Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2024-11-17 06:39:32

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE VIII
Comme nous devons unir notre volonté à celle de Dieu en la permission des péchés.


Au reste, il faut adorer, aimer et louer à jamais la justice vengeresse et punissante de notre Dieu, comme nous aimons sa Miséricorde; parce que l'une et l'autre est fille de sa bonté.

Car par sa grâce il nous veut faire bons, comme très bon, ains souverainement bon qu'il est; par sa justice il veut châtier le péché, parce qu'il le hait: or, il le hait, parce qu'étant souverainement bon, il déteste le souverain mal, qui est l'iniquité.

Et notez, pour conclusion, que jamais Dieu ne retire sa Miséricorde de nous que par l'équitable vengeance de sa justice punissante, et jamais nous n'échappons à la rigueur de sa justice que par sa Miséricorde justifiante; et toujours, ou punissant, ou gratifiant, son bon plaisir est adorable, aimable et digne d'éternelle bénédiction.

Ainsi le juste qui chante les louanges de sa Miséricorde pour ceux qui seront sauvés, se réjouira de même quand il verra la vengeance: les bienheureux approuveront avec allégresse le jugement de la damnation des réprouvés, comme celui du salut des élus, et les anges ayant exercé leur charité envers les hommes qu'ils ont en garde, demeureront en paix, les voyant obstinés ou même damnés.

Il faut donc acquiescer à la volonté divine, et lui baiser avec une dilection et révérence égale la main droite de sa Miséricorde et la main gauche de sa justice.

CHAPITRE IX
Comme la pureté de l'indifférence se doit pratiquer ès actions de l'amour sacré.


Un musicien des plus excellents de l'univers et qui jouait parfaitement du luth, devint en peu de temps si extrêmement sourd, qu'il ne lui resta plus aucun usage de ouïe; néanmoins il ne laissa pas pour cela de chanter et manier son luth délicatement à merveille, à cause de la grande habitude qu'il en avait, et que sa surdité ne lui avait pas ôtée.

Mais parce qu'il n'avait aucun plaisir en son chant, ni au chant du luth, d'autant qu'étant privé de l'ouïe il n'en pouvait apercevoir la douceur et beauté, il ne chantait plus ni ne sonnait du luth que pour contenter un prince duquel il était né sujet, et auquel il avait une extrême inclination de complaire, accompagnée d'une infinie obligation pour avoir été nourri dès sa jeunesse chez lui.

C'est pourquoi il avait un plaisir nonpareil de lui plaire, et quand son prince lui témoignait d'agréer son chant, il était tout ravi de contentement.

Mais il arrivait quelquefois que le prince, pour essayer l'amour de cet aimable musicien, lui commandait de chanter, et soudain le laissant là en sa chambre, il s'en allait à la chasse;

mais le désir que le chantre avait de suivre ceux de son maître, lui faisait continuer aussi attentivement son chant, comme si le prince eût été présent, quoiqu'en vérité il n'avait aucun plaisir à chanter: car il n'avait ni le plaisir de la mélodie, duquel sa surdité le privait, ni celui de plaire au prince, puisque le prince étant absent ne jouissait pas de la douceur des beaux airs qu'il chantait.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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