Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

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ami de la Miséricorde -  2024-11-22 23:48:55

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE XII
Comme, entre ces travaux intérieurs, l'âme ne connaît pas
l'amour qu'elle porte à son Dieu, et du trépas très aimable de la volonté.


Lorsqu'il plut au Seigneur de Sion le servage
En liberté changer,
Un tel ravissement surprit notre courage,
Que nous pensions songer.

Et comme porte la sainte version latine, après les Septante : Nous fûmes faits comme consolés; c'est-à-dire, l'admiration de la grandeur du bien qui nous arriva était si excessive, qu'elle nous empêchait de bien sentir la consolation que nous reçûmes; et nous était advis que nous ne fussions pas véritablement consolés, et que nous n'eussions pas une consolation en vérité, ains seulement en figure et en songe.

Tels sont donc les sentiments de l'âme laquelle est entre les angoisses spirituelles qui rendent l'amour extrêmement pur et net ; car, étant privé de tout plaisir par lequel il puisse être attaché à son Dieu, il nous joint et unit à Dieu immédiatement, volonté à volonté, coeur à coeur, sans aucune entremise de contentement ou prétention.

Hélas! Théotime, que le pauvre coeur est affligé, quand, comme abandonné de l'amour, il regarde partout et ne le trouve point, ce lui semble! Il ne le trouve point ès sens extérieurs, car ils n'en sont pas capables; ni en l'imagination, qui est cruellement tourmentée de diverses impressions; ni en la raison troublée de mille obscurités de discours et appréhensions étranges; et bien qu'enfin elle le trouve en la cime et suprême pointe de l'esprit où cette divine dilection réside, si est-ce néanmoins qu'elle le méconnaît, et lui est advis que ce n'est pas lui, parce que la grandeur des ennuis et des ténèbres l'empêche de sentir sa douceur.

Elle le voit sans le voir, et le rencontre sans le connaître, comme si c'était en songe et en image. Ainsi Magdeleine ayant rencontré son cher maître, n'en reçoit aucun allégement, d'autant qu'elle ne pensait pas que ce fût lui, ains seulement le jardinier.

Mais que peut donc faire l'âme qui est en cet état ? Théotime, elle ne sait plus comme se maintenir entre tant d'ennuis, et n'a plus de force que pour laisser mourir sa volonté entre les mains de la volonté de Dieu, à l'imitation du doux Jésus, qui étant arrivé au comble des peines de la croix que le Père lui avait préfigées (fixées d'avance), et ne pouvant plus résister à l'extrémité de ses douleurs, fit comme le cerf, qui hors d'haleine et accablé de la meute, se rendant à l'homme, jette les derniers abois la larme à l'oeil.

Car ainsi ce divin Sauveur proche de sa mort, et jetant les derniers soupirs avec un grand cri et force larmes : Hélas! dit-il, ô mon Père, je recommande mon esprit en vos mains; parole, Théotime, qui fut la dernière de toutes, et par laquelle le Fils bien-aimé donna le souverain témoignage de son amour envers son père.

Quand donc tout nous défaut, quand nos ennuis sont en leur extrémité, cette parole, ce sentiment, ce renoncement de notre âme entre les mains de notre Sauveur, ne nous peut manquer.

Le Fils recommanda son esprit au Père en cette dernière et incomparable détresse, et nous, lorsque les convulsions des peines spirituelles nous ôtent toute autre sorte d'allégements et de moyens de résister, recommandons notre esprit ès mains de ce Fils éternel, qui est notre vrai père; et baissant la tête de notre acquiescement à son bon plaisir, consignons. lui toute notre volonté.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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