est signe a posteriori de la légitimité d'un pape. Au sens où il n'est pas possible, toujours de leur point de vue, que l’Église considérée dans ses membres adhère dans sa totalité à une fausse règle de la foi (le pape est la règle prochaine directive de la foi). Ce serait en effet contraire, toujours et encore de leur point de vue, à l'indéfectibilité de l’Église.
Cela étant, l'acceptation pacifique et universelle ne serait pas proprement constitutive de la légitimité d'un pape, sinon dans l'hypothèse où il y aurait eu au départ, dans le processus d'élection passive et active, un empêchement de droit ecclésiastique que la reconnaissance comme telle pourrait en quelque sorte lever. Elle serait en revanche la garantie qu'il n'y a pas d'empêchement de droit divin.
Pour ce qui est maintenant de l'obéissance et de l'acceptation, et pour en venir au cas concret que nous savons, les traditionalistes qui ont rejeté Vatican II, les nouveaux rites et ont commencé à célébrer la liturgie et à recevoir les sacrements dans des chapelles privées ou de fortune, n'ont pas simplement fait acte de désobéissance : ils ont opéré concrètement une soustraction d'obédience vis-à-vis de la hiérarchie conciliaire.
Ce faisant, ils ont cessé de se comporter vis-à-vis des autorités conciliaires, tant au niveau diocésain qu'au niveau supérieur, comme des catholiques doivent se comporter vis-à-vis d'évêques et de pape légitimes. Qu'on le veuille ou non, une telle soustraction d'obédience possède la même portée qu'une messe célébrée "non una cum"... sauf à professer que des catholiques puissent librement se soustraire à l'obédience d'un vrai pape et des évêques nommés par lui, ce qui est contraire au dogme du primat de juridiction du pape défini au concile du Vatican (Vatican I).
C'est ce que l'abbé de Nantes, par exemple, n'avait cessé de signifier, dès 1969, à ceux qu'il appelait intégristes et qui administraient les sacrements sans tenir compte de l'autorité supposée des évêques conciliaires. Mais l'abbé de Nantes lui-même, depuis 1964, ne recevait plus les enseignements ordinaires, même "simplement authentiques", de Vatican II et de Paul VI, comme des catholiques doivent recevoir l'enseignement du magistère ordinaire de l’Église ou d'un pape.
Le fait est que cette acceptation a cessé d'être pacifique et universelle, c'est-à-dire le fait de tous, du jour où Paul VI a inauguré son grand hiatus.
Cela étant, je suis d'accord avec vous sur un point capital : "l’acceptation universelle n’est pas acquise une fois pour toutes".
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