Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2024-12-02 07:45:59
Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
CHAPITRE XVI
Du dépouillement parfait de l'âme unie à la volonté de Dieu.
Représentons-nous le doux Jésus, Théotime, chez Pilate, où, pour l'amour de nous, les gens d'armes, ministres de la mort, le dévêtirent de ses habits l'un après l'autre; et non contents de cela, lui ôtèrent encore sa peau, la déchirant à coups de verges et de fouets: comme par après son âme fut dépouillée de son corps, et le corps de sa vie, par la mort qu'il souffrit en la croix; mais trois jours passés, par sa très sainte résurrection, l'âme se revêtit de son corps glorieux, et le corps de sa peau immortelle, et s'habilla de vêtements différents, ou en pèlerin, ou en jardinier, ou d'autre sorte, selon que le salut des hommes et la gloire de son Père le requéraient..
L'amour fit tout cela, Théotime; et c'est l'amour aussi qui entrant en une âme afin de la faire heureusement mourir à soi et revivre à Dieu, la fait dépouiller de tous les désirs humains et de l'estime de soi-même, qui n'est pas moins attachée à l'esprit que la peau à la chair, et la dénue (la dépouille) enfin des affections plus aimables : comme sont celles qu'elle avait aux consolations spirituelles, aux exercices de piété et à la perfection des vertus, qui semblaient être la propre vie de l'âme dévote.
Alors, Théotime, l'âme a raison de s'écrier : J'ai ôté mes habits, comme m'en revêtirai-je? J'ai lavé mes pieds de toute sorte d'affections, comme tes souillerais-je derechef? Nue je suis sortie de la main de Dieu, et nue j'y retournerai.
Le Seigneur m'avait donné beaucoup de désirs, le Seigneur me les a ôtés, que son saint nom soit béni. Oui, Théotime, le même Seigneur qui nous fait désirer les vertus en notre commencement, et qui nous les fait pratiquer eu toutes occurrences, c'est lui-même qui nous ôte l'affection des vertus et de tous les exercices spirituels, afin qu'avec plus de tranquillité, de pureté et de simplicité, nous n'affectionnions rien que le bon plaisir de sa divine majesté.
Car, comme la belle et sage Judith avait voirement dans ses cabinets (certainement dans ces armoires) ses beaux habits de fête, et néanmoins ne les affectionnait point, ni ne s'en para jamais en sa viduité, sinon quand inspirée de Dieu elle alla ruiner Holopherne; ainsi, quoique nous ayons appris la pratique des vertus et les exercices de dévotion, si est-ce que nous ne les devons point affectionner, ni en revêtir notre coeur, sinon à mesure que nous savons que c'est le bon plaisir de Dieu.
Et comme Judith demeura toujours en habits de deuil, sinon en cette occasion en laquelle Dieu voulut qu'elle se mit en pompe, aussi devons-nous paisiblement demeurer revêtus de notre misère et abjection parmi nos imperfections et faiblesses, jusqu'à ce que Dieu nous exalte à la pratique des excellentes actions.On ne peut longuement demeurer en cette privation, dépouillé de toute sorte d'affections.
C'est pourquoi, selon l'avis du saint Apôtre, après que nous avons ôté les vêtements du vieil Adam, il se faut revêtir des habits du nouvel homme, c'est-à-dire, de Jésus-Christ; car ayant tout renoncé (ayant renoncé à tout), voire même les affections des vertus, pour ne vouloir ni de celles-là, ni d'autres quelconques, qu'autant que le bon plaisir divin portera, il nous faut revêtir derechef de plusieurs affections, et peut-être des mêmes que nous avons renoncées et résignées;
mais il s'en faut derechef revêtir, non plus parce qu'elles nous sont agréables, utiles, honorables, et propres à contenter l'amour que nous avons pour nous-mêmes, ains parce qu'elles sont agréables à Dieu, utiles à son honneur, et destinées à sa gloire.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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